C. — Consommation détoupes pour le nettoyage des machines
D'après le tableau N° 58, le nettoyage des machines en 1844
a exigé :
29571 kilogrammes de déchets de coton, et » d'étoupes de chanvre,
en tout 38466 kilogrammes.
Le nombre des machines nettoyées s'est élevé d'après le tableau N° 48 à 25,021.
Chaque machine nettoyée a donc exigé 1 % kilog. d'étoupes, qui ont coûté fr. 0.75.
D. — Consommations pour l'allumage des machines, et leur stationnement.
D'après les tableaux N° 58 et N° 42, l'allumage des machines a exigé :
3433 tonneaux de coke, 1922 mètres cubes de bois de chauffage, 2083 n » de vieilles traverses, 1641 sacs de copeaux, 25807 fagots.
Le nombre des machines allumées avant été de 25,(81,
les quantités ci-dessus correspondent à peu près par machine allumée à :
150 kilogrammes de coke, plus 0.2 mètre cube de bois.
Quant au stationnement des machines , chaque heure de stationnement exige, comme il a été dit au chapitre VIII § 2, une quantité de 20 kilog. de coke.
E. — Consommation des machines pendant leur parcours.
Les machines ont consommé pendant leur parcours 21,694 ^tonneaux de coke.
I Le travail dynamique brut qu'elles ont effectué, s'est élevé -■ à 2,505,479,050 dynamies ; ce travail comprend toutes les résistances passives des machines, la résistance de l'air, et la pression de l'atmosphère sur la face des pistons tournée vers l'échappement. Le travail dû à la soufflerie, c'est-à-dire à Fappel de l'air dans le foyer, n'est pas compris dans cette quantité.
Si l'on divise la consommation de coke par le travail, on trouve qu'il a été brûlé gr. 9.4 de coke par dynamie.
Ce chiffre cadre d'une manière remarquable avec les résultats d'expériences directes que nous avons faites sur le travail des machines locomotives. Nous avons trouvé qu'une machine ordinaire, à la vitesse de 8.20 à 8.60 mètres, développait en une seconde un travail moteur total de 7,474 kilogrammètres, dont 1,033 kilogrammètres étaient employés au travail de la soufflerie, et que la consommation de coke, également par seconde, était de gr. 60.3. Si nous retranchons le travail de la soufflerie du travail total, comme nous avons fait jusqu'ici dans le calcul du travail dynamique, il reste un travail de 6,441 kilogrammètres, qui a exigé gr. 60.3 de coke, soit donc
= gr. 9.36 par dynamie.
Il est facile de trouver d'après ce résultat la consommation de coke qu'exige le parcours d'un tonneau de charge, celai d'une voiture vide, et celui d'une machine sans charge.
Nous avons vu, chapitre XII , § 6, que le travail dynamique ayant influence sur la consommation du coke, est, pour nn myriamètre de parcours,
de 50 dynamies pour un tonneau de charge ;
de 100 » pour une toiture vide; plus 50 dyn.* par tonneau de sm paii;
de 5000 » pour une machine ordinaire, de 11 à 13 pouces de cytiaîtae;
de 6500 » pour une machine forte, de 14 à 15 pouces de cylindre.
Il résulte de là que la consommation de coke s'élève pov un myriamètre de parcours , à :
50 X gr. 9.4 = kil. 0.470 pour un tonneau de charge; 250 X » 9.4 = » 2.350 pour une voiture vide pesant 3 tonneaux; 5000 X » 9.4 =• » 47.000 pour une machine ordinaire sans charge, As 11
à 13 pouces de cylindre; 0500 x i 9.4 = » 61.100 pour une machine forte sans charge, de 1410
pouces de cylindre.
Nous pouvons calculer d'après cela la consommation moyenne de coke par convoi.
Nous avons vu, tableau N° 54, article 2, qu'en convois de voyageurs, une machine a remorqué en moyenne 9.22 voitures. L'article 4 du même tableau donne la charge de ces voitures; on en peut aisément conclure les poids traînés par une machine. En faisant le calcul , on trouve que le poids utile traîné est de 10 Vi tonneaux. La consommation de coke doit donc s'élever par myriamètre, savoir :
pour la machine ordinaire, à
pour 9.22 voitures, à 9.22 X 2.35 = pour 10 Vi tonneaux, à 10.5 X 0.47 -
ToUl.
Dans les convois de marchandises, une machine a traîné 15.31 voitures, qui ont porte ensemble environ 27 tonneaux
kil.
kil.
de charge utile. La consommation de coke s'est donc élevée par myriamètre, savoir :
pour une forte machine, à kil. 61.100
pour 15.3! voitures, à 15.31 X 2.35 =. . . . » 35.979 pour 27 tonneaux, à 27 X 0.47 = » 12.690
Total kil. 109.769
Ces chiffres montrent que, dans les deux espèces de convois, la consommation propre de la machine s'élève de 56 à 64 p. °/o de la consommation totale, c'est-à-dire que la dépense de combustible due à la charge ne comporte que de 56 à 44 p. % de la (^dépense totale effectuée. On voit donc combien il est utile de tirer le plus grand parti possible des machines, en complétant j" leurs charges, puisqu'on peut augmenter considérablement le travail utile, sans augmenter d'une manière notable la consommation correspondante.
Et si l'on remarque que la charge et la vitesse des machines sont deux quantités corrélatives , dont l'une ne peut s'accroître qu'aux dépens de l'autre, on pourra donner à cette conclusion une autre forme, et dire qu'il y a grande économie à faire marcher les machines à petite vitesse, et qu'il faut subir une augmentation considérable de dépense pour obtenir une augmentation relativement faible dans la vitesse, ce qui montre que la rapidité du transport est un objet de luxe qu'il ne faut réserver qu'à ceux qui en peuvent profiter, c'est-à-dire en général, aux voyageurs et aux objets qui les concernent.