DÉSINFECTION DE L'URHE ET DES SELLES, ETC. ÎTS
DÉaiSFECTION DES SKCn^.TIOSS , DE l'uBI^E ET DES SELLES
DES MALADES. — Nous croyons (Icvoir rattacher à la désinfection internp l'emploi de lacide benroïque et du benzoate de soude qui, ingérés sous forme de potion glycérinée à la dose journalière de 1 ii 4 grammes, empêchent la décomposition de l'urée et la fermenlalion ammoniacale de l'urine. MM. A Robin et Gossclin (I) ont montré qu'on pouvait de la sorte prévenir les accidents' d'empoisonnement qui sont la cons6t|ucncc fréquente de la résorption de ces produits de fermentation.
Li térébenthine parait avoir, dans une certaine mesure, une action comparable. L'on sait à quel point est infecte d'ordinaire la salle des gâteux à l'infirmerie de Bîcétre. En 1872, M. Constantin Paul (2), chargé do ce service, chercha à conjurer cette infection qui persistait malgré dea soins rigoureux de propreté. Il s'assura que la mauvaise odeur résultait de la fermenlalion ammoniacale de l'urine qui souillait la paille des couchettes. Il fit ajouter aux aliments des malades, chaque jour, à chaque repas, une pilule de 20 centigrammes do térébenthine cuite ; l'infection disparut bientôt complètement, et l'on s'assura que l'urine rendue résistait dès lors pendant 24 heures à la fermenlalion. Pendant dj lr>ngu::s années, ce trailement est resté général à riiilirmeric des gâteux à Bicôtre.
Dans une séance de l'Académie des sciences (24 juillet 1839), au cours de la discussion sur la valeur désinfectante de la poudre de coaltfir, M, Payen disait avoir fait l'expcricnce suivante. L'addition d'une faible dose d'essence de térébenthine dissoute dans l'eau lui a suffi pour prévenir la putréfaction de l'urine pendant plusieurs jours; une
(I) Cossdiil tl A. Robin, Trailcmeat de la cytlile ammùaiaeaU par racide benzoliue. [Arcli. géa. de med. T. XXIV, p. 566.) (i) CoDslaolia Paul, DéùiifecUon Uei tallet de ijâleiw. (Riptrtùire de
pharmacie, lS13,a'li.]
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autre partie de la même urine abandonnée à elle-même subissait rapidement une fermentation ammoniacale très prononcée. Payen attribuait dès lors ce résultat à Tozone formé par les vapeurs de térébenthine et qui produit des oxydations rapides capables d'arrêter le mouvement de fermentation. Il nous a semblé intéressant de rapprocher Texpérience de Payen, du traitement en quelque sorte hygiénique que M. C. Paul fit beaucoup plus tard subir avec succès aux infirmes de Bicétre.
L'ingestion stomacale d'acide borique (4 grammes), de borate de soude, d'acide salicylique (1 à 2 grammes) diminue également la fermentation ammoniacale de Turine dans la vessie. Mais quand cette action n'est pas suflisante, il faut désinfecter directement l'urine dans la vessie, /)ar l'injection de certains liquides désinfectants. M. le professeur Félix Guyon emploie journellement, dans les cas de cystite chronique et de fétidité de l'urine, rinjecliou daus la vessie d'une solution saturée d'acide borique , soit 4 grammes d'acide dissous dans 100 grammes d'eau tiède à -[" 37". MM. Picot et Dubreuil ont de même obtenu des succès par les injections intravcsicales de solutions à 1 pour 200 de silicate de soude, mais d'autres observateurs ont vu dans ce dernier cas survenir des accidents, et le moyen est aujourd'hui presque abandonné.
Ces lavages désinfectante peuvent encore être faits avec l'acide phénique (25 centigrammes à 1 gramme par litre d'eau), le sulfite de soude, ctc; ils doivent toujours être pratiqués avec de l'eau à -|- 31°, et ne pas dépasser notablement 50 à 60 grammes, à moins qu'on n'emploie une sonde à double courant.
Dans les cas de hronchorrée fétide , la décomposition du mucus stagnant dans les culs-de-sac bronchiques donne naissance à des acides gras dont la fétidité est extrême et simule la gangrène : les expectorants, les vomitifs, en évacuant ces produits concrets, réussissent parfois à supprimer