‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 61 sur 304 · DO · texte numérisé non relu

DO

1° Tumeurs non phlegmo ueuses;

2° Tumeurs phlegmoncuses;

5° Fistules. ,

1° Tumeurs non plilegmoneuses. Ce SOllt des lumclllS ormtCS par le corps étranger lui-même placé dans les parois abdominales. Pour se produire, elles nécessitent une série de phénomènes inflammatoires utiles et bénins qui se retrouvent ailleurs; pas de réaction générale, pas de symptômes aigus. A peine observe-t-on quelques donmars piquantes. La simplicité du phénomène dépend d’un facteur puissant, la forme du corps : le fait est si évident qu’on en a vu de trèspointus sortir de l’estomac à travers les parois sans déterminer aucune réaction inflammatoire. Les exemples en sont nombreux et curieux.

Observation. Benivenius cité parllévin dit qu’une femme avala une grosse aiguille de cuivre, qui resta pendant deux ans dans son estomac, et lui causa des douleurs très-vives et presque continuelles. Ces douleurs jetèrent la malade dans le marasme et dans un épuisement extrême. Les médecins lui avaient en vain administré pendant longtemps une grande quantité de remèdes. Enfin, l'aiguille parut extérieurement à la région épigastrique par un petit trou qu’elle avait fait à 1 estomac et aux téguments. La malade lut délivrée de ses douleurs aussitôt qu’on eut retiré ce corps étranger, et sa santé se rétablit très-promptement.

Mécanisme de formation des tumeurs non phlegmoncuses. — On a vu des épingles se frayer un passage au niveau de l’appendice xyphoïde sans suppuration. Si le corps est très-acéré comme ceux dont il vient d’être question, cette pression due aux contractions de l’organe a pour effet la perforation immédiate de l’estomac et même des parois abdominales. Que si le corps est oblong et obtus comme une fourchette, cette pression se produisant suivant le grand axe déterminera la formation d’une saillie extérieure qui apparaîtra dans l’hypochondrc gauche le souvent, soulevant devant elle toute la paroi. 11 ne faut pas oublier que cette pression se produit également à la partie postérieure, et ce fait explique les douleurs profondes qu’on provoque en palpant la tumeur et en lui imprimant des mouvements de latéralité. Les malades euxm érnes remarquent bien le moment où ce phénomène se produit. Jusque-là, Taxe du corps étranger était parallèle à celui de l’estomac, et les symptômes étaient peu intenses; tout à coup, les douleurs s’accroissent à la suite d’un effort de vomissement ou pour une autre cause, et le. malade sent manifestement qu’un changement a lieu. Quand cette pression contre la paroi est devenue un peu prolongée, elle provoque en ce point une légère inflammation plastique dont l’effet sera de faire adhérer entre eux les feuillets péritonéaux. Puis, nu niveau où la

TliAlTÉ DES CORPS ÉTRANGERS EN CHIRURGIE.

pression se fera sentir le plus fortement, la muqueuse sera ulcérée et par cette voie le corps étranger sortira pour se placer plus ou moins obliquement sous la peau. C’est là qu’au milieu des mailles du tissu cellulaire infiltré il formera ces tumeurs non phlegmoneuses dont le s.ege de prédilection est au-dessus de l’ombilic et un peu à gauche Les exemples de tumeurs non phlegmoneuses sont peu nombreux, et il nous a etc difficile d’en lire plus de huit ou dix.

Que deviennent ces corps étrangers ainsi à demi enkystés dans le tissu cellulaire? Disons d’abord qu’ils s’isolent très-rapidement de l’estomac, que l’ ulcération par où ils sont sortis se referme sans que les

symptômes soient bien aigus et sans que toute cette évolution soit ordinairement très- longue.

La tumeur non phlegmoneuse formée, elle peut rester stationnaire pendant quelque temps, au bout duquel le corps étranger peut :

1° Perforer la paroi directement ou par un abcès;

2" Cheminer à une certaine distance dans les parois abdominales;

r'“ Déterminer la formation d’un phlegmon on d’une péritonite.

1 Perforation lie la paroi abdominale. — Le Corps perfore la paioi directement quand il présente une extrémité aiguë. Aussi la palpation détermine-t-elle de vives douleurs caractéristiques. Si le corps est moins aigu, la perforation sera plus lente, et il faudra souvent que le chirurgien intervienne pour aider la nature. Dès que l’expulsion esl

terminée, tous les symptômes s’amendent sans suppuration, sansinflammat ion.

Observation. — Perforation de la paroi abdominale par une aiguille ( Schmidt'» Jahrbucher, 1877, V. 173. Stichler). — Le 1 1 septembre 1875 un enfant de un an avale en jouant une aiguille à crochet longue de 0,105 millim., épaisse de 8 millim terminée par une tête sphérique en verre; nuit passable. — Le lendemain matin reniant se plaignant et donnant des signes d’agitation, on soupçonne qu’il a pu avaler une aiguille, qui était restée introuvable, malgré toutes les recherches. Pendant toute la semaine 1 entant reste tranquille quand il a les cuisses fléchies, soit dans la position assise, soit dans le décubitus. Toute autre attitude amène des cris et de l'agitation Diminution de l’appétence pour les aliments et les boissons; selles liquides burine rare • pas de vomissement. — 10 septembre. On voit et on sent sous la peau la pointe de VaiguiUe a crochet à deux et demi-centimètres au-dessous et à gauche de l’appendice xipnoide. Imminence delà perforation de la paroi stomacale antérieure; violentes douleurs ; incision de la peau, issue d’une goutte de pus et hernie de l’aiguille. Stiehler élargit la plaie avec un bistouri pour permettre le passage de la tète de l'aiguille. Au moment de l’extraction occlusion de la plaie avec le doigt. — Suture; pansement avec un emplatie adhésif On administre toutes les dix minutes une, puis deux cuillerées à cate d eau puis de lait écrémé. Décubitus dorsal; applications froides sur la région stomacale. L agitation persiste quelques heures après l’opération. Sommeil paisible le

COUPS ÉTRANGERS DE L’ESTOMAC

coil' - Pas de vomissements; selles liquides, puis normales. Aucun écoulement par la plaie. Le troisième jour chute de la suture. L'appétit revient et le « octobre 1 «niant

est guéri.

[Traduite par M. le D' de Mersman.)

‘2° Migration. — Le corps peut Cheminer à une certaine distance dans les" parois abdominales; c’est un point commun à Ions les corps étrangers du tube digestif et sur lequel Peter avait déjà attiré fort judicieusement l’attention. Quoique exceptionnels, tous ces cas ont été très bien observés, et on connaît les lois qui les régissent. Ainsi, la direction que prennent les corps étrangers est toujours la meme, oblique en bas en dehors. Cette tendance à se diriger vers les parties inférieures, commune à tant de corps étrangers du tissu cellulaire, peut être attribuée à l’effet de la pesanteur, et la disposition anatomique permet de comprendre leur obliquité : c’est effectivement au niveau des aines qu’aboutissent les corps migrateurs. Où siègent-ils? sont-ils sus ou sous aponévrotiques ? Les auteurs parlent complaisamment des graisses que ces objets rencontrent sur leur passage, sans préciser dasantage. Cependant, il est probable qu’ils glissent aussi en avant des aponévroses dans les couches superficielles. De nouvelles observations pourront élue idei ce point d’anatomie pathologique.

Arrivés au niveau de l’épine iliaque, ces corps migrateurs se Irouxent arrêtés, séjournent un certain temps, demeurent stationnaires, puis déterminent une tumeur phlegmoneuse qui leur donne issue.

5° Phlegmon, péritonite. — Le corps peut déterminer la formation d’un phlegmon, d’une péritonite, fl peut rester stationnaire assez longtemps avant de déterminer l’inflammation éliminatrice; celte solution arrive après une durée très-variable. Le plus souvent, ce sont la palpation, les coups ou l’intervention chirurgicale qui la provoquent, et alors le cas devient identique aux suivants. Enfin la pcrloration amène lentement la mort.

Observation, limez de Chégoin a observé un malade qui mourut d’épuisement à la suite de diarrhée et chez qui ou trouva une dent de peigne qui avait perforé les parois de l'estomac et s’v était arrêtée de façon à faire saillie par la face interne et externe de l’organe. [Société de Chirurgie, 1807.)

2° rumeurs phiegmoiicuscs. — Les causes qui les déterminent sont les mêmes que celles des tumeurs non phlegmoneuses, c’est-à-dire la pression de l’estomac sur le grand axe du corps étranger; mais les circonstances changent, l’estomac et l’individu ne sont pas aussi bien

TUAIT lî DES CORPS ETRANGERS EN CHIRURGIE.

disposés, la pression est plus irrégulière et plus diffuse. Comme précédemment, le début est marqué par un accroissement dans les sèmes sensibles La douleur devient si aiguë qu’elle arrache parfois des cris aux malades; elle ressemble assez à celle des pleurétiques ou pneumoniques mais elle va sans cesse croissant jusqu’à un maximum qui correspond a la formation du pus. En même temps, une tumeur apparaît a la région de I hypochondre gauche, diffuse, rénitcnte, légèrement rouge, dure a son centre, avec empâtement superficiel, douloureuse à la pression, déterminant quand on veut chercher la fluctuation des douleurs profondes dans les reins. Si on ajoute à cet ensemble de phénomènes In fièvre, l’inappétence, l’insomnie, l’anxiété, on aura une idée de 1 état misérable dans lequel se trouvent les malheureux déjà émaciés par le séjour prolongé de ces corps dans l’estomac. C’est' pour ces raisons que quelques-uns ne peuvent pas mener à bonne fin ce travail d’expulsion inflammatoire et meurent incontinent de quelque complication. Quand la mort arrive, elle peut être la conséquence des complications de ce travail éliminatoire. La pression des parois, au lieu de s exercer sur 1 axe dirigé dans le sens antéro-postérieur, peut agir smon corps oblique dans tout autre sens, tel que les points extrêmes soient éloignés de la paroi; alors le plus faible, qui correspond à une aspérité du corps étranger, cédera et la perforation sc fera, la pression n’ayant pas de raison pour cesser. De là des péritonites foudroyantes. J’emprunte à Mairutz un fait de ce genre :

Observation. On fit l’ouverture du corps d’une femme pour chercher la cause de sa mort. On la découvrit dans l’estomac où il y avait un couteau dont la lame avait environ quatre pouces de long. Elle avait percé l’estomac à trois doigts de l’oriticc supérieur ■ la pointe sortait d’un pouce et demi de long par l’ouverture qu’elle s’était créée

Ailleurs, c’est une longue aiguille métallique qui va perforer le foie; ailleurs encore une fourchette dont les dents pénètrent à travers la face postérieure de l’estomac. Tout dépend de la position du corps étranger, puisque les fourchettes dont les dents sont en avant déterminent des phlegmons éliminateurs très-heureux, et la mort termine les cas où elles sont situées en arrière.

Ce travail peut encore se trouver entravé par des accidents très-divers qui parfois emportent le malade comme dans le fait suivant de W. Watson I Lancet , 1868).

Observation, lue petite fille de onze ans se plaignait depuis dix-huit mois de douleurs 1 épigastre et était sujette a des crises épileptiformes depuis un an. Elle fut trouvée

CORPS ÉTRANGERS RE I, 'ESTOMAC. 21,3

morte dans «on lit, sans doute à lasuitc d'une attaque. A l'autopsie, on troua > cl le foie soudés entrô eux par des adhérences. En les détruisant on 1 ™C

puille longue d’un pouce et demi traversant l'estomac et pénétrant dans e ou. a

tondeur d’un demi-pouce.

Le cas suivant dû à Lambron 1 est encore plus probant. Cet auteur rapporte un cas de phlébite de la veine forte produite par une aride de poisson qui traversa l’extrémité pylorique de l’estomac, la tcle du pancréas, et s’implanta dans le tronc de la mésentérique supérieure.

Ce sont là autant d’indications utiles, de laits encore trop peu connus, dont l’étude sera fructueuse parce que les corps de l’estomac ne sont et ne seront pas au-dessus des ressources de l’art, qu’il est possible de modifier leur situation, et qu’on peut faire avorter ces phlegmons en suivant en cela la nature qui nous en fournit des exemples. L’observation de l’homme à la fourchette de Labbé présente un de ces cas de tumeur phlegmoneuse avortée, sans doute parle déplacement fortuit de la fourchette.

Si l’on cherche à préciser les diverses phases du travail inflammatoire, on peut les diviser en quatre temps successifs. Dans le premier, le corps étranger exerce la pression excentrique; c’est sous cette influence, assez longtemps prolongée, que se produit, dans le second temps, 1 adhéience des feuillets péritonéaux. Quand ce fait est acquis, les chances de dangers sont écartées, et l’ulcération des parois de l’estomac se produit insensiblement pendant que l'infiltration extérieure augmente : c’est le troisième temps ; jusque-là la fièvre a été vive, la douleur intense, dont, ce cortège disparaît avec le quatrième temps; la formation du pus dans le phlegmon, le passage en général partiel du corps etrangei clans la ca\ih

abcédée.

Telle est l’expression succincte des phénomènes signalés dans les belles observations des auteurs. J’en prends une à l’appui de ces données théoriques.

Observation de Van Amdel (Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie , 1860,

p ’jtq. j a femme Ch. J. C., âgée de soixante-quatre ans, affectée de mélancolie, est.

admise le 31 août à l’hospice des aliénés de Zulphen. Quelques jours avant son entrée, elle avait avalé une fourchette d’argent. Elle avait voulu suivre l’exemple récent d’une femme qui s’était, suicidée en avalant une fourchette d’argent; on avait pratiqué la gastrotomie et la malade était morte peu de jours après. Quand on vit la femme Ch. J. C., elle était fort calme et exprimait le désir d’être opérée le plus vite possible. Des recherches répétées firent connaître la présence d’un corps étranger dans l’estomac. Ea forme de ce corps et des renseignements précis ne permettaient pas de douter qu’une fourchette

I Arr.lt. gén. demêd. 1R42.

T ! » A 1 TÉ DKS COUPS ÉTHANGKMS EN UÜHUIUilE.

ua,l dans 1 estomac ; les pointes étaient dirigées en avant et en haut, le manche situé nn peu en arrière vers le pylore Pas de plaintes, de douleurs, mais sentiment de gène èZ li icjue. I, état general ou local de la malade ne présente aucun phénomène grave

Xntrrrr: aciif- Le 6,décembre ^

.y .ut pu csenür avec les doigts, ne sont plus accessibles à la palpation et l’on observe < n cote gauche du ventre, au-dessus du nombril, une tumeur avant à peu près h ' ros

dema Mltr ’ua,rième “wis-Pe" a P6»** peau adhère ahceV; aun'ori

îai, il se forme un abcès a trois doigts au-dessus du nombril. Ouverture spontanée

Ojum; issue de matières (écolo, des, fétides et brunâtres. On ne putd“rTcm-ps

fîstidp 6r |J° |UU1’ G,S qUatr(i dents de la f°urchelte se montrèrent au niveau de la

s nie sur les deux tiers de leur longueur. On lit deux incisions de chaque côté des dents

1 m extriure !a fourchette qui avait une direction perpendiculaire. Le manche était coueit de matières fecales d’un brun foncé et fétides. Les jours suivants, issue de matières lecalesqm diminuent sensiblement jusqu’au U juillet, époque de la cicatrisation défini-

Obscrratwn.— lin jeune homme avala un couteau ouvert; il sentit d’abord une doures-aigue, intermittente, dans l’hypochondre gauche sous les fausses côtes lise fit en ce point un an et demi après une tumeur qui s’abcéda. Un chirurgien l’ouvrit et en retira le couteau qui se présentait par la pointe. Guérison assez prompte.

11 existe même quelques observations de phlegmons multiples successifs terminés heureusement.

JÏZ''T " r • E" 10!9' FêS d? Montmorencï- ™ vigneron ûgé de soixante-cinq an, robuste et aliène, avala sans qn on s en aperçût l’affiloir ou fusil d'un charcutier II né

donna aucune marque de douleur après l’avoir avalé. Au bout de cinq ou six mois il

de hrC On.dre J™1.1 un abcès consïdùinble où le fusil §e trouva avec beaucoup

le matières. On le tira adroitement, et la plaie fut guérie en huit jours. Cet accident

tn lo‘ de tr" n T! j le même hon™e P»r hasard le pied d’une mar-

. de fer, il le porta a sa bouche et l’avala. Il ne se plaignit encore de rien, malgré les

impressions douloureuses que devait faire dans l’estomac un corps dur et d’une forme uss, îrreguhere. Il arma la mémo chose que la première lots: six mois ZlsTll forma dans I hypochonlre gauche un abcès par lequel le corps étranger sortit Cet abcès lu guert aussi fort promptement. Ce ne fut pas la dernière extravagance de ce vice- : a'nla l’eu <le laml« apivs un couteau de poche avec sa gaine. Ce couleau sortit au

ton de quelques mots par un abcès qui se fit un peu au-dessus cl à côté des vertèbres lombaires. U game s était pourrie el le couteau, qui se présentait la pointe la première perra abcès pendant que cet homme était courbé, labourant la lerrc. ( Mémoire Je Ilcrin.)

,t>s exemPles sont nombreux : des couteaux, dos arêtes, des épis tl orge, ele., ont terminé de cette façon leur évolution inflammatoire Le mécanisme en est simple : c’est celui qu'on a imité depuis quelque vi.W ans. pour aller de dehors en dedans à la rencontre des abcès du foie, ele Comment se terminent ces phlegmons? Ils peuvent parfois acquérir comme on vient de le voir, un volume considérable; le plus souvent circonscrits, ils s’al, cèdent spontanément, ou bien le chirurgien intervient pour mettre un terme aux souffrances.

Jusqu'ici, tout est naturel et facile à comprendre. Ce qui l’est beau-

COl’.l'S ÉTRANGE U S DU 1/ESTÜMAC.

coup moins, ce sont les particularités bizarres qu’on observe Umjonrs.

Et d’abord, pourquoi le pus ne se la.Hl pas )onr dans I estomac, nuisou’il peut y être conduit sur les portions du corps etranger qui s \ trouvent encore assez souvent enclavées? On’on argue de «W.<eratao« rapide de la perforation, si le corps est entièrement passe, de ob t uct on par le corps étranger lui-mème, s’il est , «complètement sort., il laut cconnaître qu’il y a là un point peu connu dans la pathogeme de ces lu-

meurs phlegmoneuses.

En second lieu, après l’ouverture de ces tumeurs phlegn.oneuscs, artificielle ou spontanée, les auteurs les plus conscience..* ne mentionnent jamais l'issue ultérieure de matières stomacales, mucus ou chyme. Ce lait s’expliquerait à la rigueur par l’oblitération rapide du point de l’organe perforé: mais comment comprendre ce que plusieurs mentionnent ailleurs, la présence avec le pus de matières d’odeur et de nature

stercorales?

Je 11e vois que deux raisons plausibles de ce symptôme :

1° La possibilité d’un phlegmon auquel le côlon transverse participerait, d’où l’issue de matières técaloïdes, comme dans l’exemple de Van Vndel ; 2° la proximité seule d'une collection inflammatoire a\ec le gio> intestin suffit pour expliquer l’odeur des matières fourmes par l’abces.

D’après quelques faits, il se peut que le phlegmon siégeant à la partie inférieure de l’estomac devienne une péritonite circonscrite, qui, peut s’ouvrir dans le gros intestin. On a vu ainsi un couteau tomber dans le côlon. Ile même 1 observation suivante s y rapporte .

Observation. Un enfant de cinq ans avale une boude de soulier. Syncope, mouvements convulsifs violents surtout à la région de l’estomac. On donne de 1 huile et un vom.UI. Douleurs stomacales très-piquantes ensuite; coliques stomacales. Elle resta deux ans, puis tumeur douloureuse do quatre travers de doigt dans 1 hypochondre droit tuant ven i’énbastre. Saignées, matiiratils. Après quinze jours, grand soulagement des douleurs d'estomac. La tumeur disparut par suite d'une diarrhée purulente. Le ventre redevint tranquille; on ne retrouva jamais la boucle; la guérison lut complété.

On voit par ces quelques considérations que la sagacité des observateurs trouve une ample carrière dans ces cas ardus où une pratique inconsidérée et téméraire peut devenir dangereuse. Souvent le chirurgien se trouve en présence de collections formées dont il ne connaît pas l’origine, que le malade ignore parfois lui-mème; et ce sont ces petits détails qui le guident dans sa conduite. S’il ouvre des abcès dans celte région, il devra avec soin explorer ces collections, avec les plus grands ménagements, pour être renseigne sur l’origine comme sur la marche de la cicatrisation.

IliAllÉ DES COIU'S ÉTRANGERS EN CHIRURGIE.

, ,ic - Après ce qui a été dit des tumeurs

p îlegmoneuses, quelques notes suffiront pour les fistules. Elles leur succèdent dans tous iescas. Seulement, le trajet de l’abcès est oblique et le corps etranger ne peut encore se présenter à l'orifice, retenu par quelqu une de ses parties, ou par des brides aponévrotiques. Ces fistules S observent surtout quand l’abcès succède à une tumeur phlegmoneuse teveloppee autour cl mi corps étranger migrateur.

Sir. ", m '?aSSaSC 'l0 “ poroi abdominale^ lTiS™ lis

ré.d n de rw TnbeL0» 'f?lran8er ’ ^ “ l’61"1»111 « ta„pS et vient abcéder à la

° 1 ’"ne- L abces llslulcus tant que le corps étranger ne fut pas , étiré.

Ces fistules ont un. aspect caractéristique, elles présentent à l’extérieur un ou plusieurs orifices en cul-de-poule, qui s’ouvrent au sommet d un bourgeon charnu fongueux. Le pus sécrété est d’abord franchement phlegmoneux, puis il devient séreux. Quand l’attention n’est pas eveillee par les commémoratifs, par l’exploration, ces fistules peuvent persister tres-longtemps jusqu’au jour où l’art intervient pour aider la

nature. Dès que l’épine cesse d’entretenir la suppuration, la guérison

ne se lait pas attendre, à moins que la longue durée de la fistule n’ait produit une induration étendue du tissu cellulaire dont la résolution est toujours lente et qui n’exige qu’un traitement approprié.

I>c la mort ,1a,,, le, corps étrangers de ■’«,<»„, „c. — Ce mode de terminaison est exceptionnel pour les corps étrangers de l’estomac,

mais comme ces faits frappent l’esprit, ils ont été recueillis avec soin [Kir les chirurgiens.

il n’existe pas d’exemple de mort primitive, au milieu des accidents aigus. Elle est presque toujours secondaire et le lait du travail pathologique dont j'ai étudié les diverses phases.

La mort arrive soit par l’état général, soit par l’état local. En premier

heu, elle peut survenir comme conséquence fatale de l'amaigrissement

cl de l’inanition plus ou moins complète qu’on observe chez certains malades.

Observation. Holmes raconte qu’il a examiné avec B. Brown le corps d’une jeune cnirne de dix huit ans qui soutirait d’une tumeur à ]a région épigastrique et qui vomissait fréquemment après ses repas. Elle s’affaiblit peu à peu, tomba dans la prostration et mourut. 1

La cavité du péritoine contenait quelques onces de sérum purulent et il y av iif les Signes d’une péritonite. En ouvrant l’ctonmc, on y trouve une grosse’ masse Voni|«lè

COUPS ÈTKANGEUS UE E ESTOMAC

<li= cheveux et .le ficelles qui occupait la plus pramlc partie ■ ‘le ‘'"éunis

restreinte était engagée dans le pjlore. Les cheveu» ela ont lo.n s cl nous les uns aux autres par .les ficelles et .les parcelles al.mc..la,rcs sudie. . la ™ serait six pouces de long sur trois quarts d’épaisseur, deux et demi en treu is. autre masse occupait la partie supérieure du duodénum et le commencement du J iju nom. Cette portion de l’intestin était considérablement dilatée. Celte masse ci moins de cheveux, mais plus d’étoupes. Elle avait quatorze pouces de long, (f olM, J. de méd. el ehir.prat., 1852.)

Eu pareils cas, la mort est toujours très-lento et n’arrive qu’après des années. Forcstus rapporte qu'une malade mourut des suites de 1 ingestion d’une sonde qu’un barbier laissa tomber dans l’estomac. La mort survint (leux ans après seulement; la malade était dans un état d émaciation extrême.

Ku second lieu, la perforation de l’estomac est la cause du plus grau nombre des cas de mort, soit qu’elle arrive de bonne heure, soit qu’elle

succède à un commencement de travail inflammatoire. Dans 1 une ou

l’autre éventualité, c’est la péritonite qui enlève les malades. Des qu elle apparaît, 1 issue est fatale,' à moins que, enrayée à temps, elle puisse être circonscrite. Malheureusement, elle est le plus souvent au-dessus des ressources de l’art, parce qu’on en ignore la cause. Quelques -faits, presque tous analogues, en donneront une idée.

Observation. Buknill a vu un homme de vingt-deux ans, épileptique et maniaque, mourir de péritonite. On trouva une perforation de l’estomac plus large qu un shilling, située au niveau de la petite courbure de l’estomac, colorée en noir et à bords ulcérés. Péritonite généralisée. En ouvrant l’estomac, on trouva une masse du pouls de quatre livres composée entièrement de fibres de coco et de morceaux de (icelle. La membrane muqueuse était saine, saut au point ulcéré, [transactions oj palliol . Society.)

Observation. Poland a vu l’autopsie d’un jeune fou qui avait dans l’estomac deux livres huit onces de corps étrangers et qui mourut d’une perforation de la paroi antérieure du duodénum. Il avait dans l'estomac et l’intestin une masse de manches de cuiller (51) de cinq pouces de long, quatre demi-manches, neuf clous, un demi-talon de soulier enfer, une vis, quatre cailloux.

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