SELS MÉTALLIQUES
Acid« «loique 61~,30
— sulfurique SOI.IQ
— eblorhydrique 435,12
Il faudra donc Gll kilogrammes d'acide azotique poar neutraliser ane quantité d'oxyde de fer contenant 100 kilogrammes d'oxygène, tandis qu'il ne faudrait que 455 kilogrammes d'acide chlorhydrique ; de plus l'acide azotique est beaucoup plus cher, à poids égal, que les deux autres: c'est donc une raison pour préférer les sulfates et les chlorures aux azotates. Il eBt facile de comprendre, dès lors, que le sulfate de fer, et après lui le chlortire ou le sulfate de zinc, se placent aux premiers rangs.
M. Fermond va encore plus loin, et montre qu'en réalité, même en admettant un prix et un poids égaux, il y aurait encore économie d'un quart à employer un sel de fer peroxyde de préférence au plomb :
■ En principe, 1,233 kil. 500 de plomb ne peuvent absorber que iOO kilogrammes d'oxygène pour constituer l'oxyde de plomb qui, dans un sel, est uni à l'acide ; il s'ensuit que l'oxyde ne décomposera qu'une quantité d'acide Bulthydrique ou de sulfhydrate d'ammoniaque capable seulement de donner 201 kil. 160 de souRre, pour former un sulftire correspondant au protoxyde de plomb. Au contraire, le fer passe fkcilemenl â l'état de peroxyde, et, dans le sel, 339 kil. 210 de ce métal peuvent absorber 150 kilogrammes d'oxygène; il s'ensuit que cette quantité de métal salifié exigerait, pour sa sulfuration totale, une quantité d'acide sulfhydrique ou de sulfhydrate d'ammoniaque capable de donner 301 kil. '140 de soufre pour former un sulfure correspondant au sesquioxyde de fer. Mais il n'en est pas tout à fait ainsi, parce qu'il est rare que tout le fer soit dans le sel à l'état de peroxyde, et l'on n'obtient d'ordinaire par sa décomposition qu'un sulfure analogue au fer sulfuré magnétique, lequel est formé de deux équivalents de protosalfure et de un équivalent de
^ ABSORBANTS CHIMIULES.
bisulfure. Il n*en résulte pas moins que 3 équivalents de persel de fer décomposeront 4 équivalents d'acide sulfhydrique, tandis que 3 équivalents de sel de plomb ne pourront jamais décomposer que 3 équivalents de ces mêmes corps. Il y aurait donc, en réalité, en admettant un prix et un poids égaux, une économie d'un quart à employer le sel de fer peroxyde de préférence au sel de plomb. Il résulte du raisonnement qui précède, que Ton arrive à reconnaître trois sources d'économie en faveur du perchlorure de fer : économie sur le métal, économie sur Tacide, économie sur Ja quantité proportionnelle de gaz sulfhydrique décomposé. »
II est encore une restriction qui diminue dans une certaine mesure la valeur du sulfate de fer et des sulfates en général. L'acide sulfhydrique que dégagent les matières fécales peut avoir deux origines différentes : 1^ la combinaison, k l'état naissant, de l'hydrogène qui se produit pendant la digestion des substances alimentaires, avec le soufre contenu dans les matières albuminoïdes ; 2* la décomposition des sulfates solubles qui se retrouvent dans les aliments solides ou liquides.
C'est sur cette seconde origine qu'insiste M. Fermond dans le rapport que nous avons déjà cité. En effet, dit-il, sous l'influence d'une certaine chaleur et en présence d'une matière organique, les sulfates alcalins solubles se transforment en sulfures, dont l'odeur est si caractéristique. En raison de ce fait, il importe de ne jamais faire entrer de sulfates dans la composition d'un désinfectant, car l'acide jsulfurique, en abandonnant son oxyde qui devra fixer le soufre de l'acide sulfliydrique, se combinera avec une base alcaline contenue dans la matière; peu à peu sous l'influence des matières organiques, le nouveau sulfate se convertira en sulfure alcalin qui continuera à donner l'odeur sulfhydrique que Ton cherche précisément à détruire. Il se passerait ainsi dans les fosses de vidanges un
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phénomène semblable à celui qu'on observe dans les marais d'eau saumâtre, où les matières organiques enlèvent peu à peu de Toxygène aux sulfates et les transforment en sulfures.
D'après M. Fermond, c'est parce que bien des auteurs ont méconnu ce principe, que leurs procédés, qui réussissaient tout d'abord à désinfecter les matières fécales, ne les désinfectaient pas avec la permanence que l'on doit rechercher en cette occasion .
Pour apprécier la mesure dans laquelle les différents désinfectants métalliques absorbent l'ammoniaque qui se dégage des matières organiques en fermentation ammoniacale, M. Fermond a mêlé à des quantités égales d'urine fraîche ou de lait, des quantités de sels métalliques représentant la moitié de l'équivalent chimique de chacundes métaux qui servaient de base aux sels employés, soit par exemple l'',50?J d'azotate de plomb; 0'',801 de sulfate de fer ; 0^,895 de sulfate de zinc, etc. Ces mé— langes étaient abandonnés à eux-mêmes pendant plusieurs semaines ; des bandes de papier de tournesol fortement rougies étaient fixées à l'extrémité des bouchons qui bouchaient les fioles; en divisant en 100 parties l'intervalle qui sépare le rouge normal du papier (= 100), de la teinte bleue du tournesol non rougi (=0), on obtenait le tableau suivant :
Sulfate de cuivre = 90 à 100
Chlorure do soude = 85 à 90
Sulfalo de zinc = TO à 80
Azotate de plomb = 40 à 58
Sulfate de fer = 20 à 25
Chlorure de chaux = 9 à 10
C'est-à-dire que le sulfate de cuivre, mêlé à un liquide qui se putréfie, absorbe bien plus complètement l'ammoniaque formée, que ne le font les sulfates de fer et de plomb. Nous sommes surpris de voir le chlorure de chaux ne pas mieux retenir l'ammoniaque .
e ABSORBANTS CHIMIQUES.
Les désinfectants métalliques employés en solution sous forme d'aspersions contre lœ murailles, le sol, etc., font presque tous percevoir chez les personnes qui entrent dans un local où l'opération vient d'avoir lieu, un goût métallique dans Tarrière-bouche. Cet effet est prononcé au plus haut point quand on emploie le liquide encore connu dans le commerce sous le nom de liquide Larnaudès, et qui n*est autre chose qu'une solution de sulfate de zinc, avec addition d'une petite quantité de sulfate de cuivre ; la large dispersion du liquide dans l'atmosphère sous forme de poussière d'eau explique ce goût cuivreux, comme aussi le goût styptique qui appartient au sel de zinc. Les lavages avec la solution de sulfate de fer font naître aussi un goût atramentaire, un goût d'encre, moins prononcé qu'avec la solution précitée.
Sulfate de fer ou couperose verte. Ce sel est très soluble, et se dissout dans son poids d'eau froide. Il a l'inconvénient de noircir les liquides organiques, les réservoirs, les pavés des ruisseaux, etc., parla formation de sulfures, et par sa combinaison avec le tannin, il se forme de l'encre. La solution généralement employée, et en particulier celle que les ordonnances de police prescrivent pour la désinfection préalable des vidanges, marque 28 degrés à l'aréomètre de Beaumé.
On se sert fréquemment dans l'industrie d'un produit impur, boueux, connu sous le nom de pyrolignite de fer, et formé d'acétates de protoxyde et de sesquioxyde de fer ; on le prépare à l'aide d'acide pyroligneux (acide acétique impur provenant de la distillation du bois) et de rognures de fer.
Le sulfate de fer a l'avantage d'être un désinfectant en quelque sorte perpétuel (Kuhlmann) ; en effet, le sulfure de fer formé se transforme de nouveau en sulfate de fer, par la soustraction d'oxygène aux combinaisons organi-
SULFATE DE FËR. tU
ques peu stables ; ce sulfate se rédait à son tour, et Le mouvement moléculaire est incessant.
Virchow a fait ressortir l'un dea inconvénients de l'emploi du sulfate de fer pour désinfecter les matières. Les acides volatifs gras, acides butyrique, valérianique, etc., dont l'odeur est repoussante et la toxicité redoutable, sont d'ordinaire combinés avec l'ammoniaque; lorsqu'on verse du sulfate de fer sur des matières fécales, l'acide sulfurique se combine avec l'ammoniaque, el il se dégage des produits fétides qui sont très volatils. Aussi, l'effet immédiat
ion du sulfate de fer dans les latrines, esl-t-il augmentation de la fétidité ; celle-ci diminue 'cparait d'ordinaire au bout de quelque
de la projecti souvent une bientôt, ma temps.
Des expériences récentes faites par M. E. Frankland, à son laboratoire de l'École des sciences, à South Kensington Muséum, semblent avoir prouvé à l'illustre chimiste que le fer exerce une action destructive spéciale sur les bactéries. Voici ce que M. Frankland (1) écrivait le 8 mai 1881, à M. l'ingénieur Mille : « Les conditions qui favorisent ou détruisent les bactéries sont encore à peine connues. II n'est pas improbable que les agents qu'on considère comme incapables d'affecter la vitalité de ces organismes n'aient la force d'exercer rapidement sur eux une influence fatale, tandis que d'autres agents, réputés murtels h l'égard des mêmes organismes, peuvent les laisser sans atteinte. Ainsi, des expériences récentes faites dans mon laboratoire ont prouvé que, tandis que les bactéries prospèrent et se multiplient dans l'acide sulfureux, les cyanures {cyamgen) et autres poisons mortels, elles sont au contraire rapidement détruites par cet élément si inoffensif : le fer métallique. »
Nous ne connaissons qu'incidemment et par cette men-
I (1) Obieniatioia du ing^iturt 4u Conieil municipal, au sujel dei pro- JBls de rapport prisoDLéa par HH. A. Girard et Bronardcl ; ap^orUar H. A. Duraad-Clny*. Paria, Chaix 1S8I, p. (il
tion laconique ce fait nouveau qui peut avoir une grande
importance.
Ces vues semblent confirmer les opinions anciennes de Lassaigne et de M. de Gasparin, concernant Tinfluence nuisible des sels de fer et des terres vitriolées sur la végétation. D'ailleurs, c'est surtout pour la désinfection des matières de vidange que Ton emploie le sulfate de fer, et nous aurons l'occasion d'insister longuement sur cet agent en traitant plus loin ce sujet.
Le sulfate de zinc ou couperose blanche, est également très soluble; il se dissout dans 2 ou 3 fois son poids d'eau. Il a, sur le premier, l'avantage de ne pas revêtir toutes les surfaces et les matières d'une coloration noirâtre ; par contre, il est toxique, et dangereux par sa ressemblance avec le sulfate de magnésie ; dans certains cas, il peut y avoir inconvénient à laisser cette substance entre les mains des personnes étrangères à la médecine. A ses propriétés absorbantes, il joint, quoique à un bien moindre degré que le chlorure, celle de s'opposer à la décomposition des matières organiques ; c'est un antiseptique faible.
Le sulfate de zinc est journellement employé pour la désinfection des matières de vidanges ; la désinfection de l'eau des bains sulfureux doit être assurée avant de laisser écouler ces eaux sur la voie publique, et le sulfate de zinc sert presque exclusivement pour atteindre ce but. Dans la pratique de la désinfection, on emploie rarement le sulfate de zinc pur. On utilise d'ordinaire les eaux fortement acides provenant de la fabrication industrielle de la nitrobenzine et des couleurs d'aniline; ces liquides acides sont saturés à l'aide d'oxydes de zinc gris, impropres à la peinture, ou de rognures de zinc. Le commerce vend un mélange de sulfate et d'azotate de zinc, très chargé de produits empyreumatiques et même de nitro-benzine, qui agissent eux-mêmes par leurs propriétés antiseptiques. Le perchlorure de fer se présente d'ordinaire sous l'ap-
PERCHLORURE DE FER. 56
parence d'une liqueur rougeâtre, marquant d'ordinaire 45 degrés à l'aréomètre et soiuble dans l'eau en toute proportion. Théoriquement, il est un excellent désinfectant, et il semble économique. M. Fermond a fait ses expériences avec un mélange ainsi formé : perchlorure de fer liquide (contenant un tiers de perchlorure sec), 250 grammes ; acide chlorhydrique du commerce, 250 grammes ; eau, 500 grammes. Un litre de ce mélange a été versé et incorporé dans un hectolitre de matières fécales. Il se produisit une effervescence énorme, résultant du dégagement, par l'action de l'acide chlorhydrique, des carbonates contenus dans les matières ; aussi l'incorporation ne pouvait être faite que lentement et à petites doses. Des bandes de papier plombique ou de papier de tournesol rougi étaient placées dans la partie libre au-dessus du tonneau, et examinées d'heure en heure. Au bout de 1 heure, le papier de tournesol rougi avait à peine changé de couleur ; au bout de 3 heures, il avait sensiblement bleui ; en doublant les doses de perchlorure et d'acide, au bout de 14 heures le papier de tournesol rougi étatit à peine teinté de bleu ; le papier plombique, au bout de plusieurs heures, était encoie parfaitement incolore.
Toutefois, le perchlorure de fer présente plusieurs inconvénients. Sous la forme préconisée par M. Fermond c'est une liqueur très acide, toxique, qu'on ne peut laisser en#re les mains de tout le monde ; elle peut détériorer à la longue les matériaux de construction, détruire d'emblée les tissus, altérer le bois, les métaux ; elle laisse sur les tissus de toile et de coton des taches de rouille presque indélébiles, et qui altèrent profondément la solidité de l'étoffe. Quand on verse une solution de perchlorure de fe» dans des eaux d'égouts ou des matières de vidange, le carbonate d'ammoniaque détermine un précipité d'oxyde de fer qui entraîne une grande partie des matières organiques en suspension dans le mélange ; Thydrogène sulfuré se pré-
Valli>. — Désinfectants. 5
M ABSORBANTS CHlMimiES.
cîphc soos fornie de sulfure de fer ; mais bientât il se forme ilu sulfate de fer et l'hydrogène sulfuré redevient libre. Kii outre, une grande quantité de suirhydrate d'ammoniaque est |)i'oduite.
On comprend donc aisément le discrédit dans lequel est tombé aujourd'hui le perchlorure de fer comme désinfectant.
Ckhritre de zinc. Le chlorure de zinc est à la fois un excellent absorbant ou désodorisant, et en même temps un antiseptique des plus actifs. Lorsqu'on projette dans l'atmosphère d'une salle infecte, un nuage de solution de chlorure de zinc au moyen d'un pulvérisateur, presque immédiatement, en moins de deux minutes, toute mauvaise odeur disparait, ce qui prouve que le sel agit bien moins comme caustique, comme antiseptique, que comme absorbant. L'eau deSaitit-Luc qui est une solution pres<}ue saturée de chlorure de zinc impur, est devenue d'un emploi répandu à Paris, cl a une efficacité réelle. r.'i'si un ]'('-,iJu de la fabrication des couleurs d'aniline.