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SOUSTRACTION DE L'AIR. H

Stériliser ses liquides de culture, soit en empêchant, par un bouchon de ouate surchauffée, les germes de Tair de pénétrer dans un liquide bouilli à 110 degrés, soit en filtrant les solutions fertilisées, à travers des disques de plâtre ajustés sur le ballon lui-môme .

La filtration de Tair a travers le pansement ouaté est une des conséquences et Tune des plus heureuses applications à la clinique, de la théorie des germes ; c'est un champ nouveau ouvert à la méthode antiseptique ou aseptique ; prévenir la putréfaction, c*est rendre inutile par avance remploi des désinfectants. Sans vouloir trop insister sur le conseil donné en 1819, à TAcadémie.de médecine, par M. Pasteur, de préserver les voies respiratoires et les muqueuses digestives par des masques en ouate dans les foyers les plus redoutables des épidémies de peste, de fièvre jaune, etc., il ne faut pas méconnaître que des inhalateurs garnis d'ouate pourraient^ dans certaines circonstances particulières et dans certaine» professions, permettre d'affronter impunément des fléaux meurtriers ; rien ne prouve qu'on n'appliquera pas un jour aux voies respiratoires, pour préserver de la gangrène ou de la décomposition septique les poumons enflammés ou de larges cavernes en pleine sup[>uration, le pansement ouaté qu'on réserve jusqu'ici aux traumatismes des parties externes (1). Il est d'ailleurs inutile d'insister ici sur le pansement ouaté de M. Alphonse Guérin, qui a ouvert une ère de succès éclatants pour la chirurgie antiseptique.

ART. n. — DES ANTISEPTIQUES EN GÊNfiRAL.

Une substance antiseptique ou désinfectante, pour mériter vraiment ce nom et pour être utilisable au point de

(1) Depuis que ces lignes sont écriles , Femploi des inhalateurs antisepliques chez les phtisiques atteints de caYcroes, a pris une grande

vue hygiénique, doit remplir les conditions suivantes

1*» N'être ni nuisible, ni toxique ;

2** Ne pas altérer la solidité ou la couleur des tissus, n*étre pas volatil ou inflammable ;

3" Empêcher la décomposition des matières d'une façon permanente et efficace.

4* Détruire ou prévenir les mauvaises odeurs, et ne pas dégager elle-même une odeur désagréable ;

5" Être à bon marché, d'une préparation et d'un emploi faciles.

La plupart des substances qui détruisent chimiquement la matière organique pourraient, à la rigueur, être rangées parmi les antiseptiques (les acides minéraux, les caustiques); mais leur action trop énergique ou toxique leur enlève toute possibilité d'application à la pratique, il est donc inutile de s'y arrêter.

Ensuite, tous les agents qui neutralisent les virus, tous les antivirulents, sont à plus forte raison des antiseptiques ; qui peut le plus peut le moins ; de même un «grand nombre d'agents antiseptiques sont antivirulents quand ils sont employés à une forte dose : l'on peut citer comme exemple l'acide chromique et l'acide phénique. La distinction n'est pas toujours facile entre ces deux ordres d'agents ; toutefois, pour faciliter l'étude et pour éviter les redites, nous ferons l'histoire de chaque corps à l'occasion du groupe auquel il se rattache le plus naturellement, nous réservant -d'indiquer par des renvois les pages où il en sera question à un autre point de vue.

l I. EXPÉRIENCES SUR LA VALEUR COMPARÉE DES ANTISEPTIQUES.

On a voulu induire la valeur de certains agents réputés «désinfectants ou antiseptiques de l'action que ces sub-

oxtonsioD en Angleterre, dans les derniers mois do Tannée 1881, (Voyez

«plus loin DÉ«1NFECTI0M MOS^KOMIALE.)

EXPÉRIENCES SUR LEUR VALEUR COMPARÉE. d»

stances exercent sur la myrosine, Témulsine, la diastase, etc. L*on sait que si Ton introduit un peu d*amygdaline dans de Témulsion d*amandes douces, Todeur d'amandes amères se développe aussitôt ; de même, si Ton introduit de l'acide myrosique dans de Teau où Ton aurait fait digérer du tourteau de graines de moutarde blanche, il s'en dégage Todeur caractéristique de l'essence de moutarde noire. C'est la réaction de la myrosine sur Tacide myrosique qui engendre l'essence de moutarde ; c'est la réaction de la synaptase sur l'amygdaline, qui fait naître l'essence d'amandes amères. On suppose que l'agent de la réaction est une sorte de ferment. Certaines substances empêchent cette réaction de la synaptase sur l'amygdaline^ etc. ; on a dès lors pensé que ces substances, détruisant le ferment; pouvaient être capables de détruire aussi les ferments de la décomposition putride et même les virus»

L'analogie est curieuse, elle n'est pas improbable, mais ce n'est pas sur des hypothèses éloignées que doivent reposer les notions d'hygiène, et nous croyons plus simple et plus pratique d'étudier la valeur des agents réputés désinfectants, par leur action directe sur les substances putrescibles.

La question des fermentations et des antiseptiques a pris une face si nouvelle, en ces dernières années, qu'il nous parait inutile de remonter dans un passé relativement récent, pour rechercher sur quelles bases on appréciait la valeur des antiseptiques. Naguère encore, les expérimentateurs se contentaient de la méthode empirique et très pratique, qui consiste à mettre des matières fermentescibles ou facilement altérables en contact avec des agentsréputés désinfectants, et à noter le jour où apparaissent les premiers signes de la décomposition.

Angus Smith (1) a placé dans des flacons, différents

(1) R. Angus Smith, DUinfectanU and disinfection. Edinburg, 1869 ;. i voL in-8* do 136 p.

i)4 AirnSEPTIQUES EN GÉNÉRAL.

gaz OU composés volatils, en contact avec des morceaux de viande d'un pouce d'épaisseur sur trois pouces de long, suspendus par un fil aux bouchons parafRnés qui fermaient hermétiquement les flacons; ceux-ci étaient conservés dans le laboratoire, à la température de -{- * 5** à ÎO** centigrades. Il obtint les résultats suivants ; malheureusement il ne fait pas connaître avec quelle dose ou quelle propor-» tion de Tagent antiseptique il les a obtenus :

Le 7« Jour. Le i8« jour.

Viande un peu blanche et dur- ^

cie. Lc^ôre odour de chlore; ( Même aspect.

putréfaction nulle. )

Couleur jaune p&le de la vian- \

de; légère odeur d'acide brom- ( Excellent état.

hydrique; excellent état. j

Iode [ Tissu desséché, jaune foncé ; I j^^^ jj^^^ ^^^

( très bon état. /

Acide chlorbydriquel Nulle odeur; très bon état. | Sans changement.

( Odeur un peu douceàtw ; bon i ^.^^^^ état. I

Très bon état. 1 Sans changement.

Odeur putride , yiande visqueuse.

Chlore.

Brome.

Protoxyde d*azole

Acide nitreux....

Acide carbonique*

Acide sulfureux. .

Viande en très bon état; légère odeur d*acide sulfu- Îreux.

Légère décoloration ; très bon état.

Même état.

Même état.

Huile lourde de goudron

Odeur putride.

Peroxyde d'hydro- | Putréfaction complète, gène * '^

De même, il plaça dans des flacons de 900 centimètres cubes des morceaux de viande fraîche, de poids et de volume égaux ; il y versait 5 gouttes d'une des substances volatiles ci-dessous énumérées. Il a classé ces dernières dans Tordre suivant, en mettant au premier rang celle dont le pouvoir conservateur lui parait le plus grand :

!• Acide crésylique (solution alcoolique saturée) ; éther amylique. 2* Acide phénique (solution alcoolique); créosote.

3* Huile «sfentielle de moutarde •

4* Huile essentielle d'amandes amères.

5* Acide acétique pur; acide pyroligneux ; essence de pommes de pin.

6« Huile de genéyrier; aniline; essence de menthe; huile essentielle

do rhue.

7' Térébenthine ; essences de lavande, do valériane, de cumin, de

romarin, etc.; eau phosphorée {odeur fétide le i^ Jour). 8* Essences do cancllc, de ihym, de peau d'oranges, de bergamolto,

d-j citron, d'anis ; naphtaline ; niiro-benzine ; camphre; gomme

d'assa-fœtida ; pétrole pur du Canada.

On ne peut le contester, ces expériences, faites pour la plupart avec des substances qu'il est difficile de se procurer en quantité suffisante, n'ont qu'un intérëtde curiosité : ce sont à vrai dire des expériences de laboratoire, sans possibilité d'application pratique.

En 1872, M. le D*^ Petit (1) se plaçant lui aussi exclusivement au point de vue du résultat empirique, a cherché dans quelle mesure la plupart des substances chimiques journellement employées empêchent ou retardent la décomposition d*un liquide éminemment fermentescible. Il préparait un liquide de culture avec 1 litre d'eau, 100 grammes de sucre de canne et 100 grammes de levure de Hollande presque sèche; dans 1 décimètre cube du mélange, il ajoutait une solution àlOp. lOOdeTagent réputé capable de prévenir la fermentation. 11 appréciait l'activité de la fermentation en mesurant, sous une éprouvette remplie de mercure, la quantité d'acide carbonique dégagée.

Nous ne croyons pas utile de reproduire ici le tableau très étendu qui contient les résultats obtenus, parce qu'il ne fournit pas d'indications pratiques assez rigoureuses; mais ce tableau pourra être consulté par ceux qui veulent étudier l'effet de certaines substances qui ne sont que très accidentellement employées comme antiseptiques : c'est ainsi que nous voyons le sulfate de nickel rangé dans le

(I) A. Petit, Note iur les substancéi antifermentetcibles, {Comptes rendus de l* Académie des sciences^ 14 octobre 187i, et Journal de physique et de chimie^ juin ISli.)

ANTISEPTIQUES EN UËNËRAL.

Expériences de (fNial sitr la

l'HOPOHTio.i DE l'»i:k^i oTjttPtioti; ; ANTISKI'. — l'iiriP.inriiln ue n nlIlhBl.ornilMgll DtssM:iiKE. MAT. fHir.. =

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(1) Avec dtJ prnpnrliniii pliis fiiblps ilr Lklirnmili' (I p. 60 n raiîmi! p. iiO do lualièr* ncfiniqnc ftlip;, mirât ibscncP <lr ^igiicii ilp ilccoinpnsiltiHi. pendinL il jours. — Avce la proporliuD I: lai. on «U»p|mr>nrcUMI*iuiiruiiïBf""'l*'l«'"<l*""''''""'"'"''°l''*-l''^'*J""''l"iîléltïrenJ™r, rUeîl'JoBr I n'r ivili |iii cocure il'oilcur «raitnriit dùsagréiblr.

EXPÉRIENCES SUR LEUR VALEtR COMPARÉE.

aleur comparée îles antiseptiques.

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