PERFECTIONS DE DIEU
avoir faites. Puisqu'il a daigné les créer, il n'est pas indigue de lui de les gouverner.
Cette Provi<l(Mice ne veille pas seulement sur les royaumes et les empires ; son attention s'éiend à toutes les cjéatures. Il ne tom )e pas un passereau sur la terre sans l'ordre de votre Père céleste : tous les cheveux de votre tête sont comptés, dit Notre-Seigneur lui-même. C'est cette Providence qui, tous les ans, couvre la terre de moissons, fait croître les plantes, charge les arbres de fruits, et veille sur tous les besoins de ses créatures avec un soin tout à fait paternel. C'est elle qui nourrit les oiseaux du ciel, les poissons de la mer et les animaux qui sont sur la terre.
Ne nous imaginons pas cependant que cette attention, que ce soin coûte à Dieu, et que son repos inaltérable puisse en être troublé. Tout est également aisé à une puissance et à une sagesse infinies. Si un roi ne s'occupe que des grandes affaires sans descendre dans le détail des petites choses qui se passent dans son royaume, c'est qu'un roi, n'ayant qu'une intelligence bornée, ne pourrait s'appliquer aux petites choses sans s'exposer à négliger les grandes; mais la sagesse de Dieu étant infinie, embrasse tout sans peine et sans efforts.
12. De ce principe : Il y a une Providence, naissent deux devoirs pour 1 homme.
Le premier est de se soumettre sans réserve à la conduite de cet^.e Providence: nous devons l'adorer dans les maux comme dans les biens qui nous arrivent, dans l'adversité comme dans la prospérité, dans la maladie et dans les souffrances comme dans la santé et dans la joie. Nous devons dire alors : Dieu le veut, et il ne le veut que pour mon bien ; que son saint nom soit béni ! S'il permet quelquefois que l'homme de bien soit dans la misèi e, tandis que l'impie est dans Tabondance, c'est qu il veut éprouver sa vertu pour la récompenser magnifiquement dans l'autre vie ; c'est qu'il sait que cette affliction passagère est un moyen pour assurer son salut éternel.
Le second devoir est de se confier en la Providence, et d'attendre sans inquiétude de la bonté de Dieu tout ce qui nous est nécessaire pour cette vie et pour Tautre. " Considérez les oiseaux du ciel, dit Notre-Seigneur, ils ne sèment ni ne moissonnent ; c'est Dieu qui les nourrit :
12. Quels deux grands devoirs nous nrescrit la DrQvidence4e Dieu?
rKUKr.crioNH dk dikï' ?n
combion no valez vouH j)iis iniriix (|n'c'iii l \<>y./l«M lin des cainimgnt's, ils nr trnvailN'iit ni nn filrni ; «. |Mn- (lant lo roi SaNmion, «laiis toute na gloire», n'était paM vêtu t'ommc Tuii d'eux. Si I )ieu a Hoiii ch^ vêtir aiiiHi l'iu^rhe (les eluimpfl, eombu'ii ju-einlra-l il plus Hoir\ de vous, (jui ^ites ses enfants ! ' Ce serait l'outrager (pie de H'iiHpii/'*ter et de inaiHpier de eoiMianec^ en sa l>ont(^ paternelle. Adorons donc sa i)rovidenee en tout ce (pu «ouh arrive ; notre sort ne jxairrait l'-tre en meilleures nriins ; jamais un si bon IV're n'ahandonnera des enfants (pji scî eonlient en su pateinrile providence.
ExKMPLFP. — Dans nno rc'union assez noirbnîuse, un jeune homme mconsidéié dit à un entant (pli venait du eattM'bisme : '* Je te donnerai une imaixe, si tu uw dis où est Dieu." T/enfant répomlit : " \\{ moi, je voMs en donnerai deux, SI vous me dites où il n'est pas.*' Tout le monde api)laudit à cette saillie, (\m déconcerta 'in peu le jeune homme.
Les saintes Ecritures sont pleines de traits admirables de la bonté de Dieu il l'égard de ses créatures. — On
Sourrait citer cette aimable familiarité avec laquelle il aignait s'entretenir avec Abraham, avec MoLse, avec Jonas, et les merveilles étonnantes cpi'il opéra avec les Israélites dans le dé>ert, ou j)lutôt, il faudrait citer toute l'économie et tous les mystères de la religion, qui sont autant de traits de la buuié inetiable de notre Dieu.
— Des flatteurs louaient la puissance de Car ut, roi d'Angleterre. Que fait ce sage prince? Il s'assied sur le bord de la mer (c'était au moment du flux), et ordonne à l'élément fougueux de le respecter. On pens*^ bien qu'il ne fut pas obéi. Se tournant alors vers ses rourtisans: "Voyez, dit-il, quelle est ma Tuiissance! '"'• -Hérault, Enseignement de la Religion, t. 1.
— M. de Chantai, ayant été blessé mortellement à la chasse, par rim])rudeiice d'un ami, fut lui-même son consolateur, en lui disant: "Mon ami, le trait était ] arti d'en haut avant de partir de ta main." — Vie de saI'^îte Françoise de Chantal.
— Madame de Sévigné, en parlant do Turenne, dit c\q " le canon qui tua ce grand homme étiiit chargé de toute éternité." Cette pensée est aussi vraie qu'énergiquaxnent rendue. — Lettres de Madame de Sévigné.
38 MYSTfcilK DK LA TUfcs-SAINTK TRINITÉ.
ARTICLE V
Je crois en l)icu, etc., etc.
Mystère de la trra-sainfe Trinité.
1. Bien que Dieu soit vji quant à la nature, il y a néanmoins en Dieu trois personnes, le Père, le Fils, et le Saiiit-Es[)rit ; et c'est ce qu'on appelle le Mystère de la très-sainte Trinité,
2. C'est Dieu lui-même qui a révélé ce Mystère dune manière sensible dans le baptême de Jésus- Christ, lorsqu'on entendit la voix du Père qui le reconnut publiquement pour son Fils bien-aim.é, et que l'on vit descendre le Saint-Esprit sur lui en forme de colombe. Jésus-Christ l'a aussi déclaré manifestement, quand il a ordonné à ses Apôtres de baptiser toutes les nations au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, montnint par là que ces trois personnes sont un seul et même Dieu : ce qui est confirmé par ces paroles de saint Jean : " 11 y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe, et le Saint-Esprit ; et ces trois ne sont qu'une même chose."
3. Ce mystère est le grand objet de notre foi, et il n'y en a point dont notre religion nous rappelle aussi souvent le souvenir. Toutes nos prières commencent et finissent par linvocation de la très-sainte Trinité. Le signe de la Croix, qui revient si souvent dans les cérémonies de l'Eglise et dans les actions particulières des Chrétiens, se fait au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
4. Mais s'il ne faut point diviser la nature divine, qui est une, il ne faut pas non plus confondre les personnes, qui sont distinguées l'une de l'autre. Le Fils est le même Dieu que le Père, mais il n'est pas la même personne ; le Saint-Esprit est le même Dieu que le Père et le Fils, mais il n'est pas non plus la même personne.
Ces trois personnes ne sont pas trois Dieux, mais un seul Dieu, parce qu'elles n'ont qu'une seule et même divinité, qu'une seule et même nature ; d où il suit que ces trois personnes sont égales en toutes choses, et que l'une n'est pas plus grande, ni plus puissante, ni plus
1. En quoi consiste ^e mystère de la très-sainte Trinité?— 2. Par qui ot en quelles circonstJin j^-s nous a été révélé le mystère de la très-sainte Trinité V -3. Comment devons-nous considérer ce mystère . Quand rappelons-noiis le souvenir de ce dopruie fondamental?— 4. Que devons-nous savoir du mystère de la trùs-iïaiate Trinité ?
MYHTKKK 1>K !.A TKKH-SAINTK TRINITÉ. 3^
jinciriiiM' i\\\r h s «U'UX aulirs, j»ui.sr|irc'lleH ont toiilcH trciiw la môme j^uindt'ur, la inriiu* puinsaîico, la niôrno ^îternit/*.
HÎhlo, est aii-drssus (1p notre rais<ni ; mais flU* n'est pim contrains i\ la raison ; nons n<^ disons pas: 'JVois Dienx no font (lU un senl I)i«Mi, mais trois tn'rsonnfs no font qu'un s(Mif Dieu. Il ne faut pas non plus se fijçurer troÎH pers«Hmes en corps et en ame eoniine nous; les troÎH personnes en hieu sont- ])urenient spirituelles.
La jnennère ]K'rsonn(^ de cette adorable mystère est .e Vère ; la seconde personne est le Fils, (pii est engendré du Père de toute (f^ternit^; et la troisièuie est le Haint- Esprit, <|ui ])roeède du Pr-re et du Fils.
Voilî\ ee <pi il a plu à Dieu de nous faire connaître du Mystère de la Sainte Trinité*, mystère sublnne aucjuel l'esprit humain ne ])eut atteindrez; mais Dieu, qui est la vérité nu*Mue, et (jui ne ])eut ni se tromper, id nous tromper, nous la révélé : nous devons donc le croire sur l'autorité infaillil^le de sa ])arole.
Kieu n'est plus raisonnable que de soumeitre sa raison à lautorilé de Dieu. Ce n'est i)as seulement quand il s'agit de Dieu que notre raison est eu défaut; dans les choses natuii'lles menues, combien n'y en a-t-il pas que nous ne pouvons comprendre, et qui n'en sont pas moins certaines et indubitables !
Pouvons-nous concevoir comment un grain de blé jeté en terre peut en produire une nuiltitude d'autres? comment d'un tronc aride il peut en sortir des feuilles et des Heurs variées à l'intini, des fruits d un gcnlt exquis, et mille autres phénomènes que la nature nous oflVe chaque jour? Quand un habile astronome parle à ses élèves de
I immensité des cieux, du nombre des astres, de leur grandeur, de leur distance et de la rapidité de leur mouvement ; quand il leur dit, par exemple, que le soleil est qtiatorze cent mille fois plus gros que la terre, et qu'il en est éloigné de trente-quatre millions de lieues, ils ne le com prennent pas ; mais, pensant qu'ils ne sont encore qae des enfants, ils croient sur la parole d'un homme en qui ils ont confiance. Quand il s'agit de la nature de Dieu, tous les hommes ne sont que comme des enfiints.
II parviendront un jour à la plénitude de l'âge parfait: alors les ténèbres se dissiperont, et ils verront clairement ce qu ils ne peuvent maintenant ni pénétrer ni compren-
r> Est-il raisonnable de croire ce mystère quoique nous ne puissione piu» le couipretidre?