‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 109 sur 124 · IL — DEV^OIRS DE FAMILLE ET DE SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

IL — DEV^OIRS DE FAMILLE ET DE SOCIÉTÉ

1. Etre plein de respect et de soumission pour son père et sa mère. S'etibrcer de faire toujours leur joie et leur consolation ; avoir une grande déférence pour leurs avis, en tout ce qui n'est pas contraire à la loi de Dieu.

368 TlèOLEMENT DE VIK.

2. — î<e jamais so ])('nneUre de lilaincr leur conduite; si elle est répréhensible, en lai:^ser le jugement à Dieu, l)riant i)()ur leur salut avec i)lus de ferveur.

3. — Se plaire dans les léunions de fauiille ; regarder la société de son i)ère et de sa mère, de ses frères et sœurs, comme la i)lus agréable et la plus avantageuse.

4. — Vivre dans une cordiale union avec ses frères et sœurs; les édifier eu toutes manières, et, si on est ])lus âgé qu'eux, les engager à la vertu, veiller sur leur conduite.

5. — Observer en toute occasion les règles de la politesse chrétienne; être doux, allable et com])laisant envers tous ceux avec qui on a des rapports.

6. — Ne faire que les visites de charité ou de bienséance; s'interdire les visites dangereuses. Se montrer ])lein de réserve avec les étrangers. Ne se lier qu'avec des amis d'une piété reconnue. Eviter les jeunes gens qui se permettent des paroles libres, ou même qui professent des maximes trop mondaines et peu conformes à Tesprit chrétien.

7. — Savoir supporter patiemment les défauts des autres. Se montrer dévoué pour les malades. Etre plein de charité pour les ])auvres. S'exciter à lemplir généreusement le précepte de l'aumône, en se rappelant les magnifiques récompenses qui y sont attachées dans la sainte Ecriture. Ajouter à l'aumône corporelle l'aumône spirituelle des bons conseils.

8. — Dans ses conversations ne point critiquer, ne point médire, ne i)oint porter des jugements téméraires. Ne rien s'y permettre qui choque la bienséance, la charité ou la religion.

9. — N'avoir pas une vertu sombre, facile à scandaliser» ennemie des récréations innocentes. Se montrer sévère envers soi-même, mais doux envers les autres. Se faire une loi d'être du commerce le plus facile et le plus agréable. Rendre, en un mot, par son exemple, la vertu aimable.

10. — Se tenir toujours en garde contre le respect humain, et ne point faire cas du qiCen dira-t-on. Dans ses conversations, ne jamais sacrifier ses principes par une politesse mal entendue. Dans toute sa conduite, être ferme et inébranlable quand il s'agira des devoirs de la Religion ondes ]>récept es de l'Eglise, et se montrer pour tout le reste d'une condescendance extrême.

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ÎII.— -DKVOIUH TOUCHANT I/KMI'I.oI |»i; TKMI'»^.

1. Se Icvrr loujoni-^ :i mu* Ihiiu- i-rj^h'-r. l'it-iMlir l'hiiiMtudr (Ir Ht' <*<)iirlH'i <lr Imumm- luMin*. iiCm <!<• mi* I<*V<T pliw

mal in.

li. l'ilrt' lûrii rr^Ir tourhaiit rrmj»ioi <lii lrin|»'^. Sfixer par iivuiicc lu <lrs(iii;iti«)ii de chaiiur hciiic, mitaiit <|iK' ]>(»ssil>U'. Ne janniis s(> Iiuhxt guider^ <1uiih ce que \\m fait, par srs caprices et ses ^oTits ; mais par le ilevnir et la raison.

8. — Sc^ bien panier <le l'oisiNcic ; H\)ccnprr toiijourH ù ((nel«iue iliose «l'iilile et «le sérieux. Accepterez' «pi'il y a «le péniMe dans le tiavailen e>piit <Ie péniten<'e. riiir d'iiitenti(Mi son tra\ail avec celui <le Jésus-Chii.Ht, afin de

le faire toujoui's a\i'c joie et nn'^ite.

•i. Ne jamais lire une Urnir ou un .Journal tant .-oit peu inélij'ieux ou :\ tendances (M|uivo(|Ues. Ne jainalH lii-e non plus un ou\ raL'c mauvais, ou (|u'on lu* <'onnaît point. NeliiHMpU' des ou\ ian«'s approuvés, ou du moins reconiHis bons ))ar des pt'isonnes de conlianez*. Inviter les lectures frivoles, comme une j)erte dt^ temj)S. N'avoir iiucun livre mauvais ou suspect dans Sii bihliotliècpie. Consulter sur si's lectures et stir la formation de sa bibliotlièipie uue perst)nne sage et inslruile.

5. — Ne point ti'op multiplier les ])arties de plaisir ; s'y conduire avec modération et léserve ; s'y voir toujours agir, rser des divertisseuu'uts comme des remèdes, qui ne doivent être ni nuisibles, ni dangereux, ni trop fréquents, ni tro]) continuels. Ne se ])ermettre aucun jeu de hasard.

G. — Prendre ses délassements avec la famille, ou du moins avec des amis éprouvés.

7. — Eviter, autant que ])ossible, de fréquenter les cafés et autres lieux de réunions i)areils. Paraître, aussi rarement qu'il se peut, aux soirées autres que les soirées de famille.

8. — Se faire inie obligation de ne jamais aller au bal ni au théâtie. Bien se rai)pelerque rien ne ruine davantage la vertu dans un jeune homme. Ces divertissements ne sont propres qu'à donner la mort à l'âme : comment

370 Rr^.^LKMBÏ^T DE TW.

pciit-on se r/^soiidrc. à L'Xpu.^er .^oii ûiue ù un péril axiquel, pour tout au monde, on ne voudrait pas exposer son corps ?

9. — Se montrer toujours actif et persévérant dans son travail ; ne jamais remettre au lendemain ce que l'on l)eut faire le jour même. Quand on est employé, soit au service de sa famille, soit au servi(;e d'autrui, faire tout d'abord et de son mieux le travail de son emploi. Prendre î\ cœur les intérêts de celui pour qui on travaille.

10. — Avoir une attention fréquente dans toutes ses occupations, premièrement à Dieu, afin de lui en rapporter la gloire, de n'agir que selon ses lumières et de s'appuyer sur les secours de sa sainte grâce ; secondement à soimême, pour observer les retours continuels de l'amourl)ropre, qui se glisse imperceptiblement dans les meilleures actions. Elever son cœur à Dieu au commencement de chaque action ; renouveler son intention au son de l'horloge ; se rendre familier l'usage des oraisons jaculatoires.

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roMTliSSl: C IIRI IIFAXH

INTRODUCnoX.

Hi:(rn>N I.

Oh^rrr((fi«HiH (r/'iirraffs.

\ù\ p(>li((*ss<' <()ii>i>l(' (l;iM> I MisMiKT r( l:i ^racc «ics inanièivs, dans \c (hVir <h' ])lair(' aux antres, et dans nnc >()i- ^nonsc attention à prévenir Icnrs besoins et même leurs moindres désirs.

A sou entrée dans la société, le jeune homme ehrétieu doit être instruit, non-seulement ({{-:< <levoirs (|u'imj)ose la ri^ligion, mais aussi de ceux ([ue i>reserit la politesse. S'il est privé de cette douhle connaissance, sa vertu même ])erdrii d(» sou inllueuee ; si, au contraire, il la ])Ossr'de, sa vertu sera entourée du respect aiuiuel elle a un droit si légitinu\

Créé à l'image de Dieu, et obligé d'imiter notre diviu llédompteur, dont chacune des actions ne respirait que douceur et atfahilité : destiné également à remplir un rôle relativement imi)ortant sur la terre, le chrétien doit être animé des sentiments les plus tendres de bienveillance envers ses semblables, et sa conduite à leur égard ne doit cesser d'être l'expression lidèle de ses sentiments. Si toutefois il ne réunit point la simplicité, la douceur et la dignité, (jui sont le caractère des mœurs chrétiennes, sou maintien, au moins, doit-il être exempt de tout ce qui ne serait qu'attecté, rude ou repoussant.

Les parents et tous ceux qui sont chargés de l'importante fonction d'élever la jeunesse, ne sauraient trop s'ap- ])liquer à lui rendre les manières polies et engageantes; de leur côté, les enfants ne doivent ))oint manquer de correspondre aux etibrts faits dans le but de développer eu

eux cette partie de leur éducation. Les uns et les autres doivent surtout se souvenir que le Jeune âge se prête facilement aux bonnes habitudes, et que les impressions qu'il reçoit, exercent généralement la plus haute influence sur la conduite et les habitudes de Page avancé. Un jeune homme, il est vrai, peut dans certaines circonstances, sembler avoir oublié les préceptes d'une bonne éducation, ses sentiments et sa conduite peuvent encore paraître n'en recevoir pres([ue aucune influence ; mais il est aisé de remaniuer en lui, même au plus fort de ses plus graves débordements et de ses plus grands excès, les salutaires effets des leçons de vertu et de politesse qu'il a reçues dans son enfance.

Ce petit traité est destiné à aider les jeunes gens à se former à des manières conformes aux règles de la bienséance et aux usages reçus dans la bonne société. Il est divisé en deux j)arties : la 1ère traite de ce qui a rapport à la tenue extérieure ; la seconde contient des instructions sur les actions les plus ordinaires de la vie, telles que : le lever, le coucher, les repas, les conversations, les amusements, etc. Il est indispensable d'avoir en tout des règles précises et l'attention la plus soutenue, afin que chaque chose soit faite avec ordre, et que les actions journalières correspondent, pour la fin et la manière de les faire, avec les desseins de Dieu, et finalement puissent tendre à la perfection de notre être.

La propreté sur notre personne nous rend agréables aux autres ; et, tout en favorisant en nous la gaieté, elle contribue puissamment à conserver notre santé. Elle a aussi une grande analogie avec la pureté du cœur, et nous inspire tout naturellement des sentiments honnêtes. Ces seules raisons devraient suffire pour porter les jeunes gens a pratiquer facilement ce qui est enseigné sur un sujet d'une aussi haute importance.

Le sommeil est nécessaire à notre existence, mais il doit être pris en des temps réglés et avec une juste modération ; dans le cas contraire, il devient nuisible à l'intelligence comme au corps.

La nourriture doit être proportionnée à notre constitution et à nos besoins. L'usage immodéré qu'on en ferait surtout s'il était habitué, déplairait à Dieu et ne manquerait pas de provoquer en nous Tassoupissement, la stupidité et même la perte de la santé : ce dont il faut soiojneusemeut instruire les enfants. Ceux-ci, en effet,

roiJTKHKK rnu^riKNNK. 3

ne |nr\<>\ ;»nl pus 1rs «h''i»loraï»UH HiiiU'H «l'un ti*l aliUH, siK'iiflont s<ni\rMi tout jV lu Hiitisfurth)ii pK'H4*iit<» «le Iriir apprtil,

L'honniH* t'st nr jumn lu hoc1/'1/î ii(iii «Ir vivre et do roiimimiHnu'i* iive<! m*m Hrinl>IaM<s. Il faut «loin- <jim'. «laiiM SCS convtTsalions coiimuMlaiis les visitrs «pTil rr<;oit ou qu'il itihI, ri rnlin dans (nuirs lesrircoMHlaurrs où il |M*ut se trouver, il <'oiinaissi* j\ Ion»! lous livs «Irvoirs «pu* prescrivent la honn»^ ^Mlu<'ati<»n, la ijiison vl la religion. Cesdcvoirssont : la pru<len<'e «lans lae«»n(luile ; laeireonspeetiou <ians les parohs : la puretédintentiou ; les ^'^anlH (lus aux ^\iiaux et aux supéiieuis ; hi patience et lu douceur dans les rapports a\<*c les personn«*s d'un cara<'tère chagrin et ditlicile ; une <*harité égale <lans les «-irconstauces crit loues ; iin soin <'onstaut :\ éviter de blesser soit la réputation dv:^ absents, par <le malicieuses calomnies ou des lapiMH'ts désavantageux, soit la modestie de ceux (pli sont présents, par iU'^ louanges inopportunes' ou de (l(''goulantes adulations; la modestie des yeux ; une grande retenue de la langue ; enlin, la luite de tout ce (pii pourrait tant soit peu enfreindre la loi sacrée (1(^ la cliarité. Tel est l'abrégé des vertus auxquelles les jeunes gens doi\ent, dès leur enfance, être foi*ni('s par ceux aux soins desipiels ils sont contiés. Il faut (pie ces vertus soient si profondément gravées dans leur mémoire et dans leur cceiir, qu'elles se reproduisent instantanément dans leurs actions, suivant que le semblent exiger les circonstances.

Quoique l'homme, sans distinction de rang ni de condition, soit condamné au travail, néanmoins Dieu, toujours juste lians sesdiVrets, lui ])ermet de prendre les délassements nécessaires pour réparer ses forces et maintenir sa vigueur. Ce repos, ee]>endant, doit être ])roportionné à ses besoins ; car autrement il dégénérerait en paresse ou en dissipation, et serait opposé à la volonté de Dieu, à sa puissance, et par suite, serait le principe d'un grand nombre de péchés, l'omme, en général, les gens sans principe et sans honneur n'ont aucune idée de ce sujet, il est d'une extrême importance d'en instruire soigneusement la jeunesse, si portée du reste à ramusement, dans rusiige duquel elle ne manque que trop souvent de discrétion et de modération.

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