‹ Traité des désinfectants et de la désinfectionChapitre 70 sur 138 · ACTIU?( DES VAPEURS DE CHLORE SUR LE VACC15 DESSÉCHÉ · texte numérisé non relu

ACTIU?( DES VAPEURS DE CHLORE SUR LE VACC15 DESSÉCHÉ

Nombre de vésicules Nombre de vésicalet

Dorée de Texposition. obtenues avec obtenues sur Tantre bras

les aiguilles vierges, avec les aiguilles désinfectées.

5 minutes. 3 sur 3 piq. 1 sur 3 piq.

L'on voit qu'à part une seule exception, les trois piqûres faites sur le bras de chaque enfant avec les aiguilles vierges ont produit trois vésicules, tandis que dans la plupart des cas les trois piqûres faites à Tautre bras de chaque enfant avec le vaccin soumis aux vapeurs de chlore n'ont donné qu'une ou deux vésicules, ou même rien. En outre, les premières étaient larges, volumineuses, tandis que les rares vésicules obtenues avec le vaccin neutralisé étaient très petites, comme avortées.

L'on peut reprocher à ces recherches, comme à celles de M. Peuch, de ne pas avoir dosé les quantités relatives de chlore et de vaccin ; ce reproche n'est plus applicable aux résultats qui suivent.

CEfLORE. - CHLOBURES, ETC. {93

Le D' G.-M. Slernberg (I), à la suite d'expériences parfailement conduites et Tailes h l'instigation du Conseil national sanitaire de Washington, est arrivé à la conclusion suivante :

En exposant pendant six heures ou plus, des plaques d'ivoire chargées de vaccin desséché, dans une atmosphère contenant au moins 1 volume pour cent de gaz chlore, le vaccin cesse d'être inoculable. Sternberg ajoute, d'après d'autres expériences, que cette dose de 1 pour 100 dans l'air assure également la désinfection par les gaz acide sulfureux et acide hypoazotique. N'oublions pas que celle proportion est déjà très considérable, puisqu'elle correspond, pour une chambre de SO mètres cubes, à plus de 5 kilogrammes de chlorure de chaux sec à 90 degrés chlorométriques , dont on ferait dégager tout le chlore , ce qui est d'une réalisation fort difficile en pratique.

M. Baxter a étudié la résistance du virus septicéraique à l'action du chlore. Tandis que la sérosité scptique, provenant du péritoine d'un cobaye, amenait la mort de l'animal en 48 heures, la même quantité du même liquide additionnée de solution aqueuse de chlore ne troubla en rien la santé de deux animaux de même sorte. Dans un des cas, la proportion de gaz chlore dans le mélange total était de 0'',0"Î815 pour 100 ; dans le second cas, cette proportion était de O^'.ISGS pour 100.

L'action du chlore parait ici un peu plus puissante que sur le vaccin. Il est regrettable que ces expériences ne soient pas plus nombreuses, qu'elles n'aient pas été contrôlées par d'autres observateurs, et qu'elles ne fassent pas connaître à quel degré de dilution s'arrête le pouvoir neutralisant du chlore. Nous n'avons trouvé sur ce

(1) Slernberg, Kxperimentt detigued to tett tht value of certain çaieev$ and volalilf diiinfeelanl$. {Nalianat Board of Health Bulletin (WashiogtoD), 1880, I. l-, p. ai9, et 1S81, p. SI. — Revue d'hgfii»e et de paliee tanilaire, 1880, p. 810.)

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sujet qu'une indication très incomplète, dans un mémoire du D' Burdon-Sanderson :

c Je ne veux dire qu un mot d'expériences faites avec les antiseptiques par Anders. Il prit un fluide dont la propriété septique avait été reconnue ; il y ajouta de Tacide salicylique en quantité suffisante pour agir comme germicide, et trouva que malgré cela le virus était resté aussi actif qu'avant. Le même résultat fut obtenu avec le

chlore. »

Nous n'avons pu réussir à nous procurer le texte même des expériences d 'Anders (1).

Iode et brome. — Dans ses Recherches relatives à l'action des substances antiseptiques sur le virus de la septicéfnîe, M. Davaine (2) n'hésite pas à déclarer que l'iode est le plus puissant des antiseptiques, ce mot étant pris ici dans un sens très général. Cette appréciation, venant d'un observateur aussi rigoureux, justifie l'importance que des expérimentateurs déjà anciens avaient attribuée à l'iode comme agent de désinfection.

Boinet, dans son Traité dHodolhérapie, avait dès 1840 consacré un chapitre à cette action topique de l'iode. Sans doute Boinet avait le tort de confondre les propriétés désinfectantes d'une substance médicamenteuse avec son action cicatrisante, excitante sur les boirrgeons charnus ; c'est, ditil, parce que l'iode est un modificateur puissant et prompt des plaies de mauvaise nature, qu'il est un excellent désinfectant. Velpeau, dans la grande discussion qui eut lieu en 1859-60, à l'Académie de médecine, affirmait que depuis

(1) Anders (Krnsi). Experime nielle Beitrùge zur Kentnûs der camalen Momente putrider intoxication. Dorpat, i876, Disscrtution inaugurale.

(2) Dayaine, Recherche» relatives à Vaction des substances antiseptiques sur le virus de la septicémie. {Gazette médicale 1874, p. 44. Note lue 4 la Société de hiologiet 10 janvier 1874.)

IODE. — BRUNE. m

30 ans l'usage de la teinture d'iode pour modifier et assainir les plaies était généralement adopté.

En 1852 {Union médicale, p. 463 et 745), Magendie avait observé que les solutions iodées avaient la propriété de conserver les matières animales ; il garda pendant très longtemps un fragment de rate dans de l'eau iodée, sans aucune trace de putréfaction, et proposa l'emploi de ce liquide pour conserver les pièces anatomiques.

M. Duroy a présenté en 18S4 à l'Académie de médecine le résultat de ses expériences sur l'action désinfectante de l'iode; du lait, du gluten, du sang, de l'albumine furent placés dans des flacons et arrosés chaque jour avec un peu d'eau pour en entretenir l'humidité. Dans la moitié des flacons, on ajouta un peu d'iode ; les flacons ne contenant pas d'iode exhalaient au bout de peu de jours une odeur putride, tandis que par l'addition d'iode, au bout d'un mois ces substances étaient dans un état parfait de conservation et sans aucune odeur.

Les résultats sont satisfaisants ; mais il faut remarquer que M. Duroy ajoutait 1 centigramme d'iode métallique par gramme de substance putrescible (gluten, sang, albumine, etc.) ; la dose est relativement énorme, puisque pour conserver ou désinfecter un kilogramme de viande, il faudrait 10 grammes d'iode métallique. Il ne faudrait donc pas juger de la valeur antiseptique ou neutralisante de l'iode par ces expériences.

Selmi a montré, il y a longtemps, que la solution aqueuse de tartre stibié a la propriété de dissoudre une quantité notable d'iode : 6 parties d'émétique et 31 parties d'eau dissolvent ■iï',i2 d'iode. M. Boinet (1) a employé ces mélanges, afin d'écarter toute action de l'alcool dans ses expériences sur la valeur antiputride des solutions iodées et bromées. Il a même trouvé que la solution d'émétique

(I) boinM.Oet déiinfeetantt ttde leur» applicaliùHt à la thérapeutique. {GttUtU h^iomaûawe, 1862, p. 616.)

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bromée avait une action conservatrice plus énergique qoe la dissolution d^émétique iodée. Les liqueurs sont acides, sans doute par la formation diacide iodhydrique et antimonique. Avec les solutions formulées plus haut, Boinet a ])u conserver des préparations anatomiques à l'abri de toute fermentation, sans altération de la forme, du volume, de la structure des parties. Il a constaté en outre de la façon la plus manifeste que les mélanges iodés désinfectaient rapidement les plaies les plus infectes.

De son côté, dès 1856, guidé par les expériences de Reynoso qui détruisait les effets vénéneux du curare par le brome et Tiode, 0. Réveil (1) institua une série de recherches pour savoir si le brome et l'iode détruisaient également les propriétés toxiques de certains produits morbides. Il opéra sur du pus de chancre, du vaccin, des matières en putréfaction et toujours, dit-il, lorsque l'expérience était bien faite, il a constaté que les propriétés toxiques ou spéciales de ces divers produits étaient détruites. Ces expériences furent faites comparativement sur rhomme pour le vaccin et le virus vénérien, et sur des animaux pour le pus et les matières en putréfaction. 0. Réveil conclut de ses expériences : c que le chlore, le brome et riode, détruisent d'une manière certaine l'action toxique des virus, des venins et des matières en putréfaction, i II est regrettable que Réveil n'ait pas donné le détail de ses procédés opératoires, et qu'on soit obligé de s'en rapporter à cette appréciation sommaire ; voici les seuls renseignements que contient son mémoire : « Le brome a paru agir plus énergiquement que l'iode ; mais son odeur infecte, son prix plus élevé et son action plus irritante, lui ont fait préférer Tiode, qu'il a employé sous forme de teinture. Dans toutes ces expériences, l'iode et le brome ont été administrés à très faibles doses, afin que par leur

(1) 0. Réveil, Lûc. cit, (Archiva de médecine, janvier 1863, p. 5.)

action cautérisante ils ne pussent pas s'opposer à l'absorption. > pour le pansement des plaies, Réveil a employé avec succès une solution contenant de 3 à 20 grammes de teinture d'iode par litre d'eau. La solution la plus faible (5 p. 1,000) appliquée en fomentations ou en injections dans des cas de gangrène de la bouche, de rétention du placenta, d'eczéma du cuir chevelu, enleva complètement l'odeur qui était infecte.

Beaucoup plus récemment, ^^'crnil^ (1) a constaté que l'action du brome sur les ferments inorganisés oscillait entre les doses de 1 p. 2,840 et de 1 p. 31,1000; pour l'iode, la dose nécessaire variaitde 1 p. 1,000 à p. 34,000.

De son côté Jalan de la Croix (â) a trouvé lui aussi que l'action antiseptique du brome était plus puissante que celle de l'iode. Pour tuer les bactéries adultes dans du bouillon, il suffit de 1 de brome sur 2,550 de liquide total, tandis que pour l'iode la proportion doit être de 1 sur 2,000 ; la stérilisation des germes est obtenue avec le brome par 1 sur 330, avec l'iode par 1 sur ■ilO,

Pour empêcher du bouillon crû abandonné à l'air libre de se peupler de J)actéric8, il faut 1 p, S,600 de brome, ot 1 p. 2,010 d'iode; dans les deux cas, il faut pour stériliser défini tivement les gennes une solution à 1 p. 830.

Jusqu'ici ces expériences ne nous ont montré que l'action antiseptique de l'iode et, à ce titre, ces observations eussent pu trouver place dans le ciiai)itre consacré aux antiseptiques. Noua avons préféré cependant ne pas morceler cette étude, et nous croyons devoir laisser ces deux agents à la place qu'ils méritent véritablement. En effet, nous allons voir que les recherches modernes ont fait re-

(I) [wan Waroiti, Ueber die Wirkuitg der AntùeptUa auf utigeformtt Ffrmrnte; Inaut.-. Uissen. Dorpal, IKSO.

[il D' Nieolal Jalan île la Croix, Da* Verhalten der Bakterim rfe* Fleiiehvaatn gegen einige AnlùrpUea. [Arth.f. exptrim. Patbologit.iSi \a.Df. ISSI. T XIII, p. 175 ilSS.)

300 DÉSINFECTANTS EN PARTICULIER.

connaître dans Tiode un agent antivirulent dont on soupçonnait à peine la puissance. Déjà Rayer avait employé la teinture d'iode affaiblie comme agent antivirulent dans la morve (Laborde, Gax-. méd., 1814).

M. Davaine, dans un premier travail (10 janvier 1814), avait étudié Faction de Tiode sur le virus charbonneux, et dans 21 expériences, le mélange de 1 partie d'iode métallique avec 12,000 parties de virus dilué rendit complètement inerte un liquide virulent dont 2 gouttes suffisaient pour tuer un cobaye.

M. Davaine a repris et complété ces recherches en 1880 {Académie de médecine j 21 juillet). Il mélangeait 1 centimètre cube de sang charbonneux à 1 litre d'eau pure ; quelques gouttes de ce mélange, inoculées à un cobaye, amenaient rapidement et sûrement la mort. Dans ce liquide de virulence certaine, M. Davaine versait alors quelques gouttes d'une solution d'iode, représentant une quantité très exactement dosée d'iode métallique. Au bout d'une heure de contact, le nouveau mélange pouvait être impunément inoculé aux cobayes ; il ne produisait plus le charbon. 11 a vu que cette neutralisation pouvait être obtenue non plus par une solution iodée à 1 p. 12,000, mais, bien par 1 p. 150,000, c'est-à-dire en dissolvant 1 centigramme d'iode métallique dans 1 litre et demi de virus charbonneux très dilué, mais encore très actif. C'est de ces expériences qu'est née l'idée d'employer contre la pustule maligne les injections sous-cutanées d'eau iodée (20 à 50 gouttes d'une solution contenant 1 gramme d'iode métallique, 2 grammes d'iodurc de potassium, pour 1 litre d'eau). MM. Stanis Cézard, Raimbert, Balâdoni, Rémy, Labbé, Chipault, etc., par des injections autour des pustules malignes, par des applications extérieures et l'ingestion par Testomac et en lavements de solutions semblables, ont obtenu des succès qui semblent se confirmer.

En agissant sur du virus septicémique très dilué, mais

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