CHARBON. S
encore voir des parties charnues ; l'odeur putride est prononcée. N» 5. Le poulet est desséché ; les parties charnues sont réduitesàune matière dure, coriace, paraissant imputrescible ; toutefois l'odeur infecte est très prononcée , ce qu'on attribue à la masse intestinale. N' 6. L'odeur de chlore est très faible, l'odeur putride des intestins très prononcée ; il reste peu de parties charnues ; la caisse ne présente ni larves nî insectes.
Béveil a recommencé sur deux cadavres de lapin la même expérience avec le charbon végétal, et il a obtenu exactement le même résultat. Il se demartde si, outre son acticin absorbante incontestable, le charbnn de bois n'aurait pas la propriété, par une sorte d'action de contact, de déterminer la combinaison rapide des éléments de la matière or^^anique morte, et dchàtei' ainsi leur transformation en principes minéraux.
Il est digne de remarque que, au bout de trois mois, les parties molles du corps enveloppé de poudre de charbon de bois, aient été plus rapidement et plus complètement détruites que dans les autres cas ; c'est exactement le contraire de ce que MM. Stenhouse et Hornemann ont observé. De plus, l'enveloppement dans une couche de charbon n'avait pas empêché la pénétration des larves jusqu'aux parties centrales ; il est vrai qu'avant l'enfouissement dans cette couche de charbon, le cadavre de l'animal était sans doute resté exposé au libre contact de l'air, et que les germes avaient été ensevelis avec lui sous le charbon. Enfin, contrairement à ce qu'on aurait pu croire, le charbon animal, dont le pouvoir décolorant est si puissant, s'est montré ici inférieur, comme désinfectant, au charbon de bois.
L'on sait qu'elle action puissante a le charbon, et surtout le noir animal, pour désinfecter l'eau et les liquides corrompus. Nous ne pouvons trop insister, avec Chevallier, sur les ressources que peut présenter le charbon, pour
absorber les gaz malodorants ou nuisibles que contient parfois Teau des puits, des citernes, des réservoirs, etc. Le docteur Stenhouse (i)a donné une théorie assez satisfaisante de Taction du charbon sur la destruction des matières organiques qu'il absorbe. La putréfaction des substances animales et végétales, dit-il, n'est qu'une décomposition incomplète, un état imparfait d'oxydation. Lorsque cette oxydation se fait lentement, elle donne lieu à une multitude de produits intermédiaires dont l'odeur est désagréable et l'influence nuisible. M. Stenhouse croit que le charbon, en absorbant ces matières, peut activer leur oxydation par l'action de Toxygène accumulé dans ses pores. Il cite l'expérience suivante faite par un chimiste de Glasgow, M. Turnbull. Ce dernier entoura d'une couche épaisse de charbon le corps de deux chiens qui venaient de périr, et enferma le tout dans une boîte. Au bout de six mois, il ouvrit la boîte ; le contenu n'exha'ait aucune mauvaise odeur, la matière organique avait complètement disparu, il ne restait plus que les os. La poussière de charbon environnante fut analysée par M. Stenhouse, qui n'y trouva aucune trace d'hydrogène sulfuré; tout au plus y avait-il des traces d'ammoniaque, d'acide sulfurique, d'acide nitrique et de phosphate acide de chaux. M. Stenhouse en conclut qu'on ne peut admettre que le charbon agisse comme les antiseptiques ordinaires, en prévenant ou en retardant la décomposition des matières animales ; au contraire, dans l'expérience précédente, la décomposition était activée et poussée à ses dernières limites. D'après M. Stenhouse, c'est en condensant l'oxygène de l'air dans ses pores, et en le présentant, ainsi condensé, à la matière organique, que le charbon détruit cette dernière par un mécanisme encore mal expliqué. Quelques faits, cependant, permettront de comprendre ce
(1) Stenhouse, Journal de pharmacie, 1854» t. XXVI.