‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 105 sur 138 · LE NAVIRE. &8S · texte numérisé non relu

LE NAVIRE. &8S

liqueur de Burnett par mètre cube ou 1000 litres 'd'eau de cale ; elle correspond à un kilogramme de chlorure de zinc cristallisé par mètre cube. Dans ces conditions, . l'odeur sulfhydriquediiiparaissait complètement et n'avait pas reparu au bout de 14 jours; on percevait cependant encore une légère odeur de graisse rance, caractéristique des acides gras qui existent en abondance dans l'eau des cales ; cette odeur très tenace et d'une fétidité qui n'a peutêtre pas son égale, n'était pas détruite par une dose moitié moindre de sel de zinc; avec la proportion indiquée (1 kil, de chlorure solide par mètre cube) la désinfection pouvait être considérée comme suffisante. Ce sel et le précipité qu'il forme n'altère pas les métaux, les cuirs, les bois, et les dépôts ne gênent nullement le jeu des pompes.

Toutefois, M. le professeur Pettenkofer, à qui nous avions demandé quelques renseignements sur la composition de la liqueur de Burnett employée dans ces expériences et sur la valeur de cette désinfection, a bien voulu nous transmettre les renseignements qu'il avait à cet effet demandés à M. le D' Wcnzel , médecin général de la marine mililairc allemande. Nous extrayons de la lettre de M. le D' Wenzel les indications très intéressantes qui suivent.

t La solution de Burnett employée dans la marine impériale de l'empire d'Allemagne contient 30 à 60 pour 100 de chlorure df^zinc. Cette solution agit bien plus comme désodorisant que comme désinfectant proprement dit. Les conclusions de 1816 ne reposaient que sur le résultat de l'examen microscopique; les organismes étaient immobiles, mais on n'avait pas recherché s'ils étaient capables d'ensemencer et de fertiliser des liquides de culture. Des recherches plus récentes faites au lazaret de la marine à Kiel ont montré qu'une solution contenant jusqu'à 8 pour 100 de chlorure de zinc ne stérilisait pas définitivement tous les germes. Les expériences faites à l'Office sanitaire

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de Bev\ïn{Mittheilungende8Kai8erlichen OesunâheiiiamU, 1881, p. 261 et 262) concordent avec ces résultats, llfaoî donc faire des réserves sur la valeur vraiment désinfectante du chlorure da zinc; au contraire son action désodorante est puissante et incontestable.., »

Le chlorure de zinc était jadis d'un emploi vulgaire dans la flotte anglaise; en 1810, il a été interdit parte lords de T Amirauté, à la suite de quelques empoisonnements dont avaient été victimes des marins qui en avaieoi accidentellement avalé (1). La causticité du chlorore de zinc est en effet redoutable, et cet agent réclame une 50^ veillance qui ne doit pas être très difficile à bord. La puissance antiseptique de ce sel, son prix modéré, quapd on se contente de solutions concentrées et impures provenant des résidus de fabrication, nous paraissent des raisons sérieuses pour le préférer au sulfate de fer et à tous les autres désinfectants des eaux de la cale.

Nous ne pouvons mieux faire que de terminer ce chapitre par les paroles suivantes de M. Fonssagrives : t II ne faut pas oublier que la désinfection chimique constitue YuUima ratio de l'hygiène navale, et que Tidéal qu'il faui toujours poursuivre est de n'en pas avoir besoin. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il faut renoncer aux désinfectants; mais j'estime que, dans des circonstances ordinaires, on peut sinon s'en passer au moins en user avec modération et que tous les désinfectants du monde ne, sauraient suppléer, pour la bonne tenue d'une cale, la propreté et la vigilance. Mieux vaut prévenir la fétidité d'une cale, que d'avoir à la combattre. «

(^) D^ freycinel, AsM^ininement inclustriel, p. 51.

LOI DU 11 JDILLBT IHl.

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