CHAUX VIVE, LAIT DE CHAUX
nous avons décrit, (i) la quantité d'acide carbonique contenue dans Tair des chambrées, immédiatement avant le réveil des soldats et l'ouverture des fenêtres : la proportion de Tacide carbonique variait de 8 dix-millièmes à i millième au plus, lorsque tout à coup, la proportion tomba à 4 et même à 3 dix-millièmes. Nous craignions une erreur survenue dans la manière dontTair avait été recueilli, mais une enquête nous apprit que peu de jours avant, on avait badigeonné à la chaux les murs de la salle, dont Tair avait été ainsi dépouillé de son acide carbonique. Cette influence se continua au moins pendant 8 jours, mais en s atténuant progressivement.
La coutume, jadis très préconisée, de verser de la chaux vive ou du lait de chaux dans les fosses d'aisance pour éviter les vidanges répétées, repose sur les propriétés à la fois antiseptiques et absorbantes de la chaux.
A la suite de l'épidémie de choléra de 1813, le gouvernement allemand réunit une grande Commission, dite du choléra, chargée d'étudier les causes, l'origine de répidémi(* et les mesures prophylactiques contre ses retours. Pettenkofer (2) fut chargé, entre autres choses, d'étudier les moyens de désinfection des lieux habités, des navires, des égouts. En 1814, il a fait un grand nombre d'expériences sur la valeur relative de l'acide sulfureux, du chlore, du chlorure de zinc et de l'eau de chaux : ces deux derniers agents étaient surtout employés pour la désinfection des eaux de c^le des navires. Des expériences très rigoureuses conduisirent Pettenkofer à formuler les conclusions suivantes :
Vhydrate de chaux détruit rapidement et complètement
(I) Vallin, Sur quelques procédés pratiques d'analyse de Vair. {Revue d*hygi fie et de police sanitnire, 1880, T. H, p. 193.)
(!f) Bt'rich le dor Choiera Kommission fiir das Deutsche Reich. {Derirhie uber Desinfection von Schiffen, von docleur Max von Pciienkofer. — Versuche uber Désinfection geschlossener Raume, von D' Mehlhauser. Berlin, Cari Heyman, 1879. ln«4% p. 319 el 335.)
Ic!i organismes de la putréfaction ; la proportion de 1/2 pour 100 est sunisanle pour l'eau décale peu ultérée, mais i]uand la putréfaction est forte, il Tault pour 100. Il n'y a pas à se préoccuper de l'action de la chaux sur les bois, les cuirs, les tuyaux, les métaux du navire et de la machine, cette action est presque nulle; mais la chaux ne détruit pas l'odeur fade, douceâtre des acides gras de la putréfaction, odeur souvent plus désagréable que celle de l'hydrogène sulfuré.
En raison de son insolubilité presque complète, la chaux encrasse à la longue les parois et les tuyaux, elle augmente les boues de la cale et rend diiTicile le jeu des soupapes des pompes. 11 ne faut donc l'employer que pour l'assainissement des parties du navire qui sont à découvert, et où l'écoulement des eaux de lavage peut se faire librement. En temps d'épidémie, on peut laver les parois et les planchers des navires avec un lait de chaux à 1 pour 100.
Pendant l'été de 18T5, le ministre de la marine de l'empire d'Allemagne fit faire surunecannonière, le Tigre, des expériences de désinfection d'eau de la cale, au moven de