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CHAPITRE II

NATURE DES CORPS ÉTRANGERS INTESTINAUX

Il est inutile de répéter ici ce que j’ai dit ailleurs sur la nature des corps étrangers introduits par la bouche et qui parcourent les voies digestives. Le plus grand nombre peuvent passer dans l’intestin, d’autres s’y arrêter, par suite de l’exagération de quelqu’une de leurs dimensions. Mais je dois insister sur la nature des concrétions diverses qu’on observe assez fréquemment et qui ont toujours pour origine les aliments' ou les produits de sécrétion.

Influence des corps peu volumineux réfractaires à la digestion. — Quand on interroge les milliers de cas de corps étrangers, de tumeurs stercorales de l’intestin, on est assez frappé par l’inlluencc fâcheuse de corps par eux-mêmes très inoffensifs, et qui n’ont d’autre défaut que d’être réfractaires à la digestion : ce sont des graines, pépins de fruits, graines que supportent les fraises, pépins de raisins, noyaux de fruits, etc. Ces corps, qui n’ont aucune influence fâcheuse ordinairement, peuvent dans quelques cas, surtout lorsqu’ils s’accumulent en nombre considérable, devenir de véritables corps étrangers. Le volume joue donc un rôle très faible dans cette question, et l’on peut même dire que ceux qui ont un volume moyen sont plus indifférents que les autres. Ils ne peuvent en effet, comme les noyaux et les pépins, entrer dans les diverticulums et l’appendice vermiforme. D’un autre côté, les dimensions peu exagérées sont beaucoup plus favorables à la migration physiologique que celle des corps allongés.

Du nombre des corps étrangers. — Ces préliminaires étaient indispensables pour comprendre l’évolution et la composition de certains corps de l’intestin, entre autres des entérolithes. D’abord, tantôt ils sont uniques, tantôt multiples : Cruveilhier rapporte un cas T où on a pu observer jusqu’à six cent dix noyaux de cerises arrêtés dans l’intestin; les exemples de nombreux noyaux du même fruit pullulent dans les auteurs, dans un autre fait on en trouva treize cents. D’autres fruits, comme les prunes, les dattes, les pruneaux, y sont aussi représentés. On trouve dans la Gazelle médicale de 1835 le fait rapporté par Dor d’un malheureux qui avait avalé cent vingt noyaux de prunes et quatre-vingtdouze balles.

Je cite ces faits entre mille. Le plus souvent les corps étrangers sont

parfois en de véritables conglomérats ou concrétions.

facettes conchoïdes, à la manière des calculs de cliolestéiinc de la vésicule biliaire.

Après le nombre de ces corps étrangers vient la forme, qui n est pas indifférente pour le chirurgien : elle est en général fort irrégulière quand les concrétions sont simples, sans noyau organisé. Au contraire, dans ce dernier cas, la tumeur affecte une lorme géométrique bien déterminée, parce que, comme on le verra bientôt, ce corps étranger peut devenir le centre d’un vrai calcul. La plupart sont ovalaires et allongées suivant un de leurs grands axes, et ces données sont la conséquence de la forme même de l’organe contenant, qui est ordinairement le cæcum. Des concrétions présentées à la Société 'anatomique par Durand Fardel, expulsées par une dame de quarante ans, étaient au nombre de quinze ; elles ressemblaient à des amandes desséchées ou à des semences de citrouille; elles étaient très dures et présentaient à leur centre un noyau parfois très petit qui rappelait tout a fait un pépin de fruit ; au centre existait du tissu végétal*. Iliiss et Mosander ont décrit un entérolithe qui mesurait 0"‘17 de longueur, et 0' 06 dans sa partie la plus épaisse ; il remplissait le cæcum et pénétrait dans l’appendice vermiforme.

Ce qui précède montre suffisamment quelle sera la variabilité infinie du poids et du volume des entérolithes, puisqu’on les voit varier de la grosseur d’un pépin de raisin à celle d’une tête d’adulte. Au reste, comme je le faisais pressentir, les corps étrangers subissent fréquemment un encroûtement fort curieux, qui en modifie le volume et les pro-

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