‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 28 sur 138 · CHAUX VIVE, LAIT DE CBAUX · texte numérisé non relu

CHAUX VIVE, LAIT DE CBAUX

serait dangereuse sur les plaies étendues ; dans des cas exceptionnels, Malgaigne a réussi à désinfecter ainsi des plaies gangreneuses contre lesquelles les hypochlorites avaient échoué.

Des pièces anatomiques conservées pendant 6 mois dans la solution d'azotate de plomb n'avaient pas contracté la moindre mauvaise odeur ; 250 grammes de lait reçurent 1^,55 d'azotate de plomb; au bout de 4 mois, le lait n'avait qu'une très légère odeur aigrelette, sans aucune odeur putride. La même quantité du sel plombique, mêlée à 850 grammes d'urine humaine fraîche, empêcha pendant 15 jours toute odeur appréciable ; mais au bout de 2 mois l'odeur était devenue repoussante.

En résumé, Tazotate de plomb agit à la fois comme absorbant de l'acide suifhydrique et comme antiseptique ; c'est le premier mode d'action qui domine. Il aurait l'avantage, sur les sulfates métalliques, de décomposer les sulfates alcalins pour former un sulfate de plomb insoluble, sur lequel la matière organique reste à peu près sans action, c'est-à-dire qu'elle ne réussit pas à réduire en sulfure.

L'azotate de plomb aurait donc ainsi une permanence d'action que n'ont pas les autres désinfectants métalliques; il détruit mieux l'odeur d'hydrogène sulfuré ; par contre, il fixe mal l'ammoniaque, il est coûteux, il n'est pas volatil, et ne peut convenir que pour des foyers d'infection très limités.

CHAUX VIVE ou ÉTEINTE, EAU ET LAIT DE CHAUX.

La chaux vive n'agit pas seulement comme absorbant, elle détruit encore la matière organique en lui enlevant toute l'eau qu'elle contient ; c'est ainsi qu'elle est utilisée pour détruire les cadavres en décomposition ou les corps des individus atteints de maladies contagieuses. Mais après avoir absorbé toute Thumidité que ces corps pou-

vaient contenir, après les avoir non seulement desséchés mais échauffés par la température extrême que prend la chaux en s' éteignant, cette chaux vive n*est plus que de la chaux éteinte ; dès lors, elle n'a que des propriétés absorbantes. La chaux fixe Tacide carbonique et Tacide phosphorique, en formant des sels insolubles ; Thydrogène sulfuré est également absorbé, il forme du sulfure de calcium, mais ces sulfures se décomposent facilement e l'hydrogène sulfuré devient libre de nouveau

La chaux éteinte est encore caustique et désorganise les substances végétales ou animales, quoique à un degré bien moindre que la chaux vive. A ce point de vue, le lait de chaux qu*on applique en badigeonnage sur les murs est, dans une certaine mesure, antiseptique, car il se combine et forme un composé insoluble avec les matières organiques provenant des exhalations pulmonaires condensées sur les murailles refroidies. Il se produit, dans ces cas, une combinaison comparable à celle qu'on se propose d'obtenir dans la préparation des luts au ciment, fabriqués avec de la chaux vive d'une part, et de Tautre avec du blanc d'oeuf ou du fromage mou. La chaux éteinte détruit donc, en partie au moins, la matière organique contenue dans Tair ou dans les eaux d'égouts, les matières fécales, et nous allons tout à Theure trouver dans les expériences de Pettenkofer, la preuve de cette action énergique.

La chaux éteinte fixe surtout Tacide carbonique de l'air; cette action, toutefois n'est que temporaire elle s'épuise d'ordinaire au bout de quelques jours; elle est surtout utilisable dans les cas où il faut rapidement assainir uq espace rendu toxique par l'accumulation d'acide carbonique. Gomme preuve de cette action temporaire sur l'acide carbonique de l'air, nous citerons le résultat d'expériences que nous avons faites en 1818, d'ailleurs dans un autre but. Nous dosions, par le procédé très rapide et très exact que

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