GOUDRON
du 25 juillet 1859, rappelait que le goudron et Thuile de houille avaient été conseillés par un pharmacien de Meaux, M. Siret, dont TAcadémie avait couronné le travail. Il montrait que l'adjonction du goudron aux sels métalliques rendait plus parfaite la désinfection des vidanges, et avait été grandement utilisée en Angleterre, pour désinfecter les animaux morts et les champs de bataille. M. Dumas trouvait Texplication de cette action efficace du goudron, dans les expériences de M. Schœnbein sur la formation abondante d'ozone dans Tair mêlé de vapeurs d'essence de térébenthine. Si les vapeurs de coaltar ozonisaient Tair, disait M. Dumas, il ne faudrait pas chercher ailleurs que dans la combustion prompte des miasmes odorants par cet oxygène ozonisé, la cause de la ,'destruction de Todeur putride des matières animales en décomposition.
Au point de vue pratique, on ne peut guère utiliser les propriétés antifermentescibles du goudron en nature; on emploie surtout les produits si compliqués et si divers de sa distillation. Il s* est fondé depuis plusieurs années une industrie spéciale , celle des fabricants d'essences de houille, qui distillent les goudrons dont se débarrassent les usines à gaz et beaucoup d'établissements où Ton travaille la houille. Ces fabricants, en distillant les goudrons, obtiennent d-un côté les essences légères, et de l'autre les huiles lourdes. On considère comme essence légère tout ce qui distille entre + 60« C. et -j- 200' C. environ, et la densité de ces huiles ou essences varie de 0,78 à 0,80. Quand on continue à chauffer, on distille les produits connus sous le nom générique d'huiles lourdes; elles passent entre la température de + 200« à -|- 220<», et leur densité va jusqu'à 0,90 et même un peu au-dessus de 100. Quand la distillation a été poussée jusqu'à -[-220'', il ne reste plus que des huiles plus lourdes que Teau, renfermant beaucoup de paraffine; si l'on continue la distillation, on obtient le braigraSj puis lebrai sec.
I7f ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER.
Les huiles légères, benzol, benzine et autres hydrocarbures volatils sont employés dans le commerce, comme dissolvants et comme essences pour Téclairage ; nous n'avons guère à nous en occuper comme agents de désinfection. Au contraire, les huiles lourdes sont des désinfectants sérieux .
Huiles lourdes de houille. — M. Ed. Robin a insisté Tun des premiers sur les propriétés antiseptiques des huiles lourdes dont nous venons de parler, t La vapeur, dit-il, qui s'exhale d'une éponge imbibée de cette huile rectifiée, conserve avec leur forme, leur volume, leur flexibilité, et une belle couleur d'un rouge brun, des morceaux de chair disposés dans un vase bien bouché ; aucun liquide ne s'est écoulé et l'on peut à volonté les retirer du vase et les disséquer. Abandonnées à l'air libre, ces matières deviennent dures comme du bois et sont désormais à l'abri de toute putréfaction. » L'huile rectifiée présente sur l'huile brute l'avantage de moins altérer la couleur et de conserver aux chairs une apparence de fraîcheur remarquable ; pour l'embaumement des cadavres, la conservation des pièces anatomiques, pour préserver les collections d'histoire naturelle des cryptogames parasites, des moisissures et de la destruction, c'est cette huile rectifiée qu'il faut employer. Mais, le bon marché extrême auquel le commerce livre aujourd'hui les huiles lourdes de houille, rend ces dernières d'un emploi précieux pour la désinfection des eaux d'égout, des fosses de vidanges, etc.
Vhuile lourde de houille ou hydrocarbure phéniqué est un liquide brunâtre, à reflets argentés, gluant et onctueux, d'une odeur pénétrante et persistante, d'une densité de 1,030 environ : quand on la projette dans l'eau, une partie tombe au fond du vase, l'autre partie surnage. Jusqu'ici, cette huile lourde n'est guère employée que pour imprégner les traverses de chemins de fer et les bois des-