AZOTATE DE PLOMB
pris de nausées ! Chaque jour pendant un mois, on versait le matin dans ces latrines 10 litres de ce liquide, plus ou moins étendu d'eau et qui servait à laver les dalles, les sièges, les cuvettes ainsi que les parois des murs ; de là, le liquide en s'écoula nt s'épandait sur les parois inférieures 6t internes de la fosse et se rendait dans Tégout. € Dès les premiers jours, dit M. Fermond, il y avait une amélioration notable dans les fosses, et Ton pouvait dès lors entrer dans les latrines sans éprouver cette sensation de dégoût que nous avons indiquée. Toutefois, la désinfection ne pouvait suffire pour 24 heures ; car, faite le matin de 8 à 9 heures, on n'en ressentait bien les effets que jusqu'à 5 à 6 heures du soir, plus ou moins, selon le vent, le changement de temps, la chaleur, etc. Nous pouvons dire que le procédé de M. Ledoyen est, après le procédé par les chlorures, le meilleur de ceux que nous ayons employé. »
Cette solution d'azotate de plomb a Tinconvénient de for^ mer sur les dalles des larges taches blanches de sulfate de plomb, qu*un courant d'eau enlève d'ailleurs facilement. Elle dépose, en outre, une couche noire de sulfure de plomb dans les bassins métalliques et dans les lieux où on en fait l'aspersion.
Mais il existe à l'emploi de ce sel deux inconvénients plus sérieux : d'abord l'azotate de plomb coûte cher ; puis sa solution aqueuse, même à la dose où elle existe dans le liquide Ledoyen, est incapable d'absorber tout Tanomoniac qui se dégage. En mêlant 1 litre 1/2 de liquide Ledoyen, soit 150 grammes d'azotate de plomb, dans un hectolitre de matières de vidange, on voit que l'odeur d'hydrogène sulfuré disparait rapidement, mais qu'il n'en est pas de même pour l'odeur ammoniacale. Au bout de 2 heures, le papier de plomb placé au-dessus du tonneau restait incolore, mais le papier de tournesol rougi devenait immédiatement bleu par le dégagement d'ammoniaque; après avoir abandonné ce mélange pendant 2 mois, on re-
trouvait encore les mêmes réactions : absence de dégagement d'hydrogène sulfuré, production abondante d^ammoniaque.
Même en mêlant au tonneau, contenant un hectolitre de matières de vidanges 3 litres de liquide Ledoyen, soit 300 grammes d'azotate de plomb, le papier de tournesol reprenait rapidement sa coloration bleue. D'autre part, en ajoutant 18 grammes seulement d'azotate de plomb dans un hectolitre de vidanges, l'odeur sulfhydrique n'est que légèrement alTaiblie, et le papier plombique se colore en noir au bout de quelques heures.
L'action désinfectante est beaucoup moindre quand on veut faire disparaître la mauvaise odeur des salles encombrées ou mal tenues. En étendant au pied de chaque lit des pièces de toile chargées du principe désinfectant, la diminution de l'odeur sulfhydrique est à peine appréciable, résultat qui est peu surprenant, étant donnée l'absence de volatilité de l'azotate de plomb.
Poursuivant ses expériences, M. Fermond a fait faire des lavages à grande eau avec le liquide Ledoyen sur des cadavres pris à la Morgue, dans un état de putréfaction déjà très avancée : la mauvaise odeur a disparu assez rapidement ; l'application des toiles imprégnées de ce liquide produisait le même résultat. L'aspersion avec la solution d'azotate de plomb, du linge souillé par les pansements, diminuait notablement la mauvaise odeur que ces amas infects dégagent d'ordinaire.
Les toiles sanitaires imprégnées d'azotate de plomb et rendues hygrométriques à laide d'une certaine proportion d'azotate de chaux qui est très déliquescent, sont d'un emploi utile pour couvrir les pièces de pansements salies qu'on garde toujours trop longtemps au voisinage des salies ; tendues au pied de chaque lit, elles sont peu efficaces pour désinfecter l'atmosphère des salles.
Il va de soi que l'emploi d'une telle solution plombique