iJi DÉSINFEGf lOK QUARANTENAIRE
a^(éé par les mouvements de t;aï);^â^é et de rouGd Ai ââvire, pénètre partout et dêsïnféete tout ce qui s*y trouve; le (ihlore devenu libre se dégage entre les interstices, et peu à peu gagne les régions supérieures ; H y a donc en quelque sorte un chlorurage descendant^ puis un Montage ascendant. On continue ces aspersions pendant toat le temps que dure le déchargement, et raction incessante du chlore diminue ou fait disparaître le danger de Topération. En outre chaque caisse, à mesure qu'elle est décha^ gée, est badigeonnée avec un balai trempé dans le lait de chaux. Ces caisses ou marchandises ne sont expédiées qu'après une exposition à Tair de 12 à 24 heures.
Après ce déchargement, Mélier faisait procéder à Ya^ saiîiissement : ce dernier consistait en un nettoyage complet, un grattage à vif, des lavages à Teau chlorurée, pais en un et quelquefois plusieurs blanchiments au moyen du lait de chaux chlorurée. Parfois, on y joignait des fumigations de chlore gazeux.
Les désinfectants doivent être non seulement répandus à la surface de la paroi interne, mais dans Tintervalle qui sépare les divers feuillets constitutifs de la paroi, à savoir : le vaigrage, que Mélier compare ingénieusement à la plèvre, le bordage, qui est le té>gument externe, alors que les courbes ou couples représentent les côtes ou Tossature de la paroi du navire. Les feuillets circonscrivent des espaces incomplètement clos, où les détritus peuvent pénétrer, dont ils ne peuvent que très difficilement sortir, et où la stagnation de Tair est presque complète ; on comprend qu'à la rigueur ces cavités puissent retenir, jusqu'au port d'arrivée et jusqu'au jour du déchargement, une petite partie de Tatmosphère infectante du port de départ. Il faut donc désobstruer, ramoner en quelque sorte ces espaces ou ihailles dont la souillure est extrême : on se ferait difficilement idée, dit Mélier, de tout ce qu'elles contiennent de vase durcie, de détritus divers, de saletés
LE NATIRE.
de toutes sortes. On doit y verser des solutions i tantes, y pratiquer de véritables injectioDS forcées ai> moyen du jet de la pompe.
Ainsi quo nous allons le voir tout & l'heure, il est relativement facile de désinfecter la surface libre de la paroi interne ; mais il est évident que le grattage, le flambage, ne sont pas applicables  ces surfaces irrégulières, étroites, inaccessibles.
LE NAViBE. — Autrefois, on incendiait les navires envahis par une épidémie grave ; le Donostiara fut incendié dans le port du Passage ; le 6 octobre 1821, au dire de Robert, le navire du capitaine Fohn, qui avait eu deux décès à bord par fièvre jaune fut brùlé sur la rade de Séon, près de Marseille (1). Plus souvent encore on les submergeait, on les coulait.
Le sabordement est un souvenir et aussi un diminutif de ces mesures barbares. Au niveau de la ligne de flottaison, on ouvre un certain nombre d'ouvertures opposées; la mer y entre à la marée haute, inonde toutes le^ par~ lies, et l'agitation du navire par les flots y détermine des courants violents qu'on a comparés à ceux qu'on détermine en secouant une bouteille pleine d'eau pour la laver ; à la marée basse, cette eau de lavage s'écoule et est remplacée par de l'eau pure 6 heures plus tard.
C'est cette mesure que Mélier flt prendre en 1862 pour désinfecter le navire VAnne-Marie qui avait apporté la fièvre jaune à Saint-Nazaire. Mélier raconte que le sabordement de ce navire eut lieu le 13 août ; V Anne-JUarie resta huit jours entiers, c'est-à-dire jusqu'au 22, soumise au mouvement seize fois répété de la marée. Au bout de ce temps, les ouvertures ayant été fermées à marée basse, le navire se releva de lui-même à la marée haul«.
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676 DÉSINFECTION QUARANTENAIRE.
€ Après ravoir mis à flot, dit Mélier (1), il s'agissaitde le nettoyer. Cette opération du nettoyaere a été des pliB laborieuses. Comme on le sait, les eaux de la Loire, t6 nant en suspension un sable fin et vaseux, sont généralement troubles. Déposé dans le navire, ce sable s*y éiaii accumulé pendant les huit jours d'échouage et avaii formé dans la cale un dépôt considérable. Tout ce qui était dans le navire en était recouvert et comme enveloppé. Il y avait sous cette vase des bois, des débris (fe toutes sortes, des voiles de rechange, des restes de prorisions, de la literie, des vieux effets, etc., tout cela en décomposition plus ou moins avancée, prêt à fermenter ou en fermentation. »
L*opération ne demanda pas moins de quinze jours do travail le plus pénible et le plus insalubre. Il fallut installer et maintenir allumes en permanence plusieurs poêles, pour dessécher la cale et les parois du navire que Teau de mer avait pénétrées. Il n'est pas douteux que le dessèchement partiel est resté très incomplet, et que le bois imprégné d'eau de mer s'est maintenu humide pendant plusieurs mois et plusieurs • années après cetie oérie d'opérations. N'est-ce pas ici le lieu de rappeler que Turner, et après lui la plupart des hygiénistes, ont figure l'hygiène navale par un triangle, dont les trois côtés sont : la propreté, la sécheresse et la ventilation des navires.
On ne peut méconnaître le bénéfice réahsé par la méthode que préconisait Mélier, bénéfice qui se résume en deux mots : sécurité plus grande, économie de temps; c'est l'intervention efficace et rationnelle, substituée à la temporisation décevante et arbitraire qui formait la base de l'ancien système quarantenaire. Cependant, M. Leroy de Méricourt (2) croit avec raison qu'on peut faire mieux encore que ne proposait Mélier.
(1) Mélier, Relaiion de la fièvre jaune survenue à Sainl^Xazaire en 1S€2, {Mémoires de VAcidémie de médecine, T. XXVI, 1863, p. 47).
(2) Leroy de Méricourt, Assainissement de la cale des navirct conteê {Archivrt navales, 1865, T. UI. p. 201).