DÉSINFECTION OBLIGATOIRE
rets de la communauté sont exposés à être compromis par r^ la négligence ou Timprudence d'un seul. L'Ordre que nous ^ avons sous les yeux dit que les officiers de police, les ■ shérifs, les constables et autres fonctionnaires de TEtat doivent concourir à l'exécution de ces règlements. Aucune indemnité n'est due par la communauté au propriétaire "des objets qu'il aura infectés par sa faute, et qu'il aura il fallu détruire. Toutefois, on accordera une indemnité aux personnes qui ne sont en aucune façon responsables de la contagion et dont les objets, souillés malgré eux ou malgré les précautions qu'elles ont prises, auront dû être détruits f par les autorités sanitaires dans l'intérêt de la sécurité publique. L'Ordre recommande de poursuivre aussi sévèrement que des meurtriers ceux qui cherchent à dissimuler les cas de variole. Une copie des instructions qui précèdent est envoyée immédiatement dans toute maison où se développe un cas de variole, et la reproduction en a lieu en temps d'épidémie dans tous les journaux.
Quelques-unes de ces prescriptions nous paraissent excessives, par exemple celle de faire laver avec une solution de thymol la figure, les mains et les cheveux du médecin ou de tout visiteur qui quitte la chambre d'un malade. Une précédente ordonnance de juin 1881 prescrivait même ce lavage avec une solution d'acide phénique ou de permanganate de potasse, ce qui devait singulièrement parfumer les personnes ou donner une couleur acajou fort désagréable à la peau !
Dans plusieurs des Etats de l'Union, où la variole a sévi par petites épidémies en ces dernières années, les Conseils de santé ont édicté des règlements analogues dont la sévérité paraîtrait insupportable en France. Il faut ajouter qu'avant ces derniers temps, les cas de variole, c'est-à-dire de la maladie évitable {preweniMe) par excellence, étaient extrêmement rares et que ces mesures étaient par suite rarement applicables. En 1819, il y a eu dans toute Tao^
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née, à New- York, 25 décès par variole sur une populaïka de 1,206,511 habitants, et ce chiffre paraissait lelleœeÊ élevé qu'on a pris les mesures les plus sévères contre riaportation de la variole par les immigrants ! A Paris, oi compte fréquemment 100 décès varioleux par mois, pff une population de 2 millions d'habitants sans que Taîteolion soit éveillée et que le public s'inquiète (1). La variole s'éteindrait peut-être chez nous, aussi bien qn'« Amérique, si les mesures de précaution n'étaient p^ aussi dédaignées, et si la désinfection devenait un j
obligatoire.
Suisse. — Une loi sur les épidémies, votée par te Chambres fédérales le 31 janvier 1882, mais qui sera a* mise dans quelques mois au vote populaire ad référendum, rend obligatoires non seulement la dénonciation par le médecin de tout cas de maladie contagieu.se, risolemcni des malades et de ceux qui les soignent, mais la désinfection du malade, de toute personne et de tout objet avec lequel il aura été en contact. La loi ne s^applique en temps ordinaire qu'à la variole, au choléra asiatique, au ivpho? pétéchial et à la peste ; mais, temporairement et en cas de danger général, les autorités cantonales peuvent étendre l'application de la loi à la scarlatine, à la diphthérie, au typhus, à la dysenterie et à la fièvre puerpérale (2). Les particuliers ou fonctionnaires qui éludent les prescriptions de la présente loi sont punis d'une amende qui peut s'élever jusqu'à 1,000 francs, sans préjudice d'un emprisonnement qui peut être de six mois.
Nous ne reproduirons ici que les articles de la loi qui ont trait à la désinfection obligatoire.
(t) E. Vallin. La variole aux Etats-Unis. {Revue d'hygiène et de pelke sanitaire^ 1881, p. 995.)
(2) D. L. Dunant, Im loi fédérale suisse concernant leê épidémin. {Rtvue d'hygiène et de police sanitaire, avril 188S, p. 899.)
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