‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 133 sur 138 · UM · texte numérisé non relu

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VID.VHUES. 767

être désinfectées. En ce qui concerne l'odeur, l'urine fermentée dégage des émanations non moins désagréables que celles provenant des matières solides. Quant à l'infection spéciflquu, quand au\ gi^rmcs morbides, l'urine n'est peut être pas moins susceptible d'en cliarrier que les matières intestinales.

En ces dernières années, M. le professeur Bouchard a attiré l'attention en France sur les néphrites infectieuses survenant au cours des maladies infectieuses (diphtérie, scarlatine, fièvre typhoïde, pyémie). Dans ces cas, la néphrite et l'albuniininie seraient la conséquence de l'accumulation, dans les vaisseaux du rein, des microbes éliminés par le sang; la rétractilité du caillot albumincux- obtenu par l'addition d'acide picrique à l'urine serait, outre la présence des bactéries bacillaires, la caractéristique de cette sorte de néphrites. M. Bouchard a pu produire des maladies infectieuses par injection sous-cutanée d'urine émise danscescasdenéphrites.(On devra donc désormais compter avec les urines comme moyen de contamination, et l'on devra songer que parmi les déjections, les fèces ne doivent pas être regardées seules comme moyen de diffusion des germes morbides... Nous n'avons pas à insister sur l'importance de ces faits dans leurs rapports avec l'hygiène publique. »

Dans les cas de maladies infectieuses graves, il est donc nécessaire de désinfecter, de neutraliser, toutes les déjections et sécrétions des malades, sans attendre d'ailleurs que lesfaitsqui précèdent soient plus complètement démontrés.

Et si quelque adversaire du système du tout à l'e'gout voulait en faire un argument pour démontrer que les déjections ne doivent jamais être projetées dans les égouts

(l)Ch. Boacharâ, De$ n^phrilt$ infectUuiei. {Revue de Mi'Jfdne, n. du 10 aodl 1881.)

(S| Kaauaobor);, Vebtr SepkTÎtit àei acaltn lufectiOHtkraakeitea. {Zeittckrift fur kliaùeht J(«ttuia. . 1, H. 3,1860.]

être portées dans des séchoirs clos dont les gaz et l'air seraient envoyés et brûlés sous les grilles des chaudières. Dans les usines, les gaz qui se dégagent sous la toiture des bassins de décantation doivent pouvoir être mis en communication avec les foyers des générateurs; dans le département de la Seine, certaines autorisations d'ouverture d'usines n'ont été délivrées qu'y celte condition.

M. Aimé-Girard pense qu'il est bien préférable de diriger par propulsion ces buées et ces vapeurs vers un appareil de combustion spécial, ne servant qu'à cela (foyer de coke incandescent, four Siemens, gazogène, etc.), plutôt que de les amener sous les foyers des générateurs surmontes de cheminées gigantesques ; la hauteur de ces cheminées, l'intensité du tirage, déplacent trop rapidement les gaz pour qu'ils aient le temps de se détcuire par le feu. * Les produits volatils qui se dégagent de ces cheminées sont lances dans l'atmosphère à l'état de vapeur globulaire, analogue à la vapeur d'eau qui compose des brouillards, incapable comme ces brouillards mêmes de se diffuser rapidement dans l'air ambiant, et pouvant, par conséquent, être transportes à de grandes distances. •

MM. Pabst et Girard pensent que dans ces usines on pourrait tirer un grand profit decolonnes à cascades d'acide sulfurique nitreux, à travers lesquelles on ferait passer tous les produits gazeux des vidanges après le traitement par l'acide sulfurique, au moyen d'une cheminée d'appel, comme dans l'installation de latrines que nous avons décrite (p. 646).

< Pour désinfecter les produits gazeux des vidanges, < dit M. A. Pabst (i), on les fera passer dans une colonne c de coke arrosée d'eau froide, afin de condenser autant ( que possible la vapeur d'eau en excès et les produits « ammoniacaux -, puis on dirigera les gaz restants dans

(I) A. Pabst, Déiinftction iei vidangtt par tel produili nUrtux (Revue H^fiiM et de police tanitairt, 1881, p. 167).

VuXM. — DtiiNrKCTAnrt. Ali

^^0 DÉSINFECTUm MUSICn-ALE.

« une colonne à cascades d'acide sulfurique nîlreux. < logue à la colonne de Gay-Lussac, de l'appareil employé t dans la fabricalion de l'acide sulfurique, enfin, sur une « petite colonne d'acide sulfurique cl de sulfaie de fer, t afin de reienir les (juelques vapeurs nïlreus&s entrai- « nées. » On dètruiraitde la sorte non seulemenl lindol, le scatol, les mercaptans ou alcools sulfuras, les cyanures et iàocyanures de la série grasse et aromatique, dnnt l'odenr est bien plus insupportable que celle de l'hydrogcne sulfuré; on di^lruirait du même coup les miasmes spédIiqiiM et les germes morbides que les matiôrea pourraient contenir. Dans certaines usines, on introduit dans les ciicmtn<«s d'appel des plateaux garnis de charbon pur ou impn^c d'une solution de sulfate de fer ou d'acide suiruriqae, pour décomposer et condenser les gaz qui so dégagent ; il n* faut pas trop compter sur une telle ressource, et le procédé que nous venons de décrire nous parait bien préCérablo.

M, AimL'-GirnnlctSaiiiti>Clitiro'ïlL'vi!le dfmandaieniqne.

VIDANUE8. 111

à la fin des opérations de distillation, on les rend, en outre, sensiblement inodores.

C'est par des tuyaux métalliques hermétiques que les liquides décantés doivent être amenés dans les eolonnea de distillation ou déversés au dehors. Les eaux résiduaires particolièrement infectes qui sortent de ces colonnes doivent toujours être traitées par la chaux et refroidies dans des citernes couvertes avant d'être versées aux égouts; il serait même désirable qu'au lieu de souiller ainsi les égouts, elles fussent répandues, loin de toute habitation, à la surface d'un sol perméable ou bien drainé.

Nous ne voulons dire qu'un mot d'un mode de traitement des vidanges qui permettrait d'éviter les odeurs infectes produites par la distillation des matières. Boussingault a signalé depuis longtemps les avantages du traitement des matières fécales, et particulièrement de l'urine, par les sels de magnésie (p. IJii). Jusqu'à présent la cherté de cette base ne permettait pas de recourir à ce moyen d'extraction des sels ammoniacaux. En 1861, M. Schlœsing a découvert une méthode nouvelle pour obtenir à peu de frais des quantités indéfinies de magnésie : il précipite de l'eau de mer par la chaux ; un mètre cube d'eau de mer donne 80 litres d'hydrate de magnésie gélatineux ; en y ajoutant une dissolution étendue d'acide phosphorique, il se forme un précipité de phosphate tribasiquc. Ce dernier sel, mêlé aux matières de vidanges, précipite immédiatement l'ammoniaque sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien ; lentes ces opérations peuvent, dit-on, se faire à froid et sans odeur. Reste à savoir ce que deviendront tous les alcools sulfurés fétides que nous énumérions plus haut, et si l'on obtiendra de la sorte une désinfection véritable.

Désinfection et épuration par le sol. — Les matières excrimentitielles, an lieu d'être jetées dans des fosses fixes

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trice de la terre et d

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L'action directe dol'oiy pour une part aux oxyi,,

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prolongé dans le sol, et que le simple pacage de moutons au-dessus d'une fosse où l'on aenfouî deux ans auparavant des animaux morts de sang de rate, peut donner aux premiers cette terrible maladie. Rien ne prouve que les matières fécales ne contiennent pas des germes ou des corpuscules-germes aussi résistants que les spores charbonneuses ; rien non plus ne prouve que ce danger est réel, et l'on peut disserter indéfiniment sur la possibilité d'un danger imaginaire. M. Marié-Davy a montré, d'autre part, que i'eaud'égouteldevidangesverséeà la surface d'un soldrainé en sort extrêmement pure et ne contient plus, au-dessous du tîltre, aucune trace de microbes, tandis que l'eau courante d'une rivière non souillée en contient toujours un petit nombre.

Pourvu que la couche perméable soit suffisamment épaisse (2 mètres), que le sol soit très poreux, bien drainé, que l'irrigation soit intermittente, et que le renouvellement de l'air dans le sol ainsi ventilé soit rapide, la destruction de la matière organique est indéHnie, et les matières de vidanges dissoutes ou en suspension peuvent être versées sur le sol en grande quantilé, 5 à 6 mètres de hauteur par an sur une surface de un mètre, sans que la désinfection cesse d'être obtenue. Les analyses de Frankland, de Schlœsing, de Purand-Claye, prouvent que la saturation du sol est impossible, pourvu que le reucuvellement de l'eau et de l'air soit continu ou alterne : l'air briile les matières organiques qui passent à l'état de nitrates, et ceux-ci étant solubles, l'eau les entraîne en lavant le sol perméable. La culture augmente l'action destructive du sol, et utilise une partie de la matière organique à l'état d'engrais.

Nous sommes parmi ceux qui ont le plus de confiance dans l'action épuratrice et désinfectante du sol, et nous pensons que dans un avenir prochain, le déversement direct des vidanges à l'égout, l'irrigation, avec le contenu de ces égouts, de terrains bien choisis, rendront inutiles

T-t DÉSINFECTiOn «UN

les opérations actuellement infecte tement des vidanges. Il sera toute les cas de maladies contagieuses désinfecter les selles suspectes ai émission, avant de les livrer à Té Pour les modes d'application ( ration des vidanges, nous renvoy mémoires spéciaux ou cette quest:

cutée (1), et particulièrement au des villes de M. de Freycinet, d circulation continue ont servi é travaux sur ce sujet.

(I) De Freycinet, Principe» de raiiaîniâi avec atlas. — Assainisse m eut do la &«ioe eaïur d'égouî ; Rapports et dorument), 181 el Proust. Congrf^s il'liï([iûOB do Paris en 303. — A'ofe du Directeur det Iravaax d terciec des eaux et égouti, Pajjs, CbiU, 1 Brouardel, Schliesiog, Dôrard. à la Ciin' Parit, Paris, lmprim'?nc nalionaJc, 1S8I.— Ingénieurs sur lei rapport» préC'dents, I Le» projtli d'aitainiisement de Pari» {Rei taire, ISSl, p. %\1).~- Van Overbeek Je N det eaux et imtneitdice» d'une ville {Rev, 1880, p. 6,176, el 163. — Du mfmc, f \ Paria, Baillitre, 1880, 1-9S. - ArnoulJ. Le, de ra*taimt»anenl det ville». {Annalei (T* Jiiillil 188i. p. 5). - Trclal, Uvrlior. Vida Discussion i la Saciélo ûe médecine publia et de police »r""'""' " '

DÉSIHFKCTION Dt! SOL. -115

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