‹ Traité des dépenses d'exploitation aux chemins de ferChapitre 77 sur 156 · p,<Ve · texte numérisé non relu

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D'après tout ce qui précède, nous adopterons la fraction de 8 p. °/o pour la valeur du renouvellement annuel da traverses, lorsque la proportion, dans laquelle se trouvent les diverses essences de bois employées, est la même que celle qui existe aujourd'hui au chemin de fer belge.

Il faut compter, qu'en calculant d'après cette même proportion la valeur moyenne d'une traverse des différentes essences employées, on arrive à 5 frs. environ par mètre courant è voie pour la traverse mise en place, déduction faite defc valeur qu'elle conserve, comme bois de chaufiage, quand 61 la retire de la voie.

Le renouvellement annuel de 8 p. °/o sur cette valeur, donne donc une dépense de fr. 0.40 par mètre courant, ou de 4,000 frs. par myriamètre pour le dépérissement des traverses.

Il nous reste à examiner, si le résultat auquel nous venons de parvenir pour le chemin de fer belge est particulier à ce chemin, et si le chiffre de dépenses que nous venons de trouver varierait considérablement dans un système de fondation qui différerait de celui employé en Belgique.

Et d'abord, nous croyons inutile d'examiner le cas où Pespacement des supports de la voie serait plus grand qu'il ne l'est en Belgique, puisque dans ce cas il faudrait, pour conserver la même surface de base, que les traverses eussent une largeur et par conséquent un volume en proportion de leur espacement, et que d'après cela le cube de bois employé eu tout fût peu différent dans les deux systèmes.

Nous ne parlerons que des différences qui peuvent exister dans les matières employées pour les supports.

Pour établir le parallèle d'une manière complète , il faut avoir égard non-seulement aux frais du renouvellement annuel , mais encore aux intérêts du capital d'établissement , sinQn l'avantage se trouverait toujours du côté des matières les

plus chères et les plus résistantes, ce qui n'est pas nécessairement vrai dans la réalité.

Supposons d'abord des traverses en bois blanc coûtant, mises en j>lace, 4 frs. par mètre courant de voie, et n'ayant qu'une durée de huit années. La dépense de renouvellement sera de 12 lk p. % du prix d'établissement; les intérêts comporteront 5 p. % du même prix, en tout 17 4/s p. °/o sur 4 frs. soit une somme de fr. 0.70.

Supposons ensuite des traverses en bois blanc et bois de chêne mêlés, dans la proportion en usage au moment actuel au chemin de fer belge. Le mètre courant revient à 5 frs. La dépense de renouvellement monte à 8 p. % du prix d'établissement, à quoi ajoutant 5 p. °/o pour les intérêts, on a 15 p. °/o sur 5 frs., soit une somme de fr. 0.63.

Supposons des traverses en bois de chêne uniquement, revenant à frs. 6.50 par mètre courant^ et ayant une durée de 30 ans. La dépense de renouvellement sera de 5 p. °/o, celle de l'intérêt sera de la même quantité, en tout 10 p. (°/o sur 6.50 frs., soit une dépense de fr. 0.65.

Supposons des supports en pierre cubant chacun , comme ceux du chemin de Liverpool à Manchester, 4 pieds cubes , et distants entre eux de 5 piedfe; le mètre courant de voie exigera */* de mètre cube de pierre, et coûtera 10 frs. La pierre, quoiqu'elle ne soit pas sujette à se corrompre, n'a pas cependant une durée éternelle. La gelée, les chocs qu'elle reçoit lorsque l'on relève la voie, lorsque l'on enfonce les chevilles, le -poids des convois qui peut la briser si elle se trouve mal assise, sont autant de causes de destruction qu'il faut prévoir ; il serait imprudent de compter sur une durée de plus de cent ans pour un dé en pierre. A ce compte, la dépense de renouvellement s'élèverait à 1 p. °/o, ce qui joint aux intérêts donnerait un total de 6 p. °/o sur le prix d'établissement qui est de 10 frs. La dépense annuelle du mètre courant s'élèverait donc à fr. 0.60.

Dans le cas de l'emploi -de supports en fonte, il faut quer que cette matière est très-sujette à se casser par les chocs fréquents qu'elle recevra, lorsque Ton relèvera la voie, lorsque Ton enfoncera les clavettes, etc. L'exemple des coussinets en fonte employés aujourd'hui nous montre que Ton en casse annuellement à peu près 0.86 p. % de la quantité totale que Fou emploie. En admettant la toême proportion pour les supports, ce sera 0.86 p. °/o qu'il faudra compter par an sur .la valew que ceux-ci peuvent perdre par leur mise au rebut, et comas la vieille fonte conserve une partie assez notable de sa valea d'achat, on peut réduire la dépense de renouvellement à V* p. 4b du prix d'établissement. Quant à ce prix, on peut l'évaluer par mètre courant de voie à 44 ou 42 frs. La dépense totale y compris les intérêts s'élèverait dans ce cas entre fr. 0.60 et fr. 0.66.

On voit par là que, dans les divers systèmes que Ton peut employer, la dépense totale, y compris renouvellement et intérêts, s'élève toujours à peu près à la même somme; de manière que le résultat auquel nous sommes arrivé sur les traverses en bois du chemin de fer belge, peut s'appliquer sans grande erreur à la plupart des systèmes de fondation.

Il est bon de remarquer que , si l'on tient compte des tendances que montrent les prix des différents matériaux, on reconnaîtra que par la suite l'équilibre des prix sera détruit en faveur des supports métalliques; car il est certain que le bois tend constamment à renchérir, à mesure que son emploi devient plus fréquent, et que c'est tout le contraire pour les métaux, leur prix étant destiné à diminuer, à mesure que leur usage deviendra plus général. Il est donc apparent que le système des supports en fonte deviendra dans l'avenir le plus économique.

Quoiqu'il en soit, les résultats que l'on obtiendra, même par la suite, sur la dépense de renouvellement ou de dépérissement

des fondations de la voie, ne différeront pas grandement de ceux que nous avons trouvés pour le chemin de fer belge , de manière que nous pourrons adopter ceux-ci , non pas comme s appliquant particulièrement à ce chemin , mais comme détendant d'une manière générale à un chemin de fer quelconque.

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