‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 64 sur 138 · DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS · texte numérisé non relu

DÉSINFECTION DES VÊTEMENTS

Aux expériences qui précèdent, nous pouvons toutefois opposer celle qu'a faite en 1819 le D' Werner dans l'étuve à désinfection nouvellement établie à l'hôpital de Moabit»

(I) A. Wernich, Grundri$g der Detinfection$Uh'e zum praktUchen GebroHCh; Wien, 1880.

prés de BeHin, et dont M. Merfce (l> a rvnda compte. H. Weroer a imbibé des boules d'ouale de liquides putrides dans lesqods EcMinnillaienl vibrions et bad^ies ; il enveloppa ces boalelles souillées dans une pièce épaisse d'ouate neuve, et après avoir sotidement lîcdé ce pa- (|uet, il k pMla dans rintérienr de l'étuve sèche obaul^ à -{- HSf. Au boal d'une heure, on ouvrit le paquet ; les tampons d'ouate souillée étaient parfaitement secs : on les introduisit, avec les précautions d'usage dans des tubes remplis de liquides de culture, et on porta les tubes ainsi ensemencés dans une étuve à incubation chauffée i -|~ 3"^*- Al) ^^'^^ ^^ plusieurs semaines les liquides de culture avaient conser^'é leur limpidité ; par conséquent la température de -f- 135* avait non seulement pénétré au centre des couches épaisses d'ouate, mais encore elle avait détruit la vitalité des bactéries putrides et de leurs fipores.

D'après un grand nombre d'expériences faites au laboratoire de Montsouris par M. Hiquel (2), on sait qae la fJupart des bactéries meurent à une température notablement inférieure à -J- "îO" C. : bacterium tertno, punctum, bactéries en forme de huit et de bâtomtets courts, aspergillus, pénicillium, torales, levures du vin et de la bière. I^es spores de bacilles au contraire résistent jusqu'à 'J~ 80* C, et même M. Miquel a vu les spores du bacillus subtilis enfermées dans des matras scellés, résister à la température de + 105' C. prolongée pendant 130 minutes.

C'est en partie la difTérence des liquides de culture qui taïl la différence de résistance à la chaleur : telle spore

Ij Mi-rka, bit ItftinftctlOTi-Hinrlchtung im HàdlUche» Baneken-Lasairlli iti Monbit. [YlrehoWi Arrhii; H wpkmbra I8T9, p. 498, « Rer^t d'hyaii'ne et 4e foliet tanltatrt, ltt~9, p. S9G.|

(II P. XifiHl, Étude çéHàraU mr les bacttrUi it Fatmetphére, {Am» ntaln ie rmurivlolre de MottliBiirii pour /'anN(« iS8t.)

CHALEUR. t8T

qui résiste dans du bouillon neutralisé, chauffé à 4~ ^^''^ meurt bientôt dans du bouillon qu'on a laissé légèrement acide. La durée de la chauffe est aussi un fait très important : M. Miquel a vu telle semence pouvoir supporter sans périr, pendant 5 à 10 minutes, une chaleur humide de -f- 140* C, et cependant ne pas résister deux heures à -f- 100* ou 102** centigrades. Toutefois le plus grand nombre des spores elles-mêmes, d'aprèâ Cohn, périssent au-dessous de -|-- 10** C, et l'observation journalière des laboratoires où Ton fait des cultures confirme assez bien cette opinion. 11 n'y a qu'un nombre relativement restreint de corpuscules-germes qui résistent à cette température, et qui ne sont détruits que par des températures notablement supérieures à -j- 100°.

Il nous resterait à étudier deux questions très importantes : quelle est la température maximum que les tissus et les objets de literie peuvent supporter impunément sans que leur couleur, leur texture, leur solidité, soient altérées ? quels sont les appareils les plus avantageux, dans la pratique, pour faire la désinfection par la chaleur ? Ces deux points exigeront un très long développement, aussi croyonsnous préférable de renvoyer cette étude à la seconde partie de ce travail, dans celle où la désinfection sera envisagée au point de vue de ses applications pratiques.

Nous ne jugeons pas utile de mentionner ici les résultats souvent extrêmement contradictoires obtenus par les mycologistes qui ont étudié Faction de la chaleur sur les microphytes. Beaucoup de ces observations sont déjà anciennes, et la science en ces matières s'est renouvelée on peut le dire depuis vingt ans. En outre, nous écrivons ici pour les médecins et les hygiénistes, non pour les naturalistes. Il faut donc craindre d'embarrasser la question, et de diminuer aux yeux des médecins la valeur si grande de la chaleur comme agent désinfectant, en mentionnant ici des faits exceptionnels ou des raretés de laboratoire. M. Cal-

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vert a trouvé dans certaines expériences que la tempécature de + 204* centigrades (400' Fahrenheit), était à peine suffisante pour détruire la vitalité de certaines bactéries! il est vrai qu*il n* arrivait pas non plus à les détruire avec les acides purs les plus violents (acide sulfurique, acide nitrique, etc.), non plus qu'avec les alcalis caustiques ! Il s'agit évidemment des corpuscules-germes, mal connus à Tépoque où se faisaient ces expériences, Quelques cas extraordinaires se trouvent aussi dans les mémoires de Koch, Loefîler, Wolffhûgel, Gaffky (1).

Laissant de c6té les minuties et les exceptions, nous pouvons dire que s'il est vrai que la vapeur à lOO"" anéantit toute vie, la température sèche de + 125* est suffisante en général pour détruire toute vitalité comme toute virulence ; nous pouvons donc adopter la conclusion à laque(le s'arrête M. Pasteur, dans le rapport fait avec M. Léon Colin, en 1880, au Conseil d'hygiène de la Seine, sur les étuves à désinfection, et qui fixe entre 100" et 110** la température qu'il suffit d'atteindre dans la pratique.

Nous empruntons à Elwyn Waller (2) le tableau suivant (voy. p. 239), indiquant le degré et la durée de température nécessaires pour détruire la virulence des liquides, tout en faisant remarquer combien sont contestables plusieurs des assertions exprimées dans ce tableau.

Acides sulfurique, nitrique, ghromique. — John Dougall de Glascow a étudié expérimentalement (3) l'action des acides sur les liquides fermentescibles.

Quand on abandonne à lui-même un liquide alcalin, neuti*e, ou très légèrement acide, on le voit se charger de my-

(1) Siruek, MiUheilungen aut dem Kaiser lichen Gteundheitsamtet in-4% BerliD, 1881 T. I, p. 301.

(2) Buck*s Hygiène, DiiinfeetanU, by Elwyn Waller, 1880.

(d) J. Doogall, CarMic and zymctic diseaget, {The Lancst, dO w>ûiiin^, p. S95.) — On putrefien and antiseptics. {Médical Times and Gazette, Î7 tyril 187S, p. 486.)

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