CIMETIÈRES
de Devergie (10 juillet 1868 et 3 Janvier 1869) contient des renseignements et des conseils très utiles.
On a proposé d'envelopper les corps de suaires carbonifères, dans lesquels le charbon est associé intimement k de la carde de coton ; ce suaire, destiné à absorber les gas et les liquides putrides, est coûteux et ne donne pas une sécurité complète, mais peut rendre de grands services pour l'ensevelissement des corps que l'on conserve dans le lit pendant 1 ou 2 jours, en été.
C'est ici le lieu de rappeler le procédé d'inhumation proposé au congrès de Bruxelles, de ISTG, par le D' Hornetnann (1) de Copenhague, lequel ensevelissait le corps au mtheu d'une couche épaisse de poudre de charbon pilé, disposéed'une façon ingénieuse. Le procédé doit être très efficace, au moins pendant un certain nombre de jours; c'est assurément le meilleur moyen de désinfecter uncorps dont l'inhumation est retardée (voy. p. 38).
En 1866, au Comité consultatif d'hygiène, M. Dumas avait proposé de placer dans la bière, autour du corps de tous les cholériques, du chlorure de chaux et de la sciure de bois imprégnée d'acide phénique impur du commerce. Le mélange se composait ainsi : sciure de bois, 1 hectolitre pesant 16 kilogrammes, arrosée et mêlée pendant 10 minutes avec 1 à 4 kilogrammes, suivant la saison, d'acide impur fourni par la Compagnie du gaz au prix de 1 fr. 50 c, le kilogramme. On peut remplacer celle mixture par 23 kilogrammes de sciure, et 20 pour 100 de son poids de goudron desséché provenant de la distillation du bois et extrait de résidus sans emploi et de peu de valeur vénale.
On a proposé une mixture où la sciure de bois était mélangée à un tiersde son poids de sulfate de zinc ; ladésinfection se fait bien, mais le sulfate de zinc du commerce provient d'ordinaire du grillage de la blende, qui est souvent
(1) Du Hu«ail, L'expotiliM et U congrit dhggiéne de BriaelUt en 1S76 [AnHtttei fliygiéae tt ite médecin* légale, IBTT, t. 17, p. SI).
CIMETIÈRES. lîi
couche deC centimètres d'un mélange pulvLTulenl composô de I partie de poudre de tan et de2 parties de charbon pulvérisé. Celte mixture peul êtreremplacccpar de la sciure de bois et du sulfate de fer ou de zinc.
Les cimetières laissent parfois dégager des odeurs infectes qui provoquent les protestations des habitants du voisinage. Le plus souvent l'enquête montre que les inhumations dans la fosse commune ont été mal faites, que les corps n'élaicnt pas recouverts d'une couche de terre d'au moins nn mètre, etc. En pareil cas, le déplacement des corps décomposés ne ferait qu'augmenter le mal ; il faut asperger le sol avec des solutions fortes de chlorure de chaux, de sulfate de zinc ou de fer (au dixième), et élever un tumulus audessus de la tranchée, de manière à porter à 1 mètre au moins la couche de terre poreuse destinée à absorber les miasmes.
I/on a proposé le drainage pour assainir et désinfecter les cimetières humides; c'est en effet un moyen d'activer la circulation de l'air et dfi l'eau dans un sol chargé de matières organiques. On a drainé de la sorte un grand nombre de eimelièrcs en Angleterre et dans notre pays ; au cimetière de Versailles, les drains ont été placés à 2"', 20 de profondeur sur un fond d'argile imperméable, et à 14 mètres les uns des autres. En 1862, on draina également le cimetière de la Chartreuse, à Bordeaux, à 4 mètres de profondeur.
Quand le sol est humide, le bénélice est grand, mais il faut se débarrasser des eaux d'infiltration, qui ont souvent au sortir des drains, dans ces conditions, une odeur intolérable. A Bordeaux, ces eaux traversent une chambre épuratrice ou filtrante; c'est une galerie en ma(;onnerie étanche, remplie de gravier, à laquelle aboutissent les collecteurs percés de trous; l'eau se filtre de bas en haut, et après s'être ainsi décantée remonte pour s'écouler définitivement par un orifice ménagé à la paitie sujwrieure
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tdie, forme de rallonges emboîtées les unes dans les autres comme les tuyaux de nos poêles : ce tube serait descendu au fond du caveau, et en très peu de temps le tirage exercé par un fpu de braise aurait renouvelé et brûlé les gaz stagnant dans les parties profondes. En tout cas, les travailleurs ne descendront dans le caveau qu'après s'être assurés qu'une bougie allutnéc y brûle comme à l'air libre ; ils seront toujours attachés à l'aide de bricoles.
Si le caveau contient des eaux très corrompues, on pourra les désinfecter par la projection d'une certaine quantité de chlorure de zinc (500 grammes de sel par mètre cube d'eau); l'épuisement par les pompes pourra se faire 2 ou 3 heures après cette projection.
Si l'exhumation a lieu dans une fosse creusée à la surfece du sol, il est nécessaire d'arroser les couches de terre voisines de la fosse d'une solution concentrée de sulfate de fer, de chlorure de zinc, de chlorure de chaux, ou d'acide phénique, à moins que les exigences d'une analyse médicolégale ne permettent pas de mêler des substances chimiques à la terre qui entoure le cercueil.
Dans certains cas, on assainit le sol en faisant brûler de la paille à la surface de la tranchée ; on détermine de la sorte un courant d'air qui entraîne les gaz retenus dans les couches profondes.
Au moment de l'ouverture du cercueil, i'odeur cause parfois des accidents ou un malaise extrême. En pulvérisant avec un fort soufilet muni d'un réservoir ad hoc une solution très concentrée de chlorure de zinc (à 50 ou 70 pour 100), on la fait presque instantanément disparaître.
La poudre de charbon rend dans ces cas les plusgrands services ; on en répand une couche de plusieurs centimètres dans la bière ouverte, et les gaz sont rapidement absorbés; malheureusement elle est très salissante et gène beaucoup dans les autopsies judiciaires. C'est probablement à sa qualité de poudre sèche, absorbante, à
p. 100, OU, iiiiaiid le sol était drjà tiimûde, du chlorure de cliaiix sec en poudre. Pour transportep les bières encore entières dans le cimetière voisin, on les eniourait d'une serpillière imbibée de désinfectant. Les terres de déblaiement, étaient portées clans un point éloigné, au voisinage des rortifn'ations, cl exposées au grand air et à la pluie qui devaient les désinfecter.
GratioIetrtLemaire avaient proposéau Préfet de la Seine, en 1869, d'injecter par les artères tous les cadavres, avant l'inbuniation, avec un mélange contenant une partiede coaltar et trois parties d'huile lourde de bouille; l'intérieur de la bière était enduit de coaltar.
Pendant cinq ans, la putréfaction eût été retardée; puis au bout de ce temps on eût soumis les cadavres à la crémation, rendue plus facile par ces substances antiputrides qui sont en même temps très combustibles. Un homme attaché à chaque mairieaurait été chargî" de faire toutes ces injections, les matières premières pour chaque embaumement ne coûtant que i3 centimes, l.a répugnance qu'inspirera toujours cette injection obligatoire, la nécessité d'une exhumation au bout de Sans précédant la crémation, ne pouvaient manquer de faire rejeter ce moyen singulier de désinfection préventive- des cimetières. La crémation immédiate serait mieux acceptée que cette crémation qu'on peut justement appeler posthume.
Nous craindrions do dépasser les limites de notre sujet en parlant ici de la crémation des corps: nous nous contenterons de signaler ce moyen de prévenir l'infection, et nous renvoyons aux travaux spéciaux sur cette question d'actualité (I).
(1) De Fri'ïcioel, loco cit. \ lion à Milan (/tn'u« d'bygii'n ligurct).
ÉGOUTS. -îSS
pâteuses, presque sèches, en pleine putréfaction, à travers lesquelles de minces filets d'eau avaient creusé des rigoles. Dans de pareilles conditions, toute désinfection est impossible tant qu'on n'a pfis au moins inondé ces amas stagnants, et qu'on ne les a pas transformés en marais couverts.
Au lieu de laisser couler continuellement, pendant 24 heures, un mince filet d'eau incapable de balayer vigoureusement les radiers, il est bien préférable de faire passer en une minute et en un seul coup, la même quantité d'eau. Il suffit d'établir, à certaines places, de larges réservoirs munis d'un siphon disposé de telle sorte, que ce dernier ne s'amorce qu'au moment où l'eau atteint le niveau supérieur du réservoir; toute la masse d'eau accumulée s'écoule alors en quelques minutes, et la force du courant est assez grande pour chasser les matières lourdes qui se sont déposées dans l'égoul.
F:g. si. — LaTaga inUrmitMDt dci égonls (SirboD de Rogen-Fiold).
Depuis que M. Rogers-Field a imaginé les disposi- ^ons très simples et très ingénieuses que nous représentons ici, beaucoup de grandes villes ont adopté ce lavage
ÉGOCTS. 735
immondices pmjetées dans les égouts avec les neiges, forment souvent d'énormes amas, de vérilalles bancs, qui consliiuent des barrages. Le curage à l'aide de baleaux vannes ou de splières de bois obstruant incomplètement les tuyaux qu'elles parcourent, n'es' possible que dans les égouts larges, réguliers, recevant une grande quantité d'eau, comme ceux de Paris et des grandes villes.
Parfois il est nécess.iîre de faire ce curage directement, à l'aide de pelles, de seaux et de tombereaux, opération dangereuse pour les ouvriers et pour les habitants de la surface. Cette opération doit avoir lieu dans les saisons froides ; pendant sa durée, les égouts seront largement ventilés, à l'aide de clii>minécs d'appel s'il est nécessaire ; on versera au prijalable dans l'cgoutdes solutions concentrées de sulfate de fer, d'acide pliénique, de chlorure de chaux, etc ;on interrompra le travail plusieurs fois par jour, des chasses d'eau entraîneront les matières remuées et activeront les courants d'air.
3° Établissement de pentes suffisantes. -~ Pour que la désinfection soit durable, il faut faire cesser les causes de stagnation des eaux vannes cl la précipitation sur place des matières solides, qui en est la conséquence. L'insuffisance des pentes est la cause la plus fréquente de la lenteur d'écoulement ou de la stagnation habituelle des liquides; la difliculté est souvent presque insurmontable. Cependant, la rapidité de l'écoulement dépend moins delà pente du radier, que de la dilîércnce du niveau de la couche supérieure des liquides: en disposant des barrages temporaires, on peut déterminer presque partout des pressions puissantes, des chasses, qui réussissent à balayer le fond des réseaux où l'inclinaison n'est que de quelques décimètres par kilomètre. M. Durand-Claye a proposé dans les cas extrêmes, pour les rues ou groupes de maisons où le sol est en cuvette, d'aller chercher plus
ont constaté que partout où les égouts étaient bien ventilés, ils n'avaient aucune odeur ; même au bout d'une visite de trois heures, le papier de plomb ne présentait pas de coloration; dès qu'on interceptait toute communication avec l'air extérieur, surtout quand l'eau restait immobile, l'odeur devenait infecte, des bulles se dégageaient et formaient une écume épaisse à la surface du liquide.
MM. Wurtz et Ch. Girard ont donné une excellente explication de ce phénomène. Tant que les mouvements de l'eau renouvellent les surfaces de contact avec l'oxygène, tant que l'air circule librement dans les égouts, l'hydrogène sulfuré s'oxyde rapidement, l'hydrogène se combine avec l'oxygène pour former de l'eau, le soufre se dépose ou bien il s'oxyde, et il se forme des sulfates d'ammoniaque inodores et non volatils. Cette réaction est rendue plus active par l'humidité; l'atmosphère de l'cgout étant chargée de vapeur d'eau, cette vapeur se condense sur les murailles, sur les parois des conduits d'eau, des tubes pneumatiques, etc., qui obstruent en partie les égouts; ces larges surfaces métalliques retiennent h l'état de dissolution les parties de ces gaz très solubles qui n'ont pas encore été transformes et empêchent leur expansion au dehors. Au contraire, dès qu'on empêche l'accès de l'air dans l'égout, ou quand l'eau, devenue stagnante, cesse de multiplier la surface du contact avec l'oxygène, non seulement l'hydrogène sulfuré cesse de s'oxyder et de se transformer en sulfate, mais encore les sulfates précédemment formés sont réduits par les matières organiques en voie de décomposition ; celles-ci, en leur enlevant de l'oxygène, les ramènent à l'état de sulfures ou d'hydrogène sulfuré.
Nulle iiai't on ne voit mieux ce que nous avons essayé de démontrer plus haut, à savoir : que la ventilation n'assainit pas seulement en dispersant les miasmes, mais en les délruisant chimiquement, en les brûlant; la ventilation ViLLiN. — Désinfectaicib. 47
fection permanenle par une ventilation libérale, tantôt par des louches grillées ouvertes au milicn de la chaussée, loin des trottoirs, tantôt par des tuyaux d'évent partant de l'égout et s'élevant au-dessus du toit des maisons. Comme ceux des fosses d'aisances, cns tuyaux rabattent parfois les gaz mépliiliques dans les cheminées voisines ou dans les mansardes dont les fenêtres sont restées nuvertes. Pour Être vraiment efficaces, leur extrémité supérieure devrait dépasser de plusieurs mètres le toit des plus hautes maisons ; même dans ce cas on souillerait l'atmosphère des (juarliers plus élevés.
Plusieurs villes d'Angleterre et de iîcigique ont tenté ta veutilalion permanente arlificiolle des égouls à l'aide de cheminées où l'on entretenait un puissant foyer de combustion (Oarlisle, Liverpool, Londres, Bruxelles) ; ailleurs ona utilisé le foyer de graiules usines {\Vool\vich,I)eptford), ce qui oITrait l'avantage de brûler les gaz fétides aspirés des égouts. Une expérience prolongée a montre que le bénéfice oblimu n'était pas en proportion avec la dépense, parce <iue l'aire de la cheminée est estrènienieni inféiieure à celle (lu réseau des égouts. M. Bazalgctte (I), ingénieur des égouls de Londres, a montré en IStiO l'inefficacité d'une cheminée semblable établie dans la tour de l'Horloge à Londres, pour ventiler les égouts du quarlier de Weslniinsrer. La section totale des enibranchenienls à aérer étiiit de 63 mètres carrés, tandis que la galerie souterraine alimentant le foyer n'avait que 0"',73, et éiait par consé(iueiit 90 fois plus petite. Aussi, avec une vitesse de courant -d'air de â mètres TU par seconde à l'orifice supérieur de la cheminée, le déplacement de l'air dans les embranchements n'était que de 3 centimètres par seconde; l'air était donc presque immobile, et cependant un si mince résultat aurait néoessilé '■2,^0 cheminées semblables
(Il baldttin Lalham, Saitilarff tngincciiag, 1813, [n^cs 218 cl Îi5
ËGOUTS. 141
nombreuses ont montré que ces filtres empêchaient pendant plusieurs mois toute odeur d'être appréciable au-dessus des égouts ainsi disposés. D'après Stenhouse, un demi-gramme de cliarbon de bois absorbe 98 centimètres cubesdegazammoniacetSOcentimètres cubes d'hydrogène sulfuré. Le charbon est un lieu de condit entre l'oxygène de l'air et les matières organiques contenues dans les miasmes. Létheby a montré par l'analyse de filtres ayant ainsi servi pendant neuf à vingt mois, que presque toutes les matières organiques retenues par le charbon avaient passé à l'état de nitrates alcalins. Malheureusement le charbon perd son action désinfectante quand ses pores ont été obstrués par la poussière, ou quand il a été mouillé soit par la condensation de la vapeur d'eau, soit par l'eau qui tombe dans l'égoul. MM. Baldwin Latham (i), et Bailey Denton
FiG. 33. — Ventibtaur île Urookc, h Tillrc do charboD.
ont inventé et figuré dans leurs ouvrages des dispositions très ingénieuses dont nous croyons devoir ici donner quel-
(I) Baldwin LalUam, Sanilarf engineering, London, 1813, page» S38, S19 et 210.
ÉCOITS. 14
circulaire disposée en spirale, et dontrexirémité inférieure est libre dans la cheminée de l'cgout. Entre les spires de cette étroite cuvelte, on introduit facilement le filtre p
(t\pa Laibain}
forni) d une plaque veitiolo sui It|U(IIc sont soudes plusieurs phteauï deslinns i retenu desnioiceiux de char bon de bois, de la fîrc-senr d une annnde L air de 1 cgout ne peut séctnppor en //surla lue qu iprc-savoir traversé les divers tngp'- de ce filtre
Aetuellemi nt, i Londres la \cnlilation des cgouls se fut de di a\ fii,ons 1° pnr ms grilles ouv ei tes au nulu u nu nu de la cliaussee, munies du venlilaleur de Lalham ; niais des visiteurs nous ont dit que parfois le filtre au charbon faisait défaut ou n'était jKts renouvelé ; l'on pense qu'avant d'arriver au milieu de la chaussée, au pied de la maison ou au lrott(ûr, les gaz de l'égout sont trop dilués pour iHre nuisibles; 2" par des tuyaux venlilatcurs, pins ou moins
basculent SOUS la charge des résidus cl se referment après l'écoulement, système infidèle, sujet aux dérangements ; les siphons, où unemasse d'eau accumulée dans une partie déclive du tuyau d'émission forme piston et empêche tout reflux vers l'orifice extérieur ; les cuvettes hydrauliques, coupe-air, où un diaphragme plongeant de quelques centimètres au- dessous de la surface du liquide transforme une cuvette pleine d'eau en un véritable appareil siphoïdc (fig. 23, 26et 21). Quand l'écoulement est abondant, sinon continu, l'inflexion siphoïdc de tous les tuyaux réunit les avantages de la simplicité et de la sécurité, pourvu que des différences rapides de pression par les gaz n'amènent pas le reflux de la couche d'eau protectrice.
Fie. 86. — Cuvcllc siplioïdo pour c|;oult.
C'est pour obvier à ce dernier inconvénient que, en Angleterre, on établit toujours une discontinuité entre l'extrémité inférieure du conduit adducteur et la cavité de l'égout. Ainsi, le tuyau d'émission des eaux ménagères, terminé par une flexuosité siphoïdc ou par un déversoir Guiiiier, s'ouvre à l'air libre, au pied de la maison, audessus d'un caniveau légèrement oblique, passant sous le trottoir, et se terminant lui-même par un tuyau en siphon dans la cavité de l'égout. Au cas où, malgré cette première interception siphoïdc, les gaz de l'égout reflueraient dans le caniveau, ils se disperseraient dans l'atmosplière de la rue, et ne pourraient remonter par le tuyau de chute dans la cuisine ou l'appartement. Nous figurons ici l'une
ÉGOLTS. 747
cavité fermée. La paroi d'un des tubes était traversée par Textrémité inférieure d'un tube de plomb, de 1 pouce de diamètre, long de 5 pieds et demi, placé verticalement, et à l'extrémité supérieure duquel était ajusté un bocal en grés verni d'une capacité de quatre à cinq litres. En versant dans ce bocal de l'acide sulfureux liquide, la pression laissait constamment suinter l'acide à la surface externe des tuyaux ; cette surface d'évaporation et d'émanation de Tacide sulfureux, en contact avec le courant d'air fétide de l'égout, n'avait pas moins de 224 pouces carrés. En 24 heures, on consomma 900 à 1,300 grammes d'acide d'une densité de 1,040 ; les mauvaises odeurs étaient bien détruites. MM. Mac Dougall ont disposé un autre appareil, dans lequel un vase laissait tomber goutte à goutte de Tacide sulfurique sur du sulfure de chaux.
M. B. Latham, qui relate ces essais, dit qu'il y a ii craindre de souiller l'air des villes par un excès de ce gaz sulfureux dont la combustion de la houille charge déjà Tatmosphère de Londres ; à son avis, la désinfection des égouts par ce gaz est bien moins sûre et bien plus coûteuse que par les filtres au charbon, pour lesquels il a naturellement une paternelle bienveillance.
Dans un rapport autographic présenté par M. Marié-Davy le 30 mars 1881 à la Préfecture de la Seine, au nom d'une commission, Sur les égouts et les mauvaises odeurs de Paris, nous trouvons le tableau suivant où MM. A. Lévy et Allaire, chimistes de l'Observatoire de Montsouris, ont consigné le résultat d'expériences sur la valeur désinfectante des divers agents de désinfection présentés à la commission et dontla composition n'est pas toujours indiquée. Dans une première série, on o[)6ra sur de l'eau d'égout vieille; on y ajoutait 2 grammes de désinfectant par litre ; dans une seconde série, on opéra sur de l'eau d'égout l^eaucoup moins chargée de matière organi<|ue, et à laquelle on ajoutait une plus forte proportion de désinfectant.
au prix où Ton peut actuellement délivrer cette poudre à radministration, entraînerait une dépense annuelle de 11 millions de francs pour désinfecter les 80 millions de mètres cubes d'eau d'égout déversée dans la Seine. Encore n'auraiton aucune garantie contre le développement et la pullulation ultérieure des germes. Les désinfectants ont paru à la commission n'avoir qu'une utilité locale dans des cas particuliers ; l'opération par le sol lui a semblé le moyen le plus efficace et le moins coûteux.
M. Lauth, membre du conseil municipal de la Seine, a proposé, en 1879, de désinfecter l'eau des égouts de Paris par le barbottage prolongé d'une grande quantité d'air à travers le liquide ; dans ses expériences, les eaux-vannes devenaient ainsi presque imputrescibles et peu nuisibles, bien que renfermant encore 27 grammes d'azote par mètre cube. Mais, en application pratique, l'emploi d'un tel moyen d'épuration pour les 260,000 mètres cubes d'eaux vannes qui traversent chaque jour le grand collecteur eût été d'une difficulté extrême ; on aurait dû construire d'immenses bâtiments de graduation, comparables à ceux qu'on employait jadis pour extraire le sel des eaux salines ; ces bâtiments de graduation eussent été une cause puissante de souillure de l'air. Le projet proposé a donc été
rejeté.
En 1838, M.John Chisholm proposa d'employer les courants électriques ou galvaniques pour détruire les propriétés nuisibles de l'air des égouts. Il prétendait que le dégagement continu d'électricité dans un espace contenant des gaz méphitiques devait produire des efi*ets analogues à ceux de rozouc, sinon un dégagement abondant de cet agent lui-même. Le raisonnement peut être juste en théorie, mais le système a paru complètement inapplicable.
Nous renvoyons, pour tout ce qui concerne la désinfection des égouts, aux chapitres concernant les Eaux indu?. TRiELLEs et les Vidanges.
empêchent ou retardent leur décomposition putride ; au moment de la vidange, les matières volumineuses qu'on retire de la fosse sont à peu près inodores et en grande partie transformées en humus très riche et très fertile. Le charbon, les matières poreuses et absorbantes, le plâtre même, produisent également une désinfection qui peut être utilisée dans beaucoup de circonstances (p. 41). En 1835, une commission de l'Institut décerna le prix Monthyon à Payen père et Salmon, qui désinfectaient les matières de vidanges en y mêlant une quantité égale de terre carbonisée^ obtenue en calcinant le vieux terreau, la vase provenant du curage des étangs ou rivières, additionnés de débris animaux, de sciure de bois, de résidus de goudron. Mais la préparation était coûteuse, le compost ainsi obtenu encombrant, volumineux, le charroi en était difficile. Ce procédé de desinfection est d'une efficacité réelle; c'est parfois une ressource utile, et il fonctionne dans lin grand nombre de villes anglaises (l) ; mais déjà l'on touche ici à la fabrication des engrais {yioir nnimalisé). En mélangeant de la chaux (43kil. parmètrecube)aux matières contenues dans la fosse (Deplanque et Mosselmann) (2), on obtient une désinfection partielle : l'hydrogène sulfuré forme du sulfure de calcium (jui reste dissous dans le liquide , mais (jui est peu stable; il se forme, en outre, des carbonates et des phosphates de chaux insolubles, qui en se précipitant entraînent les matières organiques en suspension dans le liquide (chaux animaliséeou supersaturée). Mois le carbonate d'ammoniaque, en se transformant en carbonate de chaux, abandonne Tammoniaque dont une partie se dissout dans les liquides, l'autre se dégage au dehors et infecte l'air.
[l] NeUen Radcliffc el Buchanan, Beports tho thePrivy Council 1870 ol 1874. — E. Vallin. De la di^sinfection par les poussières sèches [Revue d'hygithie et de police sanitaire, 1879, p. 43 cl 106).
(2) Ligcr» Fosses d'aisances, latrines, urinoirs et vidanges; Paris, 1876^ p. 150. li;0 el 321. — Voyez aussi rexccllent arlicle Fosses D'AiSANCifty (le Laycl [Dictionnaire encycl. des te. méd.).
I 5. Les entrepreoearj du vidanges pourront Iranaporier les nuliAres solides dans des locaui ajtorisùf, oii elles Mronlde nouveau désintectées s'il e»t ndcetsair«, demaniiro que la désinfection soit penninenic.
L'ordonnance du 8 novembre 1851 ajoutait à l'arlicle ci-dessus l'obligation suivante :
Il devra èiro procé<lô à celle dé^^inf^iclion Haas la nuit qui jiréctdcra
l'extractian <lcs matiâr^s et aui mêmes heures que celles qui sont Uiûes pour la vidange des fosses.
I 1. Aussildt aprts la promulgation de la pr<:ccdeDtc ordonnance, [oui entrepreneur de vidanges devra nous [aire connaître son procédû de désinfeclion, et ne l'employer qu'apri^s que re prorëdé aura été approuvé par nous, sur l'avis du Conseil île salubrilé.
Ces prescriptions sont renouvelées, avec une rédaction à peine différente, dans VOrdomtance du %9 novembre 1834, qui règle également l'écoulement des eaux vannes désinfectées, aux cgouts voisins(l).
Depuis le Décret des i0-f4 octobre iS59 relatif aux altributions du Préfet de la Seine et du Préfet de police, le curag'} des égouts et des fosses d'aisances est compris dans les attributions du préfet de la Seine.
Les prescriptions qui précèdent sont encore en vigueur, sauf quelques modifications temporaires ou de détail contenues dansTarrèl* du 4 octobre 187T, sur lesquelles nous reviendrons tout à l'heure.
La liste des désinfectants autorisés par le conseil d'hygiène et l'administration préfectorale delà Seine reste toujours ouverte el illimitée: les désinfectants adoptes et employés sont presque exclusivement les sulfates et les chlorures de fer et de zinc, de cuivre, et quelques sels (nitrate) de plomb ; ils sont économiques, assez rapidement actifs el ne sont pas eux-mêmes odorants.
Lorsque les eaux vannes provenant des vidanges étaient
II) L'on trouvera celle col 1er lion d'ordonnance] reproduites tn extenioa l'arlicle Vidasce* du TraiU pratique ihygiine induttrielle el aJmini»- Irative de V«mois, 18iK>, I. Il, p. 611, et dans l'ouvrage de H. Ligcr: Feëtet d'awanee», (afnne*, etc., 1873, p. 4*7. Vaiu.v. — Otsnr
écoulées directement à l'égout, l'ai hibé l'emploi des sels de fer qui d noire ou ocreuse aux pavés des r iilors les sels de zinc. Mais quand sont emportées au loin, comme les des tonnes de vidanges, l'emplo facultatif et est aujourd'hui presqut Cependant Maxime Vernois (i) p vant qui serait suiTisaot pour quai matières :
Sulfate do fer
Terra argileuse
Sulfata de cliaux
Charbon animul
On intrnduLl le sulfate de fer on diasoluli quaaiiios do cent kilogramme) en lais^ol u un pou calciner la lerre argileus<>; les aui
Il ne semble pas que ce mélang à être utilisé dans la pratique.
La solution de sulfate de fer hj pèse 38 degrés Baume, soit ta dent respond à 2S0 grammes de sel d'autres, la densité ne serait que correspondant à 180 grammes t règlements ne déterminent pas d'ui portion de substance désinfectant* aux matières. Dans la pratique co 1 partie de sel pour 400 parties d soit 2 kilog. 300 de sulfate de fer, lion à 28°, par mètre cube de mai
renseignements de source officielle, r«»n empkiierah IZ V 23 litres de la solution à 20* et coûtant 3 centimes le litr^r, par mètre cube du contenu de la fosse. Bien souvent m-^ni^;» CCS proportions ne sont pas atteintes, et Tair empest^^ envahit toutes les parties de la maison.
Au mois de décembre 1819, un procès (bt intenté âTune des sociétés de vidange de Paris par un bncnleur de la rue Rambuteau, parce que, à la suite d'opérations d»^ vidanges faites dans sa maison, les galons et broderies contenus dans ses ateliers avaient pris une teinte noire, |>ar Taction de l'hydrogène sulfuré. La Compagnie, par arrêt de la cour d'appel de Paris en date du 24 mai 1882, confirmant le jugement rendu par le tribunal le 17 mai 1881, fut condamnée à des dommages-intérêts pour avoir fiorté préjudice à autrui et contrevenu aux règlements de police (i). Il semble en effet prouvé jusqu'à l'évidence que la désinfection n'avait pas été suffisante, quelle qu'eût été la quantité de sulfate de fer employée.
On comprend d'ailleurs que les ordonnances et les arrêtés n'aient pas fixé rigoureusement la dose ou la proportion du désinfectant, car celle-ci peut varier singulièrement suivant rancienneté et le degré de fermentation des matières ; les règlements se bornent à exiger que la désinfection ait lieu : il va de soi qu'elle doit être complète.
D'après Maxime Vernois, t la quantité de sulfate de fer varie de 1 à 2 kilogrammes par hectolitre de matières fécales, ou de 40 à 80 kilogrammes par voiture d'une contenance de 80 baquets » (2), Ces quantités, désirables sans doute, ne sont jamais atteintes.
M. Liger (3) dit que pour désinfecter une fosse mobile ou tinette de 1 hectolitre, il suffit de mettre au fond de la
(1) Gazette des tribunaux du 30 juin 1882.
{«) M. Vernois, Traité pratique d'hygiène inluttrielle, 1860 ; ail. ViDAMGKi, t. fl, p. 601 •
(3) Liger, loc. cit. y p. 350.
"UCIU! mobile à Ji, s«lfoted,rerdisso, "e l'Iusieurs heure »"ltu^éa^aitJisp3, "siiqae, très dés».
•Il' sulfale de fer" *"?« ((„„, „„,
renouvelée depuis I "■«I'' navaien, pas B»ns les deux cas l *snacons fermés n iVous venons do l°'P'y d'ordinaire *'.»OOdesulfa,ede Rwmmen., Jeu.,
»;•«■ les D- ii„„i„,^ ;
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tité considérable d'hydrogène sulfuré ; avant la désinfection , l'eau dégageait 140 centimètres cubes de ce gaz par litre : après cette désinfection, elle en pouvait encore dégager par la simple agitation 41 centimètres cubes.
MM. Boutmy et Descoust ont vu que des cobayes et des chiens, placés sur une claire-voie dans une cage de verre de lo litres de capacité, au fond de laquelle on avait versé i litres d'eau vanne soi disant désinfectée, mouraient asphyxiés au bout de 3 minutes, sans même qu'on eût eu le temps d'agiter le liquide pour faciliter le dégagement du gaz.
Sans doute, il est malaisé de déterminer, d'après les expériences sur les différentes espèces animales, la proportions d'hydrogène sulfuré capable de rendre une atmosphère toxique pour l'homme ; la susceptibilité pour ce gaz est peut-être aussi variable suivant les animaux que pour l'oxyde de carbone. Toutefois, on sait qu'un cheval meurt dans une atmosphère contenant 1/1000 d'hydrogène sulfuré; en supposant que l'homme ne résiste pas plus qu'un cheval, M. Boutmy a calculé qu'un mètre cube d'eau vanne non désinfectée rendrait mortels 28 mètres cubes 100 litres d'air, et qu'un mètre cube d'eau, soi-disant désinfectée d'après les règlements de police actuels, rendrait mortelle au bout de queUiues minutes une capacité de 8 mètres cubes 140 litres, dans laquelle on agiterait légèrement l'eau étendue en couche assez épaisse sur le sol.
L'accident survenu en 1881, dans un égout de la rue Rochechouart, où plusieurs ^vidangeurs furent brusquement asphyxiés, sans doute parce que dans un branchement situé en amont on avait vidé des tonnes de vidange, cet accident prouve que dans la pratique habituelle les matières de vidange sont très incomplètement désinfectées et que les ordonnances de police sont mal exécutées.
Des expériences déjà anciennes et renouvelées par un
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tains agronomes et chimistes, Lassaigne, BoussingauU, Erismann, prétendent que le sulfate de fer diminue la qualité de l'engrais et la fertilité du sol; d'autres, MM, P. Thénard, Isidore Pierre, contestent la valeur de cette dernière asserlion, et croient que le fer améliore les engrais tant que la proportion dans ceux-ci ne dépasse pas 19 pour iOOO; la question reste donc indécise.
L'administration pourrait faire contrôler par ses agents la réalité de la désinfection; en 1830, quand parut l'ordonnance concernant la désinfection obligatoire et préalable des vidanges, il avait é(é dit qu'après la projection de la substance désinfectante et avant de procéder à l'extraction, nn contrôleur devait tremper dans le liquide de la fosse un papier imbibé d'acétate de plomb ; c'est seulement quand ce papier restait incolore, qu'on laissait commencer le travail des pompes. La mesure était rigoureuse, elle n'a guère été appliquée ; on pourrait toutefois s'assurer qu'un papier plombifère suspendu dans le voisinage de la fosse, dans la cage de l'escalier, dans la cour, ne prend pas la leinte nuire des sulfures métalliques.
Cette désinfection préalable des matières est à vrai dire l'opération la plus importante des vidanges ; quand elle est bien faite , elle met en partie à l'abri des odeurs que la manœuvre des instruments et des récipients pourrait verser dans l'atmosphère des rues ; elle empêche ou diminue singulièrement l'odeur des matières portées aux dépotoirs; on ne saurait donc trop la surveiller, et il est incontestable qu'elle est très souvent mal faite. Bien plus, sur la réclamation de certains fabricants alléguant que l'introduction du sulfate de fer rendait plus difficiles les opérations d'extraction des sels ammoniacaux, un arrêté du n octobre 18T1 avait autorisé la suppression de la désinfeciion préalable des matières de la fosse, à la condition que celles-ci seraient refoulées dans des tonnes hermétiques, vides, etque les gaz seraient désinfectés par un ap-
-jeu DËSI?iFECTll)H MUNlClPALb:.
pareil laveur, puis brûlés au sortir des tonnes. Puiidanidi^ui ans, ce nouveau système a ronctionné ; non s^ulemmii pendant te brassage <H l'exlraciion, toutes leâ partiia demaisons où l'on op^i'oii éLaiunl envahies pur des odeurs
intolérables, mais l'atmosphère des raes était empiûsonnée, les appareils laveurs el les fourneaux nu ri'-u&tiïsant pas à déiruirc la quantité énorme de gaz libres di^gagés par ces matières.
L'arrêté du Préretde la Seine du H octobre 181'j n'autorisait d'ailleurs qu'aus conditions suivantes « sur sa di"
mande, lii Compagnie Lesage à substituer au mode actuel de dûisinrocliun des matières dans la fosse, celui do la Aèsinfection des gaz dans les tonnes de transport :
La Cnnipi^iiiu nom (enuc : 3- ilo leiidrc «nftisantc et caajdHrniiiil licrniitiqni! )u (cniii'lurc mubile, senrut i (Wv l'uiivirlntp Jr la bw* liifiitjanl le iravail de la pnmpc ; s* d'&daplur au luytn ih rrCwl*m- ut im luj.iu dt retour des malicros i la (cine ; > dViatilir m ib*U>1 «i um (.'Il boii les rècipieaia à pkcor aur trottoir*, a iddiiis d'impMMblItt't i«ronnut par l'admiDisIrslion : 4' fa&a, de di'Mnfeftcr les maUtrci lettaM dun; les îoisti apria le travail de U patnii«. ni ija a'apr-m h iniail dit d« raelitvemeni qu'aftt» dnsinfKliou.
en particulier de ne fermer qu'avec une toile tendue sur un cadre en bois l'orillcc des Tosses pendant l'aspiration ; des plaintes furent adressées par des propriétaires (le sieur V... rue deBagneux) parce que les parties intérieures de leurs maisons étaient infectées lors des opérations de vidange. Unarrèlc du âl septembre 1880 rapporta rarrèlé du H octobre 18TÏ, revint à l'application pure et simple des prescriptions de l'Ordonnance du â9 novembre 1854 et ajouta la désinfection des gaz à celle des matières de la
Art. i... Tous ]ci 1^ m repreneurs seroni lenus do prncéiler â Is iliigiafeclinn cnmpif'tc des matières dans [en fo-soii, préalablcmcnl à toute op£nition do vidaugo, et ce, sans préjudice dei di»(>o9itiniit de l'arrl^lo <lu .1 juin lalS, qui sont maintcaiies dans taule leur ttcuduo à l'éj^ard lie ces entrepreneurs.
Voici comment on procède à la désinfection des matières dans les fosses fixes soumises à la vidange. On lève la pierre qui couvre l'ouverture de la fosse; il se dégage d'ordinaire à ce moment une grande quantité de gaz infects ; on verse immédiatement dans la fosse la quantité déterminée de solution de sulfate de fer à 20" Baume, suivant le cube de la fosse. A l'aide de longues porches, des ouviiars brisent le chapeau ou croûte dure qui recouvre les matières, et procèdent au brassage, afin de mélanger les liquides avec les matières solides |)tus lourdes qui se sont déposées cl de mêler le désinfectant avec toute la masse. C'est à ce moment que se fait le plus fort dégagement de gaz cl qu'ont lieu les accidents dit du plomb. M. Lasgouttc iiro[>ose de pratiquer ce brassage en faisant passer les perches à travers l'orifice étroit d'une feuille de caoutchouc recouvrant liermétiqucment l'orifice de la fosse. On pourrait également le recouvrir d'une grosse toile fixée sur un cadre trempé dans une bouillie épaisse de chlorure de chaux ou une solution concentrée de chlorure de zinc. On calcule que l'incorporation du sulfate de fer ne réduit
uaiis la fosse.
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l'azote, de l'acide chlorliydrique et du chlorhydrate d'ammofiiaiiue. Le contenu des boites sert pour cinq ou six opérations successives de vidange, ce qui est trop, les agents chimiqui:s ayant souvent épuisé leur action. Au contraire, au début les appareils sont d'ordinaire mal réglés, de sorte qu'ils laissent dégager au dehors de l'hydrogène sulfuré, de l'ammoniaque, ou du chlore.
Lorsque la désinfection préalable des matières n"a pas eu lieu dans la fo^se, l'abondance des gaz méphitiques dans la tonne est telle, que les caisses à épuration reslent inefficaces. Il en serait autrement si elles ne servaient qu'à compléter la dcsti'uction des gaz qui ont échappé à la désinfection de la fosse.
Leur inefficacité tient encore à une autre cause : elles relardent le passage des gaz qui sortent de la tonne et rendent le travail de la pompe plus dillieile en raison de t'augmcnlalion de pression ; de sorte que les ouvrieis, qui ne comprennent guère à quoi servent ces appareils laveurs, ont la plus grande tendance à disjoindre les tubulures entre ceux-ci et la tonne et par conséquent à les rendre inutiles. Ils sont aujourd'hui à peu près abandonnés.
Brûlage des tjaz- de la tonne. C'est Guérard qui, l'un des premiers, on 1841, a conseillé de brûler dans un fourneau allumé les gaz qu'une pompe à air retirait des tonnes. Ce moyen de désinfection est excellent, mais ne détruit pas toutes tes odeurs.
Pendant la manœuvre des pompes, les gaz sortent de la (onne par un luyau qui, du sommet de celle-ci, aboutit audessous d'un fourneau rempli de braise incandescente; une chemiriée de tirage active la combustion ; il faut réserver au-dessous du fourneau un passage suffisant à de l'air pur. L'hydrogène sulfuré libre qui a échappé à l'aelion du sulfate de fer se transforme en acide sulfureux ; il s'en dégage
(1) D' LuEauIle, locù cilalo, p. 38.
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OU qui se sont déposées depuis (rachévement). Ces inatières, les plus anciennes d'ordinaire, les plus putrides, doivent être recouvertes d'une nouvelle quantité de désinfectant, car leur extraction est toujours dangereuse. Un ouvrier, muni de boites à hautes tiges et retenu par un bridage que des hommes manœuvrent du dehors, descend dans la fosse et, à l'aide de seaux, de hottes, de trémies ou d'entonnoirs, enlève ces résidus solides qu'on emporte dans des tinettes bien fermées. Des accidents graves d'asphyxie et d'intoxication ont souvent lieu à ce moment, par la négligence des hommes qui descendent sans bridages, et surtout quand on n'a pas le soin de verser auparavant dans la fosse presque vide une nouvelle quantité de désinfectant avant d'y descendre.
C'est pour empêcher cette fermentation des matières solides les plus anciennes déposées au fond de la fosse et qui échappent souvent à l'action du sulfate do fer projeté au moment de la vidange, que la Commission ministérielle de l'assainissement, en 1880, a proposé « de mettre la substance désinfectanle dans la fosse, non pas seulement au momentdela vidange, mais immédiatementaprès qu'elle est terminée, et dans le but d'agir sur la vidange suivante (t) ». La même commission demande aussi que la vérification de l'état de la fosse, que la recherche des fuites aient lieuimmôdiatemcntaprèsropérationde la vidange, et non le lendemain, ce qui oblige à laisser ouverte, pendant 24 heures au moins, une fosse dont les parois souillées laissent dégager des gaz et des miasmes infects dans toute la maison. La projection immédiate, dès la vidange terminée, d'une solution de sulfate de fer, ou, ce qui vaudrait peut-être mieux encore, d'un hectolitre d'huile lourde de houille, assurerait cette désinfection actuelle et préventive.
(I) Rapporlt et avis de la commiuioH d'it*iai»itieinent àe Pari», in»litmie ie i8 sepieinhre 1880; Pari^, Imprinerii; nalionain, 1881. (liappwi
ain IHGt^H