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ART. 1. — ASSAINISSEMENT DES MARAIS

Qu'il s'agisse (le marais, ou de parties du sol accidealellement souillées par raccumulalion de matières organiques, lo moyen de désinrection le plus actif, le plus rapide, le plus sur, est le drainage associé a la culture.

Des canaux, des fossés bien entretenus et utilisant des pentes heureuses, dans certains cas munis d'écluses et d'appareils élévatoires (moulins à vent, machines à vapeur, etc.), ont assaini des contrées jusque-là très malsaines (mer de Harlem, Zuid-Plass, Lincolnshirc, etc.). Le drainage, obtenu soil en plarant des fascines, des fagots, des cailloux au fond des tranchées ayant une inclinaison convenable, soil en y disposant niéUiodiiiuement des tuyaux en terre cuite, augmente la porosité du soi, l'assèche, le ventile, y active à la fois le renouvellement de l'eau et des gaz et la destruction de la matière. Quand on a fait disparaître l'eau de la surface et l'eau d'infiltration profonde, quand on a égouté et aéré le sol d'une façon permanente, il faut utiliser la force productive; c'cfit l'œuvre de la culture. Mais le défrichement, l'exposition brusque à l'air et à la lumière des couches jusque là cachées et confinées, est une des difficultés, un des dangers les plus réels de l'assainissement des marais. On active |)0ur un temps à un "degré extrême les propriélét nuisibles du sol exploité. 11 faut travailler vite et délticher complètement; en pareil cas, le marais est comme la première tranchée qu'on va ouvrir sous le feu de l'ennemi ;

^^ti DÉSINFECTION DU SOL.

plus rapidement on la creuse et plus tôt on est à

d'une mort presque certaine (1).

Les grandes plantations d'arbres n'exigent pas uni turc journalière; l'homme n'est pas obligé de rester p sur te sol, respirant incessamment les émanations qii< que coup de piochp fait sortir. L'évaporation rapid les feuilles soustrait l'humidité du sol. Certaines e< végétales ont à ce dernier point de vue une puis d'ahsorption extraordinaire; Ghevreul, dans une ■ rience faite au commencement du siècle au Muséum, une tige de soleil {helianthus annuus), de l'',80 de leur, dans un pot vernissé, bien fermé, rempli de saturée d'eau ; au bout de 12 heures, la transpiration enlevé au vase 18 kilogrammes d'eau;on remplaçait ci à mesure que la terre cessait d'être saturée. Le D' Alstein a obtenu, en ces dernières années, des résulta. cellents et un assainissement remarquable des loa marécageuses, dans les colonies hollandaises, par les talions d'hélianthus.

L'eucalyptus vient au premier rang parmi les pi qui pompent ainsi l'humidité du sol; en Algérie, à la son-Carrée, à Mokta-el-Hadid près du lac Fezzara Corse, etc., cet arbre a rendu les plus grands servie point de vue de l'assainissement, comme au point di de la production agricole.

Un grand nombre de plantes dites épuisantes, à i lation rapide, le topinambour, e ray-grass, le ga officinalis, la moutarde, enlèvent en peu de temps partie de l'azote des matières enfouies dans le sol; et dans les conditions ordinaires constitue leur inconvér c'est-à-dire l'épuisement rapide de l'assolement, de ici une ressource utile.

Falk, dans l'important mémoire que nous avons

(1) Vallin, arlielo H^raiï. tliclionRah4 encyclopédiqit Of* tciaue. àiealif, T. iV, p. 1*7,

TERRAINS MARÉCAGEUX. -m

cité (p. 173) aètudié expérimentalement l'action de la végétation sur le sol imprégnéde matières organiques, lia fait des plantations à' \\raie {Loliitm pereniié), de cresson alènois, et il a constaté que l'indol, ce composé si stable, est détruit par [ces végétaux d'une manière bien plus complète que par le simple drainage; au bout de peu de temps les couches supérieures du sol n'en conservaient plus l'odeur caractéristique, ce qui prouve que la végétation avait rapidement décomposé ce corps. Les matières putrides, dont la stabilité chimique est beaucoup moindre, se décomposaient beaucoup plus vite encore par l'action des végétaux.

L'exposition prolongée au soleil, à l'air libre, à la pluie, contribue pour une certaine part à l'épuration du sol; le délaiementparla pluie, les irrigations ou les inondations, des terrains imprégnés de résidus de fabriques, est un moyen de désinfection d'une utilité évidente, mais dont l'action est lente quand le sol n'est pas naturellement perméable ou drainé.

L'écobuage consiste à enlever de la surface d'un terrain couvert d'herbes, des couches de terre de dix centimètres d'épaisseur, à laisser ces pièces sécher au soleil, à les disposer en une sorte de hutte ou de four qu'on remplit d'herbes sèches ou de paille qu'on enflamme; on brûle ainsi la terre, comme on fait cuire les briques ou comme on fabrique le charbon. Les cendres des parties végétales brûlées enrichissent le sol, le feu détruit en même temps les sources d'insalubrité, les miasmes et les germes que la terre pouvait contenir; c'est une ressource précieuse, à laquelle il est facile de recourir quand une surface peu étendue du sol a été souillée par des dépôts de fumiers, d'immondices, des débris d'animaux putréliés. La destruction des fumiers par le feu est au contraire une opération lente, insupportable par les fumées infectes qu'elle jette dans l'atmosphère, et ne saurait se confondre avec l'écobuage.

IIB UfiSINFECTlON DL' SOL.

L'allumage de grands feux à la surface du sol, l'i de prairies, de taillis, l'intlammation d'une coi paille ou de feuilles sèches intentionnellement ré| sont des moyens qu'on pourrait appeler classiqut tenir le même résultat, et dont la mention se dans l'histoire de la plupart des épidémies ancieni

Lorsque l'on doit remuer, dans l'enceinte des \ grandes quantités de terres qu'on suppose chai matières organiques en décomposition, on peut t par ia mise au jour des produits d'une ferment; complète, le développement ou l'aggravation de épidémiques : fièvres typhoïdes, dysenteries, ér; peut-être même suivant quelques-uns diphtérie et couenneuses. Des mesures de désinfection sont né« pour prévenir ce danger. En 18T7, au cours d'ui» mie de fièvre typhoïde qui régnait dans la garn Clermont-Ferrand, le colonel directeur de l'école lerie de celte ville cul à déplacer 4,000 mètres c terre, occupant la place de l'Étoile, et formés a d'immondices anciennes et de vieux matériaux d' lition. Le Comité consulialif d'hygiène fut cons les mesures hygiéniques à prendre pour faire ces sans dangers.

M. Rochard (1), dans un rapport approuvé pa mité, proposa : 1° de pratiquer des sondages à la dcur que devaient atteindre les fouilles, afin de c la nalure de ce terrain de rapport; 2' d'y creuser fondes tranchées et, au besoin, des conduits sou venant s'ouvrir à la surface du sol, et sur les orili quels on allumerait des feux pour détruire les gaz q draienlà s'en dégager ; 3' dans le cas où ces terres : chargées de détritus organiques et d'immondices,

(1) Rochard, Meiura d'hggiine qu'il eonin»n4ra dt prendi motti-Ferrand au moment dn fouille*, etc. (Recueil dei Irarat mité conmltatif €hggU»t, 1878, T. Vil, p. 310.)

rait lieu de les désinfecter, au moment de leur déplacement, avec une solution de sulfate de fer au 100% à laquelle on mélangerait une certaine quantité de poussière de charbon. Il suffirait d'employer 2 litres de ce mélange par mètre cube de terrain; 4"* enfin d'ensemencer après leur transport les terres ainsi remuées, avec des graines de légumineuses telles que la luzerne ou le trèfle. >

L'on trouvera également dans deux rapports très étudiés de M. Léon Colin, demandés à la Société de médecine publique eXk TAcadémie de médecine, en 188!, par la ville du Havre, à l'occasion des travaux projetés du canal de Tancarville, Ténumération des mesures à prendre pour éviter les accidents résultant des émanations provenant de grandes masses de terres récemment remuées: allumage matin et soir de grands feux au voisinage du chantier; nivellement des dépressions et des caisses d'emprunt, drainage, assèchement, puis ensemencement des bas-fonds marécageux desséchés; rullure intensive des terrains chargés de terre végétale, etc.

Toutefois, il faut avoir soin de ne défoncer le sol par la charrue et par un labour profond que pendant la saison froide, au commencement ou à la fin de l'hiver, dès que la terre n'est plus durcie par la g^^léc, afin d'éviter les émanations qu'un sol fraîchement défriché ne manquerait pas de dégager pendant la saison eslivo-aulomnale,

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