Moniteur des hôpitaux
« deux parties, l’une qui reste adhérente à la sonde, l’autre qu’on abaisse « en poussant une tige qui traverse la sonde. La moitié abaissée contient « un fragment d’éponge sèche et serrée, fixée solidement. On commence « par faire pénétrer la boule entière au-dessous du corps étranger ; on « sépare alors les deux moitiés de la boite. L’éponge étant ainsi mise à nu,
« on injecte de l’eau parla sonde ». L’éponge tuméfiée ser.td’écouvillon, balaye l’œsophage de bas en haut et peut entraîner le corps avec elle. Thierry réussit avec cet instrument à retirer un os chez une religieuse, et une épingle chez un jeune homme.
On pourrait avantageusement se servir de semblables procédés, modifier l’articulation des cupules de Thierry, les ouvrir «à charnière à leur partie inférieure où se fixerait également la tige conductrice. La cupule contenant l’éponge s’ouvrirait et la laisserait passer. Ileister et àVedel formaient l’extrémité de la tige de baleine avec une houppe de soies de porc. Le provendor des chirurgiens anglais n’est autre chose que cette houppe composée de poils, brins de fil, petits rubans portés par une tige flexible en baleine, en (il d’archal ou en laiton.
L’instrument d’Ollenroth, dérivé de l’éponge, se compose d’une tige formée de boules d’étain, à l’extrémité de laquelle se trouve une éponge; cet instrument est des plus flexibles, mais peut se rompre.
Dans l’instrument de Brouillard, l’éponge introduite au bout d’une sonde de plomb était gouvernée par deux fils, l’un externe, l’autre interne.
Sonde œsophagienne ëcouvillon. — Au nombre des instruments fondés sur le meme principe, dilatation et extraction, je citerai la sonde œsophagienne écouvillon, instrument anglais où on retrouve encore l’éponge comprimée, attachée à l’extrémité d’une sonde qui glisse dans une canule. La tige et la canule sont reliées par des crins très-forts qui par les mouvements de la canule s’appliquent contre la tige ou s en écartent en évantail circulaire. Cet instrument a permis de retirer des épingles, des aiguilles, etc.
Dilatateurs mécaniques. — Ces instruments ont pour but de dilater l’œsophage au-dessous du corps étranger ou même au-dessus, de manièie à dégager et à mobiliser le corps arrêté. Dans ce but, Oury imagina de porter à l’extrémité d’une sonde une vessie qu il insufflait d air quand elle était parvenue au delà du corps étranger. Lu 1858, dans un mémoire présenté à l’Académie des sciences, Béniqué vantait le même moyen non-seulement pour T œsophage, mais encore pour 1 urètre. L instrument de son choix est une sonde élastique dont le diamètre a
PHARYNX ET ŒSOPHAGE
environ «deux à trois millimètres. A deux ou trois
centimètres de son
extrémité se trouve une vessie de baudruche ; vide, elle ne dépasse pas le volume de la sonde ; gonflée, elle figure un cylindre de deux ou trois centimètres. Un mandrin donne à la sonde la résistance convenable poiu l’introduction. Dès (pie le corps étranger est dépassé, la petite vessie est injectée et forme derrière lui un obstacle qui remplit ta capacité de 1 œsophage. Ce n’est pas tout: au-dessus du corps étranger il introduit une nouvelle vessie de dimensions plus grandes que celles de l’œsophage et on la remplit d’eau. Ou extrait en variant suivant les besoins les dimensions de cette dernière vessie.
Je reprocherai à cet instrument de permettre la rupture de la vessie inférieure ;Béniquéavait prévu cette objection, mais il pensaitque cet acci-
dent devait être très-rare, qu’on pourrait d’ailleurs en diminuer encore la fréquence en augmentant l’épaisseur de la baudruche. Enfin il insistait complaisamment sur la tendance qu’aurait le corps étranger à se loger le long de la sonde entre les deux vessies.
Les auteurs modernes ne mentionnent pas ces tentatives d’extraction après dilatation. J’ignore si cet instrument a servi, mais la méthode mérite au moins considération. Il faudrait perfectionner l’instrument, en ajoutant, par exemple, à la vessie inférieure qu’on insufflerait d’air et non d’eau une cupule fermée en descendant et qn’on ouvrirait en remontant.
Gautier de Genève en 1875 réussit à retirer un os de l’œsophage cà l’aide d’un pessaire à air de Gariel.
Manière de pratiquer l’extraction. Une première question SC
pose tout de suite : faut-il anesthésier les malades? Elle fut résolue par l affirmative en 1875 devant la Société de chirurgie de Paris par Giraldès. Je ne sache pas d’après les faits publiés qu’on ait souvent employé le chloroforme. D’ailleurs, malgré l’utilité apparente qu’on pourrait en retirer pour diminuer la contraction de l’œsophage, elle n’est pas aussi efficace qu’on pourrait le penser. En effet, une bonne partie des fibres musculaires de l’œsophage sont sous la dépendance du nerf pneumogastrique, et il faudrait pousser trop loin l’anesthésie pour arriver à paralyser son action. De plus, on perdrait les renseignements utiles que peut fournir le malade, etd autre parties manœuvres sont rendues plus difficiles par 1 occlusion involontaire de la bouche. L’anesthésie pendant l’extraction, qui a ordinairement lieu pendant que le malade est assis, présente de graves inconvénients ; quant àl extraction dans le déeuhilus dorsal, elle serait possible à la rigueur, mais les manœuvres sont plus dil f ici les.
traité des gords étrangers en chirurgie.
L’extraction doit toujours être précédée d’une exploration minutieuse, par conséquent du cathétérisme, qui donne sur la situation du corps des notions indispensables.
Si on n’anesthésie pas le malade, ce qui est la règle, on le (ait asseoir sur une chaise, la tète penchée en arrière appuyée solidement contre la poitrine d’un aide qui la fixe latéralement avec les mains. D’après Marjolin, ce qui rend l’extraction difficile serait l’oubli d’une précaution importante qui consiste à immobiliser complètement les malades au moyen d’un drap roulé autour du thorax et des membres supérieurs, et à maintenir les mâchoires écartées au moyen d un bouchon. Ces piéliminaires sont surtout indispensables chez les enfants et les personnes indociles. On abaisse ensuite la langue avec l’indicateur gauche ou mieux une spatule, qui sert de conducteur à l’instrument extracteur introduit de la main droite et préalablement graissé ou huilé.
Pendant tout ce temps, le chirurgien doit se tenir debout entre les jambes du malade on un peu sur le coté. Presque toujours il faut plusieurs tentatives pour saisir le corps étranger, et comme les manœuvres sont pénibles pour le malade, elles doivent être laites avec la plus giande
douceur.
Il ne faut pas oublier qu’il y a grand avantagea se servir d’instruments gradués et que la distance qui sépare les dents du corps étrangei doit être déterminée avec soin. Cette précaution est surtout importante poiu
les extracteurs qui passent au delà du corps.
Une fois le corps saisi, l’opération n’est pas terminée, et le dernier temps, qui comprend l’extraction proprement dite, présente de grandes difficultés, engendre même de graves complications. De toutes les éventualités qui surviennent, la perte du corps est la plus fréquente. Que de lois l’instrument lâche prise, dérape, et le crochet, la pince ou le paniei ne ramènent rien! Il faut alors savoir user de patience et de douceur, éviter de tirer trop violemment quand on éprouve une résistance. Quandun angle du corps a perforé la paroi, les tractions peuvent devenir très-dangereuses, et c’est alors qu’il faut éviter d’employer la force, parce qu’on rencontre une résistance qu’on ne parvient a vaincre qu au piix de lésions redoutables. Bégin en fournit un exemple saisissant :
Observation. Un soldat avait, en mangeant sa soupe, avalé un os qui s’arrêta au commencement de l'oesophage. Dès le lendemain Bégin chercha à l’extraire. Le crochet mousse en argent à tige cylindrique ne le dépassa qu’après plusieurs tentatives, et, lorsqu’on le relira après lui avoir donné une direction convenable, il le saisit avec torce. Mais telle était la solidité de l’enclavement du corps étranger que le crochet mousse se
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redressa pendant les tractions exercées sur lui et fut ramené en le laissant a la plac ou il était De longues pinces courbes glissées avec précaution jusqu a 1 os s en empaïucn plusieurs reprises sans pouvoir non plus le dégager ni le retour. Des parcelles de sa substance restèrent entre les cuillers de l'instrument et les branches de celn.-ct lurent plusieurs lois faussées malgré sa solidité, sans qu'il lut possible d operer le moindre
changement dans sa situation
Ces inconvénients sont moins rares qu’on ne pourrait le croire, et il est arrivé souvent que le chirurgien ne pouvait plus extraire ni le corps, ni le panier placé au-dessous. Il sérail prudent en pareille occurrence d'introduire jusqu’au niveau du corps étranger un dilatateur à air, à eau ou mécanique, qui permît dans beaucoup de cas de retirer le corps étranger en même temps que l’instrument. Ce serait une ressource inoffensive, apres laquelle il 11e resterait plus, à la région cervicale, que l’œsophagotomie.
Il est à priori évident que la classe des instruments conducteurs expose beaucoup plus que les autres à ce fâcheux accident, et en agissant à tertio ils sont plus difficiles à retirer. Le panier de de Graefe entre autres a été cause de bien des accidents, dont la mort a été quelquefois le ferme.
Observation. Dans un fait de Demarquay, rapporté par Créquy à la suite de tentatives d’extraction répétées avec le panier de de Graefe, il se produisit de l’emphysème, de la tuméfaction, de la fièvre. — Mort six mois après dans le marasme et l’inanition. La pièce de monnaie était au fond d’une vaste collection qui de la 5° dorsale remontait jusqu’à l’apophyse basilaire et communiquait avec lejaharynx (Gazelle hebdomadaire, 1801).
Si ces faits sont exceptionnels, les exemples d’œsophagites localisées sont très-communs, et sans crainte d'erreur je dirais presque qu’il n’est pas d’exemple d’extraction sans qu’il y ait des lésions de la muqueuse.
Ce serait une erreur de croire que tout est. fini quand l’instrument a lait franchir l’entrée de l’œsophage au corps étranger. 11 y a encore deux écueils à éviter, qui sont : d’une part la chute du corps dans les voies aériennes, d’autre part, sa rechute dans l’œsophage. La science possède des exemples de ces deux variétés, et Waltou a cité le lait d’un râtelier qui, ramené jusqu’au pharynx, retomba et fut avalé1. Quelques précautions, et surtout l’attention du chirurgien éveillée par la connaissance de ces faits, permettront d’éviter ces accidents.
De la propulsion. — La propulsion a pour objet de repousser dans l’estomac les corps étrangers qui se sont accidentellement arrêtés dans