‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 11 sur 124 · NÉCESSITÉ!: DE LA RÉVÉLATION · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ!: DE LA RÉVÉLATION

6. La preuve qui résulte des prophéties n'a pas moins de force : on voit dans les Livres saints une foule d'hommes inspirés qui ne parlent point en doutant, en hésitant, en conjecturant ; mais qui, d'un ton affirmalif, déclarent hautement en public que tels événements arriveront certainement dans le temps, dans le lieu, et avec toutes les circonstances qu'ils marquent. Et quels événements? Les plus détaillés, les plus inoportants, les plus intéressants pour la nation, et tout à la fois les plus éloignés de toute vraisemblance dans le temps où ils ont été prédits: tels sont l'enlèvement des Juifs à Babylone, après la prise et la ruine de Jérusalem, alors florissante ; le terme précis de soixante-dix ans, marqué pour la durée de la captivité ; le retour glorieux de ce peuple dans sa patrie; Cyrus, son libérateur, désigné et appelé par son nom. plus de deux cents ans avant sa naissance ; telle est la succession et l'ordre des quatre grands empires, dont deux sont nommés, celui des Perses et celui des Grecs, quoique ces derniers fussent alors resserrés dans un coin de la terre, et partagés en plusieurs petits Etats. Comment ces prophètes pouvaient-ils pénétrer dans l'avenir? Qui est-ce qui leur découvrait des événements si éloignés, si peu vraisemblables alors, sinon Celui qui est le maître des temps et qui a tout réglé dans ses décrets ? C'est ainsi que les écrivains sacrés ont de tout temps été regardés comme les ministres et les envoyés de Dieu ; c'est ainsi que leurs livres ont mérité d'être révérés comme des livres divins contenant la parole de Dieu même.

6. L'autorité des livres du Nouveau Testament est appuyée sur les mêmes fondements, et est également incontestable.

7. Le Nouveau Testament renferme l'histoire de la vie, des miracles, de la doctrine du Fils de Dien écrite par ses disciples, tous auteurs contemporains qui en rendent un témoignage uniforme, et qui racontent ce qu'ils ont ouï de leurs oreilles et vu de leurs yeux. Dès l'origine du Christianisme, ces livres ont été cités et même transcrits par les plus grands hommes, qui avaient vu les Ipôtres : jamais les ennemis du Christianisme, tels lue Julien V Apostat, Celse, Porphyre, n'ont élevé le moindre doute sur ce point, quoiqu'ils fussent si près du

5. Quelle autre preuve donne une nouv^elle force à la divinité des livres Saints ?— 6. Sur quoi est appuyée l'autorité des livres du Nouveau Testï^ment ?— 7. Que renferme le Nouveau Testament?

îemjm (1rs Apôlrrs, (tt par <(»n.s<'(jiH*nt à j»oit^*<* «Ir <onnaîtriria v^Til^\ Les h^T^aiciinn, (jui avaient le ])\uh grand int/'rêt il eonh-stcr l'aiitorit^î dr ces livre.s cliviuH, l'ont reconnue haiili nirnt ; ils se «ont Heulement ell'orcétt d'en (léluurner le bens.

S. Dans tous les temps l'Eglise a ronserv/"^ une proioinle vénération pour CCS livres: elle en faisait une lecturtî i)ul)li(pie dans toutes les assembl^H'H d(î religion ; elUî les a toujours regardés connue l'ouvrage du Saint-Ivprit, comme la parole de Dieu ; elle a toujours été persuadée (jue Ton ne ))ouvait v ajouter ni en retrancher sans impiété, sans .«acrilége. Mais si ces livres sont auth(!nli(piefc et divins, les laits (ju'iis contiennent sont donc vrais ; et, si ces faits sont vrais, il est vrai de dire que Dieu luimême a parlé aux hommes.

i). Regardons donc toute doctrine opposée à ce (^u'en seigne l'Ecriture sainte, comme illusion, mensonge et erreur, et opposons la parole de Dieu à la licence audacieuse de 1 impie et de .l'incréihile. N'oublions jamais que si notre foi doit être raisonnable par l'examen de la réalité des faits sur lesquels elle s'appuie, elle ne saurait être trop humble par la soumission aux vérités révélées et aux explications que l'Eglise en donne.

Exemples. — Plusieurs personnes se rendirent chez un philosophe; et lui dirent: Nous sommes envoyés vers vous pour vous prier de nous dire bien clairement ce que c'est que Dieu. Le philosophe leur dit: J'y penserai; revenez dans huit jours. Les huit jours étant écoulés, les députés revinrent, et il leur dit : Revenez dans huit jours. Huit jours après, ils reçurent la même réponse. Les députés s'ennuyèrent entin de n'entendre sortir de la bouche du philosophe que les mêmes paroles; ils lui demandèrent jusqu à quel temps il leur dirait de revenir dans huit jours. Il leur dit alors : Je vous ferai la même réponse aussi souvent que vous me ferez la même demande ; je sais bien que Dieu est, je sais qu'il existe, mais je ne puis et ne pourrai jamais dire ce qu'il est.

Qui m'instruira de Dieu, si ce n'est Dieu lui-même?

8. Quelle est la croyance de l'Eglise à l'égard des livres saints?— 9. Comment devons-nous regarder toute doctrine opposée aux enseignements de l'Ecriture sainte?

l>r> EXTSTKNCK DK DIKH.

— 8t. Augustin, dans le temps (jui préo^la sa conversion, allait à l'église autant que ses occupations le lui permettaient : il ne manquait jamais d'y aller tous les dimanches entendre les discours qu'y faisait saint Ambroise, évêque de Milan. " C'étaient, disait-il, d'excellentes explications de la parole de vérité ; et, à force de les entendre, mon cœur, touché de l'éloquence de ce saint homme, s'ouvrit à la vérité peu à peu et par degrés." — Il disait après sa conversion: "Combien le chant des hymnes et des psaumes qu'on chantait dans votre église, ô mon Dieu, me faisait répandre de larmes !'*

— Le même saint docteur disait : " Ce qui me touche le plus sur la terre, c'est d'entendre votre voix dans les divins livres de votre sainte Ecriture, ô mon Dieu ; c'est un plaisir pour moi qui passe tous les plaisirs Faites, Seigneur, que je me nourrisse délicieusement de vos saintes Ecritures, puisque ces délices sont toutes chastes et toutes saintes. Faites encore qu'il ne m'arrive jamais de me tromper et de tromper les autres, en les prenant en un mauvais sens."

coni

giles de notre Seigneur Jesus-Christ et les Epîtres de l'Apôtre saint Paul."

ARTICLE II

Je cToif en Dieu.

Existence de Dieu,

1. Il y a un Dieu : c'est une vérité qui se présente pour ainsi dire d'elle-même à notre esprit; il ne faut qu'ouvrir les yeux et réfléchir un instant pour l'apercevoir. Tout ce qui est hors de nous et tout ce qui est en nous en est une preuve.

2. Regardons le ciel ; quel magnifique spectacle I qui est-ce qui a fait cette voûte immense ? qui est-ce qui y a

1. Faut-il beaucoup de recherches pour trouver des preuves de l'existence de Dieu?— 2. Quelles sont les preuves extérieures de l'existence de Dieu?

kxihti':n<k dk dikct, 27

HUHpcndu tous (M'S globes ('m'IuLiiiIs : le Mjlril, nui r<'piin(i partout la lumière et la (chaleur ; la lune et len ^•toilen, <|ui hrillc^nt nu lirmainent jK'iKljint lu nuit, rt (|ui re(!ommeuceiit cIkhiuc jour leur coiUHr mîiJrstn<MiMc ave<! uîh» iM'i;ularit/i vraiment adnjirablo ?

.'{. Abaissons nos re^^anls sur la irnr, ri consid/'-ro!!^ <*ette mullilu(l(^ i n non » I )ial)l('< l'an inniux dont elU^ est pru pire ; ectlc^ vaiirln infinie d'arhrcs, dr plantes et de IVuils dont elle est eouverle ; la <(u:intilé jjrodi^icusc de j)oissons «jue la in(îr renferme dans son sein : quel p<îut être l'auteur do tant d(^ merveilles, si ce n'est J)ieu? Attribuer tout cela au ba^aid, ne serait-ce ]m^: le eombhî de l'extravagance ? Imi voyant un beau palais, nous jugeons sans hésiter (pi'il y a un lial)ile arcliitcct(î <iui en a tracé le plan, un ouvrier intelli;j;ent (pii en a opôm Texéciition ; si nous voyons un beau tableau, nous ne doutons j)a8 qu'un excellent peintre n'en ait conçu le dessin et distribue les couleurs ; et si qucbju'un venait nous diie que c'est l'ouvrage du hasani, que les pierres de l'édilice se sont taillées et posées d'elles-mêmes, que les couleurs du tableau sont venues d'elles-mêmes s'arrani;er sur l:i toile, se nuancer dans un si bel ordre et former une fi;rnri> régulière, ne le regarderions-nous ])as comme un insensé? Quelle serait donc la folie de celui qui préiendrait que l'univers s'est formé par hasard !

4. Enfin, considérons-nous nous-mêmes; voyons ce corps composé d'une multitude étonnante de ressorts et d'organes qui sont placés, arrangés avec un ordre admirable ; partout on aperçoit un dessein marqué, et Ton voit que Celui qui a appelé l'homme à l'existence a voulu lui donner une preuve manifeste de sa sagesse infinie. Quel autre, eu eÛët, que Dieu aurait })U faire un si bel ouvrage ?

5. Mais nous n'avons pas seulement un corps, nous avons aussi une âme. Celte âme n'est point matière ; car la matière n'est point capable de penser; c'est donc un esprit : cependant l'âme est unie au corps, et cette union est si étroite, que, quand le corps est en bon état, u^ie douce joie se répand dans l'âme, et dès que le corps s'altère, l'âme souffre de son côté. Qui a pu unir ainsi deux

3. Pourrait-on attribuer au bas.'ir'l la formation de l'univers et de toutes les beautés qu'il contient? — 4. La torniation admirable du corps de l'homme peut-elle être l'effet du haj^ard'.'-.^. Les facultés de l'a me et l'union de QellQ-ci, avec 'o corps sont-elles au^si une preuve de l'existence de l>ieu?

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