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SILICATE DE SOUDE

au mois d'octobre 1858 avait reçu dans la carotide 6 litres de liquide tenant en solution 800 grammes de biborajte d'ammoniaque. La conservation était parfaite, les organes avaient gardé leur consistance et leur coloration, les lésions anatomiques qui avaient causé la mort purent être facilement reconnues ; la surface cutanée était seule desséchée, par l'exposition à Fair libre pendant près de 10 mois, sur une table d'amphithéâtre. L'acide borique et ses composés nous paraissent donc des agents antisep* tiques de premier ordre, et nous les croyons aptes à jouer un rôle considérable dans le traitement hygiénique des affections internes et externes •

Silicate DE SOUDE. — MM. RabuteauetF. Papillon (1) ont montré par des expériences précises, que le silicate de soude empêche toute manifestation des agents divers de fa fermentation et de la putridité ; ils ont vu qu'en ajoutant 1 gramme de silicate à 100 grammes de moût de vin ou d'urine, on empêche la fermentation ou la décompositioD du sang, du pus, de la bile de se produire pendant plus de 8 jours. Une solution de silicate de soude au 25* empêche pendant plus de 10 jours une émulsion d'amandes douces et amères d'exhaler l'odeur d'hydrure debenzoïle; ils pen«9 saient qu'à dose égale, le silicate de soude était plus actif que le borate de soude ; mais 1 gramme de silicate dissous dans 40 grammes d'eau et injecté dans les veines d'un chien détermine la mort avec vomissements et albuminurie, tandis que la même dose de borate ne trouble pas la santé de l'animal. Ces auteurs ont recommandé l'injection intravésicale, dans le cas d'urines fétides, d'une solution contenant 50 centigrammes de silicate de soude pour

(1) Rabuleau et Papillon, Rechirehes sur let propriétét anHfermentei^ cibles et VacHon physiologique du silicate de soude. {Comptes rendus der Académie des sciences, 90 septembre 1872, 28 octobre 1812 et 2 décembre 1872.)

100 grammes d'eau, et MM. Dubreoil, Marc Sée, Ghampouillôn paraissent en avoir tiré un bon résultat.

M. Picot (1) est arrivé à des conclusions un peu différentes : il a fallu 1*^,60 de silicate pour empêcher la fermentation de 100 grammes d'une solution de levure de bière et de glucose; mais 100 centimètres cubes d'eau dans lesquels on avait broyé 40 grammes de viande fraîche, puis ajouté seulement 20 centigrammes de silicate de soude, ne laissaient constater au bout d'un mois aucun animalcule de putréfaction. Il a trouvé en outre que ce sel, à très petites doses, retarde beaucoup la fermentation, qu'il s'oppose à la transformation en glucose de la matière glycogène du foie, etc. Dans un dernier mémoire, M. Picot arrivait aux conclusions suivantes :

c II tue à la dose de 1 gramme les lapins auxquels on le donne ; il produit la tendance à l'asphyxie par la destruction des globules rouges, la fièvre, la diarrhée. Il n'empêche pas la mort des animaux auxquels on injecte du glucose et de la levure de bière. Quant à son action sur la septicémie expérimentale, il n'empêche pas la mort, que l'animal soit saturé de ce sel avant, pendant ou après l'injection putride; il arrête bien la putréfaction en dehors de l'économie, mais il ne prévient nullement la fermentation putride du sang. »

Nous consignons ici l'explication donnée par Gubler et Bordier(2) du mode d'action du silicate de soude ; d'après ces auteurs, ce sel est un antifermentescible, parce qu'il incruste, il fossilise les germes. L'hypothèse est ingénieuse, mais c'est une hypothèse, et aucun examen histologique ou histochimique n'a encore démontré la réalité de cette fossilisation.

(i) Picot, Sur les propriété* antifermentetcibles du silicate de soude, {Comptes rendus de l'Académie des sciences; 1872, i. H, p. 1124 et 1516; •t 1873, t. I, p. 99.)

(i) Gubler et Bordier, Des substances antiputrides et antifermentescibles. IBiOMin de thérapeutique, 1873, i. LXXXIV, p. 365.)

ACIDE PYROGALLIQUE. 153

Acide pyrogallique. — Il se présente sous Taspect de lames ou d'aiguilles blanchâtres, de saveur amère et astringente, très solublesdans Teau.

M. le docteur Bovet (1), de Neuchâtel, a fait une ingénieuse application des théories récentes de M. Pasteur, à la recherche et à remploi d'antiseptiques nouveaux. M. Pasteur, on le sait, a distingué les bactéries et vibrions en aérobies et anaérobies, ceux qui ne peuvent vivre qu'en présence de l'oxygène, et ceux que l'oxygène tue.

Dans un liquide qui commence à se putréfier, le premier effet du développement des infusoires (monas crepusculum et bacterium termo), est la disparition de l'oxygène dans les couches supérieures ; quand il n'y a plus d'oxygène, les bactéries meurent et leurs cadavres tombent au fond du vase pour faire place aux vibrions aérobies. M. Bovet s'est demandé s'il ne serait pas rationnel de supposer aux substances qui sont très avides d'oxygène et qui l'absorbent, les propriétés antiseptiques regardées aujourd'hui comme le privilège des corps oxydants ; en d'autres termes, les substances avides d'oxygène ne pourraient-elles pas tuer les vibrions pour ainsi dire par asphyxie? L'acide pyrogaU lique ou mieux pyrogallol est très avide d'oxygène ; on s'en sert journellement dans les laboratoires pour doser Toxygène ; une pincée de cet acide introduit sous le mercure dans une éprouvette remplie d'un mélange gazeux absorbe presque instantanément l'oxygène, qu'on dose par la réduction du volume total. Personne a constaté que lorsqu'on l'injecte dans le sang, même en solution assez faible, il amène assez rapidement la mort, sans doute en désoxygênant le liquide sanguin.

M. Bovet a expérimenté l'action du pyrogallol sur les

(1) V. Bovel, de Neuchâtel, Des propriétés autiuptiques de f acide pyrogallique. {Lyon médical, 12 janvier 1879» p. 37, et Revue d^hygiène, 1879, p. 154.)

ferments organisés ; ses expériences lui ont fourni les résultats suivants :

1*" Une solution de 1 à 2 pour 100 empêche pendant des mois le développement d'odeur et de protorganismes ;

i"* La solution à 2 1/2 p. 100 enlève l'odeur et détruit les bactéries des liquides en pleine putréfaction ;

3*" La solution à 3 p. 100 immobilise sous le microscope et tue les éléments du bacillus subtilis ;

4« L'acide pyrogallique empêche la fermentation alcoolique et la formation de moisissures.

5*^ Les solutions à 2 p. 100, employées chez l'homme, n'ont aucune action nuisible en application topique, et elles désinfectent très bien, mais cet acide noircit les instruments d'acier, et ceux-ci tachent fortement les mains ; on peut enlever ces taches avec l'acide oxalique et rendre aux instruments leur couleur naturelle en les lavant dans une solution concentrée de soude.

Nous n'avons aucune expérience personnelle de ce désinfectant, dont la cherté réduit singulièrement l'emploi. Mais au point de vue de la théorie des désinfectants, il ne pouvait manquer de trouver place ici, et il ouvre peut-être la voie à de nouvelles découvertes en ce sens. L'acide pyrogallique est malheureusement une substance qui parait toxique pour Thomme. Neisser (1) a relaté un cas terminé par là mort, observé chez un homme de 34 ans atteint de psoriasis généralisé, chez qui on avait voulu comparer Taction de Tacide pyrogallique et celle de l'acide chrysophanique ; les deux moitiés du corps avaient été frictionnées avec une pommade contenant l'un ou l'autre de ces acides. Le lendemain, coUapsus, aspect cadavérique ; urine noire, mort le 4* jour. A l'autopsie, sang de couleur brun-sale; dégénération adipeuse en îlots du muscle cardiaque. La mort,

(i) A. Neisser, KlinUche Experimentelie zur Wirkung derPvrogaUsaSre, (ZeiUchrift fSr kl. Med., 1879, 1. 1, p. 88^ et RemedeHayem, 188(V t. XVI» p. 89.)

VINAIGRE. — ACIDE ACÉTIQUE. a»

suivant Neisser^ devait être rapportée à la destruction des globules rouges par Tacide pyrogallique, au passage de la matière colorante dans le plasma sanguin, c'est-à-dire à rhémoglobinurie.

Vinaigre, aqde acétique. — Le vinaigre, Facide acétique» sont des antiseptiques ; nous en avons la preuve dans les conserves de légumes servant de condiments. Il ne faut pas oublier toutefois que le vinaigre est un milieu favorable à la pullulation d'un nombre extraordinaire d'anguillules» d'infusoires , de protorganismes de toutes sortes, sans compter même les corpuscules de la fermentation acétique» C'est peut-être sans raison suffisante que le vinaigre jouit, dans le public, d'une grande réputation comme désinfectant et comme antiseptique. Liebig a cherché à justifier ce préjugé, en disant qu'en réalité Tacide acétique a le pouvoir de Gxer l'ammoniaque et les bases organiques qui accompagnent la fermentation. Mais son action est faible» et son efficacité presque illusoire.

L'acide acétique a joui anciennement d'une grande réputation comme désinfectant. Il était jadis en grande faveur chez les Arabes et plus tard chez les Italiens. On raconte que le cardinal Wolsey transportait toujours avec lui une éponge imbibée de vinaigre, qu'il plaçait dans une peau d'orange ; il en respirait l'odeur quand il traversait les foules compactes qui se pressaient sur son passage. La légende a transmis jusqu'à nous cette opinion assez peu justifiée sur la valeur de l'acide acétique ou du vinaigre : pendant la peste de Marseille (1720), on arrêta quatre malfaiteurs qui dépouillaient les corps des pestiférés ; on leur promit la vie sauve s'ils faisaient connaître le moyen par lequel ils avaient réussi à se préserver de la contagion : la formule du vinaigre des quatre voleurs remonte à cette époque.

En ces derniers temps, le IK Roth a essayé de réhabili-

«6 ANTISEPTlttUES EN PARTICULIER.

ter la vertu désinfectante de Tacide acétique : nous ne pen- •sons pas que la lecture de son mémoire convainque personne.

John Dougall se loue de l'emploi de ce qu'on appelle dans la pharmacopée anglaise Tacide acétique glacial aromatique; cet acide contient des huiles essentielles de romarin, de néroli, de cinnamome, de girofle, de bergamot- •te, de lavande et d'alcool ; c'est un véritable parfum qu'on fait volatiliser sur une plaque de fer fortement chauffée ; on fait encore des lavages du corps des malades avec une éponge imbibée de ce mélange étendu d*eau, et il est vraisemblable que ce liquide aromatique remplacerait d'une agréable façon les lotions vinaigrées qui sont chez nous d'un usage si fréquent dans la fièvre typhoïde. En Angleterre, ces lotions sont très souvent employées, deux fois par jour, à la période de desquamation de la scarlatine, >et c'est là un bon moyen d'activer les fonctions delà peau, en même temps que de détruire les germes contagieux qui se détachent incessamment du malade. Certains auteurs prétendent que ce lavage avec l'acide acétique aromatique dégage autour du malade une atmosphère ozonisée, qui .active la destruction des particules organiques et des miasmes.

Acide picrique. — L'acide picriqueest un nouveau venu <lans la thérapeutique et comme antiseptique. L'acide pi- •crique ou carbo-azotique est un phénol qui se [>roduit dans la distillation du goudron de la houille ; il se présente sous l'apparence de cristaux d'un jaune citron, sans odeur, d'une saveur acide et amère ; l'eau en dissout environ 15 grammes par Htre. C'est une substance assez toxique, qui, à la dose de €0 centigrammes par jour, produit chez l'homme, outre une coloration jaune orange extrêmement foncée de la peau et des urines, le ralentissement et l'affaiblissement du cœur, la prostration des forces, l'hébétude, le vertige ; il est assez

ACIDE PICRIQUE. iST

curieux de noter que ces accidents rappellent éigalement ceux qui accompagnent le véritable ictère par cholémie.

Depuis longtemps, M. Ranviera propagé, sinon introduit chez nous, l'emploi de cet acide pour les préparations histologiques; il durcit les tissus et en empêche la putréfaction.

M. Chéron (1) a étudié l'action antiseptique et désinfectante de cette substance : il a obtenu la désinfection des^ latrines d*un hôpital, en y versant 10 litres d'une solution» picrique saturée à 15 grammes. L'acide picrique coagule l'albumine (réactif d'Esbach pour le dosage volumétrique de l'albumine urinaire), il arrête la prolifération des cellules de la levure de bière ; la farine de moutarde délayée dans une solution de cet acide reste inerte, la formation de l'huile essentielle est empêchée. Il empêche également,, même à très faible dose et à une température de -f- 25*»,. la formation de sucre dans un mélange de fécule et de levain; la germination des graines de fleurs ne se fait plus^ dès qu'on ajoute à l'eau qui a humecté ces graines une faible quantité d'acide picrique. En faisant ingérer à un malade une certaine dose de cet acide, les urines cessent de subir la fermentation ammoniacale, même dans les cas de catarrhe vésical ; on obtient le même résultat en injectant une solution d'acide 'picrique directement dans la vessie.

Les expériences de laboratoire très précises confirment ces résultats de l'expérience et de la pratique. Schwartz (1880) a vu que les bactéries de l'infusion de tabac sont tuées dans le liquide de culture de Bucholtz-Pasteur, quand on y ajoute une quantité d'acide picrique qui porte le titre de la solution à 1 p. 15,000; la solution à 1 p. 20,000 était inefficace. Kûhn a eu besoin de la dose de 1 p. 1,000 pour empêcher le liquide de Bucholtz de se peupler de bactéries après y avoirversé quelques goutte» d'une infusion de tabac ou d'ergot de seigle, chargée de

(1) J. Choron, De l'acide picrique et de ses propriétés antiseptiques^ Journal de Ihérapeulique de Gubler, 1880, p. 121.)

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bactéries adultes. Wernitz, de son côté, a trouvé que tandis que la dilution à 1 p. 600 avait peu d'action sur le ferment lactique, la dose de 1 p. 3,133 suffisait pour abolir Faction 4e l'émulsine.

Jalan de la Croix est arrivé aux résultats suivants, qui diffèrent sensiblement de ceux de Kûhn.

Le bouillon dans lequel on laisse tomber quelques gouttes de bouillon contenant des bactéries, ne permet plus le développement de ces bactéries quand il contient 1 p. 2,005 d'acide picrique et les germes eux-mêmes sont détruits par la dose de 1 p. 706.

La dose qui tue les bactéries adultes en plein développement dans le bouillon est 1 p. 1,000, et 1 p. 200 celle •qui stérilise défmitivement les germes. La dose de 1 p. ^,000 suffît pour empêcher le développement de bactéries dans le bouillon cru ou cuit, exposé à Fair libre ; mais la dose de 1 p. 200 à 1 p. 100 est nécessaire dans ce cas pour détruire sans retour la reviviscence de tous les germes.

On voit donc que la valeur antiseptique del'acide picrique est sérieuse ; elle est encore peu connue et peu utilisée. La coloration intense et tenace que donne cet acide à tous les tissus et à tous les liquides, son action déjà toxique à des doses modérées, diminuent malheureusement un peu les ^pérances que les résultats précédents pourraient faire concevoir. Pendant nne année, à Constantine, nous avons expérimenté l'emploi interne de cet acide dans la fièvre intermittente, à vrai dire sans succès.

Acide phénique. — Nous nous contenterons de rappeler certaines propriétés de l'acide phénique ou carbolique que l'hygiéniste a besoin de connaître. 11 est peu soluble dans l'eau, mais il est soluble en toutes proportions dans l'alcool, dans l'huile, dans la glycérine. Ces deux derniers véhicules sont extrêmement précieux. Les solutions fortes

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d*huile phéniquée sont admirablement supportées par les plaies récentes ; Thuile phéniquée empêche la volatilisation rapide de Tacide, elle protège mieux que Teau contre l'envahissement des protorganismes venus du dehors; elle s'oppose dans une certaine mesure à Tabsorption de Tacide phénique et rend les intoxications plus difficiles. De rhuile phéniquée à 20 p. 100 est mieux supportée qu^une solution aqueuse à 3 p. 100. Cependant Koch» G. Wolffhûgel et von Knorre viennent de montrer que Feau phéniquée est plus active que la solution dans Thuile (désinfection des plaies).

Lister emploie communément deux solutions aqueuses : la faible à 2 1/2 p. 100, la forte à 5 p. 100. A Tintérieur, Tacide phénique a été employé comme antiseptique dans la fièvre typhoïde, la variole, etc., soit en lavements, soit en potions ou en pilules. Là dose maximum par jour ne doit pas dépasser 1 gramme, et il y aurait peut-être danger à administrer d* emblée une dose aussi forte. Dans la médecine humaine et dans la médecine vétérinaire, les injections sons-cutanées d'acide phénique très pur ou des divers phénates solubles ont été employées avec succès dans les maladies infectieuses, les intoxications septiques, en particulier autour des pustules malignes. Dans ce dernier cas, M. Trélat et M. Verneuil ont obtenu des succès remarquables par ce moyen.

L'acide phénique a Tinconvénient d'être caustique, irritant, et à l'intérieur toxique. Kuster et Nussbaum ont bien étudié ces accidents d'intoxication qui se caractérisent par de la céphalalgie, de la gastralgie, du refroidissement avec lipothymie, faiblesse du pouls, coloration verte, puis noire des urines. Ces symptômes n'arrivent guère qu'après Tinjection stomacale de doses élevées d'acide phénique (plus de 1 gramme en 24 heures), et quand on a abandonné des solutions fortes dansde^ cavités closes ou dont l'écoulement se fait difficilement ; on comprend qu'il y ait un véritable

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(langer à laver la plèvre avec une solution conlenant 20 grammes d'acide par litre, quand une partie du liquide doit séjourner dans la cavité pleurale. Il ne faut pas donner toutefois une valeur exagérée à la coloration noire ou bistre des urines; nous l'avons constatée plusieurs fois chez des malades qui n'avaient aucun symptôme ircmpoisonnement, dont la santé n'était de ce fait aucunement troublée, et qui n'avaient absorbé qu'une dose presque insignifiante d'acide phénique, entre autres chez un albuminurique dont les jambes infilti-ées et exulcérées étaient pansées avec une solution à I p. 200, La coloration noire ne survient parfois que quelque temps après l'émission de l'urine, par l'exposition prolongée à l'air. Les enfants supportent mal l'acide phénique, et les accidents sont chez eux, toute proportion gardée, plus communs que chez les adultes.

Pour conjurer les phénomènes de l'intoxication par l'acide phéni<|ue, on a préconisé l'administration, à l'inlérieur, du sulfate de soude. Baumann a reconnu que dans l'organisme les sulfates alcalins s'unissent â l'acide phénique pour former des sulfo-phénates non toxiques.

Ces préliminaires rappelés, voyons quelle est la mesure des propriétés antiseptiques de Tacide phénique :

A. Wernich a mêlé à de la viande hachée une solution d'acide phénique ; une proportion de cet acide, égale à 2 p. 100 de la masse, empêche la décomposition ; mais dès le 4» jour, les bactéries peuvent déjà reparaître. La plupart des ferments t)erdent leur action par une dose d'acide phénique égale à 1 p. 20 même 1 p. 80; celle de 1 p. iOC suffit pour détruire le ferment de la présure.

Sternberg humectait de quelques gouttes d'acide phénique impur un petit chiffon suspendu au milieu d'une caisse en bois cubant 10 décimètres cubes : des verres de montre, placés au milieu de la caisse, renfermaient une infusion de viande chargée de bactéries; on notait au bout de combien de temps d'exposition à ces vapeurs d'acide phénique les bactéries restaient définitivement (pendant 4 heures) immobiles :

Au bout de 20 minutes .... avec 8 goattei d'acide.

~ 1 heare avec 5 goaltes —

— 1 heure 10 • . . . avec 3 goutte i —

Il est regrettable que l'auteur n'ait pas opéré avec de l'acide phénique pur et cristallisé, car le degré d'impureté de l'acide phénique peut varier extrêmement suivant les pays. Néanmoins, nous ferons remarquer que 5 gouttes d'acide dans une capacité de 10 litres 1/2, correspondent à 1 k. 350 dans une chambre ordinaire, cubant 60 mètres!

MM. Gosselin et A. Bergeron (1) ont montré que la solution d'acide phénique doit être concentrée pour empêcher l'apparition des bactéries et de la putréfaction dans du sang

(1) Gosselin et A. Bergeron, Études sur Us effets et le mode d'action du substances employées dans le pansement antiseptique, (Comptée rendus de V Académie des sciences, séance du 29 septembre 1879, et Recherches sur la valeur antiseptique de certaines substances et en particulier de la so» lution alcoolique de Gaultheria, Archives de médecine, janvier 1881, p. 16.)

VaLLI.X. — DÉSINFECTARTi. H

abandonné à l'air libre. Les auteurs plaçaient dans chaque tube 1 gramme de sang frais, et y ajoutaient 6 gouttes d'une solution phéniquée plus ou moins concentrée : ils^ ont obtenu les résultats suivants :

1 i^tmme skng on sérom por .

— -4-6 gouttes d'tcide phéniqoe ta iOO*

— -4-6 gouttes de solution tu 50* . . .

— — 6 gouttes de solution au iO* . . .

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