‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 55 sur 124 · DU SECOND COMMANDEMENT DE DIEU · texte numérisé non relu

DU SECOND COMMANDEMENT DE DIEU

C'est blasphémer contre Dieu que de parler avec mépris de ses divins attributs, de ses perfections, etc.

C'est blasphéiiKT horriblement que de prononcer contre Dieu des expressions injurieuses ou grossières, quand même ce ne serait (pie pnr suite d'une mauvaise habitude, et à plus forte raison si elles sont accompagnées de la colère, de l'emportement, du mépris.

C'est blasphémer contre Dieu que de joindre à son nom adorable certains ternus qui le déshonorent. Le mot saci^é, dans la bouche de ceux qui se livrent à ces exécrations, fait frémir les pieux fidèles.

C'est blasphémer contre les Saints que de s'en moquer, de leur attribuer des défauts, de blâmer le culte que l'Eglise leur rend, etc. etc.

C'est blasphémer contre la Religion que de la tourner en dérision, de blâmer ses pratiques, de parler mal des saintes Ecritures, etc. etc.

7. Il est encore des blasphèmes de l'esprit et du cœur: ce sont les pensées, les désirs contraires aux perfections divines ou aux choses qui concernent la Religion ; tel est le blasphème de Vimpie qui a dit dans son cœur : Il iiy a jms de Dieu. Péché horrible, péché exécrable, digne des châtiments les plus terribles.

On ne lapide plus aujourd'hui les blasphémateurs, on ne leur perce plus la langue; mais qu'ils ne triomphent pas, le temps du châtiment viendra bientôt, et alors ils recevront, ces audacieux, la peine due à de tels crimes.

8. Les imprécations sont des paroles par lesquelles on souhaite du mal aux autres où à soi-même, comme la mort, la damnation, etc. etc., soit en promettant, soit en niant, ou en assurant quelque chose.

9. Les jurements déguisés sont de deux espèces: 1° Les uns sont les jurements mêmes avec quelques changements dans les termes; 2° d'autres, les jurements déguisés sous des paroles qui, n'énonçant i)as précisément le jurement, s'y rapportent pourtant en (pielque manière, comme ces expressions : "En conscience, comme je suis devant Dieu, etc."

Des Chrétiens ne doivent point s'exprimer ainsi, encore moins se permettre habituellement ces mots.

V. Qu'entend-on par les blasphèmes d'esprit et de cœur?— 8. Qu'est-ce <]l^ueles im pré cation fi NO. Combien y a-t-il d'espèces de jurements déguisés ?

IMr HKCONh COMMANDKMKNT DE IMKI'. 171

Par Ir juiciiu'iit ou mm nient nous anHuronn ou jMonii'ltoiiH <iuol<|ur (^liose aux hoinnics, v\\ inter)M>Munt \v nom <lc Dieu ; mais il arrive (|ue des personnes prome(t<*nt j\ Dieu lui même <U'S eluises ipii lui sont. a;;réal>leM, Cette pron\esse (pi'on lui l'ait ont vv (pi'on a|)p<'lle un vomi.

10. Le VOMI est la promesse il'iui plus ^raml bien, fait à Dieu librement, avec intention <le soMi^^er.

11. l'n VdUi est plus «ju'uiie simple résolution. Tar h- Ntru on s'ol)li.ue envers Dieu à faire la chose promise, .sous peiiuMhî péché, l/ohli^ration d'exécuter c<' qu'on a prouïis :\ Dieu tomhe sni- toutes les <'ii'constan<'«'s promises, U' lieu, le temps, etc.

1*J. I/I\ulise pcni di>p('n>rr de rohliL':at ion d'exécuter ce (|u"on a pronns à Dieu pai* \u'U, parce (pTelle tient .^a place et ((u'cllc |)arleen son iu)m ; mais elh'ue le l'ait que })our des raisons léi:itimes.

KxKMFLKs. — lin enfant élevé avec beaucoup de soin ])ar des maîtres vertueux donna, il y a (pu'kpuvs années, uiu» preuve bien touchante de .si foi. Il rentrait ])eutétre un peu tard après la classe, et son ])ère en colère l'en reprit vivement en jurant le saint nom (W Dieu. Ce jKUivre enfant, tout (léconcerté d'avoir donnée lieu à ces î)las])hèmes, se jette à ii(Mioux et lui dit en Y)leurant : ■ Mon papa, je \ousenpri(*, fra])pez-moi, mais ne jurez ]»as. " Le père, interdit, voyant l'horreur (pie témoignait cet intéres.sant enfant de ces abominables propos, prolita de la leçon, et n'osa plus blasphémer. Ah ! que de fautes, s'ils le vouhiient, des enfants chrétiens feraient éviter à leurs parents ! — Essai sur le Blasphrme.

— Saint Ignace de Loyola avait coutume de dire que, s'il devait être ])récipilé eu enfer, son ])lus arand tourment serait d'y entendre blasphémer Dieu.

10. Qu'est-ce tiu'un vivu?— 11. Quelle diftcreuce y .i-t-il entre une ré?<->hî'ion et un vœu? A quoi oblige un vœu?— 12. A qui est réservé le pouvoir de dispenser des vœux ?

172 DU TROISIÈME COMMANl^EMENT DE DIEU.

CHAPITT^K IV.

DU TKOISIÈMK (X)MMANDEMEI^.

Observe le jour. etc.

Le? Diinanclies tu garderas, p]n servant Dieu d«'VOtcment.

1. Tous les jours appartiennent au Seigneur; il n'y en a aucun que nous ne (levions rapporter à sa gloire : mais comme les besoins de la vie nous empêchent de vaquer continuellenuMit à des exercices de la Keligioii, Dieu s'est réservé spécialement un jour de cliaque semaine qu'il nous ordonne d'employer à l'adorer et aie servir. Ce précepte est raissi ancien que le monde : Dieu, aussitôt après avoir créé l'univers, consacia ce jour, afin que les hommes célébrassent la mémoire de la création et du repos mystérieux où il entra après avoir consommé ce grand ouvrage. Ce jour du repos de Dieu était, dans l'ancienne Loi, le septième jour, et on l'aj)pelait Sabbat, qui signifie repos : mais dans la nouvelle Loi c'est le premier jour de la semaine qu'on appelle Dimanche, ou le jour du Seigneur.

2. Le Dimanclieà été substitué au samedi dès le temps des Apôtres, et par inspiration divine, en ménu)ire de la résurrection de Jésus-Christ, parce que c'est le jour auquel Notre-Seigneur, ai)rès les travaux de sa vie moitelle, est entré dans son rei)OS éternel. Ce jour est destiné à honorer le Dieu vain(]ueur de la mort ])ar qui nous avons été raclietés. " Vous travaillerez pcMidant six jours, dit le Seigneur ; mais le septième jour est le repos du Seigneur votre Dieu ; vous ne travaillerez point en ce jour, ni vous, ni votre fils, ni votre serviteur, ni l'étranger qui sera avec vous dans l'enceinte de vos mui^s."

3. Les Juifs observaient si rigoureusement le Sabbat, qu'ils préparaient la veille ce qui était nécessaire même pour la nourriture du lendemain. La loi de l'Evangile est moins rigoureuse : elle permet les travaux que demande la cJiarité ou la nécessité, ainsi que les œuvres

1. Quel est le jour de la semaine que Dieu s'est spécialement réservé, e^ pourquoi s'en est-il réservé un? Ce précepte est-il bitn nncicMi Y— *J. Pourquoi le Dimanche a-t-il été substitué au Sabbat?— cl Coi»n]icnt les Juifs observaieut-ils le Sabbat'^

«jiroii Moimiu' lilu'ralr.'s, toiniih^hi Ircturi*, i (riituri-, U (Icssin, l'tr. ; mais il n't'sl pa^^ jx rmis Hr s'occupiT jV (Ich (l'uvit's scrvilcs, (•'i»st-î\-<iir«' iï l<)\it travail aïKjiU'l on m4* livn» onlinalroinrnt jK»nr pi^tni* su vit», ni ù tout c<* qui serait capahU^ «le «Irlnurnrr du service <Ir Diru. ('*e8t donc un ^imihI mal de s'occupe r, pcnd.inl cr jour, de travaux nuTJ'cnaircs sans nc<'cs>ilc rij^onrcnx', imposée pur le service dix mi. la n/'('c>silé pul»li<jUc ou les h<»soins iiidispensahles <le la \ le.

1. Les ou\'ricrs <|ui traxailhnl en ce Jour, sous j)rétext4* «l'achever lin ou\ raue, ou par la crainte <le j)erdre une pratii^ue, ne sont pas pour cela exempts de péché. Ce serait aussi pr<>('aner U' saint Dimanche ipie (u^ se livrer en ce Jour à une «lissipation ])rofane de se ]>ermettre des divertissements ciiminels. connue sont les hais, les si>ectaclcs. Ces actions <lérendues en tout lemj)S le sont hien davantage dans les Jours consacrés au Seigneur. De toutes les (cuvres serviles, eu est-il de j)lus contraires à la sanctilication de ces Jours (jue les <euvres du péché, ((ui nous l'endcnt les (\sclaves <lu dénu)n ? Le péché, cjui est toujoui's un i;rand mal. même ((uand on le commet un Jour ordinaire, uc })aiait-il i)as avoir un nouveau degré <rénonnité lorscpi'il est commis le Dinumche? l'ne telle conduite n'annonce-t-cllc i)as un urand oubli de Dieu, un mépris plus niaripié de sa sainte j.oi?

5. Ce n'est point assez de s'abstenir des œuvres serviles et criminelles, il faut (MU'orc emi)kn'er le Dinumche au service de Dieu, en s'appli(|uant à des œuvres de })iété et de Kcliuion ; c'est là ressenlicl et la lin du j)récepte. Si Dieu nous comnuuide d'interrompre les travaux ordinaires, c'est atin que rien ne nous détourne de l'application à son service. Dieu serait-il donc honoré par un repos d'oisiveté? sanctilirait-on ce jour en le passant au jeu, à la table, aux \ isites? Non, sans doute : ce qui sanctifie véritablement le Jour que le Seigneur s'est réservé, c'est l'assistance aux otlices divins, aux Instructions publiques ; ce sont de saintes lectures, et généralement toutes les bonnes œuvres qui ont pour objet le culte de Dieu, notre sanctification et le soulagement du prochain. Il est vrai que Dieu ne nous défend pas un soulagement honnête et modéré. Ce délassement nous est nécessaire, et nous

4. Comment devons-nous observer le Dimanche? Ne manque-t-on à la sanctification du Dimanche, qu'en se livrant à des oeuvres serviles? — 6. Suffit-il, pour sanctifier le Dimanche, de s'abstenir du travail et du péché?

17 1 DV TKOISIIÙMK ('OMMAXl)F.MI.VT DK DIEU.

I»<)i\()ii:> nous l'accorder, mais cr ne <loit jamais rirraii préjudice de la ])iété, et le temps de nous récréer ne doit pas être pris sur celui qui est destiné à la prière, au chant des louansres de Dieu et à notre instruction.

IvVKMPLKS. — Tl y avait ]KMne de mort, dans TAîn-ien Testament, contre les profanateui-s du SaUhat ; car nonseulement Dieu ordonna de lapider un homme* qui avait été trouvé ramassant du bois dans le désert le jour <hi Sabhat, mais enc()r(Ml dit à .Moïse : " Pai'le/ aux enfants d'Israël, et dites-leur: "Observez mon Sabbat. i>arce ([u'il doit vous être saint: celui (pii le violeia sera i)uni de mort ; si cpielqu'un travalHe au jour du Sabbat, il sera retranché du milieu (bi ])euple. On travaillera les six autres jcmrs ; mais le septième est le Sabbat et le i-epos consacré au Seigneur; (iuicon(iue i'era (luelque ouvra.t;e au jour du Sabbat doit étre})uni de mort." — Exodk. xvxi.

— Saint Augustin. î)arlant du temps (jui i)récéda sa conversion, dit <[u'il avait soin de se trotiver à l'église, autant que le lui pouvaient permettre ses occui)ations, dont le poids le faisait gémir, et qu'il allait entendre les discours (pie saint Ambroise, évéque de ]Mihin. faisait au peuple tous les dimanches. Son cœur, touché de Félo- ([uence de ce saint homme, s'ouvrit peu à peu à la vérité : '• Votre div.ne parole, ô mon Dieu, dit encore saint Augustin, est un pain qui nourrit et qui engraisse, luie huile qui embellit et qui fait qu'on a la joie peinte sur le visage, un vin qiû enivre, mais d'une ivresse qui, nous faisant goiUer les plaisirs du ciel, nous détache de ceux de la terre.'' ]\irlant ensuite des pieuses lectures, le même saint ajoute : ** Ce qui me touche le plus au monde et ce que j'aime par-dessus toutes choses, c'est d'entendre votre voix dans les divins livres de voti'e sainte Ecritui'e. n mon Dieu ; et c'est un plaisir potu* moi, qui passe tous les autres plaisirs. Les méchants m'ont étalé leurs vaines joies ; mais je n'y trouve rien de comparable aux douceurs de votre sainte Loi." Les saints offices le remplissaient aussi d'ineffiibles consolations. " Combien, dit-il le chant des hymnes et des psaumes que j'entendais dans votre église, ô mon Dieu, me faisait répandre de larmes! Et combien j'étais vivement touché d'entendre retentir vos louanges dans la bouche des fidèles ! A mesure que ces divines paroles frappaient mes oreilles, les vérités qu'elle» expriment, s'insinuaient dans mon cœur; et l'ar-

'' TES PERE Eï iMEKE HONOIŒUAS, '' AFIN HT- VIVr.K :.0^'^,T•K^rENT. "

I»r «^r \ lltlK.Mi: ruM MANIiKMI'.N I |i|. ).lii i<.)

«hiir (1rs st'htiiiM'Uls <lr pirtr, (|ii ils y fxritjiiriit, lUi-^juriit coiilrr i\v lurs yriix iiiir ^nimlr jihoiMl.inci» de lariiicH mais tW larmes «IrliciouMOH, qui l'aisinont alorn lo pluHgnina j»laisir «le ma \ir." -('(»nf.

("H \n riM-: \ .

in i)\ \ I IvII;M i; ( uMMANDK.MKNT.

||(»iinn' ton p^ri' et ta iiu'n*. rh-.

'!'«•.< |»ùro rf iMi-n' liuiiorrrjis, Alin (1<' vivre loiik'iuMurrit.

I Dirii, par son (iiiatricinc C/ommiiiKliMiK'iit, prescrit les (U'Noirs des iiilrricMirs envers les supérieui*s, et des snpv'Tieins nixcrs les inlérii'urs ; car ee (|ui est dit des père el mère s'a|>pli(pie dans une eei-taine mesure à tous ceux «jui (MU ([Uelipie autorité ou droit de eommandemeiil.

•J. Les iMilants ont ((Uatre devoirs principaux à remplir en\ (Ms leurs père et mère : ils doivent les respecter, les aimer, leur obéir, et les secourir dans leui-s besoins.

f>. Le ju'emier devoir des entants envers leurs j)arents, c'est le res[KH*t. Ce res})ect consiste à recevoir avec docilité U'urs avis et leurs corrections, à leur parler toujours avec soumission, à craindre de leur déplaire, à cacher et à excuser leui-s délhuts. Un père et une mère sont les imaues de Dieu à l'égard de leurs enfants, ils en tiennent la place ; ils sont les déj)Ositaires de son autorité: leur manquer de respect, c'est en înan(|uer à Dieu même; l'injure qu'on leur fait retombe sur Celui ([u'ils représentent; aussi, dans l'ancienne Loi, Dieu avait-il en-donné ((u'on le punit du dernier supplice. " Si quel- ((u'un, dit-il, outrage de paroles son père ou sa mère, qu'il soit mis à mort.**

4. Le second devoir des enfants. c*est d'aimer leurs l)arents. Est-il nécessaire de prouver cette obligation, et ne sulïit-il pas de rappeler à un enfant bien né tout ce que ses parents ont fait et tout de qu'ils font encore pour lui? Ils lui ont donné la vie ; dès qu'il a été au monde

1. A quoi non? oblige le quatrième commandement ? Quelles personnes sont comprises sous le nom de père et de mère?— 2. Quels sont les principaux devoirs des entants envers leurs parents ?— n. Quel est le respect que les enfants doivent avoir pour leurs parents? — 4. Quels sont le» motifs q^ui (out aux cufauts un devoir d'aimer leur> v^areuts ?

1 7 () 1 > U Ci U Al lU ^. M K ('( ) M M A X I > KM EN T DE D I EU.

ils ont pris soin de lui, et dans ce premier âge, qui demandait une attention continuelle, ils n'ont été, ))our ainsi dire occupés que de lui: ils ont veillé sur son enfance, et quelque rebutants qu'aient été les soins qui lui étaient alors nécessaires, ils s'y sont prêtés avec joie. Que de peiiu\s ne se donnent pas un ])ère et une mère? à quels travaux ne se livrent-ils ])as ])()ur procurer à un enfant un sort heureux! Un enfant (jui n'aiinei*ait pas son père et sa mère ne serait pas un Cln'éticn. ne serait pas mènuî un honunc ; ce serait un monstre.

5. Le troisième devoir d'un enfant envers ses parents est l'obéissance. '' Enfants, dit l'apôtre saint J*aul, obéissez à vos parents, car cela est juste devant le Seigneur." C'est à cette marque que l'on reconnaîtra si vous les respectez et si vous les aimez sincèrement ; un enfant qui désobéit à son père ou à sa mère, ou qui ne leur obéit qu'à regret, n'a pour eux ni le respect ni l'amour qu'il leur doit.

6. Enfin le quatrième devoir des enfants à l'égard de leurs parents, c'est de les secourir dans leurs besoins, par exemple, dans leurs maladies, dans la vieillesse, dans la pauvreté ; en toutes ces occasions, un enfant est obligé de les aider autant qu'il est en son pouvoir. Pour sentir cette obligagion, il suffit d'avoir un cœur. On doit se trouver heureux de rendre à son père et à sa mère une partie de ce qu'on a reçu d'eux ; manquer à ce devoir serait une monstrueuse ingratitude ; il faudrait avoir étouffé tous les sentiment de la nature : aussi l'Ecriture s'exprime-t-elle avec force contre ceux qui se rendent coupables de ce crime. ^' Combien est infâme celui qui abandonne son père, et combien est maudit de Dieu celui qui aigrit l'esprit de sa mère en refusant de prendre soin d'elle ! " Mais si un enfant doit secourir ses parents dans leurs besoins temporels, à plus forte raison doit-il leur procurer les secours spirituels dont ils ont besoin, surtout dans leur vieillesse et dans leur dernière maladie. Plusieurs parents seront redevables de leur bonheur éternel au soin que leurs enfants auront eu de leur faire recevoir les Sacrements avant leur mort.

7. Les enfants doivent encore exécuter fidèlement les dernières volontés de leurs parents, prier et faire prier pour eux après leur mort.

'>. Quel est le troisième devoir des enfants envers leurs parents?— fi. Comment les i^nfants doivent-ils secourir leurs parent-s?— T. Ne doit-on secou,ïir ses parents que dans l'ordre temporel ?

I»I «^l'ATHIKM! ( oMMANDKMKNT UK I»IKl'. 177

S. Lt's nèns r\ Us imrrs (loivfiil (|iiatrr cIiohch i^ leiirh riifiints: l:i inninitiin'. Piiisl nu-! ion, la <*r»rn'('l ion <•! 1« bon exemple.

Ils (loivenl li'> noiniii, ics vAtir, les ^«lever selon leur <'on(liti()ii.

1 1 est aussi de Irur devoir de Inii' aj»preinlre. ou par eux-inr»nies, ou par d'au! n's, les principaux Mystères de la foi, les ( 'onnnandenients de |)ieuet de l'Kjxl ••****> <'t J*'^ prières «m'ils doi\(iil réciter tous les jours; et, eu c(» «pli <*ou<*eriu' le choix d'un «'tat de \ie. ils doi\eut les aider de liMirs conseils sans jamais les conl laindre. et leur laissant nn«' jtiriiic liln'ilc poni- rt'-jxMHJrr ;"i Icni- \o<-;iiion.

Ils sont ol>lii;és <le Nciller constanuneut sur leur con- «luite, et,au besoin, de les coiriiicr, c'est-à-dire <le le.-^ l'cprendrt» lorsiju'ils tombent dans quelcpu; faute ; mais il faut (jue ce soit avec douceur et chaiité, et non pas avec colèri» et passion.

Les pères et les mères doi\ent l)eaucoup veiller sur euxmêmes, i)our donner toujours bon exemjjle à leui-s enfants, et ne jamais i'aire aucun mal en leur ])résence : qu'ils soient bien convaincus ((ue p!usi(>urs seront damnés pour avoir été la cansi' d(»s péchés »\v leurs enfants, p(»ur ne les avoir ])as élevés chrétiennement, ou leur avoir donné mauvais exemi)le.

W Co même Commandement ordonne aussi atout fidèle la soumission aux supérieurs ecclésiastiques. Le Pape est le \ icaire de Jésus-Christ, l'évèque diucéj?ain est le successeur des Apôtres, un curé est le père spirituel de ses l>aroissiens, un confesseur est l'ansTe visible pour conduire au ciel ceux qui lui donnent leur confiance, lout ])rétre catholiiiue est le ministre de .lésus-Christ pour l'administration des iSacremeiits et la rémission des i>échés. Il fiiut donc leur témoigner en toute rencontre Tamoiu', le respect et l'obéissance que méritent le caractère dont ils sont revêtus et les fondions (pi'ils sont chargés d'exercer de la ]>art de Dieu. C'est à tous les ministres de son Eglise que Jésus-Christ a dit: "Qui vous écoute m'écoute, et qui vous méprise me méprise.*'

C'est encore à ce commandement que se rapporte ce que saint Paul a écrit aux Eomains : '* Que tous, dit-il,

s. Qiie^s sont les devoirs des parents envers leurs enfants, ouant au corps, à l'esprit et à l'àme?— 9. A qui devons nous obéir dans l'Esrlise. et tiuel est le fondement de notre obéissance'.' t^ur Quelle parole de l'Ecriture çst fondée l'obéissance q^ue nous devons à la puissance temporelle?

17^ DU QUATRIÈME COM M ANDKMENT 1)K DIKU.

soient soumis aux puissances sui)érieures ; car il n'y on a aucune qui ne vienne de J)ien. I^e prince est le ministre de Dieu pour le bien ; il est donc nécessaire de nous soumettre à Ini, non par la crainte du châtiment, mais par le devoir de la conscience. JJende/ donc le tribut à cpii vous devez le tribut, le respect à qui vous devez le respect."

10. Il y a une obliixation étroite d'obéir aux lois de ceux qui ont la puissance, (ii loin ce (pii n'est pas contraire aux préceptes divins.

Telle était la doctrine des Apôtres et la conduite des l)remiers lidèles, quoi(j[u'ils vécussent sous des princes l)arbares et idolâtres (jui faisaient mourir inhumainement une multitude de Martyrs.

Les souverains sont des hommes, ils peuvent avoir des défauts; il faut les excuser, et observer encore plus à leur égard qu'envers les autres hommes les lois de l'Evangile sur la charité.

Vouloir sonder toutes leurs intentions, incriminer toutes leurs actions, c'est une témérité, une usur})ation sur les droits de Dieu, dont ils tiennent la place.

Le Prince des Apôtres ordonne aux fidèles d'être soumis non-seulement aux souverains, mais encore à ceux qui sont chariiés de l'autorité, aux magistrats, qui sont leiu's représentants.

11. Ta\s maîtres qui sont chargés d'élever les enfants tiennent auprès d'eux le premier rang, après leurs pères et mères. Leur fonction est d'enseigner à leurs élèves la religion et les sciences humaines, de veiller sur leur condnite, de former leurs cœurs et leiu's sentiments. Ils sont obligés d'avoir pour leurs disciples un cœur de père, et d'en remplir les devoirs.

12. Les disciples, de leur côté, doivent à leurs maîtres le respect, l'amour, la docilité et la reconnaissance, l^n maître consacre son temps, ses veilles, sa santé, ])onr tonner ses élèves aux sciences, aux arts et à la vertu: il sacrifie pour eux sa liberté, se réduit à une espèce de servitude ; il supporte avec patience le dégoût, l'ennui de répéter sans cesse les mêmes choses. Quels droits n'acquiert-il pas sur leurs cœurs, tandis qu'il fait ])our enx tant de sacrifices et qu'il leur prociu-e des avantages si

10. Eli quoi 'U)it-(tn ol.>rir à ceux qni ont la pnissiiiiec temporelle?— -11. Quels sont les devon's des maîtres envers leurs disciples?— l'J. Quels sont les devoir j des disciples envers leurs maître:;?

\)V (IV.K'rnikMK < oMMANI)KMKNT hK liIKU. 17*^

f'Btiiiiahlt'.s ! lit'H iivis «jii il Iriii <l<»iiiu* ItMirHont n^TMaireft pour r\ ilcr les (l:ui;;rrs ;iu xqiirls 1rs passioiïK U'H<'Xp()S4'îit ; r'csl un fn'iii salulairc <(ui 1rs arrrtr et qui 1rs iMiiprrhe (le toiiiluT (lan.s les prrripirrs oiiNrrts <lr tous côtrs houm IcMtrs pas. Lrs rrpriuïautlrs «ju'il Irur fait qurhjurfois no <loivriit point alliiiMir Irur anxair, s'ils sont raisonnahlcH. Il 1rs irpifinl, niais r'rsl ]>ar zrlr pour Irur a\ anrrnirnt ; s'il h's aimait moins, il nr j>rrn<lrait pas tant à «'(l'ur Irui éducation. Cr n'est qu'iV fr^rrt <pi i' ux* <lr srvrritr, et. sa trndiM'Ssc soulïVr toujours «1rs irpiorlir^ «juil rst ohli^é (Ir Irur l'airr.

1.'». On voit <|url<|url'ois dans Ir niondr «Irs h(unnu*s (pii ont rtr uratilirs di^ tous 1rs soins d'unr bonne rduration. rt (pli n'rn ont rrtirr prrscpie aucun profit ; ils sont incapables drs emplois dont ils sr trouvent cb a i\i;rs, et ils y conmuMtrnt unr iiilinilr i\v lautrs pai' li'ur ignorance. \'oule/-vous sa\oir d'où vient ce désordre, interrogez ceux (pli les ont connus dans leur jrunrsse: e'('*tairnt, vous (liront-ils, drs esprits rebelles, pleins d'eux-mt'nies et d(''ternun(''S à ne jamais ])lier sous rautorit('; ils n'(''coutai(Mit l(\s avis de jx'rsonne, ils ne ))ouvaient souflrir aucune ivprimande; ils se croyaient tout ])ermis à l'égard de leurs maîtres, ils relevaient leurs moindres défauts; ils ne leurs pardonnaient rien, ils ])renaient un i)laisir malin à ])arler mal d'eux et à indisj)oser les autres contie eux. tju'est-il arrivé? ils sont restés ignorants et ]deins de défauts, et sont devenus des liommes an moins inutiles et mépris('^s: en un mot, ils sont de mauvais citoyens, parce qu'ils ont été dans leur jeunesse des disciples indociles. Jeunes gens, vous ne sentez peut-être pas maintenant toutes les obligations que vous avez à ceux qui vous instruisent, ni l'importance du service qu'ils vous rendent : mais un jour vous connaîtrez le prix d'une bonne éducation, et vous comprendrez combien vous leur êtes redevables. Le bienfait de l'éducation ne saurait s'apprécier : on n'en est pas c[uitte envers ceux de qui on l'a reçue en leur payant un modique bonoraire. Les avantages (pie l'on en retire durent autant que la vie: la reconnaissance d'un disciple ne doit point avoir d'autres bornes.

Exemples. — M. Delleglaie était transporté d'un cachot de Lyon à Paris. Sa fille ne l'avait pas quitté. Elle demanda au conducteur d'être admise dans la même voiture :

13. Quelles sont les funestes suites de la négligence à profiter de l'édu- <îat ion que l'on reçoit? Quelle reconnaissance les élèves doivent-ils avoir lH)ur leurs maîtres? »

180 i>r QTA riMKMi: commandi-.mkn r dk dieu.

elle ne i)Ut l'ublenir. ^Nlais ranionr jilial connaît-il des bornes? Quoiqu'elle fût d'une constitution très-rail)le, elle fit le chemin à pied, et suivit, pendant plus de cent lieues, le chariot dans lequel son père était trainé. Elle ne s'en éloignait que pour aller dans chaque \illt' lui préparer des aliments, et le soir mendier une couvtrlnrc qui facilitât son sommeil dans les différents cachots qui l'attendaient.

Elle ne cessa pas un moment de l'accompagner et de veiller à tous ses besoins. jus(|u"à ce que son père fût arrivé à Paris, et (pie l'on défendit à sa fille de lui donner des soins. Jlabituée à fiéchir les bourreaux, elle ne désespéra pas de désarmer les ijersécuteurs, et, après trois mois de sollicitations et de prières, elle obtint la liberté de l'auteur de ses jours. — L*al)bé Carkon, de V Education,

— Un père avait un malheureux fils qui Pinjuriait et l'outrageait souvent. Ce père avait eu aussi le malheur de manquer lui-même au respect qu'il aurait dû avoir pour son père; mais il gémissait tous les jours sur ce péché, et, toutes les fois qu'il recevait de son fils quelque outrage, il offrait à Dieu la peine qu'il ressentait, le suppliant de lui accorder le jKirdon de l'injuie qu'il avait faite à son père. I^n jour que son indigne fils l'avait jeté à terre et le foulait aux pieds, il s'écria : ''Vous vous vengez, mon père, vous vous vengez ; je le mérite bien. Seigneur, faites-moi miséricorde.'' — Lasausse.

— Un petit garçon de onze ans, l'ainé d'une pauvre famille, composée du père, de la mère et de trois autres enfants, avait été placé, depuis quelque mois, en apprentissage chez un bijoutier; il n'était pas payé, comme on on le pense bien, mais il dînait et couchait chez son patron. Le matin il recevait selon l'usage, quatre sous pour son déjeûner. Un soir, la mère voit arriver l'apprenti tout joyeux ; et quel n'est pas son étonnement, lorsqu'elle l'entend lui dire : " Tenez, ma mère, voilà cinq clielins ; vous achèterez du sucre pour ma sœur qui est malade et une blouse pour mon petit frère. — D'où te vient cet argent? — Il est bien à moi. ma mère ; ce sont les quatre sous de mon déjeuner qui. depuis mon entrée chez le patron, ont formé cette somme." Ainsi le noble enfant avait eu le courage de manger du pain sec à tous ses déjeuners, pendant trente jours, pour se donner la joie d'apporter ce premier soulagement à ses parents.

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1. Dieu (U'iciid, par ce ( oiniiiaJKlriiR'nt, d'ôter d'autorité privée, lu vit» à sou prochain, et de se Pôter î\ soiinônu'. Co crinio ost un attentat sur le souverain ])ouvoir de Dieu, (jui seul est le maître absolu de la vie des hommes, et à qui seul il appartient d(i la leur ùter, comme lui seul a pu la leur doniu'r. ("est la plus grande injustice ((ue l'on ])uisse commettre contre un homme, à (pli l'on ravit ce (ju'il a de ])lus cher (»t de ]>Ius ])récieux au nu)nde. On est coupable d'homicide non-seulement (piand on rex.écute ])ar soi-même, mairf encore (piand on y contribue, soit en commandant ce crime, soit en le conseillant, soit en aidant à cehii ([ui le commet.

L\ Tia ioi de Dieu ne se borne pas à défendre riiomicide, elle défend encoie la colère, le mépris du prochain, les injures, les mauvais traitements. C'est^ Jésus-Christ lui-même qui donne cette étendue au précepte, voulant que nous étoutUons dans notre cœur même tout mouvement de colère et tout désir de vengeance. Toutes ces choses sont comme des semences d'homicides, et saint Jean déclare homicide tout homme ([ui hait son frère.

3. Que doit -on i)enser de ceux qui ])roposent ou qui acceptent lui duel, sinon qu'ils sont très-coupables aux yeux de Dieu? Quelle fureur de tremper ses mains dans le sang' de son frère })our la plus légère insulte, pour un mot, pour une petite raillerie, et de sacrifier à un faux point d'honneur son salut éternel et celui de son prochain î Les Grecs et les Romains, tout païens qu'ils étaient, n'ont jamais connu cet usage barbare. Ils étaient passionnés pour la gloire, mais ils la faisaient consister à répandre leur sang pour la patrie et à tirer l'épée contre les enne-

1. Que dofond le cinquième oominandernent ? — 2. La loi «le Dieu ne (îéfend-ello que l'homieide?— "î Le duel est-il un grand eiiine? Montrez que le duel n'est i»as moins contraire à l'humanité qu'an Christianismt^

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