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AU TRANSPORT DES MALADES

Cette désinfection a été jusqu'à présent très négligée; elle est indispensable, trop d'exemples l'ont démontré.

Vn wagon de chemin de fer, une diligence, une voilure de place, un brancard, une chaise à jwrteur, peuvent étrf souillés par un malade, et transmettre ainsi une afTeciioa contagieuse soit à un individu sain, soit à une personne atteinte d'une maladie différente. Trop souvent en France un varioleux en pleine éruption ou convalescent se fait conduire à riiôpital ou ailleurs dans une voiture publique, sans qu'il soit possible jusqu'ici de prendre aucune mesure prohibitive. En Angleterre, en pareil cas, le cocher surveillé par la police est déclaré en contravention (1); sa voiture est saisie, conduite à la fourrière et désinfectée à ses frais, sauf recours contre le malade ou ses représentants ; la dépense monte parfois à 100 francs et au delà.

(I) Fauvel el Valliu, De fisolement den malade» dann ies kàpiUux, Rapport au Congrès iulernalional «l'hygiène k Parii, en 18T8, Commit rendu gténographique, Paris I8S0, T. 1, p. 704.

DfiSINPECTWX DES VfiHlCL'LES. r.îii

En Angleterre, en Belgique, l'assistance publique ou la police urbaine entretient des voitures spécialcfl pour ces transports ; A Paris, le préfet tie police vient d'en faire construire un certain nombre qui sont mises h la tlisposition du public. A chaque fonctionnement, ces voitures doiventètpc désinfectées, afin qu'un variolcux quila quitte ne puisse pas donner la variole au scarlatineux qui y rentre unedemi-heopcplus tard(l). AParis.la désinfection !te fait A l'aido de l'ncidc nitrcux qui se dégage en se dialysant à travers une épronvcito en terre poreuse, renversée sur un vase plein d'eau alcoolisée, et dans lequel on a Introduit des cristaux des cbambres de plomb, d'après le procédé de MM. r.irard et Pabst. Il faut de même désinfecter le brancard qui sert A irarffiporter les maladcsde leur domicile h l'hôpital, à moins que, comme en Angleterre, il n'existe un grand nombre de rosvéliirulcs.ayanlchacun une couleur spéciale affectée excUisivcmeiil à la même maladie. Ces voitures ou ces brancards doivent être construits et agencés de telle snrie que leur désinfection soit rnpide, facile, peu conteuse. Les parois Intérieures et extérieures doivent être imperméables, peintes et vernies ; les lissus de laine ou autres en seront proscrits; les garnitures des coussins doivent être mobiles, et exclusivement en cuir ou en toile vernis, faciles t laver à grande eau on à l'éponge avec des solutions d'acide pbéniquc ou de chlorure do zinc A 2 0/0 (2), L'intérienr doit pouvoir être lavé à* grande eau, à l'aide de pompes à incendie. Les acides nitrcux, hypoaïoliquc, sulfureux, à l'état de gaK, l'acide jiliéniquc en vapeurs obtenues en brillant 5 à 10 grammes d'acide cristallisé sur une pelle rougie, sont des agents très utiles pour désinfecter les voitures tendues d'étoffes et capitonnées. Les wagons

ilj A.-J. Wnriiii, Le tianupart Jeu perxaiiiieK attnntet île maladie» roHtmjieute* iRtviie d'hygiène et de pelîee tanilaire, ISBO, p. ISN).

(1) A. V.aU\e, On tome public heallh point» in Ihe mr'iitff^infnl ofa imall-pox Himpiial. [iUdfrBl Timn anA V.a-.elte, M Juin 1880, |>. eOS^TS, ït Revae d'Iiygliiit et (te psiice lanltaire, 1880, p. 816.)

5i4 DÉSINFECTION KOSOCOMIALE.

de voyageurs ou de bagages, quand ils ont reça des malades suspects, pendant une guerre ou une épidémie, doivent être désinfectés comme les autres locaux. Une commission spéciale nommée à cet effet aux États-Unis \iei« de consacrer un long mémoire à cette question (1). En Russie, après la guerre contre les Turcs, on y faisait des fumigations d'acide sulfureux, d*acidephénique cristallisé jeté air une plaque rougie, d'acide hypoazotique, de chlore, etc.

Le Dr V. Fatio (2), de Genève, a communiqué à rAcadéime des sciences (12 avril et 26 octobre 1880) le résubt d'expériences dont il a été chargé par le département féd^ rai du commerce et de Tagriculture en février 1880. Ha fait voir que 50 centimètres cubes d'acide sulfureux anhydw ou liquide par mètre cube d'air, suffiraient à tuer en deui heures le phylloxéra et ses œufs dans un 'wagon fermé ;les mêmes effets mortels pouvaient être obtenus immédiatement à l'air libre, en pulvérisant contre les parois d'un wagon découvert, à 40 ou 50 centimètres de distance, la mêmt? dose d'acide liquide par mètre carré de surface. Il a répété ces expériences dans un espace de 6 mètres cubes 73, qu <m avait soin de clore très imparfaitement ; la dose dc50centimètres cubes d'acide liquide par mètre cube d'espace suffit à tuer en quelques minutes soit le phylloxéra, les insectes mous de nature analogue et leurs œufs, soit tous les végétaux purement herbacés ; les graines parfaitement sèches soumises à la même influence ont pu toutefois germer cl pousser après cette désinfection.

II serait désirable que les mêmes expériences fussent faites sur les germes microscopiques, sur les microbes, les virus, etc. L'auteur a vu que la destruction de la vie ou de l'activité est d'autant plus prompte et plus certaine, que les corps exposés étaient plus humides et

(1) The Sanitarian, New-York, 1882.

(2) D** Fatio, Ditinfection des véhicules par Vaeide sulfure iljc anhifdrf {Arehii*es des sciences de la bibliothèque utiiverselle de Genève^ avnl et novembre 1880 ; cl La Nature, 2 juillet 1881, n« 422, p. 70).

DÉSINFECTION OBLIGATOIRE. s»

pénétrés de liquides. Toulefois, l'humidité excessive de l'atmosphère fixe une partie des vapeurs d'acide sulfureux et diminue d'autant l'action sur les objets qu'on veutdétruire ou désinfecter.

M. Fatio emploie un flacon muni d'une lance articulée, et injecte sous pression la dose de fluide désinfectant qui lui parait nécessaire; les 50 centimètres cubes d'acide liquide qu'il emploie par mètre cube d'espace, correspondent à la quantité d'acide sulfureux développé par la combustion de 3S à 36 grammes de soufre dans un mètre cube. Le jour où la fabrication de l'acide sulfureux liquide se sera généralisée et où le prix de ce produit sera notablement abaissé, il sera sans doute possible de recourir à ce moyen de désinfection pour les voitures destinées au transport des malades; actuellement, l'acide sulfureux ne peut être employé qu'à l'aide de la combustion du soufre à l'air libre.

L'emploi de ces divers agents ne présente d'ailleurs ici rien de particulier et nous renvoyons au chapitre consacré à la DBsiNt'ECTioN DES LOCAUX. Il en est de même pour les navires (i) qui servent si souvent à l'évacuation des malades, dans les épidémies au cours d'une campagne (désisfegtio.n des .navires). La désinfection est aussi indispensable ici que dans une salle d'Iiopital infectée, une prison, et tout local où a régné une maladie contagieuse.

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