CHAPITRE V
DcH Visites.
I^a justice et la charité exigent que nous visitions nos parents et nos amis, quand ils sont malades, affligés ou dans l'embarras d'une affaire épineuse. Nous devons aussi visiter, dans leurs épreuves, ceux avec qui nous avons eu des différends, loisque nous cioyons raisonnablement que notre visite leur sera agréable. Si le commandement de Dieu, contenu dans le saint Evangile, nous prescrit d'aimer nos ennemis, n'est-ce i)as surtout, et d'une manière plus méritoire pour nous, lorscpi'ils sont dans l'affliction ? Les pa'ïens eux-mêmes regardent comme une vertu conforme à la grandeur de l'homme, le sentiment qui les porte à faite du bien à ceux qui lein* ont fait du mal.
La justice veut aussi, qu'à certaines époques, nous visitions nos su])érieurs, pour leur exprimer le respect et la confiance quil nous inspirent et qu'ils ont droit d attendre de nous; et la charité n'exige pas moins im])érieusement que nous voyions nos inférieui*s pour les édilier, les consoler et leur procurer, autant qu'il est en nous, ce qui peut leur être utile et nécessaire.
Efforçons-nous, dans toutes nos visites, d'imiter l'exemple de Jésus-Christ, notre divin Maître et notre divin ]\[odèle. S'il est entré dans la maison de Zachée, ce n'a été que ])our apporter le salut dans cette maison ; s'il a visité Marthe et Marie, ce n'a été aussi qu'afin d'arracher des bras de la mort le frère qu'elles aimaient : s'il a offert
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J/vsn.s OHt notre niodtMe ; moiih devoiiM <]<>tH% à Moit exemple, ne Jamais l'aire *\v visites iniitileH. (^iian<l on ne; eommeitiait «l'antre faute <jnr <Tlle «l'aller ain^i il** miison i'n maison, la jierte <ln temps <pie eela entraîne snlliiait ponr nons rnulir rrpiY'hrnsiliIes, et par snite. nous les l'aire évitei*.
Les visites (pie l'on rend par pure éti(piette, ou en vue lie se distraire, doivent être courtes, et encore ne sontelles permises (pu» lorsipfellesneconsonuiient pas letenipM destiné au tiavail. On doit- se ^ar<ler d«' r<'ndre des visites à l'heure {\i'<> repas ou à <les heures incommodes, à caus(» du déran^enu'Ut plus ou moins considérahle <pii en résulte pour les personnes visitées. J,es gens (pli n'ont ((ue peu d'occupations, abusent souvent et d'une manière inconx cnante du temps des autres; ils se rendent par là enniniy»'U\ par h'iiis lo!iL;ues et fatigantes visites. Les visites de félicitât ioiMloix'eiit être courtes éualenient.
(^uand on arrive à la {)orte d'une maison où l'on fait luu' visite, il ne faut point s'annoncer eu frappant trop fort à la i)orte ou eu parlant d'un Ion troj) élevé. Il ne faut point non plus frai)per à la porte ni tirer le cordon de la sonnette avec violence, mais autant seulement (pi'il est nécessaire pour se faire entendre ; il faut laisser, (Mitre la ])remière et la seconde fois (jne l'on frappe ou ([ue l'on sonne, assez d'intervalle pour donner le temps de venir ouvrir.
Quelque familier ([ue l'on soit dans une maison, on ne doit jamais entrer dans un a})partement sans avertir de (pielque manière que ce soit, (^uand même on trouverait la porte ouverte. Un coup léger suffit généralement.
Lorsqu'on attend dans une salle, c'est une incivilité de chanter, de siliier, de parler fort, de toucher les meubles ou de regarder x^ar la fenêtre.
Si, en entrant dans un appartement, on trouve la ])ersonne à qui l'on rend visite occupée à parler à d'autres, il ne faut pas Pinterrom])re, mais attendre qu'elle soit libre, et s'en tenir éloigné jusqu'à ce que ses affaires soient terminées. Si ou ofTrt^ un siège, il faut l'accepter et remercier.
38 POÎJTKSSK CHKl^rriKNNK.
l'cinljmt une visite. \m jcmjc lioininr doit ^tre niodcsto. vespfclueux et iiirai)le, tant diins son ton, (jue dans son l:ingii<;e et ses manières. Avec ses suj)érieurs, il évitera surtout d'être familier ou cérémonieux à l'excès: car d'une iKirt, il se rendrait ini])ortun. et. de l'autre, il <iênelait.
Dans les visites que l'on rend, on doit éviter avec soin les lono^ueurs : dès que l'on a satisfait aux devoirs de la bienséance, ou que Ion s'est aec^uitté de ses alïaires, il faut se letirer. Il faut s'asseoir ou se lever lorsc^ue lajxMsonne que l'on visite s'assied ou se lève. Le visiteur doit regarder comme le signal de son départ, le moment où la personne visitée se lève de sa chaise, et il doit se garder de rester un seul moment de plus que celle-ci ne sendjle désirer. Ce n'est pas une petite marque de j^ditesse et aussi de prudence, pour un visiteur, (pie de savoir distinguer le moment précis où sa compagrne cesse d'être agréable.
Faire attendre les personnes (pii viennent nous visiter, c'est une incivilité très gi'ossière ; et si l'oii était retenu ])ar quelque ])ersonne ou par une afiaire importante, on doit charger luie autre personne de la maison de les recevoir et de les entretenir jus(|u'à ce qu'on puisse soi-même leur rendre les devoirs que la politesse exige en pareil cas; si l'oii ue pouvait leur tenir compagnie aussi longtemps que la politesse semblerait l'exiger, on devrait se dégager le plus honnêtement possible, sans déguiser même (pie l'on est sérieusement occupé.
Il convient de recevoir avec beaucoup de franchise et de cordialité les personnes qui nous ren(ient visite ; il faut toujours manifester un grand intérêt à leur conversation, et, à leur départ, les accompagner jusqu'à la porte. Les personnes élevées en dignité et les fonctionnaires publics sont dispensés de ce cérémonial, la nature de leurs affaires les obligeant de rester dans leurs cabinets.