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CUIRS, CORNES, CRINS ET LAINES. M

■ éerata. Une salle de ce genre dans tous nos lazarets, ou I un tel ponton dans chaque port, assurerait la désinfection de bien d'autres marchandises encore que des chiffons «t permettrait peut-être d'abréger la durée des quarantaines.

CUIRS, CORNES, CRINS ET LAINES. — Le transport des cuirs de TAmérique du Sud, de la Turquie et de lÉgypte dans nos ports constitue un commerce très important, et à diverses reprises des circulaires ministérielles en France ont été nécessaires pour prévenir lïnsalubrité que ces matières engendrent sur les navires et dans les ports (1).

On doit distinguer d'une parties cuirs secs, dont Tinsalubrité est nulle ou minime, et d'autre part les cuirs frais ou verts et les peaux non tannées ni salées, qui causent une •infection extrême . D'après les dépèches du Ministre de l'agriculture et du commerce, en date du 30 juin et du 12 juillet 1867,lescuirs secs peuvent être débarqués immédiatement ou après une simple exposition à l'air {serehiagé); les cuirs frais doivent être préalablement soumis à une préparation désinfectante capable d'annihiler leur virulence ou de faire disparaître leur mauvaise odeur; l'immersion dans un bain chloruré, la salure, sont recommandées par une dépèche ministérielle du 2 mars 1812. Ces prescriptions sont particulièrement sévères pour les provenances des pays où sévissent des épidémies ou des épizooties bien constatées.

Même en patente nette, les cuirs peuvent être le sujet de mesures sanitaires, quand ceux qui sont en balles ont reverdi pendant la traversée, et quand ceux qui sont en saumure ont subi une décomposition putride. Ces cuirs altérés ne sont pas tolérés en balles, sous les hangars; selon les cas, ils sont soumis au sereinage, à la venti-

(1) Du traitement sanitaire imposé, à Marseille, aux euWt et autres débris animaux, clc. Rapport par M. H. Bouloy {Recueil des travaux du Comité consultatif d'hygiène publique, T. Y, 1876, p. 5il).

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lation, à la dessiccation. Il est rare qu*il faille les rem«itR en état par un traitement aluné, phéniqué ou chloniré. Quand les cuirs secs et d'ailleurs en bon état arrivent « patente brute, on les soumet pendant quatre ou dt; jours à rétalage à Tair libre, puis chaque peau est successivement livrée au baguettage. Jusqu'à présent, aucny épidémie de peste bovine n'a été importée de Turquie ci d'Egypte dans nos ports de la Méditerranée, où se fonli? grands arrivages de ces cuirs.

Non seulement les peaux en saumure et les cuirs verU sont une cause d'infection par la fermentation qu'ils sabissent dans les cales chaudes et humides, mais encore il? peuvent transporter des germes de maladies contagieoses (1), en particulier la morve ou la pustule maligne- L'aspersion avec des solutions de chlorure de chaoi (1 pour 100), d'acide phéniqué (1 pour 1000), nous paraît un moyen de désinfection à peu près illusoire. Les famig^ tions d'acide sulfureux pourraient rendre ici encore des services; il serait sans doute possible de faire les fumigations directement dans les cales, qu'on désinfecterait da même coup.

Les crins, les laines, méritent une attention particuli^ re ; ils s'imprègnent facilement, dit-on, du principe des maladies épidémiques (fièvre jaune, peste, choléra), et de fait, on comprend qu'ils emprisonnent et immobilisent une certaine couche de l'air contaminé provenant directement du foyer. En outre, ils ont comme les cuirs, et plus fréquemment, déterminé des cas isolés de pustule maligne ou de charbon, en particulier à la prison de Metz en 1844 (2). En ces dernières années, on s'est beaucoup ému

(1) C'est à un chargement de cuirs verts que M. Jaccoud attribue la petite épidémie de typhus qu'il vil sévir sur le paquebot la Giromdf, revenant de la Plala, en 1875.

(â) ly Ibreliste, Compte rendu des travaux de la Société de médecine 4§ Metz, I844.p.48. — Tardieu, Dictionnaire d'hygiène publique, 1882, T. I. Art. CniifiERs.

■ CUIRS, CORNES, CRINS ET LAIDES. seo

dl en Angleterre de petites épidémies de maladies charboD- ^ neuses, de symptomatologie obscure (pneumonies septi- II ques, etc.) survenues d;ins les fabriques de tissus de laine ; ■( dans le sang de la plupart des individus qui ont succombé. Il on a trouvé les bacilles du charbon. Ces petites épidémies , g ont été surtout constatées à Bradfort, à Shipley, dans les ç( manufactures de moltair et d'alpaga ; comme on les observe ,, de préférence parmi les ouvriers qui font le triage des laines et qui respirent les poussières que l'opération dégage, à on les a désignées sous le nom de woolsortcrs disease (ma- ^ ladie des trieurs de laine (1). A Glas^^ow, M. RussoU a observé des cas analogues parmi les ouvriers d'une fabrique où l'on travaillait des crins provenant de Russie. Ces faits avaient déjà été signalés depuis longtemps ; leur fré- ■ quencc plus grande montre combien des mesures de désinfection sont nécessaires pour prévenir ultérieurement les maliidies des ouvriers dus fabriques. Les crins et les laines provenant des pays où le sang de rate fait babituellement des ravages, devraient être désinfectés sur place, s'il est possible, à l'aide de l'acide sulfureux, ou dans les lazarets au moyen de la chaleur sèche. Cette désinfection, que l'article 49 du règlement sanitaire permet de rendre obligatoire, ne nous parait pas beaucoup moins nécessaire pour le crin et la laine que pour les chiffons. Avec une bonne installation, le dommage pour le commerce serait insignifiant, le bénéfice pour l'industrie et la santé publique, considérable. Reste la question de savoir uî l'État a le droit d'intervenir, quand il s'agit non d'un danger public, d'une menace d'épidémie qui peut s'étendre à toute une population, mais simplement d'accidents professionnels limités h .

(1} IK B<ll, On wooUùrla-i diitoée. (The laneel 1880, p. 811, 61, t\c. — Ittvu' il'hygiine ft de police lanilaire, Aoûl 1B80, p. 1Ï7.) — Report on tht lo-calted ■ WooltOTitrt' àùiate ». ai obitrved al Bradford and in aeigitbuuriag Ji Irieli in tke Wiit Biiing of YorkiMrt {Repurt of Ihe tafdital offtcer ofthe Local Govtmmeal Board for ISSO; London, IS8I, p. 66 ft t3S. — D' J. B. RuMsl'i, Report, (MJm lato, 1880. p. Kl, &49|.

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un petit nombre d^ouvriers qui connaissent les danges auxquels ils s'exposent en venant volontairement in\2Sk dans une usine.

TÊTEMENTS ET OBJETS QUI ONT SERVI A L* USAGE DES MiU*

DES A BORD. — Ils doiveut être l'objet d'une désinfe^tf] rigoureuse; le linge sale, la literie sont particulièrtisâî dangereux. On devra détruire les objets sans valeur, les* ver le linge ou le plonger dans des liquides désinfectamv on emploiera d'ailleurs les moyens indiqués précédemiMfi et en particulier la solution de chlorure de zinc à 2 po« cent.

LETTRES, COLIS POSTAUX, ETC. — Lcs lettres et colis postaux seront soumis, dit Tarticle 54, aux purificatiorÉ d'usage. D'ordinaire on taillade légèrement les lettres et les papiers, pour y permettre la pénétration des gai désinfectants ; on les soumet ensuite aux vapeurs de sou&t Il serait très facile de les porter, sans les lacérer, dans ok étuve à -)- 120% à l'aide d'une caisse en fil de fer treills? pour les mettre à l'abri de tout incendie et des détou^D^ ments; ce procodé de désinfection est assez expéditifpoaf qu'il n'en résulte aucun retard sérieux. Jadis on les ei\*y sait aux vapeurs du vinaigre projeté sur une plaque roagie, procédé complètement illusoire.

On a discuté l'utilité de la désinfection des lettres postales. Certains faits semblent cependant pi'ouvcr que des maladies contagieuses ont pu être transmises par ce véhicule. Récemment, en Angleterre, on a donné une importance exagérée à quelques cas de transport de la variole ou de la scarlatine par des lettres écrites par des convalescents, en pleine desquamation ; certains même avaient craint que la boîte aux lettres tout entière ne fût ainsi contaminée, et que les lettres en contact avec la première ne fussent capables de propager au loin des épidémies !

LA CARGAISON. KIl

LEB PERSONNES. — La désïnfectioii des personnes s'entend de celles qui sont bien portantes, et des malades. Ces dernières doivent être rigoureusement isolées pendant la tra- ■versée : leurs déjections (vomito, choléra, etc.) sont jetées immédiatement à la mer; les taches de souillure sur Je parquet ou les murailles des cabines doivent être lavées sans aucun retard avec des liquides désinfectants, parmi lesquels la solution fofte de chlorure de zinc & S pour 100 nous parait excellente. La literie, les linges souillés par ces déjections, devraient être immédiatement lessivés à l'eau bouillante, soumis à la vapeur de la machine, ou même jetés à la mer ; le sacrifice est nul quand il s'agit d'empêcher un cas de fièvre jaune de transmettre l'épidémie à bord. La promiscuité, presque inévitable sur un navire de transport ou de commerce, doit rendre encore plus nécessaires et plus rigoureuses les mesures de désinfection que nous avons indiquées pour les hôpitaux. A l'arrivée au port de débarquement, les malades sont débarqués dans les lazarets de 4" ou de 2" ordre, où ils sont rigoureusement isolés des autres quarantenaires. En cas de mort ou de guêrison, les vètemenis qui leur ont servi avant ou pendant la maladie doivent être désinfectés ou môme brûlés.

Les passagers bien portants, mais ayant fait la traversée sur un navire où il y avait eu des malades, sont tenus en quarantaine d'observation ou de rigueur, suivant la nature de la maladicet le port d'arrivée. Au lazaret, ils sont isolés rigoureusement par groupes de même provenance ; In on leur assure la possibilité do prendre des bains, on leur fournit du linge blanc, on désinfecte leurs vêtements par les moyens indiqués précédemment ; c'est la mesure que l'on désignait Jadis sous le nom de spoglio dans les lazarets italiens.

LA CABGAisoN. — Jusqu'en 1851, époque où eut Jiau la

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