J.A COMMUNION \)KH SAINTS
ferme rancienne et la nouvelle allianee de IMeu avec les hommes. — Et d'où savez-vous, ^foiisieur, que ce livre est l'ouvrage divin dont vous me ]Kulez, et non quelque ovvrage fabuleux qui iWW'A été ténél)reuscment fabriqué et supposé, dans des temps plus ( u moins reculés, en Grèce ou en Palestine, à Rome ou à Genève, à Paris ou à Amsterdam?— D'où je le sais? réj)li(iue le protestant, je le sais par le témoignage infaillible de nos pères qui, de siècle en siècle, nous ont transmis ce livre comme un livre divin î — Ah ! vous admettez donc une tradition infaillil)lc, monsieur le protestant, (^ui ]>r()teste/ si tièrement contre la tradition?"
ARTICLK VIIL
La Coiiinni iiion des JSaljlts.
1. Tous les fidèles qui composent l'Eglise catholique sont unis ensemble et ne forment qu'un seul corps, dont Jésus-Christ est le chef L'union étroite de tous les membres de ce corps établit entre eux une communauté de biens spirituels, et c'est ce qu'on entend par la Communion des saint i^.
2. On nomme les fidèles JSai/its, parce (£u'ils ont été sanctifiés par le baptême, et qu'ils sont tous appelés à la sainteté. Les biens spirituels qui sont communs entre les fidèles, sont les grâces infinies que Xotre-Seigneur nous a méritées par ses souffrances, les mérites de la très-sainte V^ierge et des l^aints, les Sacrements, les prières et toutes les bonnes œuvres qui se font dans l'Eglise. De tous ces biens spirituels il se forme un trésoi* (pii appartient à toute l'Eglise; et chaque fidèle y a sa part selon la disposition où il se trouve.
3. Cette communauté de biens spirituels est une suite de l'unité de l'I^^glise. Tous les membres d'une fiimille travaillent pour son profit, et ont tous part à ses avantages. Il en est de même de l'Eglise, dont tous les membres ne composent qu'une même famille et qu'un même corps. Saint Paul compare 1* Eglise au corps hinnain ; en effet, rien n'est jilus propre à nous faire comprendre ce que c'est que la Communion des saints ; le corps a plusieurs membres, et chaque membre a sa fonction particulière ; mais
1. Qu'entend-oa par la Communion des Saints?— 2. Pourrjuoi les fidèles sont-ils appelés Saints? Quels sont les biens <\m sont conimuns à tous les fidèles?-;'. Sur quoi est fondée cette communauté de biens spirituels?
I \ ro.MMI MON l»K>irtAINl> l'H
t<)US rt's mcinlur., mst'inljlr ih" font «(ir«iii .m-uI ccirjKH. ^^ ont tous un liiriiir (lit 1', iiiir inr*n)(' finit*, iiiio môint* vie*, lits foiH'litniM tit» fliatiiit' iiit'inhrc, leurs uvanta^cM, Hoiit pour It' huMi th» tout It* ftnps; ttms fonctiun-nt ii la mr*m<* lin (pli t'st la ft>nsrrvali<»n tin forps; les ytMix voient, \i*H oreilles enlentlfiit, les mains a>;issfnt, les pietls niarflient p(Hir (uni IrtMujKs; rn un mot, tons It-s nitinlu'fs t'onHpirtiil :in bien les nns tles antres, et se tlunnent, tlans le besoin, tons les secours po>sil)les. I)e nit*'nie, tlans TM^liM», tons les rHlt^'les, \i\;uil dii nu'ine esprit, sons nn nit*Mm^ «•liel". sont nnis en! l'e en \ dans les «lijlerentes actions. < 'haenn tles li<lèles plie, tra\ aille, nn^ite ponr tout le et)rps, et il ret;oit en même temps le pii\ des travaux, tles vertus et (les pritM-es (le t<mte ri\^lise. Mais, pt)nr i)rt)titer <lc; ces avantajit's, il tant t*'tre membre tle rK^lise; ceux (jui sont st''part''s d'elle par riitMesie, par le schisme, {Kir rapt)stasie, on ceux ((n'elle a ret ranclit's de son sein ])ar rexct)niinunieation. n'ont aiu'une ]»art aux avantages spirituels qui se trouvent dans la Commnnitni des Siiints.
4. Tour Jouir pleinement tle tous ces biens, il faut même être un membre vivant tle TEçlise, c'est-à-dire être en état de ^rAce. Les pécheurs, en qui l'Esprit saint n'habite ])oint par la uracc, sont à la vérité membres de IKi^lise, mais ce sont des membres morts: t)r, comment des mt^ubres morts- pourraient-ils prétendre aux mêmes avantages que les membres vivants? Un bras mort, quoi qu'il reste uni au corps humain, ne peut recevoir la nourriture, l'accroissement, le mouvement et l'action. Cependant les ])ét heurs ne laissent pas de tirer beaucoui> d'utilité de runion qu'ils ont avec le reste du corps : c'est un grand wantaue tl'être de cette société, dans hupielle seule se trouvent la vérité, la charité, la justice, le salut et les moyens qui y conduisent. Vu pécheur est mort ; mais tant qu'il demeure uni au corps, il peut revivre ]>ar les [)rièrcs de l'Eglise, qui ne cesse de demander pour lui le retour à la vie par une sincère pénitence.
5. Les iidèles qui forment l'Eglise se divisent en trois branches: l'Eglise militante, composée de ceux qui combattent encore sur la terre contre les ennemis du salut ; l'Eglise triomphante, composée de tous les bienheureux ^ui sont dans le ciel : et l'Eglise souffrante, composée des
4. Que faut-il faire rour entrer en eommunieation de ces biens? Lea Pécheurs ne retirent-ils aucun avantage de leur union au corps de l'Eglise ? ^5. Comment se divise l'Eglise?
ir>2 i.A r^:mts.sion des vtrui^.
âmes qui achèvent d'ex]»!» r Iturs fautes avant d'entrer en paradis.
(). Ainsi les fidèles qui sont sur la terre ne sont pas seulement unis entre eux, ils le sont aussi avec les Saints qui triomphent dans le Ciel, et avec les âmes qui sont dans le ]*ui\iiat()ire. Nous nous réjouissons du bonheur des Saints, nous en bénissons Dieu, nous les pi-ions d'intei-eéder ])our nous : les Saints de leur côté, nous aiment comme leurs frères, et ils nous aident \k\v leurs prières au]>rès de Dieu. Nous adressons nos prières à Dieu pour les âmes du Purgatoire; nous faisons des aumônes et d'auti'es bonnes œuvres pour qu'il les soulage dans leurs soutiVances et qu'il en abrège la durée par sa miséricorde.
Exemples. — " Quel superbe tableau, s'écrie le comte de Maistre. que celui de cette immense cité des esprits avec ses trois ordres toujours en rap])ort ! Le monde qui combat présente une main au monde qui sovffre. et saisit dr l'autre celle du monde qui triomphe. L'action de grâces, la prière, les satisfactions, les secours, les inspirations, la foi, l'espérance et l'amour circulent de l'un à l'autre comme des fleuves bienfaisants. Kien n'est isolé, et les esj>rits, comme les lames d'un faisceau aimanté, jouissent de leurs propres forces et de celles de tous les autres."
— Saint Fructueux, évèque dans le troisième siècle, ne cessait de prier pour toute TP^glise. I^orsqu'il était près de souffrir le martyre, ayant été condamné à être brûlé vif pour la foi, un chrétien lui prit la main et lui dit : '' Je vous supplie de vous souvenir de moi devant Dieu.*' Le saint Martyr lui répondit : '* Je dois avoir dans l'esprit toute l'Eglise catholique, étendue depuis rOrient jusqu'à l'Occident."
Saint Polycarpe priait jour et nuit pour l'Eglise catholique répandue jDar toute la terre. — Lasausse.