PERFECTIONS DE DIEU
T). Les hommes ne seraient jamais sortis des ténèbres de l'idolâtrie, si une lumière surnaturelle ne fût venue au secours de la raison, et si Dieu n'eût parlé lui-même à l'homme pour lui apprendre ce qu'il est, et comment il veut être honoré. Nous serions nous-mêmes plongés dans cet aveuglement, si le Seigneur n'avait daigné nous éclairer aussi ; mais, grâce à sa bonté, les premières leçons qu'on nous a données dès notre enfance nous en ont plus appris que n'en ont jamais su les sages du paganisme.
Exemples. — Epictète, à qui l'on demandait ce que c'est que Dieu, répondit: Si je pouvais dire ce qu'est Dieu, Dieu ne serait pas ce qu'il est, et je serais Dieu. — Dieu seul peut dire ce qu'il est.
— La croyance en un seul Dieu, vérité que la raison conçoit, est fondée avant tout sur la révélation. '^ Ecoutez, Israël : Le Seigneur votre Dieu est le seul et unique Seigneur." (Deut. 4 )
" Il n y a qu'un seul Seigneur, qu'une seule foi et qu'un seul baptême ; qu'un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous." (Ephes., IY, 5, 6.)
ARTICLE IY.
Je crois en Dieu, etc., etc.
Perfections de Dieu,
1. Dieu est si grand, et notre esprit est si borné, qu'il nous est impossible de comprendre tout ce qu'il est.
2. Nous ne le connaissons qu'imparfaitement par la lumière de la foi et par celle de la raison.
Cependant cette connaissance, tout imparfaite qu'elle est, suffit à l'homme dans cette vie. Rien ne nous donne une plus grande idée de Dieu que ce qu'il a dit lui-même: " Je suis Celui qui est," c'est-à-dire l'Etre par excellence et le principe de tout ce qui est, et de qui tout dépend. De cette idée de Dieu il résulte qu'il possède toutes les perfections, et qu'il les a au suprême degré.
6. A qui devons-nous la délivrance d'un pareil aveuglement?—!. Pouvons-nous connaître Dieu larfaiteraent?— 2. Comment pouvons-nous le connaître au moins imparfaitement ?
rj. Dieu eut reprit, c <st iiik^ pure intolligonoc ; il n'a ni corps, ni li^urr, ni cnnlcnr.
Dieu ne ri\ss('nil)l(» i\ lien dv tout ce; (pii noiiH environne et (pli frappe nos 8enH. Tout ee (pie nous voyoïiH, tout ce (pie nous touchons est niut(''riel, et un T-tn^ inliniinent imrfait ntst point matit'^i-c. IjCS An^cs et nos Anus sont l>icii (les inl('llit;('nccs, mais leurs connaissances sont horiu''es et imparfaites: celles <le Dieu embras.^ent toutes clioses.
4. J^iru fst rirrnc/, 11 était, avant toutes choses, jmis- (pi'il u tout fait; il était avant tous les temps; il n'a j>oint eu de commencement, et il n'aura jamais de fin.
Avant la naissance des siècl(\s, J)ieu était en lui-même, et rien n'était (pu' lui seul.
5. J)ifU etit toiit-puiss(fi}f. 11 ]>eut tout, il fait toutce(pril veut; j>ar sa seule j)arole il a tiré du n('*ant toutes les crc'at lires, et il pourrait encore créer mille autres mondes, s'il le jugeait convenable.
Il appelle, dit le rroi)hète, les choses qui ne sont pas comme si elles étaient, et elles obéissent à sa voix. Rien ne lui est donc impossible, rien ne lui est difïicile. Les globes célestes sont .^uspenibis dans l'espace sans autre appui (pie sa volonté, la mer respecte ses ordres, et ne franchit jamais les limites (pi'il lui a i)rescrites, et toute la nature suit les lois qu'il lui a imposées. Le feu, le vent et les tempêtes obéissent à sa voix ; c est lui qui couvre le ciel de nuages et y i)répare la ])luie ([ui doit arroser la terre ; c'est lui en tin qui, chaque année, présente à notre admiration la résurrection de la nature entière.
6. Dieu est indépendant. Principe de tout ce qui est, il ne tient l'être que de lui-même. Source inépui>able de tous les biens, il les distribue à son gré à qui il lui plaît ; souverainement heureux, il n'a besoin de personne, i! se suffit à lui-même ; maître absolu de toutes choses, il n'a ni supérieur, ni égal. Pour nous, nous sommes dans une dépendance continuelle et universelle à l'égard de Dieu. C'est lui qui nous conserve et qui nous soutient ; sans lui, nous retomberions à chaque instant dans le néant, d'où il nous a tirés ; sans son secours nous ne pouvons rien faire.