‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 81 sur 304 · Cilé par Poland. Guy' s Hospital' s Reports, 18G · texte numérisé non relu

Cilé par Poland. Guy' s Hospital' s Reports, 18G

DES CORPS ÉTRANGERS DE L’INTESTIN. 280

même, si l’on prend soin de s’en servir quand elle est indiquée. Quant cà son emploi tardif, il est non seulement inutile, mais encore contreindiqué et dangereux. Cette incision dans le cours d’une affection aiguë ne peut que provoquer la propagation au péritoine.

3° Traitement des complications inflammatoires. — J'aurai en vue dans ce dernier paragraphe l’obstruction, la périentérite avec perforation et les fistules.

Ce qui vient d’être dit des cas ordinaires est surtout applicable quand il y a obstruction ; on doit alors essayer de lever l’obstacle par des moyens de douceur au début, et ensuite s’il résiste, par les moyens chirurgicaux, qui sont la ponction et l’entérotomie. L’opération est encore plus incertaine, parce qu’il arrive souvent que le chirurgien ignore le point de départ des accidents graves et qu’il va chercher en un autre point que le vrai l’obstacle au cours des matières : c’est ainsi qu’on a incisé au niveau du cæcum pour des obstructions qui avaient leur origine dans le côlon.

Périentérite. Perforations . — La chirurgie est impuissante dans les cas de perforation primitive où une péritonite foudroyante survient; les accidents sont si aigus qu’on ne peut guère espérer les enrayer. Si l’on en connaissait bien nettement la cause, si même on avait lieu de la soupçonner, y aurait-il indication à extraire le corps étranger ? Je ne sache pas que les préceptes chirurgicaux soient bien précis à cet égard; cependant quelques exemples semblent prouver qu’il y aurait utilité à pratiquer l’entérotomie et à extraire le corps étranger. Malheureusement la péritonite n’en continue pas moins sa marche. L’immobilisation, avec une cuirasse de collodion, et un traitement interne approprié, 11e réussiraient pas mieux.

H n’en serait pas de même dans le cas de périentérite avec perforation qui exige un traitement tout particulier. Il faut laisser la nature agir sans entraver son travail, le favoriser même et, pour cela, mettre le malade dans le repos et l’immobilité la plus complète. Dès qu’on a lieu de soupçonner une périentérite, il faut penser à l’éventualité d’une perforation et appliquer une cuirasse collodionée.

Quand la tumeur sera ainsi formée et qu’il existera du pus, on pourra appliquer des rnaturatifs ou des vésicatoires, mais le premier topique

. prelerab U llberté d" ventre sera l’objet d’une attention scrupuleuse, et 1 on devra se faire rendre compte des particularités que les selles pourraient présenter. Au bout d’un temps variable, la peau devient lOugc et la fluctuation moins profonde (^'auparavant : une incision est

alors indiquée. Il faut la faire de préférence dans la partie la plus déclive, parce qu’on pourra se trouver en présence d’un anus contre nature, et cette précaution est alors très importante.

M. Richet, dans un cas semblable, a fait la ponction aspiratrice à plusieurs reprises. Je ne pense pas qu’elle offre des avantages réels sur l’incision simple, parce qu’on est toujours obligé d'inciser un peu plus tard. Si du pus s’écoule seul, ou se comportera comme dans les cas d’abcès de la fosse iliaque, et l’on drainera la cavité avec un gros drain du volume d’un doigt. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils seront utiles. Mais auparavant, le chirurgien devra explorer la cavité de l’abcès, surtout si l’ensemble des phénomènes antérieurs donne quelque consistance au soupçon d’un corps étranger. Pour cela, le doigt est le meilleur guide; à son défaut, une sonde de femme ou une sonde en gomme à mandrin pourrait rendre des services. Je me hâte d’ajouter qu’il faut faire cette manœuvre avec la plus grande douceur, sans violenter les parties, parce que toute traction vicieuse pourrait avoir, en détruisant les adhérences, les plus fâcheuses conséquences. Si l’on ne trouve rien, il ne faut pas insister et panser comme nous venons de le dire.

L’existence de matières stercorales indique nettement la perforation préexistante et la présence au fond de l abcès d’un corps étranger ou d’une de ses parties. En pareil cas, l’exploration sera encore indiquée, mais toujours très douce ; il faut éviter les tractions sur le corps étranger, s’il ne vient de lui-même se présenter à l’orifice, ou s’il n est pas mobile en tout sens dans la cavité du phlegmon. Dans beaucoup de cas, les tractions pourront être inoflensives, mais dans quelques-uns, elles déterminent des ruptures d adhérences cl la moi t pai peiilonite. Il faut user de patience, drainer la cavité, insister sur les soins de propreté et, par-dessus tout, entretenir l’état général, toujours fort affecté par la présence longtemps prolongée du corps étranger dans l’intestin et par une suppuration qui dure quelquefois des années avec grande abondance.

Si le corps est libre, on peut le retirer avec des pinces, mais il faut éviter d’agrandir 1 ouverture extérieure avec le bistouii, il est piclciablc et moins dangereux de dilater l’orilice avec une tige de laminaire, ou mieux avec de l’éponge préparée tubuléc (pii n’empêche pas l’écoulement des matières.

Traitement des fistules. — La circonspection avec laquelle on doit explorer les abcès périentériques est également applicable aux fistules, et l’extraction ne doit être tentée que quand la nature a mobilisé le

corps étranger. Si l’on intervient plus lot, si l’on lait des manœuvres piématurées pour détacher les adhérences, la vie est presque toujours compromise. Aussi, le précepte est-il formel en pareil cas : ne pas débrider et n’extraire que quand le corps étranger est mobile et lorsqu il vient se présenter à l’orifice externe de la fistule, préablement dilatée comme d a été dit plus haut. Les mécomptes survenus dans la pratique de chirurgiens distingués font de ce précepte une loi qu on ne doit pas transgresser sans témérité.

Traitement clés corps étrangers arrêtés clans les hernies. — Il faut avant tout obtenir l’évacuation de l’anse intestinale; les lavements, les minoratifs et le taxis exercé, soit dans le but de dégorger simplement l’intestin, soit pour réduire la hernie, peuvent être successi-

vement mis en usage.

On peut parfois arriver à résoudre tous les obstacles et à arrêter la marche des accidents par l’administration de l’eau, des purgatifs huileux et de la manne. Ils agissent de plusieurs manières en délayant les matières et en facilitant le passage; on a aussi fait jouer un certain rôle aux contractions qu’ils provoquent, mais sans qu’on puisse rien préjuger de leur utilité immédiate.

L’application du taxis comprend un certain nombre d’exceptions. Si le corps étranger était pointu, s’il était encroûté de niasses stercorales, de manière à devenir inoffensif pour le canal intestinal, il faudra plutôt éviter de délayer la masse et chercher par l’administration des lavements apéritifs ou d’huiles douces à le faire passer en totalité dans la portion inférieure de l’intestin. De même, les aspérités contre-indiquent le taxis qui amènerait une perforation. La hernie vient-elle à s’enflammer, les antiphlogistiques au début, les bains, les cataplasmes pourront être employés utilement dans l’un et l’autre cas. Alors, en dehors des indications si discutées du taxis, il faut s’inquiéter de la nature du corps étranger si c’est possible. On peut, lorsque le corps étranger est très pointu, l’extraire par pression; a-t-on des doutes, on fera lcdébridement et l’extraction. Enfin, dans quelques cas exceptionnels, il sera bon de connaître la conduite suivie par Broca dans l’exemple suivant :

Observation. — Cas de fistule produite par un corps étranger arrêté dans une hernie. — Un vieillard de soixante-seize ans, porteur d’une hernie scrotale très ancienne, entre à l’hôpital avec une fistule herniaire dans laquelle le stylet faisait découvrir un corps étranger. Au moyen d’une pince, Broca amena au dehors un corps solide, mince, allongé, de couleur brune; ne pouvant l’extraire complètement, il l’attacha avec un (il qu’il tirait chaque jour; en six jours, il le lit sortir de quatre centimètres. Dans une traction plus forte le corps se cassa; une portion vint au dehors

et l'autre rentra. On sentait cependant toujours le corps étranger à l’aide de la sonde cannelée. M. Broca lit un débrideinent qu'il ne porta pas trop loin, de peur d’intéresser le péritoine; l’extraction ne put être faite, et M. Broca songeait à porter le débridement plus loin au moyen d’un entérotome, mais il n’en eut pas besoin.

Le lendemain on ne sentait plus le corps étranger et la fistule donnait issue à des matières focales. Deux jours après on trouva dans les pièces de pansements ce corps que l’on reconnut pour un os claviculaire d’oiseau. L’anus est établi.

D’après l’aspect des matières rendues par la fistule, c’est l’S iliaque qui est alfectée. (Bull. Soc. chir., 1857.)

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