AVANTAGES VK LA POLITESSE
maj^incs «l'iiUonlion, jnaiMjue larenieiit de recevoir du sincères témoignages de reconnaissance.
lia seconde chose opposée à la politesse, c'est le caracth'c morose. Va\ caractère joyeux est une des plus précieuses bénédictions; connue le soleil, il ])rocure une agréable clarté j)artout où il ai)paraît. De j)lus, il ne contribue j)as seulement au bonheur <le celui qui en est doué, mais il répand aussi la gaieté et l'allégresse tout autour de lui. (^u'il est triste le séjour d'une maison d'où la gaieté est entièrement bannie, i)ar suite du naturel colère, emporté et toujours mécontent de quelques-uns de ses membres! La paix, l'union et les bons sentiments font place, dans cette demeure, à une froideur, à un éloigncment, et i)eut-étre à une aversion réci])ro(pies ; et le foyer domestique, autour duquel tous les membres devraient se réunir dans la joie et dans une atîectueuse allégresse, au lieu d'être le centre de la lumière, de l'amour et du bonheur, devient au contraire un objet de tristesse et de haine.
Une jeune personne ne doit jamais se permettre une passion ni un sentiment qui pourraient tant soit peu occasionner ou augmenter lui mal si déplorable. Si toutefois par malheur, elle possédait un caractère obstiné et violent, faute d'avoir, pendant son enfance, été formée à la bonne éducation et à la ])iété, elle devrait se bien garder de désesx)érer de son amendement. Comme il n'y a pas de disposition naturelle, si bonne fut-elle, qui ne soit susceptible d'amélioration ; de même, il n'y en ixpas une, si mauvaise qu'on la suppose, qui ne puisse être retenue et modérée. Celui, à la voix duquel les vagues ont obéi sur le champ, quand il leur a commandé de s'apaiser, est toujours disposé à aider de sa grâce ceux qui désirent calmer le tumulte de leurs passions. Quand de mauvais penchants sont gouvernés et réfrénés avec courage et constance, ils deviennent ordinairement de puissants moyens de sanctification.
Bien des personnes, d'un naturel des j^lus ardents et des ])lus violents, sont devenues, avec la grâce de Dieu, avec des efforts et la vigilance sur elles-mêmes, des modèles de douceur, de modération, et de sainteté. L'auteur de la vie du jeune duc de Bourgogne rapporte de ce prince " qu'il était né avec des tendances redoutables, et que, pendant ses premières années, il devint un objet de terreur : qu'il avait le cœur dur et était irascible au su-
AVANTAUK^ l)K I.A P«)|.ITKHMK. 7
iHviiM' (li»;;:n', inôinc coiilrr Ich <»!>jc!s inafiiiii^*H ; vic»lf*iit ju><jii'i\ Im rmt'iir ; iiinipal»lr «Ir Mi|»|u»rlrr ht moiiMln* oijpositioii i\ >('H (h''>irs, inriiic dr la part du tciiipH «ni du climat, sans eut iri* duiis un paroxisnu* de vt^^o. (jui fiiimiit trrnihU r pour f<i\ vie ; fUt^Mé à l'rxi mV, v{ juiMsionn^* duim lu poui'suitr d(* SOS plaisirs: qu'il conHidiTait 1(*m HUtn*H honuncs couiinr des atomes. aux(pH*is il n'avaiit aurutiir ressemMance. et que ses projues frères, tiien qu'ils fUMsenl élevés emume lui. n'étaient à ses ytMix (pie des étreH inteiinédiaires entre lui vl le lu'ste de riuiiiumité/* ''Mais," ajoute l'écrivain, ''un merveilleux prodige ii<» tarda pas i\ s'opérer : sous l'Iialale et sa^e direction de l'('iiélon, l'henreuse inlhh'Uce di* la religion et de la^râee de Dieu lit de et- prince jus(pn*-l:i rempli de défauts un homme tout ii(»u\cau, et ses nuiuvaises qualités lireiit place eu lui aux vertus <v)ntraires. Tne fois sorti de Pa- Inme (pic je viens <lc <ié<*rire, il s<' mont ra toujours un princ(^ alVahle, honnête, mo(léré, patient, mo<lest<*, dur seulement poui- lui-nu*nu', et fidèle ohservateur de ses devoirs jusiiue dans leurs plus nieiuis détails. Il .sembla depuis n'avoir <1 autre vue (pie s'ae(iuitter avec oxaetltude (U^ tous ses devoirs de fils et d(î ^tijet, et de se rendre propre, par là, à raccoinj)lissenuMit de ses futures ol)li^ations."
^Fadame de !Mainlcnon parlcde la même manière : '* nous avons vu disparaître i;raducllement dans le due de l^ourgoi>ne, les défauts (pii nous avaient tant alarmés pendant sa jeunesse. Sa vertu s'acerut avec ses années; et sa ])iété le ehani>(\i tellement que, du plus passionné des liommcs qu'il était d'abord, il devint doux, honnête et comi)laisant ; on eût dit prescjue que la douceur lui était naturelle, et (|U'il n'était venu au mpnde qu'avec de bonnes qualités."
Saint Fran(;ois de Sales avait un caractère si violent, que pour le réduire, il assure lui-même qu'il ne lui en coûta pas moins de douze années d'une extrême violence, mais aussi il acquit une telle douceur qu'elle devint l'ornement constant de son visage, sur lequel ne cessait de se manifester une invariable sérénité. L'air de St. François respirait tant d'aflabilité et de bonté, que St. Vincent de Paul, son contemporain, affirme qu'il était comme une image vivante de notre divin Sauveur.
La rudesse des autres ne doit pas nous empêcher d'exercer la politesse envers eux. Le meilleur moyen de