DU PREMIER COMMANDEMENT DE DIETT
Je ï^ui.s le Seigneur, etc.
Un seul Dieu tu adoreras, Et aimera parfaitement.
1. Ce premier Comniandement nous ordonne : 1° de croire en Dieu ; 2^ d'espérer en lui ; 3° de l'aimer de tout notre cœur; 4° de iradorerque lui seul.
ARTICLE PREMIER
De la foi.
2. La foi est une vertu surnaturelle par laquelle nous croyons toutes les vérités que l'Eglise enseigne, parce que Dieu, qui ne peut ni se tromper ni tromper personne, les a révélées. C'est la première des trois vertus théologales.
3. Les vérités que nous devons croire sont contenues dans l'Ecriture sainte et dans la Tradition. On appelle Ecriture sainte les livres sacrés qui ont été écrits par l'inspiration du Saint-Esprit : ce sont l'Ancien et le Nouveau Testament. Par la Tradition on entend la parole de Dieu non écrite dans les livres saints, et transmise de génération en génération jusqu'à nous. C'est à l'Eglise que le dépôt de l'Ecriture et de la Tradition à été confié ; c'est elle qui en fixe le véritable sens et qui le propose aux fidèles par un jugement infaillible et avec une souveraine autorité. Dieu lui a donné ce pouvoir ; il lui a promis de la préserver de toute erreur et de l'assister dans son enseignement jusqu'à la fin du monde. Nous devons donc croire tout ce que l'Eglise nous enseigne, et il n'y a point de salut à espérer pour celui qui n'a point la foi. '^^ Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé, dit Jésus- Christ ; et celui qui ne croira point sera condamné."
4. La Foi est donc d'une nécessité indispensable pour être justifié et pour être sauvé. La Foi honore Dieu, et lui rend hommage comme à la souveraine Vérité ; elle
1. Qu'ordonne le premier commandement ?— 2. Qu'est-ce que la Foi ? — 3. Où sont contenues les vérités que nous devons croire?— 4. Dites si i* Foi est nécessaire et comment elle honore Dieu.
UV Irr COMMAM». 1)1 hIKTT— LA FO[. 1^3
vi>[y coninu' parlr siiiiil l'aul, un hii( ritirc cl uim* <>M'niiMl<) <|Ue nous lui l'aisons, en Houincttaut notre esprit li s:i pnrolr inl:iiHil>l(', <'t en laisint tairr nos <lit1i( tiltés, n<M pivju^rs t'I n<>s répugnances, pour croire, kiim aucune oniore (le «loute, sur rautorit/i <le cette <livine parole, c« (pie nos sens n'aper(;oivent j»a^ •* '-' «|M»' notre esprit no peut c()ni])r(Mulre.
o. Nous (levons Si)uvenl faire des Actes de toi sur len V('ril(''s (le notre sainte Keliji;ion, afin de t(''nioigncr à I>ieu notre soumission aux v^*rit<^'s (ju'il a r^^\Ydées.
( 'ette soumission, (pU' nous devons à la paroie de Dieu et à rensei«»nement (le ri']«;lise, est d'autant jdus raisonnable, q\w tous les jours nous croyons, sur le témoignaj^o des hommes, d(\s choses (pie nous n'avons jamais vues, et d'autres (pU' nous ne comprenons pas, ((Uoi(prelles fraj)pcni nos sens.
Le ((.'moignaiii' de Dieu, ijui ne peut se tromper ni nous tromper, ne nuMite-t-il i)as plus de créance que celui d'un lionime, et (pie l'attestation de nos sens et de notre esprit, dont les taciilt(!^s sont très-born(ies ?
Kien n'est donc plus raisonnable que de croire, sur la l)arole de Dieu, des choses même ((uo l'on ne comprend pas. On croit alors, non parce (pie l'on conçoit, mais parce que Dieu Ta dit.
i). La Foi est foiuU^e sur la parole de Dieu, et non pas sur nos propres lumières. Nous ne pouvons connaître les mystères que par la révélation ; Dieu lésa révélés : de plus, il a établi une autorité inlaillii)le })our nous les proposer. Comme il appelle tous les hommes à la connaissance de la vérité, il leur a fourni un moyen cpii est à la portée de tous. Pour être chrétien, il ne faut ([ue de la docilité, et cette docilité n'est pas une crédulité aveugle et stupide, mais une soumission éclairée et appuyée sur les motifs les ))lus forts et les plus capables de déterminer un homme raisonnable. Des faits ])iiblics, des miracles éclatants sont des preuves incontestables qui établissent la vérité de la Keligion.
Jésus-Christ a exigé des hommes le témoignage de leur foi, mais auparavant il a confirmé leur foi par des miracles. C'est à cette x^i'^uve qu'il rappelait lui-même les Juifs: il leur disait: '' Les œuvres que je ikis au nom de mon Père
5. Quelles sont les vérités que nous sommes tenus de croire? — 6. La soumission ^ la parole de Dieu et à l'enseignement de l'Église est-ellt ndaonsiable ?
154 PTT 1or f'OMMANI). 1)K DIKU — LA FOI.
rciuk'iil lc''iiioi«:,na«;i' «le moi ; si je ne la i.s pas les œuvres de 111011 rère, ne me croyez i)as ; mais si je les fais, quand même vous ne voudriez pas me croire, croyez à mes œuvres." Les miracles sont donc la voix de Dieu, et l'on ne peut sans imj)ict6 rejeter une doctrine confirmée ])ar des miracles; car ce serait une absurdité impie de dire que Dieu a déj)loyé sa toulc-])uissance pour autoriser une .fausseté.
Il faut donc croire toutes les vérités que l'Eglise enseigne ; en rejeter un seul article serait avoir perdu la Foi.
7. C'est pécher contre la Foi que de douter volontairement de quelqu'une des vérités qu'elle enseigne, et l'on s'expose à tomber dans ce péché quand on a la témérité de lire les livres des hérétiques et des impies; car quiconque aime le danger, y périra. On pèche contre la Foi îiuand, par la crainte des hommes, on la renonce extérieurement et de bouche, quoique l'on en conserve le sentiment dans le cœur; les Martyrs ont mieux aimé soutfrir toutes sortes de tourments et la mort même que de dissimuler leur foi devant les tyrans. Fnlin, c'est i)écher contre la Foi que de négliger de s'instruire des vérités dont la connaissance est nécessaire au salut. C'est par cette négligence que beaucouj) de Chrétiens vivent dans l'ignorance de ce qu'ils devraient savoir, et qti'ils commettent un grand nombre de l'autes dont ils ne s'aperçoivent même pas.
Exemples. — Dans une société où, par un efîet de la Providence, se trouvait un ecclésiastique, plusieurs jeunes gens jouaient le rôle d'impies et débitaient avec emphase des tirades de J.-J. Rousseau contre la divinité du Chiistianisme. '' Messieurs, leur dit l'ecclésiastique, vous ne croyez pas maintenant, mais vous croirez un jour ; si ci n'est point dans le temps, ce sera dans l'éternité. Vous croirez alors comme les démons; ils croient, et ils sont dans les tourments." — MéravlTo
— Nai")oléon 1er disait un jour à la gouvernante de son fils. Madame de Montesquieu: "Voilà Bernadotte roi, quelle gloire i)our lui! — Oui, sire; mais il a un vilain revers de médaille : pour un trône, il a abdiqué la foi de ses pères. — Oui, c'est très-vilain, repartit l'empereur, et moi qu'on croit si ambitieux, je n'aurais jamais quitté la Religion catholique pour toutes les couronnes de la terre."