‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 51 sur 304 · Terrier (Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Terrier (Thèse de Paris

Iü‘2 TRAITÉ DES CORPS ÉTRANGERS EiS CHIRURGIE.

source ultime, hasardeuse, difficile, qu’ils proposent timidement sans jamais l'exécuter. C’est encore dans ce sens qu'IIévin en parle; mais en 1757 Guattani reprenant cette idée pose nettement la question et les indications de l’opération.

Les deux premières œsophagotomies datent de celte époque et ont été exécutées par Goursaud et Roland, dans le but d’extraire des corps étrangers; le succès fut complet. Malheureusement on n’a pas de détails précis sur ces deux faits autenthiques. Néanmoins l’idée venait de naître, et elle avait été appuyée par le succès.

Cependant, il faudra attendre jusqu’en 1851 avant, de voir Bégin pratiquer de nouveau cette opération, car malgré de si beaux débuts, l’œsophagotomie ne devint pas familière au dix-huitième siècle. Si les écrivains la mentionnent, c’est le plus souvent pour la déprécier. En principe, ils arrivèrent à ne plus admettre l’opération qu’en cas de saillie bien nette du corps étranger. D’autres, comme Eckoldt, qui imagina l’incision entre les deux chefs du sterno-mastoïdien, cherchent des perfectionnements opératoires sans application. C’est ainsi que Chopart et Desault conseillent l’opération à droite, Penel, l’emploi d'une sonde rigide, Vignardonne, l’emploi de la sonde à dard de frère Corne. En somme, jusqu’en 1820, époque à laquelle parut le travail de Yacca, le débat reste oiseux, puisque personne rie sedécide à pratiquer l’opération. Elle avait trouvé des partisans dans l’ancienne Académie de Chirurgie, elle en eut encore d’autres tels que Bell, Richter, Delpech, mais en revanche elle ne réussit pas à s’attirer les sympathies de Chopart, Desault, Sabatier, Boyer.

Dans son mémoire de 1820, Vacca accepte franchement l’œsophagotomie pour les corps étrangers de l’œsophage, et propose en outre un instrument pour faciliter l’opération. C’est cet instrument qui porte le nom d’ectopœsophage. Vacca poussa l’optimisme jusqu’à penser qu’on pourrait tenter la réunion immédiate en mettant le malade à la diète.

En 1831, Bégin1 pratique deux fois l’œsophagotomie et réussit. A peu près à la même époque (1852), Arnolt la pratique également en Angleterre, sans connaître les travaux antérieurs de Bégin, mais avec des résultats beaucoup moins satisfaisants que ceux du chirurgien militaire français. Bégin a posé le premier et d’une façon précise les règles de l’opération. Il ne se servit pas de conducteur, bien qu’il n’y eut pas de saillie du corps étranger, ce qui, en hardiesse, dépassait les indications de ses devanciers.

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