CHAPITRE H DÉSINFECTION QUARANTENAIRE
Sans entrer dans le détail de notre régime quaiw-l naire, il est indispensable de rappeler ici les distindi» établies par le Règlement de police sanitaire maritm du 22 février 1876, en particulier par les articles UJ> et 38.
Quand un navire arrive en patente nette, c'est-ànfe provient d'un port où il n'existe aucune maladie codogieuse, il est admis à la libre pratique ; il n'est soumis àh désinfection que dans des cas exceptionnels, par exemple à son chargement présente de mauvaises conditions hygiê^ niques et comprend certaines marchandises dites soswptibles.
Un navire est dit suspect, quand il arrive en paUnUt brute, c'est-à-dire d'un port ou règne une maladie épidémique, et qu'il n'a pas eu de cas de la maladie pendant la traversée. Dans ce cas, il est soumis à une courte quarantaine d'observation, pour attendre les limites de l'incobation. Cette quarantaine d'observation, pour les passagers, peut avoir lieu à bord, et non dans un lazaret ; elle n'entraîne pas nécessairement la désinfection générale du navire, excepté quand ce dernier provient d'un pays où règne h peste. A part cette exception, et d'autre part quand les marchandises ne sont ^di^ susceptibles, (\\x9i\\é les conditions hygiéniques du bord sont bonnes, la désinfection ne se fait pas. Elle a lieu, si le mauvais état du navire, l'encombrement, la malpropreté des passagers, la nature des marchandises paraissent dangereux au point de vue de l'hygiène. La désinfection du navire ne peut avoir lieu tant que les passagers restent à bord ; Mélier, dans sa relation
RÈGLEHEflT SANITAIRE HARITISE. gg7
de la fièvre jaune à Saint- Naza ire, en 1863, a montré en efTel qu'il est diflicile d'ouvrir les panneaux d'un navire mal tenu, de ventiler les cales, de déplacer la cargaison, sans menacer la santé des personnes continuant de séjourner à bord. On peut toutefois profiler du temps de l'observation pour désinfecter les vêtements des passagers. Lorsque le navire n'a pas de passagers, la désinfection peut commencer à bord dès le début de la quarantaine d'observation. L'autorité sanitaire, c'est-à-dire le directeur de la santé du port, est juge de la nécessité du déchargement sanitaire ou de la désinfection, dans tous les cas de quarantaine dite d'observation, excepté pour les provenances de peste.
Quand un navire est infecté, c'est-à-dire que non seulement ii vient d'un port infecté, mais qu'il y a eu des malades ou des cas suspects à bord pendant la traversée, on lui impose une quarantaine de rigueur. Cette quarantaine ne peut se faire que dans un port à lazaret; elle nécessilo le débarquement des passagers au lazaret, le déchargement dit sanitaire des marchandises susceptibles, soit au lazaret, soit sur des allèges, avec les purifications convenables; elle comprend, en outre, ta désinfection des effets à usage, celle des objets dits susceptibles et celle du navire. Le déchargement sanitaire et la désinfection ne peuvent commencer que lorsque tous les passagers et les personnes inutiles à bord ont quitté le navire.
Nous n'avons pas à insister ici sur l'utilité, la modération et l'opportunité de ces mesures de désinfection. On en trouvera la justification dans le savant rapport de M. Fauvel, inspecteur général des services sanitaires, rapport qui a servi de base et qui contient les commentaires au décret du 22 février t616 (1).
(1) Rapport au Comité ctntKlIalif d'hggitne publique, préïvnié A l'ippni du r^iIcmcDl génûral de police Muilairo mariiime, préparé par una D composée de HH. Oibqdc, Amù.Bergcron, DumouUcr de Fri-
058 DÉSINFECTION ttUARANTBNAIRK.
Nous croyons ne pouvoir nous dispenser de ici la partie du Règlement sanitaire mariUme, coont»! à la désinfec.ion.
TITRE ViU. — Det memres ée dé9infe^ûm.
Art. 4*7. ^ Les mesures de désinfectioiï peavent être ipp^KeiEJ bardes el cffeU à usage, à la cargaison cl au naviro lai-Béa«.
An. 48. — Les marchandises et objets de toute sorte arrivaBlpcfl naviro en patente nelle el en bon étal hygiénique, qui n'a «hfI ni malades suspects, sont dispensés de tout traitenieot sanilairt «( iàI immcdiatcmenl k la libre pratique, comaie lo bdtiment lui-même, i<fr| page et les passaf^ers.
Art. 49. — Sont exceptés les drilles, les chiffons, les cuirs, Wi ^1 et en général tous les débris d^animaux qui, même en patente nrti'.f» vent être l'objel de mesures de désinfection que déterminera Tit* sanitaire. Sont également exceptées les matières organiques ea *J»* décomposition. Dans ce dernier cas, s'il y a impossibilité de df^ttï^' ces maiiéres et danger do leur donner libre pratique, raulorilé >**' taire en ordonne la destruction, après avoir fait constater par ]r>'> verbal (conformément à Karl. 5 de la loi du 3 mars t8â^i la u«.-cf-^ * la mesure »-t consign-^r sur ledit procès-verbaJ les observations ètf^ prictiiiro ou de son représentant.
Art. 50. — Les marchandises et objets do toute sorte arrj*ant?ir'> navire <n patente brute, ou dans des conditions liyi^iéniques daaftM^ ou, à plus forte raison, par un navire qui a eu pendant la ira\er^«'* accidents de maladie réputée importable, peuvent cire soumis à drt v sures de désinfection.
Art. 51. — Sauf le cas de peste, do fièvre jaune, de choléra, de nw^' de typhus à bord, ces mesures ne sont point obligatoires ; la Bécc-^'i'^ leur application est laissée an jugement de l'autorité sanitaÎK.
Art. 52. — Ces mesures elles-mêmes sont variables suivant les ras ^'^ n.'Uure des ol»jct> à désinfecter.
Art. .^). — Sous ce rapport, les marchandises ot objets diren sMtr* gés dans trois classes :
La première est composée d'objets dits susceptibles, et, à celitr*,*^ mis à une désinfection o< ligatoire. Elle comprend les hardt^ «•! tons cft« à usage, les drilles, chiffons, cuirs, peaux, plu mes, crins, les débrisdia^ maux en général, la laine, les matières de soie.
La seconde, c^mp 'Séo de matières moins compromettanics el poarlr*quoll's la désinfection est facultative, comprend le coton, le lis ler^ vre à l'état brut.
La troisième, formée d'objets ou de sabstanees considérés eooMieK*
dilly. Lepoucst, Meurand. Roux, Tardieu, PronsI, set^éimire, et Fany^.rtlt porteur. (Recueil des travaux du Comité consultatif d'hygiène, 187 î, T. V. p. 41 à 91.) — On consultera également avec grand profit rèxcellent ar^ tide QuAiiA>TAi>Es du Dictionnaire encyHtàpédlquë, par îl: Lêoa' Colii, «I du même autour l'ouvrage désormais clasiiqiM : Tr^kité dèi m^aéieté/h démiques, Paris, 1879.
■ -«oicepliblM, ssl esemplo do dùiiofeclinn, Ella conpraod lu objets vtiab Diftnutiu urés, 1m grains et nu[rcs subsuncei il i me maires, les buis, [es
' résines, les mélaax, rnHn toulesbt marcbandigesel ubjots qai ne realrent pis daos les licax promière* rlas-es.
Ar(. 54. — En cas de palcnlu bnlte nu d'infection à bord, les letlm, ipapiers cl paquets sont soumis aui puriHcaiians d'usage. Toutefnit, ces
I papiers ou objets quelconques, proTenanl d'ua pay« saia si erobarqaés «ur un naviro en patente brûle piurrnnt élre admis immédiatement & la
I libre pratique, apr^ puriUcation vxIcHcure, si le tout est conienu dans «ne rnvrliippe scellée olli ciel le ment.
Art. 55. — Le droit est réservé à l'administrai ion des pottcs du se faire TBprésenior i ta purififation des lettres et dOpi'chi's qui lui sont ronfliirsi le mAme droit est réservé aux consuls et autres reprr'seotBDis des puissances élrang<>res pour les lettres et dûpéclies oflïciclles. Art. 5J. — Les antmanx Tirants peuvent être l'objet de mesures de dé-
Des curiillcnts (l'aii;;iiio peuvent être cxi|;és pour les animaux embarqué* sur un navire provenant d'un port an voisinage duquel rf'gne une
Des ccrtifirats analogues peuvent être détivros pour des animaux embarquas on France.
Luriquc di;» i-uirs verti, de» peaiix ou débris (rais d'ammairt «int expédias de France A l'étranger, ijj peuvent, k la demande de l'expéditeur, êlrt l'objet de certilicats délivrés après la déclaration d'un félérinairo
Art. S7. — Les prorêilés de ilrtinfi'riion sont appropriés i, la naluro <les objets auxquels c>a les applique, depuis l'ol'jet de prix, qu'il faut dctln- Cecter sajis l'alliTer, jusqu't la substance sans valeur qu'il p«nt élrecon- Tenablc île détruire.
Dos instructions délcrmincDl les procédés à mettre en pratique.
Le Règlement fpam.ais de ISie, continuant une dÎKtinctioD d'ailleurs assez bien fondée, établit ainsi que nous venons de le voir trois calôgopies de marchandises ou d'objets, au point de vue de la- désinfection: 1" clasec, les inaltéré dites susceptibles, dont la désinfection est obligatoire et peut être imposée même en certains cas de patente nette (drilles, cliiiTons, crins, cuirs, débris d*animaux ou matières organiques en voie de décomposition) ; i' classe, matières pour lesquelles la quarantaine est facultative (coton, lin, chanvre, à l'étal brut); 3° classe; taaiièy&i non susceptibles : ce sont toutes les autres.
La désinfection des matières susceptibles mérite une attention spéciale ; nous-devons noua y arrêter.
CniFFONS. — Les mesurer sévères prises contre l'es chir-
560 DÉSINFECTION QUARANTËNAJRE.
fons sont justifiées; il est peu de marchandises qui soient plus dangereuses. Même en dehors de toute importatioD, le commerce des chiffons à Tintérieur est une cause d'insalubrité et de propagation des maladies contagieuses. M. E. Gibert (1) a montré qu'à Marseille, où le commerce des chiffons se fait sur une énorme échelle, la variole éui d'autant plus fréquente dans un quartier, que le nombff des dépots de chiffons y était plus grand ; les maisons des chiffonniers et des fripiers étaient particulièrement atleiatcs. A Paris, l'insalubrité des maisons où se trouvent k dépôts de chiffons est incessamment signalée par les commissions des logements insalubres, et la variole exew constamment des ravages dans certaines cités où ce commerce se fait sur une large échelle. Dans un grand nombre de papeteries à New- York, en Belgique, en Hollande, k variole, la fièvre typhoïde ont atteint les personnes occupées à trier des chiffons provenant des localités où régnaient ces maladies.
On sait quelle quantité extraordinaire de vieux vêtements, de chiffons, arrive chaque année dans nos ports de tous les points de TOrient (20 millions de kilogrammes par an). Ces débris, abandonnés par les Arabes, les Turcs ou les Asiatiques, sont dans un état de soitlidité extrême, contiennent souvent des germes de variole, de fièvres et de maladies pestilentielles parmi lesquelles b peste et le choléra. 11 y a là un danger véritable sur leqoel l'attention a été plus vivement encore attirée en ces dernières années.
La France consomme pour ses papeteries 100 millions de kilogrammes de chiffons par an ; l'étranger en importe dans nos ports 20 millions, et Marseille reçoit le tiers de cette importation ; on voit donc que les mesures de désin-
(1) E. Gibert, Influence du commerce des chiffont et vieux véUmenUmn désinfectée sur ta propagation de la variole et autres maladies eamUfiemes. [Revue d'hygiène et de police sanitaire, 1879. T., 1. p. 596).
fection sont indispensables. Aussi, cette question a soulevé -de longues discussions au Comité consultatif d'hygiène en 1819; elle a été l'objet de plusieurs rapports de M. Fauvel (1) et un décret en date du 15 avril 1819 a rendu obligatoire la désinrection de cette marchandise, dans tous Jes ports où elle serait admise et où la désinfection serait praticable. Voici l'historique de cette mesure.
En 1818, en raison du mauvais état sanitaire de beaucoup de pays d'où vient l'exportation des chiffons, le Conseil sanitaire de Marseille, usant du droit donné par l'article 49 du Règlement général, décida que la désinfection obligatoire serait étendue aux chiffons et drilles de toute provenance. Les navires chargés de cette marchandise désertèrent dès lors le port de Marseille, débarquèrent les balles de chiffons dans les autres ports du littoral, en particulier à Cette, ou en Espagne d'où les navires espagnols les introduisaient en France. C'est alors qu'intervint le décret du 15 avril i8T9, par lequel l'importation en France des chiffons et drilles par la voie maritime ne pouvait avoir lieu dans la Méditerranée que par Marseille, dans l'Océan que par Pauillac et Saint-Nazaire, dans la Manche que par Cherbourg, c'est-à-dire par les ports où la désinfection, rendue ol)ligatoiro, pouvait être opérée d'une manière suffisante.
Le décret toutefois « ne s'applique qu'aux chiffons proprement dits, c'est-à-dire à toute la friperie, à tous les vieux vêtements en liiino, lin, soie et coton, lesquels doivent toujours être soumis à la désinfection obligatoire, à raison des dangers qu'ils présentent. Quant aux vieux cordages (drilles), aux mèches d'étoupcs, aux filets et autres objets analogues, aux vieux papiers et registres, enlîn aux substances végétales qui constituent ce qu'on nomme pâte
(I) FauTel, RapptrI lur fmperlatiea et la détiafeclùm du drillet et chiffons ta France {Recueil dtt traeaax ilu Comité eontullalif d'hi/giéne publique de France, ISSO, T. IX, p. 99 h 64). — Anilyid dan* la Hevue d'bggièitt a de police $anitaire, 1S30, p. 1103.J
ViLLDi. — Dtii.frccTAir). 36
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à papier, ils ne doivent pas, à moins de circonstanort exceptionnelles, être soumis à la désinfection ; celle-ci kt sera cependant applicable toutes les fois qu'ils se troB* veront mélangés dans une proportion quelconque arec b objets de la première catégorie. »
A la suite de nouvelles réclamations, et sur Favis k Comité consultatif, une circulaire ministérielle du 25 a* 1879 fit savoir aux Directeurs de la santé que tout port français où la désinfection des chiffons aurait été reconnue possible au moyen d'un procédé économique et sàr, pourrait être autorisé par F administration, sur la demaiA du Directeur de la santé, à recevoir cette marchandise a à la désinfecter, sauf le cas de patente brute de choléra, fc fièvre jaune ou de peste du pays d'origine.
La plupart des importateurs, pour éviter les retards et It dépense de la désinfection dans les ports français, fir«* dès lors décharger leurs navires dans les ports de l'Espagne, et entrer leurs marchandises par la voie de tent i travers les Pyrénées. Le Comité consultatif fut conduit i proposer au Ministre l'installation d'un service de désififection à la frontière de terre, service qui serait anneié ai bureau dédouanes; l'importation par voie de terre doit être limitée aux seuls bureaux de douane munis de chambR» ou appareils de désinfection.
Ces sages mesures n'ont pu être qu'incomplètement appliquées, parce que l'on n'est pas fixé sur. les appareils les plus avantageux pour assurer cette désinfection.
La Circulaire ministérielle du 9 août 1879 fît appdà l'expérience de tous les Directeurs de santé, et les pria de faire connaître en détail les procédés de désinfection qu'ils appliquaient dans leurs stations, avec les améliorations qoe leur suggérerait leur pratique. Pareille invitation fut faite à tous nos consuls dans les ports étrangers de faire connaître les procédés en vigueur dans les lazarets de ces ports; c'est en partie à l'aide de ces renseignements, qtit
M. Faovel a rédigé en 1881, au nom d'une Commission Oomposée de MM. Wurtz, président; Chatin, Girard, Jacquot, Legouest, Proust, Quentin, Rochard et Fauvel, un rapport considérable sur la désinfection appliquée aux provenances maritimes {i), rapport qui, après une longue discussion, a été approuvé définitivement par le Comité consultatif d'hygiène.
La circulaire du 23 août 1879 imposait, en attendant, un mode uniforme de désinfection par le dégagement du chlore; les quantités de substances indiquées (chlorure de sodium 100 grammes, oxyde noir de manganèse 15 grammes, acide sulfuriquo SO grammes, eau 60 grammes, pour un local de 100 mètres cubes), pour la production de ce gaz sont évidemment insuffisantes; il faudrait les décupler, et au delà (voy. p. 121 et 213).
Le chlore d'ailleurs convient mal pour une aussi énorme quantité de matière; il est peu efficace, son emploi est coûteux ; le dégagement du gaz est tOHJours de beaucoup inférieur à celui que la théorie indique, parce qu'il est impossible d'agiter constamment le mélange et de renouveler . le contact de l'acide et des sels ; enfin, les industriels anglais ont constaté que la désinfection par le chlore nuisait notablement à la qualité du papier (Parsons).
Le sereînage, ce moyen primitif bien qu'efficace, dont abusaient singulièrement les anciens lazarets, est impraticable : l'exposition à l'air et à ta rosée demanderait ici un espace considérable, une surveillance difficile, an retard (plusieurs mois) très préjudiciable au commerce. II n'y faut pas songer.
L'immersion dans la mer ou dans un liquide désinfectant (solution de chlorure de zinc) aurait de grands incon-
(S; Le dtcrel du 15 avril IS*;» et les circulaires du 9 el du ii aodl IffK) •ODt imprimés à la fin du Accueil det travaux du ComiU eOTuullatifâ'Hgffiiiu publique de France, T. IX. IbSO, p. 317. La Rapport wr la détinftctio» «ir CD cours d'improaiiou al pmiira dans la T. XI du recueil.
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vénients pour une marchandise encombrante, qui se ven! au poids, et dont la dessiccation ultérieure serait reodoe longue et difficile, surtout en raison de la propriété hygn> métrique de ces sels.
Le D' Baylis, en Angleterre, avait proposé de répandr: sur les chiffons une poudre fortement phéniquée que k triage aurait disséminée partout ; mais la dépense s'élevji; à 2 francs 50 par tonne et la sécurité n'était pas absoh?. On ne peut songer qu'aux fumigations et à la chaleor V acide hypoazotique altérerait peut-être trop lestissos il n'a aucun avantage sur Vacide sulfureux qui est écoo«> mique, expéditif, efficace, et qui a beaucoup d'avantage^ La dose de soufre par mètre cube d'espace du local occupé doit être de 30 grammes ; on multipliera les foyers de (S& bustion. Les balles seront défaites et les chiffons étalés es couches épaisses de 20 à 30 centimètres, sur de^ dâies disposées en étage. On chauffera un peu la salle, oa } rendra l'air humide en arrosant fortement le sol. Vingtquatre heures après la clôture des issues et l' allumage Jo soufre, on peut rendre la marchandise à ses propriétaires. S'il ne fallait faire, avec MM. Gartner et Schotie, quelques réserves sur l'action neutralisante du soufine. nous penserions que ces fumigations (4) viennent au premier rang après la désinfection par la chaleur, au moins quand il ne s'agit que de chiffons proprement dits, destinés à la fabrication du papier, et dont on ne craint f^ d'altérer la couleur (2).
(1) Toulefois, dans un cxcollcnl rapport adressé au Local gorcmmfi Board eo 1881, à roccasioo de diverses épidcmies de variole parmi l^> trieurs de chiffous dans les papelorics, M. le D' Franklin Parsoos w^ apprend que la désinfection par l'acide sulfureux rend le chiffon moiMi résistant, altère plus tard la couleur du papier fabriqué par suite de b transformation de Tacido sulfureux en acide sulfurique, el que les pap^" tiers l'ont rejetée. 11 donne la préférence à la Tapeur d'eau à + IJO" C Des eipériences rigoureuses lui ont montré qu'il a'étail pas nëccssaii* ^'^ défaire les balles quand elles n'avaient pas été serrées à la presse bydrstt* lique. {Reime d'hygiène et de. police sanitaire, août 1882).
(2) Dans le rapport que nous venons de citer, M. Fauvel propose d«
Toutefois la chaleur nous parait, ici encore, l'agent de désinrection par excellence, et c'est celui auquel M. Fauvel donne la préférence dans son rapport. La chambre à air chaud proposée par M, Herscher (page 4S4), chauffée par un ou deux poêles en fonte, nous semble parfaitement adaptée au but qu'on poursuit. Il serait facile de transformer dans ce sens une vasie salle de chacun de nos lasarets ; les murailles épaisses de ces bâtiments, et à l'intérieur une cloison de séparation en briques, rendraient inutiles les détails ingénieux décrits pour une étuve de petit modèle, à construire de toutes pièces dans nos hôpitaux. Il ne s'agit plus ici d'une étuve, mais d'un magasin d'une capacité de 100 mètres au moins, où l'on doit pouvoir désinfecter en 2i heures le chargement d'un navire de moyen tonnage. Une séance de désinfection ne durerait pas 2 heures, en disposant les chiffons sur des claies; un intervalle de deux heures entre deux opérations serait largement suffisant pour le refroidissement et la manutention des marchandises; on pourrait donc en 16 heures /aire nu moins 4 opérations, portant chacune sur 10 ou 20 mille kilogrammes et peut-être beaucoup plus.
La projection, dans une chambre ainsi disposée et bien close, d'un jet considérable de vapeur surchauffée, et, une heure après, à l'aide d'un injecteur GilTard, d'air brûlé à 4-130' ou 140", conduirait encore mieux au même but. L'expérience seule, faite sur une grande échelle, dira quel procédé est le plus pratique et le plus économique.
Pour éviter le transbordement, toujours longet coûteux, du navire au lazaret, M. Fauvet propose très judicieusement de construire une vaste chambre à air chaud, en tdie, h doubles parois rendues non conductrices par l'interposition
lobttitoer l'&cide inlfureui an cblore pour (oitlei le* fumigalioDi déaiDf«claDt«( dans Isa laiareUi ta mémo lamps il coDteille à» laver lei lin* gw flt objali coaumînôi luicapliblc* d« I>TAfe> * l'aidi d'un* lolatioo d* eUorare da une.
566 DÉSINFECTION QUARANTENAIRE.
de laine, de scories, et disposée sur le pont d'un àakil qui serait conduit le long du navire. Les balles de aiarcltfr| dises seraient directement portées dans cette étove indi ouvertçs ou au moins desserrées, et désinfectées prefl sur place, sans perte de temps ni main-d'œuvre. Unf^ nérateur de vapeur spécial, établi à proximité, alimedrait une sorte de batterie de chauffage formant calorifri installée dans une chambre contiguë à la première, li^l pris à Textérieur serait porté, au contact de ces suriK^I de chauffe, à une température suffisante, et introduit [ark' partie supérieure dans la chambre aux chiffons par unejectcur spécial ayant la double propriété de produire F* traînement et l'humidification de l'air chaud.
Cette double action est déjà appliquée industrielkfi* à d'autres usages, et on peut compter sur son foncùooflcment pratique. La marine fait usage, pour un autre cfcjet de petites machines soufflantes alimentant d'air compi® des injecteurs d'entraînement. Ces iujecteurs ne sont ^ pourvus d'un jet central ; mais Tindustrie fabrique desiftjecteurs comportant ledit jet, se réglant d'une manière iB* dépendante, au moyen d'un simple robinet, et periuetaBJ une humidification facultative. Une petite machine 5î«rf* fiante à vapeur, desservie par le générateur dont »* avons parlé plus haut, alimenterait d'air comprimé hl^ de l'injecteur, au centre duquel existerait facultaiiveme* une injection d'eau; cette eau serait prise au généraK«r lui-même, de telle sorte que le mélange lancé à traversa chiffons remplirait ainsi les conditions de température «* d'humidité nécessaires à la désinfection. Cette manière d'opérer aurait en outre pour conséquence d'éviter soit te veines de température inégale, soit le rayonnement. (S(^ manuscrite de MM. Geneste et Herscher.)
Voilà des moyens pratiques, immédiatement utilisables, dont une courte expérience faite dans un port et particulièrement à Marseille montrerait les avantages et les^'