Bull, de la Soc. Anat. 18G4. p
priétés. Il se lait autour de certains corps étrangers un travail mai défini, irrégulier, qui a pour résultat de les envelopper d’une coque parfois franchement saline, parfois moitié organique et moitié calcaire. Les corps organisés, comme les noyaux, y sont plus spécialement prédisposés ; mais ils ne jouissent pas seuls de cette particularité, puisqu’on a vu une tumeur de ce genre se développer autour d’un quartier d’orange avalé sans mastication, six mois auparavant. J’emprunte à Ailiers de Bonn, qui a beaucoup écrit sur la typhlolithiase un cas type de ce genre de calculs à noyaux.
Observation. — La femme L..., 25 ans, est prise le lundi de douleurs à l’estomac; les garde-robes sont régulières. On prescrit huit grains d’oxyde blanc de zinc et un vésicatoire; après l’emploi de ce moyen, cessation presque complète des douleurs; la malade ne se plaint que d’une sueur abondante. Le mercredi soir, on administre une «mulsion d’huile de ricin et de laurier-cerise qui provoque six selles liquides. Pas de nouveaux accidents; état de faiblesse sans souffrance jusqu’au vendredi soir où des vomissements répétés ont lieu tout à coup. La malade rejette un liquide clair, acide, douleurs violentes, coliques ombilicales, constipation. Le samedi, tout l’abdomen est extrêmement sensible à la moindre pression ; saignées, sangsues, qui procurent un peu de calme. Pas de garde-robes, malgré l’administration de lavements à l’huile de ricin. Le dimanche et le lundi, continuation de la douleur avec des exacerbations et des rémissions ; les purgatifs, les lavements les plus énergiques sont sans effet. Le mardi, les douleurs deviennent intolérables, les éructations ont une mauvaise odeur, la malade vomit une masse liquide infecte. Le soir, les souffrances cessent subitement, le ventre se ballonne, ia tympanite ne fait pas de progrès jusqu’au mercredi matin où elle redouble sans cause appréciable. La malade meurt dans le milieu du jour.
Autopsie. — L’estomac et le foie sont à l’état normal, l'intestin grêle est considérablement distendu par des gaz infects et renferme un liquide jaunâtre. A la valvule de Daubin on sent une tumeur dure. Cette masse, de la grosseur d’une noix, est blanchâtre, composée de deux couches, et renferme çà et là des fragments d’un noyau de fruit. Sa légèreté et sa friabilité ne laissent pas de doutes sur sa nature calcaire. Entre les deux couches, on trouve de petites masses noires formées par des excréments indurés. Le calcul a déterminé dans le point où il repose un enfoncement et une dilatation sacciforme. 11 est évidemment produit par une sécrétion de la membrane muqueuse. [Arch. für Physiol. heilk. 1851.)
Ces concrétions siègent rarement clans l’intestin grêle, beaucoup plus souvent dans le gros intestin.
Le caractère le plus saillant des calculs intestinaux de l’homme est leur disposition en couches concentriques, alternant avec des couches de matières fécaloïdes de colorations diverses. La composition chimique est à peu près toujours la même : ce sont des carbonates et phosphate de chaux, parfois même du phosphate ammoniaco-magnésien. Ici plus qu’ailleurs, il est difficile de s’expliquer la genèse de ces calculs. Dire que c’est la suite d’une altération dans les sécrétions, c’est retourner la question sans la résoudre, car on a peine à com-
CORPS ÉTRANGERS DE L’INTESTIN, prendre celle sélection presque absolue du corps origiiie pour quelques sels que le canal digestif contient en ücs peic ■ l’état normal. Comment aussi expliquer ces intermittences que nous constatons dans le dépôt, qui se traduisent à nous par la présence des couelies concentriques à coloration alternante? Ce sont la autant de laits
encore bien obscurs qui restent en suspens.
Ce travail de dépôt peut aussi bien s’effectuer sur des corps amorphes, des matières réfractaires épaissies, et alors on a es ca eu s n\an un noyau fécal à leur centre. Sanchez de Toca a rapporte 1 observation d’un énorme calcul pesant 600 grammes, de 0m,0cS dans son diametic transversal, formé de phosphate et de carbonate de chaux, et ayant pour centre des matières fécales durcies. Les choses ne se passent pas toujours aussi uniformément, et la stratification régulière des Diverses couches peut ne pas exister. Ainsi, dans le cas de concrétions formées par des noyaux de cerises, les matières qui enrobent les noyaux sont constituées, en bonne partie, par des sels identiques à ceux des calculs qui se sont simplement agglomérés et mélangés aux autres corps étrangers Aussi, ces entérolithes prennent-ils un aspect brunâtre ionce. Dans un cas d’Aberl, après l’expulsion d’un gros calcul volumineux, il en sortit trente-deux autres petits; ces pierres réunies pesaient 1 kilog. 250. Au centre de chaque calcul, on trouva un noyau de cerise ou de° mirabelle. La masse corticale était formée de couches concentriques de matières cristallines, d’une teinte brunâtre. On ne trouva dans le calcul aucun des éléments colorants de la bile; ils contenaient des phosphates, des sulfates de chaux et de magnésie.
Enfin, on comprend plus facilement qu’un calcul biliaire puisse devenir calcul intestinal en s’encroûtant de sels calcaires. Ces < xt ni p 1 < s sont plus rares, mais ont été observés (Vulpian). Alors, on trouve le calcul biliaire intact au centre de la concrétion.