‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 53 sur 124 · RESPECT DU AUX ÉGLISES · texte numérisé non relu

RESPECT DU AUX ÉGLISES

que ceux dont la disgrâce vous a surpris me fussent plus lidèles qu'ils ne l'ont été à leur Dieu." Peu content d'avoir i)uni et lunnilié les a])ostats, le X)rinco erut devoir encore récompenser avtc> éclat les Chrétiens qui, s'élevant au-dessus des vues teni])<)relles, avaient persévéré dîtns la profession ouverte du Christianisme ; et, pour bien convaincre ses courtisans (pril ne comptait que sur la fidélité de ceux qui étaient fidèles à leur religion, il confia à ces Chrétiens généreux et incorruptibles la garde de sa personne et de ses Etats.

— L'Empereur Constantin Copronyme excita une persécution violente contre les lidèles, pour le culte des saintes images. Il fit appeler un saint solitaire, nommé Etienne, et lui demanda avec ironie s'il persistait dans son idolâtrie, car c'est ainsi qu'il traitait l'honneur que les Catholiques rendent aux images : '' Quel est l'honjme assez peu instruit, lui répondit le Saint, i)Our adorer des pierres, l'or et l'argent, parce qu'ils représente Jésus- Christ ou lesBaints? Notre culte se rapporte à celui que ces objets représentent." Et, tirant de son sein une pièce de monnaie où était l'empreinte de l'empereur il demanda à ceux qui étaient présents s'il serait puni en jetant à terre et foulant aux pieds cette image du prince : on lui répondit que oui. ^^ O hommes aveugles! repartit alors saint Etienne, vous puniriez de mort celui qui foulerait aux pieds l'image d un roi de la terre, d'un homme mortel, et vous osez fouler aux pieds l'image de Jésus-Christ, le Roi des rois !....'' — Hliit. ecclésiastique.

^ une LE V.

Respect dâ aux Eglises.

1. L'église est la maison de Dieu ; il la remplit de sa gloire et de sa présence ; c'est le lieu ou il réside d"uue manière particulière, et qui est spécialement consacré à son culte : c'est là que les fidèles s'assemblent pour prier, pour chanter ses louanges et ])our célébrer les saints Mystères ; c'est là que Jé.-us-Christ habite corporellement, et qu'il s'offre à son Père pour nous. En faut-il davantage pour nous inspirer le lespect le plus ])rofond et l'attention la plus religieuse? Ne devrait-on pas, en entrant

1. Quels sont le? motifs qui doivent nous inspirer un profond respect pour les églises? Quels sentimoats devons-nous éprouver en entrant duud le lieu saint ?

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dans rv licMi, ôtrc naisi <Ir <r5iinto, et HV»crirr uvœ un Miu'icn I*ji!riai'(lH' : " (}\w vr Uvn est trnihh* ! cVMt véritiiMcmcnt la mai-oii <lr Dieu, c'ent la porti* du ciel." Oui, les temples sont un nouveau eiel oi'i I)ieu luiMle avec leK honnnes. ('elui (|ui réside d:uis ee tal»erna<'le auj^usUr n'est-il ])as le même Mien <|ne les bienheureux adorent dans le eiel y Nous d«'\ rions done, ecunnie eux, être. anéantis d'esprit et de eo'ur de\ai<lla M:ijeslê divint» : elle est voilée d.ins nos temples, j'en e<»n\ien>; nuiis ei. est-(*lle nu)ins di;^ne de nos profondes a«ioial ions? ( 'oninuMit done ose-t-on ent i er dans les ê;j:lises sans n'speel V Comment ose-t-on s'y tenii- sjins reeut'illement. sans modestie, (piehiuefois nïême ;i\ ( <• la <lissipat i(>n la plus scandaleuse ?

lî. Tout dans ce saint lieu nous parle {\v<' hieufaits <ie Dieu : ces jonts sacrés, où, avec la vie de la ^râce, non.s a\(Misreeu le droit inestimable à l'héritam^ céleste; ces tribunaux de réconciliation, où nous avons été si souvent purifiés de nos ])écliés (M i»uéris de nos blessures; cette croix où .léstis-Christ notre Sauveur est mort j)our nous; c(*t atitel, enliu, où il simnjole ebîHpie jotir jkmmnous ap])li((uer le fruit de ses soullranei s : c'est là aussi (jue nous axons participé à la Table du Seiuiu'ur, et reçu ronctiou du Saint-Ksj)rit dans la Confirmation. Des objets si loiu'hauts ne devraient-ils pas renii)lir notre esprit de saintes ])ensées et notre cceur de jneux sentiments, et ]iotis rendre agréable le séjour de ce saint lieu? Comment ariive-i-il donc (ju'on n'y aille ((u'avec répugnance, qu'on n'y reste ({u'avec dégoût, ((u'ou n'y soit occupé que de pensées vanies, pour ne pas dire criminelles? Tant de monuments de la bonté de notre Dieu ne disent-ils donc rien à notre conir? Quel outragu^ de ne répondre à tant d'amour que par une coupable indillérence !

Exemple. — Les Turcs ont un tel respect pour leurs mosquées, qu'ils ne passent jamais devant sans en donner quelque marque extérieure: un cavalier qui ne descendrait pas de cheval en passant devant serait rigoureusement puni : ils n'y entrent que nu-pieds, les mains jointes et dans un profond recueillement. Ils y sont si attentifs et si modestes, qu'ils semblent être plutôt des religieux que des barbares; ils donnent plusieurs fois du front en terre pour s'humilier en la i)résence de Dieu. Pendant

2. Que doivent nous inspirer la vue de la table sainte, de Tauteb des fonts DapXismaux, de la chaire, etc.

168 1)1 M'X(jni) « <)Mmam>lmen'j dj. i)[E\j.

tout le temps qu'ils sont en prière, vou.^ n'en verrez pas un seul qui ose tourner la tête. C'est un crime de dire un mot à un autre ; aussi est-ce une chose inouïe devoir deux Turcs parler ensemble pendant le temps de l'Oraison. Quehpie chose que Ton dise à un Turc lorsqu'il est en ])rièrc, il ne ré])ond pas: on le malti-aiterait, qu'il ne regarderait pas qui l'a frapj)é. Ah ! (pie ces inlidèles donneront un jour de confusion aux Chrétiens qui font leurs ])rières avec si peu d'nttention et avec tant d'immodestie !

Quelle leçon pour des Chrétiens instruits de leur religion ! — Des Voyages.

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