Comment pèche-t-on contre la Foi
hriMsU's chtrcl iriis (|iii' noti^iirr, )nriiii>it <1« 1 Ara- «Innir di's sciciicis, rut avec h' I*. <l<' la Hrrtlionio, c*t qui uprrùrtMit PU conversion, <|n'il remlit publique», ce Kuvant «le pmnirr ordre lit l'aveu le j»lus rnnarquahltî : ''Je n'ai «'•Ir incivilulr (pic parce quej'clais coriunipu : '* e! il ajouta aussitôt apics : "Alhuisau plus pi«'ssc, mou perc ; e'eHt iiKMi <'(cui- plus que iiinii opiit (pli a Kcsoin d^'-tr»- lmi/'H.*' r. hi: I. \ Hi;i: riin\ 1 1
- Si l'on \()it (picl(pics esprits douter i\v>^ articles de la loi. ce n'est point parce (pie ces arti(îles sont incertains en cii\-im*"nies ; non. mais c'est ))ar suite et de la faiblesse de l'esprit iunnaiii c' des passio!is du <<eur. -S. Thomas n'Agi' IN.
AKTK I.i: Il
1. L'l']s]>t''rance est une veriii >mii;iiiii-clle ]>ar ia(pielle iu>us attendons avec une ferme conliance de la bonté de Dieu les biens (pi'il nous a promis, (''est ia seconde des vertus tht''olo«;ales.
2. Qu'ils sont grands, les biens (pie Dieu nous a ju'oniis! ((ulls sont i)récieux ! Ce n'est rien moins que la possession éternelle de Dieu même. Ce bonheur est infiniment au-dessus de nous et de nos efîbrts : aussi est-ee par sa l)ure miséricorde qu'il nous en lait la promesse. Nous n(^ sommes pas ca})ables i)ar nous mêmes de mériter un tel bonheur ; mais Dieu, qui nous aime malgré notre misère et notre indignité, nous promet toutes les grâces nécessaires pour y parvenir : // nous a donné son Fils unique^ ((fin que quiconque croit e)i lui 7ie périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.
S. La vue de nos misères ne doit point nous empêcher d'espérer en Dieu et d'attendre la possession des biens (pi'il nous a promis : sa toute-puissance, à laquelle rien n'est impossible ; sa miséricorde, qui est infinie ; les mérites de Jésus-Christ, qui sont inépuisables : la vertu de sa grâce, ses promesses, le commandement qu'il nous a fait d'espérer eu lui, tels sont les fondements de l'espérance chrétienne. Après de telles assurances, nous lui ferions injure de ne ne pas espérer. Comme Dieu veut
1. Qu'est-ce que rEsp<?rance ?— 2. Quels sont les biens que Dieu nous a promis ?— 3. Sur quoi est fondée notre Espérance ?
ir,(; Dr Ici- COMMAND. de DIKK î/K>rKRANrE.
riif nu «jUMinl il i)arh'. il vciil aii.-.-i ^n mu .-e coiilic en lui ([uand il promet : ainsi notre confiance doit être absolue et constante.
4. Non, l'Espérance chrétienne n'est point incertaine et chancelante; c'est une confiance ferme, parce qu'elle est M])iaiyée sur un fondement inébranlable. Saint Paul la <()mpare à une îincr(^ ferme et assurée (pii retient un vaisseau au milieu des Hots et de la tempête. Cette espérance n'est jamais confondue quand (;lle est humble, sincère et persévérante, car Dieu ne peut manquer à sa promesse. Le ciel et la teri'e ])asseront, mais ses paroles ne passeront point. Nous sommes donc assurés que si uous ne man- ([uons pas de confiance en Dieu, et si d'ailleurs nous ne mettons pas d'obstacle, il nous accordera tout ce qu'il nous a promis.
5. li'espérance chrétienne est combattue par deux vices opposés: le désespoir d'un côté, et la i)résomption d(; l'autre.
On pèche contre l'Espérance lors(iue Ton désespère de son salut; tel a été le péché de (.'aïn (pii, après avoir tué son frère, dit : ''Mon iniquité est troj) urande pour en obtenir le pardon." Le désespoir est le péché le plus horrible aux yeux de Dieu, parce c^u'il l'outrage dans sa bonté, celle de toutes les perfections qu'il aime le jjIus à manifester aux hommes, et à laquelle il désire le plus que nous rendions hommage par vuie confiance sans bornes.
" Une mère peut abandonner son enfant; mais moi je n'abandonnerai jamais celui qui espère en moi, dit le Seigneur. Quand vos crimes seraient rouges comme l'écarlate, et votre âme noir comme le charbon, je ne vous rejetterai pas dès que vous reviendrez à moi avec douleur et confiance." Il n'y a point de péché que Notre-Seigneur n'ait expié par sa mort, et dont il ne nous ait mérité le pardon. Il nous crie du haut de sa croix que tout son sang est pour nous. Ce père plein de bonté ne demande que le retour de son enfant ; notre repentir réveillera toute sa tendresse ; mais, de notre côté, n'abusons pas de sa patience et de sa bonté pour l'offenser avec i^lus de liberté, et pour persévérer dans le désordre.
6. Car on pèche aussi contre l'espérance lorsque, présumant de la miséricorde de Dieu ou de ses propres forces,
4- Quels doivent être les caractères de notre espérance ?— 5. Montrez combien le désespoir est coupable aux yeux de Dieu. — 6. Comment pèchet-on par présomption ?
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7. On })cche encore contre ri']s|)éran<'(M{uand on mun- (jue d(^ soumission à hi conduite de la Providence dans les choses de eo monde. Kt connnent jx'Ut-on ainsi manquer de confiance à l'égard d'un si l)on j)ère, qui nous assurer que les cheveux de notre tête sont tous comptés, et qu'il n'en tombera pas un sans sa permission ?
Tout ce ((ui nous anive en ce monde est pour notre ]>lus grand bien, et ])eut nous mériter un bonheur éternel : comi)renons bien que la santé, les richesses et les autres avantai>('s de ce monde ])euvent être nuisil)les à notre salut, et (pril est bon d'en soutïrir la privation lorsque Dieu le veut ; soyons i)ersuadés que rien n'est encore perdu ])our nous tant ((u'il nous est permis d'espérer le ciel.
8. Tour augmenter en nous' l'Espérance, nous devons en faire souvent des Actes, surtout lorsque nous nous trouvons exposés à (pielque épreuve.
ExEMPLK.— Dieu permit ([ue saint François de Sales éprouvât une tentation bien })énible. Comme il achevait ses études à Taris, n'ayant alors (pie seize ans, l'ennemi du salut jeta dans son imagination qu'il était à\\ nombre des réprotivés. Cette tentation fit inie impression sur son âme, qu'il en XKM-dait le repos, et ne pouvait ni boire ni manger: il desséchait à. vued'œil et tombait en langueur. Son précepteur, ctui le voyait dépérir tous les jours, ne
7. Xe pôchc-t-on pas encore contre l'Espérance, en manquant de soumission à la conduite do la Providence?— S. l)uit-on taire des actes d'Espérance et dans quelles cireouitances ?
158 DU 1er roMisiANO. de dieu — la charité.
pouvant prendre goût ni plaiî>ir à rien, ayant un teint pâle, jaune, lui demandait souvent le sujet de sa mélancolie : mais le démon ({ui l'avait rem])li de cette illusion était de ceux qu'on appelle muets, à raison du sihMict; qu'ils font garder à ceux qu'ils affligent.
Il se vit en même temps ])rivé de toute la suavité du divin amour. Les douceurs et le calme qu'il avait goûtés avec tant de contentement avant cet orage, lui revenaient à la mémoire et redoublaient sa }>eine. '* C'est donc en vain, se disait-il à lui-nu*me, que la ])ienheureuse Espérance me nourrissait de l'attente d'être enivré de l'abondance des douceurs de la maison de Dieu, et noyé dans le torrent de ses i)laisirs. () nimables tabernacles de la maison J)icu, je ne vous verrai donc jamais ! "
Il demeura un mois entier dans ces angoisses et ces amertumes de cœur, qu'il pouvait comparer aux douleurs de la mort et à tout ce qu'on peut enduier de plus cruel en ce monde. Il passait les jours dans des gémissements douloureux, et les nuits, il arrosait son lit de larmes. Enfin étant entré par une inspiration divine dans l'église de Saint-Etienne-des-Grèspour invoquer la grâce de I)ieu sur sa misère, et s'étant mis à genoux devant luie image de la sainte Vierge, il pria cette Mère de; miséricorde d'être son avocate auprès de Dieu, et de lui obtenir de sa de sa bonté que, s'il était assez malheureux pour être destiné à le haïr i)endant l'éternité, il pût au moins l'aimer de tout son cœur pendant la vie.-'
Une prière si éloignée des sentiments d'un réprouvé fut aussitôt exaucée: les ténèbres qui étaient répandues sur son esprit se dissipèrent, et il demeura rempli de consolation et de joie.
ARTICLE III. De la Charitc.
1. La Charité est une vertu surnaturelle par laquelle nous aimons Dieu pardessus toutes choses, parce qu'il est infiniment bon et infiniment aimable, et notre ])rochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu. '' W)ilii le premier et le plus grand Commandement," dit Jésus- Christ. La Charité est la troisième des vertus théologales.
1. Qu'est-ce que la Charité? Par quelles paroles J. C. montre-t-il l'iinprotance de la Charitc?
Dir If'irnMMwi. hi i.ii r i.\ i]\\n\T{'. loî)
-. l'iUiit-il IHM'r^-.iiM- i(U< J>i< Il inMi- • I Mil iiLilxlilt «!»•
ruhucr? N'c^t-il pas ilt» liii-mrinr .>^nii\rrsiinrinrnt aiiiiahlrV Sfs pri-fiM'l itnn inlinii's, s:i lnmlr poui' ihhh, Ich bini- Ijiils <loii( il inms coiul)!»', les jin ji:ila;4r-i qiir l'un troiivi* ii n'attacluT A lui, tout \w nom rM;;;îi;^r-t-iI pas à raiiiirr? Il nous a ciY'ôs, il n<Mis conscrvr, il nous nourrit ; il 21 forniô le ciel rt lu trrrc cl toutes les <'n''aturrs |M»ur notrr UHam* : tout cela nr nous cri^'-t-il pas <pic nous «Irvons l'aiinrr? Dieu a tait cnron» beaucoup plu^ pnur nous dans l'ordre du salut : il nous a «lonin'' son propre lils; il l'a sacrifié pour nous rachetei-. il nous a îidniis au nombre <Ie ses entants; elnupie Jniu-, à <'lia((Ue instant, il nnns soutient par sa i^rAee ; il nous destine après eetlt^ vie une félieité éternelle dans le s/Jour de la*::loire: eonnnent, après c<'la. j)ourri(ais nous lui rd'iiscr notre eieury f^uoidone! faut-il j>rouver à un enfant Men né (pTil doit ainn-r son père;? Ce sentiment n'est-il p:is naturel ;\ lliomme? l^e eteuriie s'y porte-t-il ]>as de lui même? Vn enfant n'éprouve-t-il pas cet attendrissement au souvenir d'un père ? Kl Dieu n'estil pas notre père? li<t-il (pieUpi'un à qui ce nom convienne mieux (pTà lui ? y eu eut-il jamais un meilleur? Ajoutons à tous ces motifs les douceurs (jue l'on iroûte dans ri^xercice de ce saint amour. Oh î (jueile joie ]Mire, (pielle douce consolation ne ré])and-il ]kis dans un cieur ([ui en est embrasé ! Non, tous les plaisirs (pie le monde nous ollre n'ont rien de comparable à cette ])aix délicieuse tpie Dieu met dans une àme (pli l'aime. Attachons-nous donc à l.Meu ; halons-nous de lui donner notre cœur avant ([ue le péché le rmde indiune de lui être ollért. Nous ne l>ouvons être heu eux ipi'en Taimant ; et plus nous l'aimerons, plus nous serons heureux.
o. Oui, Dieu s(Mi1 ptnit faire notre bonheur: un homme à qui Dieu manque c>t malheureux, même dans le sein des richesses, de la gloire et des plaisirs; il désire toujours quelque chose, il n'est pas content. Mais celui qui aime Dieu trou\ e dans ce saint amour des consolations qui lui tiennent lieu de tout le reste. Ses désirs sont satisfaits, son cœur est tranquille, et rien ne j)eut troubler le calme de son ame : dans l'indigence même, il est riche; dans l'humiliation, il est grand; dans les soufï'i'ances, il est comblé de joie. C'est donc de tout notre cœur que nous devons aimer Dieu ; il est notre premier principe et notre
2. Quels sont les principaux motifs de l'amour que nous devims aroir pou) Dieu?— ■;. Mon;rez <iue Dieu seul peut taire le bonheur de l'homme. C\)iument devons-nous aimer Dieu?
W^ DU lui- CUMMANI) 1)K 1)1 Ki: -LA CllAKlTK.
dernière lin. Ce grand Maître veut posséder notrt^ cMi-ur tout entier: il faut donc le ])rélerer il toutes les créatures, être disposé î\ perdre tout ])liitôt (pie sa grâce, enfin n'aimer rien que par rapport à lui.
C'est i)écher contre ce commandement que de mettre son souverain bien dans lui autre objet que Dieu, comme les ambitieux dans les bonneurs, les avares dans les richesses, les voluptueux dans les plaisirs des sens.
4. Tj'amour de Dieu doit être agissant. *' Si (|uelquun nraime, dit Notre-Seigneur, il gardera mes comnuuulements.'' En effet. Ton cherche à plaire à (;elui qu'on aime, et le moyen de lui ])laire, c'est de faire sa volonté, d'accomplir fidèlement tout ce qu'il exige, et de faire souvent des actes qui prouvent la sincérité de cet amour. On doit donc prouver son amour par les œuvres, car l'amour de Dieu ne peut être oisif, c'est un feu qui agit toujours ; s'il cesse d'embraser le cœur, c'est une j^reuve qu'il est éteint.
5. Mais Celui qui a dit : *' Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit et de toutes vos forces," a tout de suites ajouté: "Et vous aimerez votre prochain comme vousmême."
L'amour du i>rochain doir aussi se prouver ]>ar les œuvres.
Il n'y a rien que Jésus-Christ nous ait reeomniandé }>lus fortement (^ue cette amour du prochain. " Le commandement que je vous fais, nous dit-il, c'est de vous aimer les uns les autres." Aussi, dans les beaux jours du Christianisme naissant, vit-on régner parmi les fidèles l'union la plus intime et la charité la plus tendre ; ils n'avaient tous qu'un cœur et qu'une âme. " Voyez, disaient les pa'ïens eux-mêmes, comme ils s'aiment les uns les autres.
6. On peut réduire tous nos devoirs envers le prochain à celui de la charité; et, en effet, si on aime véritablement le prochain, on sera bien éloigné de faire à son égard rien de ce qui est défendu: on ne lui dira point d'injures; on ne commettra point de violences contre lui ; on ne lui fera point de tort, on ne le trompera point ; on lui rendra même toutes sortes de bons offices.
4. Quelle est la meilleur preuve que nous aimons Dieu ?— 5. Sur quelles paroles do l'Ecriture est fondr le devoir que nous avons d'aimer le prochain?—0. Quels sont nos devoirs cn\ ers le prochain?
DU lerCOMMANI». I)K IIIKIT— LA CIlAKIlY. • MU