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CHAPITRE VIII

TRAITEMENT

La guérison spontanée étant un fait exceptionnel, le chirurgien doit avoir à sa disposition les moyens nécessaires pour remédier aux accidents On range ces moyens en trois groupes qui sont :

1 0 L’extraction.

2° La propulsion.

5° L’œsophagotomie.

Mais à coté de ces méthodes qui s’appliquent au corps étranger luimême, il en est une autre, dite palliative, qui s’adresse aux symptômes quand on ne peut savoir où se trouve le corps étranger, ou que les autres méthodes échouent. J’étudierai d’abord les méthodes curatives en commençant par l’extraction.

I. De l’extraction des corps étrangers. — Cette méthode très-ancionne a pour but de retirer par la bouche le corps étranger arrêté dans le conduit. Les procédés d’extraction sont très-nombreux, et le génie inventif des chirurgiens s est donné libre carrière pour imaginer, suivant

les circonstances, des moyens d’extraction. Cependant, au milieu de tant de faits divers, il existe quelques groupes bien définis. Tandis que certains procédés comme les vomitifs s’adressent à la nature, en cherchant à provoquer les efforts d’expulsion spontanée, d’autres au contraire, comme les procédés dans lesquels on se sert d’instruments, agissent directement sur le corps étranger. De là la division naturelle en

! Positions.

Vomitifs.

Injections.

n .. ( Instruments extracteurs

Procédés directs. « ,

I de tous genres.

f° Procédés d’extraction indirects. — Position. Les auteurs classiques ne parlent pas de ce procédé, et je le passerais sous silence, si je ne l’avais trouvé plusieurs fois employé par des médecins ou des malades. Il consiste à placer le patient dans une position telle que la tète se trouve en bas. On s’est servi à cet effet du bord d’un lit, le corps étant horizontal et la tête déclive. Une autre fois un homme se suspendit à maintes reprises par les pieds, espérant que le sou qu’il avait avalé tomberait de son propre poids. A ces manœuvres on a encore ajouté l’administration de coups dans le dos.

A peine est-il nécessaire de dire que tous ces moyens vulgaires, utiles peut-être pour les corps des voies aériennes, 11e peuvent avoir aucune efficacité dans le cas présent. Comment en serait-il autrement, puisque le propre de l’œsophagc est de se contracter spasmodiquement sur le corps et de l’enserrer avec une force bien supérieure à celle de la pesanteur. Donc il faut rejeter ces procédés peu pratiques, pénibles et inutiles.

Des vomitifs. L’idée de faire vomir les personnes qui ont avalé quelque corps étranger est des plus naturelles. De tout temps 011 y a eu recours et on s’est servi pour y arriver de moyens divers (titillation de la luette avec le doigt, des barbes de plume). Les médecins se servent de préférence des vomitifs ordinaires, de T émétique en particulier. Mais il était nécessaire pour cela de pouvoir faire parvenir le vomitif dans l’estomac, ce qui n’est pas toujours possible. Aussi les chirurgiens durent-ils en pareil cas s’adresser à d’autres voies d’introduction, llévin rapporte déjà que Mogniot administra avec succès un lavement de tabac à un homme qui avait un morceau de poumon d’agneau, engagé dans l’œsophage. Le remède fut des plus efficaces dans ce cas presque désespéré. Pour arriver

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au même but, quand l’œsophage ne laisse rien passer, on s est soi \i d injections intra-veineuses d’émétique. La dose à injecter était de dix giains, Ivolder1 ne pouvant propulser un morceau de tendon ouvrit la veine, injecta dix grains d’émétique, le vomissement arriva une demi-heure apres et entraîna le corps étranger. D’autres auteurs (Knopf, Bégin) rapportent de semblables cas de guérison.

Les avantages de ce procédé sont incontestables et les faits qui en prouvent l’utilité sont très-nombreux. D’ailleurs, la nature du vomitif ou savoie d’introduction sont indifférentes, que ce soit la graine de nasitorte dont se servait Guy de Cliauliac, 1 émétique ou le tabac. Mais a coté de l’ingestion et des injections intra-veineuses de diverses substances il faut placer les injections hypodermiques faites à l’aide de la seringue de Pravaz et dont l’efficacité est très-connue. Récemment on a injecté de l’apomorphine, mais l’emploi de ce moyen exige beaucoup de prudence. Si l’on ne voulait pas s’adresser à ces moyens, le chirurgien pourra encore imiter la conduite deStabel2, qui dans un cas où un fragment de viande s’était arreté dans l’œsophage, après de vains essais de propulsion, poussa une sonde à côté du corps étranger et injecta du sulfate de cuivre dans l’estomac. Le vomissement guérit le malade.

Malgré les services incontestables qu’elle rend, la méthode vomitive n’est pas à l’abri de tout reproche. Elle est avantageuse toutes les fois que le corps étranger est pâteux, pulpeux, arrondi, toutes les fois (j u' il ne présente pas trop d’irrégularités. En effet, il est arrivé que les efforts de vomissements ont été très-nuisibles quand le corps étranger était irrégulier (fragments d’os, aiguilles, arêtes de poisson), paice qu’ils créent ou accroissent les perforations. Même en dehors de ce danger, les contractions de l’estomac et de l’œsophage sont très-pénibles, et il est arrivé que non-seulement les corps étrangers n’étaient pas rejetés, mais encore qu’à la suite il y avait aggravation notable de tous les symptômes. Créquy en a observé un exemple s.

De nos jours, l’avis des chirurgiens sur cette question est assez partagé. Les uns n’admettent l’indication des vomitifs qu’autant qu’il y a des aliments dans l’estomac, afin d’éviter les vomissements à vide qui sont les plus pénibles, très-dangereux et inutiles le plus souvent. D autres, encore moins partisans des vomitifs, ne conseillent d’y recourir qu’après avoir essayé les autres moyens ordinaires, et tenté l’extraction

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