‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 16 sur 124 · MYSTERE DE J.A TRÈS-S.MNTE TRINITE · texte numérisé non relu

MYSTERE DE J.A TRÈS-S.MNTE TRINITE

flre. Vouloir en cette vie sonder ce mystère, c'est une témérité, dit saint Aup:ustin ; le croire par la lumière de la foi, c'est le fruit de la piété ; le contempler dans l'autre vie, c'est la souveraine félicité.

G. Une image de la Trinité reluit magnifiquement dans notre âme : semblable au Père, elle a l'être ; semblable au Fils, elle a l'intelligence ; semblable au Saint-Esprit, elle a l'amour. Semblable au Père, au Fils, et au Saint- Esprit, elle a dans son être, dans son intelligeiice, dans son amour, une même félicité et une même vie. Or ces trois clioses, l'être, l'intelligence et la volonté, ne font qu'une seule substance, une seule âme, comme le Père, le Fils, et le Saint-Esprit ne font qu'un seul et même Dieu. Et, pour compléter la ressemblance, l'intelligence naît de l'être comme le Fils est engendré du Père ; l'amour procède de l'être et de l'intelligence comme le Saint-Esprit procède du Père et du Fils.

Exemples. — Deux aveugles de naissance discouraient ensemble : l'un deux était ignorant et impie, mais l'autre était instruit et pieux. — L'aveugle impie. Je voudrais bien savoir de quoi Dieu s'occupait pendant l'éternité, avant d'avoir créé le monde. — le pieux aveugle. Et que s'ensuit-il de ce que je chercherais inutilement de savoir à quoi vous vous occupiez avant que je vous eusse connu ? Dieu s'occupait de lui-même, et il pensait à creuser un enfer pour ceux qui ne croiraient pas en lui ou refuseraient de le servir. — L'aveugle impie. Comment peut-il y avoir trois personnes en Dieu, dont chacune est Dieu, quoiqu'elles ne soient qu'un seul Dieu ? Cela me surpasse : folie de croire ce qu'on ne comprend pas ! — LE PIEUX AVEUGLE. Je crois fermement qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes réellement distinctes, qui sont Dieu, et en cela je n'agis point en insensé, mais en homme sage. — l'aveugle impie. Montrez-moi cela, et je vous fais présent de mon bâton qui est très solide, et qu'on m'a dit être fort beau. — le pieux aveugle. Comment savez-vous que votre bâton est beau ? Un aveugle comprend-il ce que c'est que la beauté? Nous autres aveugles, nous ne comprenons rien de ce qu'on appelle couleurs. Qui pourrait nous faire comprendre ce que c'est et quelle différence il y a entre le rouge et le jaune, le vert et le bleu? Est-ce que nous devons nier qu'il y a des couleurs, et qu'il y a une différence entre

6. No trouvons-nous pas en nous 1 image de la très-sainte Trinité?

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les couleurs, ius(|iri\ a^ (|u'on nous ait fait r()mi)ron(lr<î cf

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que c'est y- L'AVKlKiLK IMPIK. iNon, !)aretM|ue nous avons tant (lo raisons de le croire! tous les lioniines nui no sont )»as aveu^Hes Ir dirent.- LK niaix AVKrcJl.K. l'esonldeH

nommes <|ui nous dis(>iit (|U il y a des couleurs et nouH les croyons, ("est un Dieu qui a r/vélé les mystères, et nous ne le croirions ])as! ^ avon> nous j»as bestucoup î)lus <le raisons do croire à l'oxistcnee dcî la trè.H-Haint(; Trinité et aux autres myst('^res qu'à rexi^tence des couleuis? La Heli^inu chrétienne, (jui cn>ei^no les niys- 1ères, est démontrée <iiviiie, (aites-vous-eu instruirt?. Croyons et vivons jusiiu'à la mort clirétienneraent : nous irons au ciel. Dès (jue nous y serons, nous cesserons d'être aveugles. Nous y verrons Dieu fa(!e ;\ face tel qu'il est.

— Parmi les dillerentes comparaisons employées pour donner une idée aussi claire que possible de ce i)ror(Mid mystère, celle qui est empiuntée à notre; âme e-t la j)lus frapj)ante. Notre âme a trois prinrijHilrH fucjiltrx, Tintelligence, la volonté et la mémoire, et {rpeiidani «lie n'a qu'une seule nature.

— *' Chercher à approfondir lo mystère de la trè>-sainte Trinité est une dangereuse curiosité; l'admettre et le croire comme le fait l'Eglise ( atholique, voilà ce qui peut seul nous donner la certitude; voir ce mystère dans toute sa profondeur et sa beauté, c'est le plus haut degré de béatitude dans réternité." — S. Bernard.

ARTICLE Vr.

Je crois en Dieu le P5re tout-puis?ant, Créateur du ciel et de la terre.

De la Création

1. Le monde que nous voyons n'a pas toujours été : la preuve de sa nouveauté est sensible ; il en porte des caractères manifestes. En remontant vers l'époque déterminée, daprès les livres saints, pour la création du monde, on voit que tout commence, les arts, les sciences, les peuples, les empires. Nul monument, nul fait, nulle histoire ne nous dit que le monde existait auparavant.

1. De quoi traite le premier article du Symbole? Le monde e^ît-il bien ancien? Djuis qnels livres apprend-on longine du monde? Ces livres sont-ils dignes de foi ? (1)

(1). Voir le chapitre de la Révélation, p. 22 et suivantes.

42 DE LA CRKATION.

Le livre qui rapporte à cette date la création du monde est le plus ancien de tous les livres : il est aussi, comme les autres parties de la Bible, le plus authentique et le j)lus di une de fui. Le premier mot de ce livre est que Dic.ii créa au conimencement le ciel et la terre, c'est-à-dire qu'il lit de rien toutes choses. Dieu existait ])ar lui-même, et rien n'existait que lui. Au moment qu'il a voulu, le ciel et la terre sont sortis du néant; il les a créés par sa seule parole et par sa ])ure volonté. Dieu a par/é^ dit TEcriture, ci tout a ctéfait ; il a commande^ et Vunivers a été créé. La voix de J>)ieu, c'est sa volonté toutepuissante.

Transportons-nous en esprit au moment de la naisr^ance du monde; de quel étonnement n'aurions-nous pas été frappés, en voyant à chaque parole du Tout-Puissant paraître une foule de créatures si belles et si parfaites ?

2. Dieu employa six jours à ce grand ouvrage : il aurait pu le faire en un instant, mais il a bien voulu nous ftpprendre qu'il est souverainement libre, et qu'il agit sans contrainte et comme il lui plaît.

3. Le premier jour Dieu créa le ciel, la terre et les eaux. Il dit ensuite : " Que la lumière soit, et la lumière tut." Parole simple, mais pleine de majesté et de pouv^oir.

4. Le second jour il créa le firmament, c'est-à-dire oette voûte immense que nous appelons le ciel. '' Que le firmament soit fait, dit le Seigneur, et le firmament fut." Le firmament était alors sans éclat; le soleil et les astres, qui le rendent maintenant si brillant, n'étaient pas encore : c'était comme un pavillon immense, mais sans ornements.

5. Le troisième jour Dieu rassembla en un seul lieu les eaux qui étaient répandues partout, et commanda à la terre de produire les plantes et les arbres. A son ordre, une surface aride et stérile devint tout d'un coup un paysage parsemé de riantes prairies, de riches vallons, de collines et de montagnes couronnées de forêts, semé de fleurs et de fruits de toute espèce ; et ce qui est plus merveilleux encore, c'est que chaque plante reçut en même temps la vertu de se reproduire par la graine qu'elle renferme.

2. Dieu avait-il besoin d'emplover six jours à créer le monde ?- ^l'.e çré£^ Pieu le premier jour?— 4. Le 2ème?— 5. Le 30me?

Ml \ < 1m' ATION. 'ï-

n Tir «|Ualririnr joiii i»i(ii cr/'a Ifi solnl, la Imn , «t orna U» lirmaniciil <L (M'tln iimltitihlii <l «'t<*il<-s (jiii fnippciit iu)H rc^unlH et ^^toniu^iit notre iina^iimtioii.

7. liO ciiHiniriiH^jonr I)i(Mi cr^^'a 1rs poissons et h-s oiseaux; il (lit : '' (^ue les <miix produisent, îles animaux \ ivanls ([ui naj^t'ut dans Peini, et des oiseaux <|ui volent «lans h's airs ; " el e(»lte parole remplit la nier d'h;il»i(;int>, et peupla Tair d'un nond>ro infini d'oiseaux.

5. Le sixième jour I)i('U er^>a les animaux: ** (^ue la terre produise (les animaux vivants, ehaeiin selon son espèce." C'est ainsi (pie furent (•r^»éH les innombrables animaux qui habitent 'a terre, dejaiis le ciron jus(prî\ !'('norme t''lt''phant, depuis l'abeille de nos Jardins jus(pi'î\ l'ai<j:le des nunila^nes, depuis le petit vermisseau jusqu'aux monst nu ux serpents (pii épouvantent les d(/.serts, enfin depuis Timpereeptible animalcule jus(ju'î\ ees montagnes aninuH\s qui agitent les mers. (Quelle admiral)le variéti' dans leur li<iure et dans leurs inclinations! Il donna, aux uns la force, aux autres l'industrie, à tous les qualit(\s nécessaires ])our ]-enn)lir leur destination. Knfin, toutes les autres créatures étant formées, Dieu voulut leur donner un maître, et créa le premier des hommes, qu'il nomma Adam.

Exemple. — On ne peut rien voir de plus ridicule que les systèmes des anciens pliilosophes sur l'origine du monde. Les uns ont cru le monde éternel ; d'autres ont attribué sa formation au hasard. Drmocrite, qui se retira dans les tombeaux afin de n'être point troublé dans ses méditations par les conversations des vivants, attribuait à la rencontre fortuite des atcjmes la création du monde, et même la liberté de l'homme. Ce système, qui fut aussi celui iVEpicure et de Lucrèce^ fait honte à l'esprit humain. Suivant Thaïes, l'origine de toutes choses est due à Peau ; suivant Anaximène, c'est à l'air ; et, suivant Heraclite y c'est au feu.

Un philosophe a prétendu que l'homme était né de l'écume de la mer échauffée par les rayons du soleil, et un autre qu'il venait de l'huître, l'huître en se perfectionnant, est devenue un poisson, le poisson est devenu un amphibie, l'amphibie est devenu un quadrupède, le qua drupède est devenu un singe, et le singe, en se perfec tionnant, est devenu un homme.

6. Que crc'^a Dieu le 4ème ? — 7. Le 5ème?— 8. Le 6ème jour? Comment Dieu couronua-t-il la création de l'univers ?

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