Algcmeine Wiener Mediz. Avril
Enfin, on peut, si on a dos raisons de craindre la trop grande sensibilité du malade, ou si un prévoit des difficultés dans l’extraction, lui procurer le bénéfice de l’anesthésie préalable.
§ 1. — Traitement de la coprostase.
Le premier soin en présence d’une coprostase est d’administrer aes évacuants parla bouche, et des lavements par l’anus; on guérit souvent par ces moyens simples. Il faut insister sur ces remèdes, mais agir dès qu’ils sont inefficaces, et alors sont applicables les préceptes suivants, relatifs à leur extraction par les voies naturelles. Les différents procédés auxquels peut s’adresser le médecin ne présentent pas tous la même valeur et ne répondent pas aux mêmes indications. Les uns sont préférables quand la tumeur est petite, mobile, peu élevée ; les autres, au contraire, quand elle est volumineuse, dure et fixe. A propos de chacun d’eux j’indiquerai leur application spéciale. Tous nécessitent quelques précautions qui sont : 1° la dilatation préalable de l’anus ordinairement très-contracturé : les doigts ou un dilatateur remplissent cette indication ; 2° on doit, quel que soit le procédé employé, prévoir l’expulsion des matières qui se trouvent accumulées au-dessus du bouchon stercoral, préparer ce qu’il faut pour les recevoir et se mettre à l’abri au moment de l’éruption qui inonde tout ce qui entoure.
1° Extraction simple avec les doigts ou avec des pinces. — Cette opération se lait sans se servir du spéculum ; l’indicateur de la main gauche préalablement graissé est introduit dans le rectum; ensuite on glisse sur lui une paire de pinces a mors plats, de préférence des pinces tire-balles ou pinces à lithotomie. Quand le corps étranger est en contact avec le doigt, la main droite de 1 opérateur ouvre les branches de la pince et saisit la concrétion que le doigt indicateur gauche fixe solidement. On fait ensuite l’extraction. Tel est le procédé le plus simple, dans les cas de corps étranger mobile, situé à portée du doigt, et assez exigu pour permettre l’action des tenettes. Quelques chirurgiens préfèrent se servir du spéculum, que l’on fixe après l’avoir ouvert et qui
permet d’agir à découvert.
2° Extraction d'une concrétion élevée , volumineuse et fixe. — Toutes les fois que le corps étranger est hors de l’atteinte du doigt, il laut renoncer au procédé précédent, appliquer le spéculum et atteindre la concrétion à l’aide d’instruments conduits jusque sur elle au moyen d un &or0eiet oïdinaiie. L opérateur cherche alors à la saisir au moten
de fortes tenettes, étroites et longues. Il réussit ainsi quelquefois à retirer les concrétions, qu’on est obligé de mobiliser par des tractions en tous sens, comme pour le forceps dans l’extraction du fœtus. Les injections huileuses tièdes conseillées par Birket rendent en pareil cas, comme adjuvant, de réels services. Si on ne peut saisir la masse ou la mobiliser, en raison de son volume ou de sa fixité, il faut recourir à d autres moyens, dont l’ensemble a pour but la fragmentation de la tumeur; on la pratique à l’aide d’un corps long et inollensif que 1 on introduit au contact de la tumeur à travers le spéculum. Une infinité d instruments peuvent servir à cet usage : les spatules, les manches de cuiller, un gorgeret, les branches d’une pince, un simple morceau de bois, sont ceux que l’on a le plus souvent sous la main en pareil cas. L’opérateur gratte la tumeur et cherche à la dissocier au moyen de cet instrument, en y combinant L'action d’un jet d eau tiède continu lancé par un irrigateur. La concrétion ainsi creusée peu à peu finit par se résoudre en fragments, et une irrigation un peu prolongée amène ordinairement la débâcle. Voilà comment il faut opérer; mais il ne faut pas trop se hâter, et user de patience, sans violenter les parties. En admettant que l’action de la spatule échoue, ce qui arrive quand la tumeur stercorale est pierreuse et très dure, il faut s abstenu et s adresseï a d’autres moyens. Quelques chirurgiens se sont servis dans ce but de pinces multiples, de fortes tenettes, pour broyer ou diviser la masse principale; les auteurs conseillent encore l’emploi des lithoclastes. 11 est rare qu’on puisse agir assez librement à travers le spéculum pour pratiquer ces dernières manœuvres. Aussi Boyer conseille-t-il, si la dilatation obtenue à l’aide du spéculum est insuffisante, d’inciser dans un ou plusieurs sens l’anus et son sphincter. (Mareschal, Mém, Ac. de
chir.)
Enfin, il faut se rappeler que l’introduction de la main a permis d’aller dissocier la tumeur et lever 1.’ étranglement. Cette manière défaire pourra rendre des services dans quelques cas. Elle pourra être précédée de lavements à l’eau de Seltz poussés aussi loin que possible au moyen
d’une sonde œsophagienne. (Prunac, 18 /S.)
En résumé, l’extraction à l’aide des pinces est la règle dans la majorité des cas; la fragmentation et les injections dans les autres. Quoique le chirurgien arrive toujours à extraire ces concrétions, il ne faut pas oublier que cette opération peut présenter de sérieuses difficultés, et qu’elle peut être suivie d’accidents quand les manœuvres ont intéressé
le rectum.
§ 2. — Corps étrangers proprement dits.
Dans les cas simples, c’est-à-dire quand les corps étrangers sont peu volumineux, réguliers, solides, et ne présentent pas d aspérités, il laut les retirer à l’aide du doigt ou des pinces, après dilatation du spliinctei , comme le fit Alibran pour extraire un morceau de bois de o 2 centimètres, alors que la main venait d’échouer. C’est la règle générale, applicable surtout à ceux qui ont été introduits par la bouche, comme les pièces de monnaie, les noyaux de fruits, etc. Il subit même d un simple déplacement avec le doigt pour faire cesser les symptômes et les causes de l’arrêt. Des os avalés et arretés dans le rectum ont pu ainsi devenu inofiensifs par le toucher seul1. Ce n est qu exceptionnellement que des lavements simples suffiront pour amener au dehors les corps étrangers, comme dans le cas de Bœckel.
Mais il est rare qu’on puisse F utiliser quand il s’agit des corps étrangers introduits par l’anus, souvent très volumineux et bizarres. Aussi, ai-je pensé qu’il serait utile de grouper les divers cas qui peuvent se présenter, de manière à guider le médecin au milieu des variétés infinies de la pratique. Donc, en dehors des cas simples qui n’exigent aucune disposition particulière, on peut ranger tous les corps étrangers introduits dans le rectum en trois groupes :
1° Les corps étrangers volumineux, fragiles ou solides ;
2° Les corps étrangers réguliers et pointus ;
5° Los corps étrangers irréguliers.
1. l'orjKs étranger* volumineux. — Ils SOllt fragiles OU 11011 fragiles ‘. l’importance de cette division est capitale au point de vue thérapeutique, car la conduite doit être bien différente dans les deux cas.
1° Corps étrangers volumineux et fragiles. — Ce sont ordinairement des bouteilles de toutes dimensions, des verres, des chopes, des pots de grès, pots à confitures, verres de lampe, etc. Une indication domine toutes les autres, à savoir qu’il faut éviter autant que possible leur brisure, qui entraîne des hémorrhagies graves, et quelquefois des perforations fatales. En outre, ils sont difficiles à extraire entiers, parce qu’ils donnent fort peu de prise aux pinces et aux instruments, qui glissent sur eux. Enfin, presque toutes les tentatives, quand elles échouent, ont pour effet d’enloncer davantage le corps étranger s’il jouit d’une certaine mobilité.