DÉSINFECTION DE L'URINE ET DES SH-LES, ETC
surtout les condiments acres sulfurés (ail, oignon, moutarde, poivre, raitort) ne sont pas seulement des excitants; ils détruisent encore la vitalité des ferments organisés et vivants qui troublent souvent la digestion. Ils sont sans action nuisible sur les ferments physiologiques qui constituent les sucs gastrique et pancréatique, mais ils tuent les ferments figurés accidentels, qui déterminent parfois la décomposition putride du bol alimentaire dans l'estomac ou les intestins. L'expérience montre, en effet, que dans certains cas des doses assez fortes de ces épiées sont très bien supportées par des dyspeptiques invétérés, atteints sans doute de dyspepsie putride (1).
Nous parlerons longuement, dans un chapitre ultérieur, de la désinfection des matières fécales, des vidanges, des égouls. Mais nous croyons devoir ici, en traitant de îa désinfection nosocomiale, indiquer les moyens de désinfeclor ies selles parfois infectantes ou virulentes rendues par les malades. >'on seulement il est nécessaire de dé.sodoriser ces selles qui sont une cause de souillure de l'air de la salle, mais il est indispensable de les neutraliser avant de les jeter dans les fosses ou les égouls qu'elles pourraient ensemencer de germes redoutables. S'il est vrai, comme le disait Budd, qu'une seule selle typhoïde peut infecter le réseau deségouts d'une grande ville, n'est-il pas indispensable de dénaturer ces matières avant de les jeter dans les fosses ou à la voirie ?
La désodorisalion des selles est parfois très difficile, surtout dans certaines maladies où leur putréfaction atteint dans l'intestin un degré insupportable; il suffit de citer la lièvre typhoïde, la dysenterie chronique, etc. ; dans aucune maladie peut-être la putridité n'est aussi manifeste et l'odeur aussi tenace que dans la diarrhée
(1) Dujanlia-Beaumelz, Ltçont lit clinique thérapeuligut, t. I, p. 3W.
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de Cochinchine. Voici les substances qui nous ont le mieux réussi :
Chlorure de zinc, sulfate de fer ou de zinc, 13 à 30 grammes par lilre, à employer dans les 24 heures, par malade;
Terre sèche de jardin, portée au four; on en verse oOO grammes sur chaque déjection. La poussière provenant des balayures, la suie, le charbon pulvérisé produisent également un excellent effet; les cendres de foyer sont moins efficaces, mais d'un emploi très pratique.
11 ne faut compter que bien faiblement sur les vases et les sièges où les bords du couvercle sont noyés dans une couche d*eau, de glycérine ou de sable ; ces occhisions hermétiques sont illusoires, par la négligence du personnel ou du malade, par le dérangement facile des appareils; il est plus simple de vider immédiatement les bassins. Nous trouvons décrites dans le rapport de M. Schlcissner sur les hôpitaux de Copenhague au Congrès de Bruxelles en 1811, des chaises destinées aux hôpitaux et qui peuvent avoir des avantages, surtout quand elles servent à un certain nombre de malades pendant la nuit. Entre la lunette du siège et le bassin se trouve rouverture d*un conduit qui débouche dans une cheminée d'appel où brûle un bec de gaz; il se fait donc constamment un courant d'air rapide du bassin vers la bouche aspiratrice ; il est difficile que les émanations se dégagent dans la salle, mais il est nécessaire que Tappareil reste à demeure, fixé toujours à la même place, ce qui rend son emploi difficile pour les malades atteints de maladies graves.
Le désodorisant le plus actif est le chlorure de zinc; à la dose de 1 à S pour 100, il fait souvent disparaître immédiatement Todeur; il est en même temps à cette dose un véritable désinfectant, il neutralise les matières suspectes.