‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 35 sur 138 · FROID · texte numérisé non relu

FROID

son de devenir, en été, une cause de danger par sa maavaise odeur et par Tingestion de sa chair décomposée. 11 existe aujourd'hui des appareils ingénieux qui permettent de maintenir sans peine, et presque indéfiniment, des températures de — 15" à — 18*. M. Raoul Pictet a utilisé le froid produit par Tévaporation de Tacide sulfureux liquide pour obtenir industriellement des températures très basses. Cet acide, qui bout à 11 degrés audessous de 0, refroidit, en s'évaporant, un liquide incongelable (une solution de chlorure de magnésium) qui est distribué dans les appareils à refroidir : la machine ne peut pas prolonger très longtemps une température inférieure à — 15*. La machine Carré par évaporation du gaz ammoniac liquide^ produit un froid durable de — 15 à — 18*. La machine Giffard et Berger fonctionne d*après le principe de la compression et de la détente successive de Tair avec restitution d'une partie du travail mécanique développé. M. Tellier produit un froid excessif par Tévaporationde Toxyde de méthyle liquéfié sous une pression de 8 atmosphères. Ces moyens peuvent être utilisés dans certains cas au profit de Thygiène.

On a fait une application très heureuse de cette propriété antiseptique du froid pour la conservc^tion des cadavres destinés aux expertises médico-légales. D'ordinaire, les cadavres arrivent à la morgue dans un état de putréfaction très avancée, et cependant on est souvent obligé de les conserver pendant plusieurs jours, exposés à la vue des personnes qui peuvent venir les reconnaître : enfin, cette putréfaction progressive rendait les explorations nécroscopiques difficiles et de valeur incertaine. M. le professeur Brouardel,à la suite d*une mission en Allemagne, en 1818, pour visiter les Instituts de médecine légale , avait été frappé de voir installés, dans plusieurs universités, des appareils frigorifiques pour la conservation des cadavres. Dans un Rapport adressé au préfet de police du départe*

84 COMDITIONS ANTISEPTIQUES.

meDl de la Seine, au nom d'une commission prise au sein

da Conseil d'hygiène, en 1880, il a passé en revue les

divers procédés ou maciiines employés pour produire le

froid.

Le Conseil d'hygiène de la Seine a donné la préférence au procédé Carré-Mignon-Kouart, qui fournit à \'olonté, et d'une façon économique, une température de — 13° à — 18' centigrades par l'évaporation du gaz ammoniac liquiûé mus sa propre pression. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet. (Dé-sisfectios humcipale : Morgues.)

L'expérience physiologique vient confirmer ce qu'on sait depuis des siècles sur le dévelopi>ement plus facile de la fermentation et des maladies puti'ides, par l'élévation de la tem|>éraiure. M. Tédenat(t) inocule huit grenouilles avec du sang scpticémique. Quatre de ces grenouilles sont placées dans de l'eau chauffée au soleil et marquant -[- 20° à -j- 25" centigrades; au bout de 24 à 30 heures, trois grenouilles avaient déjà succombé. Au contraire, les quatre autres sont plongées dans de l'eau dont on maintient la température à -|- 8° ou -\- 10" avec des petits fragments de glace ; trois survivent [lendantplusieurs jours, une seule succombe.

M.Davaine(3). dansunimnortantmémoircluàrAcadémie

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