‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 58 sur 304 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

NATURE DES CORPS ÉTRANGERS DE L’ESTOMAC

Us se divisent naturellement au point de vue chirurgical en corps étrangers qui ne font que passer et en corps qui y séjournent anormalement. Les premiers sont évidemment les plus fréquents; leur description a été faite à l’étude générale et ils ne présentent ici qu’un intérêt médiocre. Ce qui a été dit des seconds fait déjà présumer qu’ils seront de

grandes dimensions, parfois larges, très-lourds ou munis d’aspérités. Effectivement, tous rentrent dans ce cadre. Ce sont : des fourchettes, cuillers, barres de plomb, épingles ou aiguilles, couteaux, cailloux, Pièces de monnaie, morceaux de bois.

La liste en est assez variée, mais il y a toujours quelque particularité qui explique les motifs de leur arrêt. Tous ne sont pas arrêtés au même degro, et il en est qui sont, malgré les bizarres caprices de la nature, condamnes à séjourner indéfiniment dans le viscère. Si les cuillers et les iourchettes ont pu être digérées, il serait matériellement impossible d’attendre pareille complaisance pour des cercles de barriques de quinze pouces, dont Fournier a donné la description faite d’après lautopsied un

lorçat qui avait cinquante-deux objets dans l’estomac, le tout pesant plus d’une livre.

Ces cas de corps multiples ne sont pas spéciaux à l'homme, ainsi (pie l’indique le fait suivant.

Observation. Une jeune tille de vingt-deux ans avait des vomissements noirs. Elle mourut et 1 on trouva : deux clefs, des clous, des aiguilles, des pièces de monnaie, du voue, des canifs, les manches de six cuillers et les cuillerons de trois autres. La tunique interne était enflammée et ulcérée en plusieurs points.

Il n’est pas rare de trouver ainsi plusieurs corps arrêtés en même temps, parce que ces accidents surviennent en général chez les aliénés qui tentent de se suicider et qui sont peu scrupuleux sur la nature et le nombic des corps qu ils ingèrent, ou chez les fanfarons qui avalent après boire ou après gageure des objets qui leur méritent l’admiration publique par leur volume ou leur forme. Aussi voit-on fréquemment associes les couteaux, les cailloux, les pièces de monnaie, etc.

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