‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 55 sur 138 · CRÉOSOTE · texte numérisé non relu

CRÉOSOTE

soires et les microioaircs sont également détruits dans les solutions les plus diluées ; la gale, les teignes parasitaires ont été traitées et guéries par les pommades créosotëes. La créosote est à la fois un caustique, un coagulant de l'albumine, un astringent, un parasiticide, un antiseptique. Mais ce sont là des indications un peu vagues ; des expériences plus précises sont nécessaires pour déterminer sa véritable valeur. Avant d'employer les lavements ou les potions créosotes à Tintérieur, dans la fièvre typhoïde (Pécholier et Morache), dans la pustule maligne (Eulenberg), dans le farcin chronique (Elliotson), il ne serait pas inutile de savoir si la créosote neutralise et détruit les vi* rus inoculables, en dehors de Torganisme.

L'addition d'une faible quantité de créosote empêche immédiatement la fermentation alcoolique, et rend très difficile la transformation de l'amidon en sucre sous l'influence de la diastase. La créosote contient si souvent de l'acide phénique, que c'est à ce dernier que l'on peut rapporter une partie de ses propriétés, surtout quand elle provient des goudrons de houille et non de la distillation du bois.

Bucholtz a vu qu'une dilution créosotée à 1 pour 1000 était à peine suffisante pour empêcher les bactéries nées dans l'infusion de graines de tabac, de se développer dans le nouveau liquide de culture ; il fallait une solution à 1 sur 100 pour stériliser complètement les germes de ces bactéries. Il y a un désaccord manifeste entre ces résultats sur les protorganisraes, et les résultats foudroyants obtenus quand on plonge les infusoires ou les poissons dans des liquides contenant de très faibles doses de créosote.

Crésol. — Le crésol ou crésylol est contenu dans les créosotes du goudron de houille ; il a une odeur de créosote ; il se dissout assez facilement dans l'eau ammoniacale. Son action antiseptique parait assez puissante, mais n'a été que peu expérimentée.

Naphtaline. — La naphtaiineestuncarbured'hydrogène que l'on retire des tuyaux de condensation des usines à gaz; elle cristallise en lames rhomboïdales, incolores, transparentes et d'un éclat gras ; son odeur est forte et persistante; elle est insoluble dans Teau^ mais très soluble dans l'alcool et Féther ; ses dissolutions sont neutres. Le D' Fischer (1), privat-docent à l'Université de Strasbourg, a ré- •cemmeut insisté sur ses propriétés antiseptiques et c antibactériales ». L'urine abandonnée dans une atmosphère limitée de naphtaline reste claire pendant une semaine, et il ne s'y développe aucune bactérie. Quand on répand de la naphtaline en poudre sur des ulcères ou des plaies fétides, toute odeur disparait rapidement ;il n'y a d'ailleurs ni irritation de la plaie ni absorption nuisible de ce carbure. L'auteur dissout 100 parties de naphtaline dans 400 d'éthcr, et ce mélange est versé dans 1 ,200 grammes d'alcool ; on imbibe de la gaze avec ce liquide, très peu de temps avant le pansement - : l'éther et l'alcool s'évaporent presque immédiatement, et il se produit même de ce fait un refroidissement désagréable. La naphtaline très pure ne coûte en Allemagne que 1 fr. 15 c. le kilogr. (en France 5 fr.) c'est-àdire 15 à 50 fois moins cher que l'iodoforme, l'acide salicylique, le thymol, la résorcine.

TÉRÉBÈNE. — Sous Ics uoms d« térébène, terpène, térébenihène, terpine, terpinol, acide terpinique, on désigne un certain nombre de dérivés oxydés de l'essence de térébenthine, obtenus soit par l'action de l'air, soit par l'action de l'acide sulfurique. Plusieurs de ces composés, à oxygène disponible^ ont une action désinfectante très appréciée en Angleterre. Le professeur Maclean, à TÉcole de médecine militaire de Netley, a fait avec le térébène des expériences qui ont été favorables ; des selles infectes de dysentériques,

(1) Dr Fischer, Berliner klinUche Wochen^chifl. 18 novembre lS8I,ct Mtdicàl TiWM and Gaz9tt9, 17 décembre 1881, p. 718.

TËRÉBËNE. 177

des supparations fétides dans des cas d'abcès du foie oa d'empyèmei ont été rapidement et sûrement désodorisées ; on en a obtenu également un bon effet pour la désinfection des latrines. Le térébène a une odeur forte, rappelant celle du pin; il se dissout difficilement dans Teau, mais il se mêle en hautes proportions à Thuile et à la benzine, et sous cette forme, il a été employé pour les pansements antiseptiques.

Le térébène et ses homologues agissent par la petite quantité d'eau oxygénée qu'ils contiennent et peutêtre par Tozone. M. Berthelot, en effet, a constaté que l'essence de térébenthine pouvait absorber jusqu'à 5 p. 100 d'oxygène, soit 3,4 pour l'essence française dextrogyre, et 4,9 pour l'essence suisse, qui est lévogyre. Ces composés ont l'odeur de térébenthine ou de thym , et on les obtient non seulement de la térébenthine, mais des huiles de citron, d'eucalyptus, etc. Le V Bond de Glocester, M. Ch. Ringzett (1), le D' Poehl (2), en ont préconisé très hautement la valeur; c'est à ces corps oxydés que les inventeurs attribuent Tefficacité d'un désinfectant trop prôné à la dernière page des journaux anglais, sous le nom pompeux de c Sanitas ». Ce produit étant inconnu en France, nous n'avons pu expérimenter son efficacité. Mais les résultats contradictoires obtenus en Angleterre ne sont pas très favorables. Harding Crowther (3) a vu que le mélange à parties égales de vaccin et du liquide dit < sanitas > n'emp^^che pas l'inoculation de

(1) Ch. KingzeU, Disinfection and disinfectanU, (The sanitary Record, 1879, p. 370.) — Notes on practical disinfection and theuseofu Sanitas » as a sanitary agent {The sanitary Record ^ 15 January 1880, p. 348.)

(2) D' Pœhl, Reitrage zu der Desinfectionsmethode vermiitels Terpen kaltiger aetherischer Oels, [St, Petersà. med, Woch. 1879, p. 69 et Revue d'hygiène et de police sanitairej 1879, p. 510.)

(3) W. Harding GrowUier, Son^e experiments on the relative value of oniiseptics. (Médical Times and Gazette, 6 septembre 1879, p. 361.)

Vallin. — Désinfectants. ï%

réussir. Tripe et Stevenson (1) , Langstaff et Hare (2) ^ après de nombreuses expériences arrivent, à cette conclusion que le t sanitas fluidT^j ou t powdei* » ne désinfecte pas mieux que la chaux éteinte; ils reconnaissent toutefois que cette substance retarde la décomposition putride, mais qu'elle est peu active pour désodoriser les substances déjà putréfiées.

Acide thymique ou thymol. — L'acide thymique est un phénol qui se trouve dans Tessence de thym, dont il compose environ la moitié. Il se présente sou& forme de tables rhomboïdales ou de prismes, d'une odeur de thym , d'une saveur piquante et poivrée. Il a rinconvénient d'être très irritant, coûteux, et d'une insolubilité très grande dans l'eau, puisque celle-ci n'en* dissout que 3 parties pour 1000 ; il est au contraire trè& solubie dans l'éther. Il a sur l'acide phénique l'avantage d'avoir une odeur beaucoup moins désagréable.

C'est le D' Paquet (3) qui a le premier préconisé, en 1868^ l'emploi du thymol comme antiseptique dans le pansement des plaies et dans le traitement de la gangrène pulmonaire. Son action antiseptique a été trouvée par Jalan de la Croix notablement supérieure à celle de l'acide phénique,. à poids égaux, mais non pas à dépense égale : nous renvoyons pour le détail des chiffres au grand tableau de la page ilO. Disons toutefois que pour tuer les bactéries adultes, une solution de 1 sur 109 de thymol suffit, tandis^ que pour l'acide phénique, celle de 1 sur 22 est nécessaire. Les doses qui empêchent le développement des bactéries dans l'urine (Haberkorn 1 : 3000), dans l'infusion

(1) Tripe and Stevenson, DUinfectanU in ecntradUtinction to déodorant and antiputrefacHve agent t, {Médical Times and Gazette ^ 10 January i880,p. 51.)

(S) Lingstaff and E. H. Hare, Some further expérimente with certain tù ealled disinfeatants. (Sanitary Record, 1878» p. 353.) (S) ly Paquet, Bulletin général de Thérapeutique, 1868.

THYMOL, MENTHOL. |7»

de pois (Kûhn 1 : 3027), dans l'infusion de tabac (Bucholtz 1 : 2000), sont plus faibles que celles trouvées pour les bactéries du bouillon (1 : 1300).

Wernitz (1) a montré que la dose de 1 p. 100 empêche Faction de Témulsine, celle de la panc^éatine n'est arrêtée que par la solution saturée ; enfin Faction du ferment lactique n'est que momentanément suspendue.

Le thymol a été expérimenté comme neutralisant direct des virus, et en particulier du virus vaccin. Kobert (1878) et Kohler ont prétendu que l'addition d'une petite quantité de solution aqueuse de thymol au millième à de la lymphe vaccinale, ne diminuait nullement l'activité de celle-ci, et permettait au contraire de la garder très longtemps sans altération. E. Stem (1879), médecin de l'Institut vaccinal de Breslau, répéta ces expériences, et il s'assura qu'au contraire avec la lymphe vaccinale thymolisée la vaccination réussissait moins souvent : ainsi chez des enfants nouveau-nés, il eut 31 succès sur 100 avec une lymphe vaccinale légèrement diluée dans une solution de thymol au millième; d'autre part, le vaccin ainsi additionné se conserve inaltéré plus longtemps et est mis à l'abri des décompositions putrides ou septiques qu'il pourrait présenter.

Menthol. — Le menthol est un corps cristallisé, de la famille des alcools, qu'on extrait par le refroidissement de l'huile essentielle de menthe poivrée, dont il conserve l'odeur. Il se liquéfie et se volatilise au-dessous de -|- 30<* G ; il est peu soluble dans l'eau, mais l'est beaucoup dans l'alcool, Téther, la glycérine, les huiles volatiles.

Le D*^ A. Macdonald (2) a expérimenté et mesuré l'action antiseptique de ce corps, comparable au thymol. Un liquide

(1) Iwan Wernitz, U^er die Wirkung der AntUepiica auf ungeformtt Fermente, Dorpat, 1880.

(2) Archibald Macdonald, On a new antUeptic and anlineuralçic argent (Edinàurg médical Journal, août 1880» p. Itl ; et Retme de Bayem., 1881» XII, p. 65.)

de culture abandonné à lui-même est mêlé à une petite quantité (?) d'une solution de menthol à Lsur 1000. Au bout de 33 jours, le liquide de culture était encore exempt de bactéries, de tout microbe ; une même quantité de solution de thymol à 1 p. 2000 retarda jusqu'au 22* jour seulement Tapparition des microbes. De même, du thé de bœuf resta imputride pendant 20 jours avec la solution de menthol au 1/1000, tandis qu une solution d'acide phénique à 1/600* ne retarda que jusqu'au 6* jour l'apparition des protorganismes. Toutefois, l'action destructive du menthol est moins puissante que son action préventive; dans un liquide en pleine putréfaction, les bactéries ne sont tuées sans retour que par une solution de menthol à 1 p. 500, dose d'ailleurs insuffisante pour l'acide phénique.

Ces expériences sont intéressantes, mais nous ne trouvons pas, au moins dans Textrait du mémoire que nous avons sous les yeux, le titre définitif du mélange de liquide putride et de solution de menthol. Il semble toutefois démontré à l'auteur que le menthol a une action plus efficace (environ double) que l'acide phénique, à égalité de doses.

M. Ed. Heckel (1) a communiqué à l'Académie des sciences, en 1878, des expériences qui peuvent servir à montrer de quelle façon les acides salicylique, thymique, et certaines essences empêchent la végétation. M. Heckel a trouvé que une goutte d'acide phénique dilué empêche toute germination des graines ainsi humectées. L'acide salicylique, quoique presque insoluble dans l'eau, arrête instantanément la germination quand les graines sont arrosées avec une solution contenant 6 grammes d'acide pour 10 litres d*eau; mais tandis que l'acide phénique ne suspend que momentanément la germination, l'acide salicylique l'em-

(1) Ed. Heckel, De Vinfluence des acides salicylique, thymique, phénifsie^ et de quelques essences sur la germination. (Comptes rendus de r Académie des sciences^ iS août 1878, p. 681.)

ACIDE SALICYUQUE. . I8i

pèche définitivement. Le salicylate de soude, qui est très soluble dans Teau, n'a pas une action moins vive que Tacide salicylique. L'examen au microscope prouve que dans les graines ainsi traitées, les cellules de Fendosperme, les grains de fécule et d'aleurone, ne subissent au* cune des modifications que présentent les graines soumises à la germination ordinaire. Ces substances agissent donc comme antifermentescibles , aussi bien sur les éléments figurés que sur les ferments non organisés.

L'acide thymique présente la même action, à la dilution de 25 sur 1000 ; les essences de thym, de romarin, l'essence de térébenthine, à la dose de 5 sur 100, également. M. Heckel propose d'employer ces agents dans les cas où l'on a intérêt à conserver les grains et à rendre les semences capables de supporter des conditions cosmiques propres à développer leurs facultés germinatives. Il se demande si certaines graines qui se sont conservées intactes à travers les âges géologiques (Ile de Norfolk et Nouvelle- Calédonie), ne doivent pas leur conservation à des oléorésines ou à des essences provenant des arbres qui les portaient.

L'idée de M. Heckel est ^ingénieuse, mais on peut se demander si les graines conservées par le procédé qu'il recommande ne cesseraient pas d'être comestibles, et acceptées dans le commerce courant.

ÂGiDE SALICYLIQUE. — L'acidc salicyliquc est une poudre blanche, très légère, soyeuse comme le sulfate de quinine, dont l'odeur provoque l'éternuement et la toux ; son goût légèrement sucré puis styptique est un peu acre.

L'eau froide n'en dissout guère, par litre, que 1 gramme, la glycérine 20 grammes, l'alcool 150 grammes, l'éther 300 grammes.

C'est surtout Kolbe (1) qui a attiré l'attention des méde-

(1) H. Kolbe, Ueber eine neue Dantellungitmethode und einige berner kemwerthe Eigenechaften der SalieyUaure. (Jaurnil fur prakt, Chemie, 1874, T. X, p. S9.)

cins... et des industriels sur les propriétés antiputrides de Tacide salicylique. Il a montré que cet acide a le pouvoir d'empêcher Taction saccharifiante de la diastase salivaire dur Tamidon, la formation de l'essence d'amandes amères par l'action de l'émulsine sur Tamygdaline ; de s'opposer à la formation de l'huile essentielle de moutarde par la réaction de la mirosineet de l'acide mironique des graines de moutarde émulsionnées ; d'arrêter la propriété peptogénique du suc gastrique, la fermentation du sucre par la levure, la fermentation de la bière, la fermentation ammoniacale de l'urine, de retarder ou d'empêcher la germination des graines des plantes, etc. (Kolbe, Meyer, J. Mùller, Béchamp, Bucholtz).

On a employé l'acide salicylique comme moyen de conserver le vin, la bière, le lait, les sirops, les solutions médicinales des alcaloïdes (Limousin), les sangsues, l'encre, etc. Les préparations salicylées sont d'un emploi usuel dans la chirurgie antiseptique (ouate salicylée, solution contenant 1 gramme d'acide et 10 à 20 grammes d'alcool pour 200 grammes d'eau), etc. M. Hénoque qui, l'un des premiers en France, a fait connaître les propriétés antiputrides de Tacide salicylique et lui a consacré une monographie remarquable dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, M. Hénoque a essayé d'utiliser cet agent pour la conservation des pièces anatomiques. Pour les pièces de gros volume, on peut diminuer notablement la concentration de l'alcool, en ajoutant au mélange une petite quantité d'acide (eau 800, alcool 200, acide salicylique 2 grammes) ; la conservation toutefois n'est pas très durable.

En effet, des doses relativement faibles empêchent, dans les liquides facilement altérables, le développement des protorganismes ; mais cette action sur les ferments et les microbes est le plus souvent temporaire. L'acide salicylique suspend la fermentation, fait périr toutes ces poussières

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remnantes que renferment les solutions organiques ; mais bientôt, ferments et bactéries s'habituent à ce nouveau milieu ; les générations qui se succèdent rapidement dans le mélange salicylé résistent aux doses qui avaient détruit la vie de leurs ascendants, et le travail de fermentation se «*eproduit au bout de quelques jours. Neubauer et M. Bé- <îhamp ont spécialement constaté ce curieux phénomène •d'accoutumance des ferments et des germes animés à des doses progressives d'acides phénique et salicy lique . Il en résulte que pour obtenir un effet antiseptique durable, il faut à de fréquents intervalles ajouter des doses nouvelles •ou croissantes de Tagent conservateur. C'est pour cela que •dans les boissons alcooliques dont la conservation n est possible qu'à l'aide de l'acide salicylique, la dose de cette substance arrive parfois à atteindre jusqu'à l«f',50 par litre. L'expérience a montré que même avec cette dernière dose, des vins et des cidres de très mauvaise qualité subissaient bientôt une nouvelle fermentation acide ou putride. Nous reviendrons sur ce sujet qui est devenu une question importante d*hygiène alimentaire.

Bucholtz, opérant sur le liquide de culture de Bucholtz- Pasteur, a constaté, dès 1815, qu'une dose d'acide salicy- Jique de 1 sur 600 suffit pour empêcher le développement spontané des bactéries par l'exposition du liquide à l'air libre. Les bactéries, nées dans l'infusion de graines de tabac et portées dans le liquide de Bucholtz, n'étaient détruites «qu'en ajoutant 1 gramme d'acide salicylique à 932 grammes de ce dernier liquide, tandis que pour amener la stérilisation définitive des germes des bactéries nées dans l'infusion de tabac puis portées dans le liquide de Bucholtz, il fallait ajouter 1 gramme d'acide à 362 grammes de l'infusion de tabac contenant des bactéries. Dans les mêmes •conditions, Bucholtz n'obtenait la stérilisation avec le salicy late de soude que par les doses de 1 gramme de salicylate sur 217 grammes de liquide dans le premier cas, et sur 161 grammes dans le second.

Igl AHTISEPnCUES EW PARTICULIER.

Kiilin a fait ses recherches avec un liquide de culture originel différent (l'infusion de pois); il n'arrêtait le développement des bacléries portées dans le liquide de BuchoUz, que par les doses de i gramme d'acide salicylique sur "724 grammes de ce liquide, et de I gramme de l}prosalicylate de soude pour 934. La stérilisation définitive des germes de bacléries, nées dans l'infusion et portées dans le liquide de Buchoitz, n'était obtenue que par la dose de 1 gramme d'acide salicylique pour 616grammes de l'infusion de pois, ou 200 grammes de l'infusion de blanc d'oeuf. Il suffisait de 1 gramme de borosalîcylate de soude dans 93i grammes d'infusion de pois chargée de bactéries pour sljl'riliser définitivement les germes de ce liquide, servant à inoculer le liquide nutritif de Buchoitz.

Voici les conclusions auxquelles est arrivé, de son côté, Jalan de laCroix, en opérant sur du bouillon de viande. Si l'on porte 2 gouttes de bouillon rempli de bacléries, dans du bouillon frais contenant l pour 1000 d'acide salicylif(ue, le développement de ces bactéries n'a pas lieu; il SI? fait au cond-aire quand la dose tombe à 1 :li20; mais

ACIDE SALICYLIQUE. 185

Pour empêcher le développement de bactéries dans dir bouillon abandonné à Tair libre, il faut une dose minimum de 1 sur 3000 quand le bouillon est cuit, et de 1 sur 1120quand le bouillon est cru; dans le premier cas les germes^ sont stérilisés par la dose de 1 sur 600, dans le second, ils ne le sont que par celle de 1 sur 343.

En résumé, si nous admettons l'exactitude des chiffres ci-dessus, nous voyons que, dans les circonstances les plus^ défavorables, même avec la proportion énorme de 1 grammed'acide salicylique pour 35 grammes de liquide, on n'arrivepas à stériliser complètement les gennes des bactéries, et que pour tuer même les bactéries adultes, il faudrait parfois la dose excessive de 1 gramme sur 60! L'acide salicylique est donc un antiseptique commode, mais il ne donne pas de garantie absolue, et sa puissance est limitée^ Nous allons voir bientôt que les résultats de ces expériences ne sont pas- en désaccord absolu avec ce que la pratique du salicylage industriel nous a révélé en ces dernières^ années.

La très faible solubilité de l'acide salicylique dans Teau^ limite son action d'une façon souvent gênante. Bose de Berlin, Schwartz, ont montré que le mélange de l'acide salicylique et du borax augmente la solubilité et l'activitédu premier acide, car le salicyloborate de soude détruit les bactéries à une dose moindre que le même poids de l'un ou de l'autre de ces constituants. C'est ainsi que, pour empêcher du bouillon de viande de se remplir de bactéries, après qu'on y a eu versé 2 gouttes de bouillon putride, il suffit d'une dose de salicyloborate de soude égale à 1 sur 2,860, tandis qu'il faut une proportion de i sur 62 pour le biborate de soude seul, et de i sur 1,000 pour l'acide sa-^ licylique.

Les expériences ne sont pas toutes aussi péremptoires, et en général l'acide salicylique se montre plus actif que le borosalicylate ; toutefois le mélange de parties égales-

d'acide borique et d'acide salicylique a T avantage d'augmenter notablement la solubilité de ce dernier acide, sans affaiblir autant ses propriétés antiseptiques que si l'on avait ajouté un bicarbonate alcalin pour transformer l'acide en salicylate très soluble. En effet, les salicylates alcalins ont sur les protorganismes une action destructive et préventive beaucoup plus faible que Tacide salicylique, même en tenant compte de l'équivalent d'acide (T5 p. 100) contenu dans le composé salin. Bucholtz a trouvé que la solution d'acide à 1 : 100 est aussi antiseptique que la solution de salicylate de soude à 1 : 250.

Pour remploi externe, c'est donc exclusivement l'acide -qu'il faut employer ; la confusion n'a pas toujours été évitée, même dans les expériences que nous avons relatées plus

haut.

Toutefois, lorsque le salicylate de soude est introduit

dans les voies digestives, le sel est, dit-on, décomposé dans l'estomac, par l'acide du suc gastrique et l'acide salicylique est mis en liberté. M. Hallopeau (1), dit avoir constaté le fait directement chez trois chiens auxquels il avait fait ingérer ce produit pendant la digestion, c L'éther agité ^vec le contenu de l'estomac, puis séparé et traité par le perchloruro de fer, présentait la réaction caractéristique ; •ce dégagement d'acide salicylique dans les voies digestives permet d'admettre, à priori^ une action du sel sur les micro-organismes qu'elles peuvent renfermer. »

M. Hallopeau, qui préconise l'emploi de l'acide salicylique comme désinfectant interne dans la fièvre typhoïde, admet que, parvenu dans le sang, l'acide se combine de nouveau avec la soude, t Mais, d'après Nothnagel et Rossbach, cette combinaison est éminemment instable, et dans diverses circonstances, l'acide peut s'en dégager. Buss avait remarqué qu'un courant d'acide carbonique déplace l'acide salî-

(1) Hallopeau, Du traitement de la fièvre typkcHde par le calomel^ le salicylate de ioude et le mlfate de quinine, [Société médicale des hôpitaux. Séances du 13 aoùl 1880 et du 28 mai 1881. — Union médicale, 1881.)

ACIDE SAUCYLIQUE. 187

cylique, et avait admis que Tacide carbonique du sang pouvait avoir la même action ; on a reconnu qu'il n'en est pas ainsi à Tétat physiologique, mais Kœhler assure que la réaction se produit dans le sang asphyxique. >

L'acide salicylique est un sternutatoire assez violent ; quand on respire la poussière sèche de l'acide, ou la poussière produite par la pulvérisation de ses solutions, on éprouve une âcreté de la gorge et de la bouche, un besoin de tousser et d'éternuer fort désagréable. Cet inconvénient a fait renoncer à l'emploi du coton saupoudré d'acide salicylique, avec lequel beaucoup de chirurgiens avaient cru pouvoir faire le pansement ouaté de M. Â. Guérin.

Le même inconvénient limite, dans une certaine mesure, les services que peut rendre le vinaigre antiseptique de Pennés, dans lequel Tacide salicylique, mêlé à de l'essence d'eucalyptus, entre pour la forte proportion de 2 p. 100. La pulvérisation de ce vinaigre doit être évitée dans les chambres occupées par des malades dont les voies respiratoires sont susceptibles ou compromises ; son action antiseptique est d'ailleurs puissante, elle est surtout manifeste dans la conservation des cadavres et des pièces anatomiques.

Aux doses de 2 à 3 grammes en 24 heures, l'acide salicylique détermine chez certains malades des bourdonnements d'oreilles et une sorte d'ivresse comparables à ceux que produit le sulfate de quinine. Nous en avons observé plusieurs exemples récents chez de jeunes confrères, atteints d'affections rhumatismales douloureuses. Cependant, beaucoup de personnes ont pu prendre impunément des doses de 4 à 6 grammes, continuées pendant plusieurs jours. Par contre, toutes les fois que la sécrétion de l'urine est entravée, quand il existe une affection quelconque de l'appareil urinaire, l'élimination d'ordinaire très rapide de l'acide salicylique ne se fait plus, le médicament s'accumule dans l'organisme et l'on voit survenir des phénomènes

viiliK'i'antc (le crt a^eiit sur le ii auraient trouvé des ulcérations d auxquels ils avaient administré La dilution étendue et le fractioi mettent facilement d'éviter ces ao L'administration de très haute dyspnée, des convulsions généra parfois alors des ecchymoses sou des poumons, des épanchements s< L'action sur la température, sur encore incertaine et contestée.

L'acide salicylique est en somn fecilement supporté par Torganis desavoir s'il n'y a pas inconvénier caments, fut-ce à faible dose, dans sent notre nourriture journalière.

Cette question de la toxicité ou < salicylique a une grande importar l'hygiène. Depuis les premiers tr Neubauer, l'industrie a utilisé dan les propriétés anti-putrides de ce partout, dans le vin, la bière, le cic les confitures, le lait, le beurre-

ACIDE SAUGYLIQUE. 189

duction de cet acide par un procédé de synthèse et à Taide du phénol, cette substance ne coûte plus que 20 francs environ le kilogramme.

Le salicylage des denrées alimentaires est devenu une véritable exploitation ; les vins, les cidres, les bières, fabriqués avec des produits des plus basses qualités ont pu être introduits dans la consommation journalière, tandis que jadis une décomposition rapide en eût empêché le transport ou le débit. Pour donner une idée des progrès qu*a faits en très peu d'années cette pratique du salicylage, qu'il nous suffise de dire qu'en 1880 il a été employé en France 60,000 kilogrammes d'acide salicylique, sous diverses formes ; en mettant de côté ce qui a pu être consommé sous forme de médicaments, il reste environ 50,000 kilogrammes qui ont été appliqués à la conservation des denrées.

Beaucoup de personnes ont vu un danger à cette introduction de l'acide salicylique dans tous nos aliments. En 1880, le Comité consultatif d'hygiène publique de France a été consulté sur cette question; après des analyses et des expériences qui ont duré plusieurs mois, après un rapport très étudié de M. le D' Dubrisay, après une discussion approfondie au sein du Comité, le ministre de l'agriculture et du commerce a pris, le 1 février 1881, sur l'avis du Comité, un arrêté où l'on trouve ce qui suit :

c Est interdite la vente de toute substance alimentaire, liquide ou solide, contenant une quantité quelconque d'acide salicylique ou d'un de ses dérivés. »

Cet arrêté a soulevé les protestations les plus violentes, non seulement des fabricants d'acide salicylique, mais encore de tous ceux qui trouvaient dans cet agent le moyen d'écouler des produits alimentaires dont la vente sans cela eût été impossible. Un grand nombre de médecins, trompés ou mal renseignés sur les conditions dans lesquelles se faisait cette opération du salicylage, et jugeant

100 AMISEPTIQIES EN PARTICULIER.

la question plus en thérapeuUsies qu'en hygiénistes, ont appuyé les doléances de ces industriels et critiqué vivement l'avis Tormulé \}ar le Comité consultatif d'hygiène. Nous avons traité ailleurs (1) cette question si controversée ; nous ne voulons rappeler ici que les faits les plus importants qui justifient pleinement la décision ministérielle.

Sans doute, on n'a pas encore relaté d'accidents survenus par l'emploi alimentaire de l'acide salicylique; mais pendant combien de temps n'a-l-on pas méconnu la véritable nature de la colique sèche? depuis cinq ou six ans seulement qu'on commence à employer l'acide salicylique, est-il étonnant qu'on n'ait pas encore relevé d'exemples d'intoxication piir cet agent ? I)e ce que des doses assez fortes peuvent éti-e impunément supportées par certains malades, faut-il conclure que l'on pourra mêler aux aliments toute dose de médicament qui ne sera pas toxique? Permettra-t-on d'introduire, sous je ne sais quel prétexte, i milligramme d'acide arsénieux par litre de vin, quelques milligrammes de morphine par litre de lait ou de suhlimé par kilogramme lie beurre ? Qui nous prouve que l'usage continué chaque

ACIDE SALICYUQIJE. IIM

Vins »eos 8 à 12 centig. par litre.

Vins doux 19 à 15 — —

Vins nouyeaux doax.. 15 centij^. par litre eo deux fois.

Moûts doux 15à20 ccntig. par litre.

Bière 4à 6 — —

Beurre salé 50 centig. par kilog.

ConseryeSy confitures.. 50 — —

Jus de fruits à froid, . . 1 gramme par kilog.

Eau potable 1 — par hectol.

Viande Friction avec sel marin contenant 1 sur 20 d'acide

salicylique, ou immersion dans eau salicylée

Poissons Lavage et enveloppement dans un linge humecté

avec une solution à 3 p. 1000.

Les analyses faites par des chimistes dont Thabileté est universellement reconnue, entre autres celles qui ont été faites au laboratoire municipal de Paris, ont montré, dansdes échantillons saisis chez les débitants, des proportions infiniment supérieures. Il est possible assurément que les producteurs fassent sortir de leurs caves des vins où ils n'ont mis que 10 grammes d'acide par hectolitre ; mais quand ces vins sont de très mauvaise qualité, ils ne tar» dent pas à s'altérer ; le commerçant, afin de s'en débarrasser à son tour, y ajoute une nouvelle dose de l'agent antiseptique, et lorsque ces vins détestables arrivent sur le comptoir du débitant, l'analyse y constate les chiffres sui* vants d'acide salicylique : U'fiS — 1^^,36 — 18^,60,. 2 grammes et même une fois 3^,25.

Il en est de même pour les autres produits où l'on a trouvé les chiffres suivants :

Sirops 50 cenligr. à 1^^,50 par litre.

Bière 25 — à 1»%25 —

Uit 25 — à 85 —

Confitures 50 — par kilogr.

On a contesté la possibilité d'introduire des doses supérieures à 15 et 20 centigrammes, sous le prétexte que ces doses faisaient immédiatement cailler le lait. Mais si l'on a soin d'ajouter par avance une quantité de bicarbonate de

t9ll ANTISEPTIQUES EN PARTICULIER.

soude suffisante pour neutraliser Tacide, celui-ci peut être employé aux doses indiquées plus haut, sans que la coagulation se produise.

On pourrait croire que des vins contenant de si fortes proportions d'acide salicylique ont un goût insupportable, qui en décèle la falsification. Il est difficile d*en juger par la dégustation des vins saisis ; ces vins ont par euxmêmes, avant l'addition de Tantiseptique, un goût si désagréable, qu'il est mal aisé de faire la part qui revient à l'acide salicylique ; on coupe d'ailleurs ces mélanges avec des lies de vin d'Espagne, ou des solutions de glycose, afin que le goût sucré et chaud en masque les falsifications. Nous venons de faire dissoudre 2 grammes d'acide jsalicylique dans un litre de vin de Bordeaux de bonne qualité : le goût de ce vin est beaucoup moins modifié ^u'on ne pourrait le croire ; la première impression n'est nullement désagréable, mais au bout d'un instant Ton perçoit au fond de la gorge une sensation acre, brûlante, .une saveur un peu poivrée, qui est caractéristique. Certaines personnes non prévenues, surtout parmi celles qui n'ont pas le palais délicat, auraient certainement bu ce vin «ans faire aucune observation.

A part de rares exceptions, le salicylage n'est employé •que pour préserver les vins de basse qualité ; les individus qui sont forcés d'y avoir recours ne brillent pas toujours par la tempérance, et il n'est pas inadmissible que beaucoup d'entre eux sont exposés à en consommer très souvent deux litres par jour. Un homme peut donc à la rigueur absorber de la sorte et quotidiennement 3 grammes d'acide salicylique ; à cette dose viendra s'ajouter celle contenue dans la bière, le laitage, les aliments de toute espèce. Peut-on dire qu'il soit indifférent, au point de vue de l'hygiène^ de laisser vendre ainsi de telles doses de médicament? Un vin qui contient i gramme et plus d'acide salicylique, n'est plus qu'un vin médicamenteux ; le marchand de vin empiète sur le pharmacien.

ACIDE SALICYLIQUE. 193

Il ne fdut pas oublier d'ailleurs que Facide salicylique cause fréquemment des accidents d*intoxication chez les sujets dont les voies urinaires fonctionnent mal, et chez qui la sécrétion de Turine est entravée ; il y a accumulation du médicament. Or, que de buveurs chez lesquels les reins sont altérés, atrophiés ! Les lésions du rein ne Bontelles pas Tune des expressions habituelles de Talcoolisme? D'autre part, n'y a-t-il pas danger à laisser vendre du vin salicylé à des albuminuriques, à des convalescents, à des malades qui croiront faire usage de vin, c'est-à-dire du produit naturel de la vigne ?

Dans un travail récent publié dans le Deutsche Vierteljahrs. f. off. Ges., 1880, S'y p. 402, le D' Hans Vogel s'élève contre l'introduction croissante de l'acide salicylique ; il fait voir qu'un grand nombre des hygiénistes et des savants les plus autorisés, entre autres Fleck et Ness- 1er, sont très opposés à cette sophistication. Nessler, en particulier, fait observer que l'acide salicylique ne se trouvant naturellement ni dans le raisin, ni dans le vin fait avec le raisin, son addition est une tromperie sur la qualité de la chose vendue. L'Office impérial de santé de l'empire d'Allemagne, en parlant du vin et de la bière conservés par l'acide salicylique, dit qu'avant d'autoriser l'usage de cet agent, il faudrait qu'il fût parfaitement prouvé que son action n'est pas nuisible. H. Vogel demande avec Nessler que l'addition d'une quantité quelconque d'acide salicylique dans un vin soit mentionnée sur la pièce ou la bouteille ; c'est aussi l'avis auquel se rangeait en dernier lieu M. Pasteur.

Les propriétés antiseptiques et non contestables d'ailleurs de l'acide salicylique ont été utilisées de bien d'autres façons encore : substitution à l'acide phénique dans le pansement de Lister ; lavage des cavités, des clapiers, des plaies putrides, injections vaginales pendant ou hors l'état de puerpéralité ; poudre désinfectante employée en

Vallix. — Désinfectants. 13

Allemagne contre la sueur fétide des pieds (acide salicylique 3 parties, talc 81, amidon, 10).

Malgré Tabus qu*on en a fait pour la conservation des denrées alimentaires, il ne faut pas méconnaître que Tacide salicylique est un antiseptique précieux; s'il n'a pas Tefficacité certaine de plusieurs autres agents qui viennent au premier rang, comme le sublimé, Tacide sulfureux, le chlore, il n'en a pas non plus les inconvénients ni la toxicité redoutable. Nous énumérerons ses applications en traitant de la DÉSINFECTION nosogomiale.

Essence de Wintergreen. — L'essence de Wintergreen ou huile essentielle de gaultheria est un antiseptique qui se rattache étroitement à l'étude de l'acide salicylique ; c'est un éther méthylsalicylique qui, saponifié par la potasse, fournit facilement l'acide salicylique (Wurtz), Cette essence a d'abord été retirée de la plante dite gaultheria procumbenSy de la famille des bruyères. M. Cahours l'a retirée de l'acide salicylique au moyen de l'éther méthylique et de Tacide sulfurique. Cette huile essentielle, d'une odeur assez agréable qui Ta fait rechercher depuis longtemps en Angleterre pour la parfumerie, est peu volatile, insoluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool concentré ; la solution alcoolique se mêle assez bien à l'eau, mais quand la proportion de celle-ci est trop forte, le liquide devient trouble.

Cette essence a des propriétés antiseptiques incontestables, sur lesquelles MM. Lucas-Championnière, Périer, et plus récemment MM. Gosselin et A. Bergeron, ont appelé l'attention. M. Périer, médecin de l'hôpital Saint-Antoine, substitue souvent cette essence à l'acide phénique dans le pansement de Lister ; il emploie le mélange suivant qui a l'avantage d'être parfaitement miscible à l'eau :

Essence de Winlergrocn 30 grammes.

Teinture de quillaya sapooaria. 6 —

Eau simple i litre.

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