i DÉSINFECTION QUARANTENAIRE
conférence sanitaire de Paris, les mesures prises contre k« marchandises étaient excessives- Jadis, par la combiMson des règlements et des différentes pratiques : quarasitxine sur fer, quarantaine au lazaret, etc., la quarantait* des marchandises pouvait aller de 70 à 80 jours et au delà; et ce n'est que plus tard, en 1837, que la durée en ao^ diminuée (1). Celle des hommes était toujours plus 03 moins exagérée : un de nos ministres actuels, disMi Mélier en 1863, en a fait une de 90 jours. Mélier, dans s." rapport à TAcadémie, cite l'exemple d'un navire, parti (k Marseille en 1850 pour un port étranger, et chargé d'articles de Paris, modes, meubles divers, curiosités. Comm': il y avait alors (juclques cas isolés de choléra à Marseille. le navire, arrivé au port étranger, fut envoyé au lazaret pour y subir le déchargement avec déballage de la marchandise, dispersion des objets, exposition à l'air, sfreine, etc., qui salit, défraîchit, perdit tous ces objets; l'armateur fut ruiné.
Il serait injuste de méconnaître la valeur de cette sereine ou exposition prolongée à l'air, au soleil, à la rosée ; il se produit là, par l'action de Toxygcne ou de Tozône, des phénomènes chimiques dont nous avons la preuve par le blanchiment des toiles écrues, de la cire, etc. Mais que de temps exige une telle opération ! Quelles immenses surfaces elle nécessite ! Que de manutentions dispendieuses et de retard pour le commerce ! Quels dégâts inévitables cette exposition à la pluie et au soleil n'entraine-t-elle pas pour la plupart des marchandises.
Ces pratiques vexatoires, ridicules et peu efficaces, n'ont disparu qu'avec une extrême lenteur sous le décri pubhc ; nulle part la routine n'a conservé plus longtemps son empire que dans nos anciens lazarets : aujourd'hui,
(1) Beeueil des procèt-verhaux de la conférence tanitaire, leoue à Paris 60 1851, S vol. in-fulio ; Paris, Imprimerie impériale.
LA CARGAISON. y,$
Ton admet que dès que les marchandises ont rompu charge. » <ï* est-à-dire sont sorties de la cale, les germes morbides K/ fiont dissipés ou détruits ; il faut se défier de toute exagéra ration dans cette nouvelle voie.
CJ Dans la marine de TÉtat, le désarrhnage des navires de If guerre est parfois prescrit comme mesure de salubrité et il d'assainissement : de nombreux exemples prouvent Teffir cacité de cette mesure, qui ne se distingue pas de } ce que Mélier a institué sous le nom de déchargement sanitaire en 1863, à Toccasion de Tépidémie de fièvre jaune  Saint-Nazaire.
Voici comment Mélier décrit ce déchargement sanitaire^ dans le rapport qu'il adressa à cette époque à TAcadémie de médecine.
On fait d'abord descendre à terre les passagers et toutes les personnes qui ne sont pas indispensables à bord, afin de les soustraire à l'action du foyer qui va être mis à découvert ; ces hommes débarqués sont mis en observation sur un ponton ou dans des locaux isolés. On leur donne un bain, du linge blanc et des effets propres (spoglio des Italiens). On enlève les panneaux du navire, on ouvre les écoutilles, afin de faire pénétrer Tair jusque dans les parties bondées, encombrées et reculées du navire ; il est de plus nécessaire d'enlever le premier plan des marchandises, afin de mettre à nu le haut de la face interne des parois du navire. On prépare alors un lait épais de chlorure de chaux, à l'aide d'une partie de chlorure pour 7 parties d'eau. On projette cette solution contre les points devenus accessibles des parois intérieures du navire; l'aspersion à l'aide d'un balai est un moyen plus commode que la projection à l'aide d'une pompe. La solution descend ainsi lentement, en humectant los surfaces, jusqu'au fond de la cale, et pénètre dans le fardage, c'est-à-dire dans Tamas de fagots et de menu bois sur lequel reposent les premières couches de marchandises. Cette solution,