‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 59 sur 124 · DU SEPTIÈME COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

DU SEPTIÈME COMMANDEMENT

Tu no dérobera .•< point,

Le bien d'autrui tu ne prendras.

Ni retiendras à ton escient.

1. Dieu nous défend, par son septième Commandement, de prendre ou de retenir injustement le bien de notre pio-

1. Que nous défend le septième Commandement? Sur quoi est ft)ndé le respect du bien d'autrui ?

I)!î HKnifcMi: fOMMANhr.MKNT UV. TUKIJ. \Ut\

ciuiin. Maltir de (ouh \oh h'wuH, Ihcii U'h (liHtribiu* roininc

il lui plaît, it vmt «lu'iui n'M|MTi«' l'ordrr ijin* wi i»rovi-

(Irncc ]i ('lilUli, (IrlrlidMlit doter :iu\ iilltlrsrc (|iril Irlir a doiilir. ( 'cl tr l(»i i'>l éci itr d;ili*^ Mol rc ruMir; coii-ulloiiH- \i\ <>t MOUS V lii'oMs (|it'il iM' liiut point ïnln* aux antres vas (pir MOUS n<* NouloMs pas (pTon nous fansc. Si Ton iiouh *'Ml('vait r(Mpn îions appartirut , nous crierions à rinjuHtiee; «''en sciait une cm cllit : mais un aut ic a le njcnie droit (pu* MOUS de se plaiudrc. (piaad on n'oi>serve point la Justice à sou (Vîifd. Sans la justice la société ne saurait sui>sistcr ; il est donc «léléndii de faircî tort i\ son prochain dans ses hicns, <'n <picl(pie manière (p:c c(; soit. "Les ra\ isscui's du bien (raulrui, dit s;iint Paul, ne seront point héritiers du royaume de Dieu.*' *

*J. CCst une injustice t]c. prendre le fûen d'aulrui par surprise, ])ar \ iolcncc ou jtar IVamtc, c'est-à-dire en trompant s(m i>rociiain soit par rapport au poids, <oit i»ar rapport à la «jualiié ou à la (pianlité de la marchandise (pfon

lui \('M(1.

l\. Il n'es, pas non plus permis luix entants de rien prendre à leurs })arents; c'est un véritable vol, contre letpiel le Saint- lv<j)rit s'élève avec force dans rEcritnre. 11 déclare i(ue " celui (pli dérobe à son i)ère ou à sa mère, et (pli dit (tue ee n'est pas un péché, a part au crime des homicides." Tomment cela? C'est (pi'un jeune libertin, ([ui voU^ ses parents pour satisfaire s(\s passions, semble vouloir s'emparer de leur succession et jouir de leur bien avant leur mort, (|ui tarde trop à son ^vê; ce qui suppose un eceur barbare et qui s'est dépouillé (ie tous le.s sentiments de la nature.

4. C'est encore une injustice que cie retenir le bien d'autiui en ne payant pas ce que l'on doit, comme les gages aux serviteurs ou le salaire aux ouvriers. " Loi-sque ilueUpi'un aura travaillé pour vous, disait Tobie à son fils, payez-lui aussitôt ce cpii lui est dû. et que la récompense du mercenaire ne demeure jamais chez vous." C'est une injustice de ne pas rendre ce qui nous à été contié, de s'approprier les choses que l'on a trouvées, de prêter à usiu*e, c'est-à-dire en recevant plus qu'on a prêté. C'est encore une injustice (ie causer quekpic dommage au prochain, comme de détruire ou de gâter ce cpii lui appar-

2. En combien de manières prend-on le bien d'autrui?— 3. Kst-il permis aux enfants de prendre quebiuechoî^e à leurs parents? — 4. Peut on retenir le salaire des ouvriers, des serviteurs?

1 i»4 nu SKPTI KM K Ci )M M A NI )EM KNT DE DIEU.

lient, suit qu'on fasse le mal j)ar soi-inûme, soit cjue l'on conseille aux autres de'le faire.

5. Quand on a pris quelque chose au ])rochaiii, ou quand on lui a causé quelque ])réju(lice, il ne sufïit pas de s'en repentir, d'en demander jiaidon à Dieu ; il faut encore restituer au prochain ce (pi 'on lui a pris , et reparer le dommage qu'on lui a causé : sans cette répai-ation il n'y a point de pardon à espérer, ])oint de salut à attendre ; car on ne i)eut entrer dans le ciel avec le bien d'autrui. Lors- (|u'on ne peut lestituer tout de suite, il faut au moins avou' une volonté sincère de s'acquitter de cette obligation aussitôt qu'on le pourra, et faire tous ses efforts pour se mettre en état de la remplir.

6. Ce Commandement oblige aussi de laire l'aumône, (•hacun selon ses moyens et les besoins des pauvres ; c'est le Sage qui nous en assure lorsqu'il dit qu'on doit assister le pauvre à cause du Commandement, et ne le pas abandonner dans sa pauvreté. Saint Jean dit (pie si quelqu'un a des biens dans ce monde, et que, voyant son frère en nécessité, il lui fernu^ son co^ur, la charité ne peut demeurer en lui ; et .J(*sus-Christ condamnera au feu éternel ceux qui auront lefusé de l'assister dans la personne des ])auvres.

On est obligé, dit saint Thomas, de faire l'aumône aux liauvres lorsqu'ils sont dans la nécessité, et qu'on a plus (pie le nécessaire, selon son état et sa condition.

7. Quoique l'aumône se prenne directement pour la distribution qu'on fait aux pauvres de biens temporels, on peut dire cependant qu'il y en a une autre bien plus méritoire : elle consiste à soulager le prochain dans ses misères et ses besoins spirituels en contribuant au salut des âmes, soit par de bons exemples et de bons conseils, soit en leur procurant ou en leur donnant l'instruction. C'est à quoi sont principalement obligés les pasteurs et tous ceux qui sont chargés d'instruire les autres et de travailler à leur salut et à leur sanctitication.

8. Sauver la vie à un pauvre qui manque de nourriture, est sans doute un grand bien; mais contribuer au salut d'une âme est une œuvre dont on ne connaîtra le prix que dans l'autre monde. " Celui, dit saint Jacques, qui gagnera son frère sauvera son âme et couvrira la multi-

5 Que faut-il faire quand on a cause quelque préju(iice au prochain ? —6. A quoi sommes-nous obHgos parce commandement?—?. Ne devons nous assister le prochain que de nos biens temporels? — 8. Quelle sera la récompense de ceux qui contribuent au salut des autres?

I M ~l !• I I I'. >l t. t « < >i «I \ ^ I M Ntl > I l»l. J M »• I lîK)

\\u\v i\r .^rs |M rlH'.' ' ( 'rliii (|iii «n iii^lniira |»ln.Hi<Mn>, ilit Ir pnmhrtr hniiirl. Inill(ra coiimp* Irs jistrrs du fiiimi mont.

KxKMi'LK8. — Un usurier ne vovaut |>n;M de iiiourii*, fit ap])('l('r un couft'sstMir. Celui-ci lui imposa tout d'alKird une coiujjlrle lest il ulioti. "Mais (pu* d«*vieiidrniit ini*?* fuliiiits? s'écria Ir nuihidr. !.<• salut de vot rc anie doit \()us être plus cher (pic la Inituue de votre fainille, repli- ((ua le confesseur. - Non. Je ne puis me lY^soudre à ee <pio vous exigez, l'cprit \c niorihond, et J'«'n courrai les risijues.' Kt sur CCS pai'olrs. avant fait un rlliut pour sr tourner vers la nniiaillr, il rendit le dernier soupir. (Quelle mort î Coinhien elle doit faire I renihler ceu.v «pli ne doivent les biens (pfils })ossèdcnt (pi'à la fraude <*t i\ l'injustice î — MÉ- KAi'i/r.

— IV-ndant une \ isîon. un erinile entcndil Lneifer. a.^sis sur son trône infernal, ((ui demandait à un autre <iémon pourquoi il revenait si tard de la terre. Celui-ci répondit (pi'il avait tardé, parce qu'il avait été occupé à empiVher un voleur (jni s'était confessé de restituer le bien qu'il avait volé. A ces paroles. Lucifer fronça lesourcil : "Sot que tu es! ne sais-tu pas que celui (pii a volé le bien d'autrui n'a pas l'iiabitiule de le restituer? Pour(|Uoi donc perdre tant de temps pour em])échcr ce qui nu'^Mne, sans ton inutile entremise, ne de\ait pas arriver? — Abstraction faite de la réalité de cette vision, (jnel triste conclusion n'eu devons-nous ])as tirer/ nous t[ui la voyons si souvent se véritier dons la vie réelle! — S. Alphonse de LicroKL

— Il est rapporté dans les Lettres édifiantes, qu'un brillant othcier tartare, entrant à clieval par une des portes de Pékin, laissa tomber sa bourse. Un pauvre artisan chinois, qui avait le bonheur d'être chrétien, la ramassa et courut après le cavalier pour la lui rendre. Mais Tofticier. Jetant un regard de mépris sur cet homme (pu osait lé suivre, mit sou cheval au galop. Le chrétien continua de courir, et il entra dans la maison devant laquelle il avait vu de loin le cavalier s'arrêter. Celui-ci lui dit avec une colère hautaine : " Qui es-tu et que veux-tu donc? — Seigneur, vous avez perdu votre bourse à la porte de la ville : la voici. — Pourquoi me la rapportes-tu? Tu ignores donc que les lois de l'Empire permettent de s'approprier tous les objets perdus. — Je le sais, seigneur, mais je suis

lîM) Dr m ITIKMK rOMMANI)H:MENT 1)K DIEU.

cliiéticn : et ma rt^li^iun m'oblige à rendre tout ce que je ])iiis nouvel-. '' Cette réi>oii.se ])i(]u:i la curiosité du Tartan- : il alla trouver le missionnaire calliolic^ue, se lit instruire (les mystères de la foi et devint un zélé chrétien.

— Saint Louis lit l'aire des recherches ])our découvrir si les rois, ses prédécesseurs, avaient lait quelque tort, soit aux communautés, soit aux ])articuliers, afin de réparer rinjustice(ju'ils auraient commise. — Avant (rentre])rendre son premier voyat^e à la Terre-Sainte, il lit ])ul)lier cpril était ])rêt à iéj)arcr tout le tort (pie ses olïiciers avaient fait. — Lorsqu'il apprit que les Sarrasins s'étaient tr(jmpé,s, à leur désavantage, de dix mille livres sur la somme qu'il devait payer pour sa ran(;on, il leur lit compter ces dix milles livres, avant son départ.

— L"n jour que le dauphin, père de Louis XYI, chassait avec le roi son père dans les environs de Compiègne, son cocher, voulait traverser une pièce de terre, dont la moisson n'était pas encore levée. S'en étant aperçu, il lui cria de rentrer dans le chemin. Le cocher lui observa qu'il n'arriverait pas à temps au rendez-vous. ''Soit, répliqua le prince, j'aimerais mieux manquer dix rendez-vous que d'occasionner i)our cin(| sous de dommage dans le champ d'un pauvre paysan."

— Un jour que Louis XVI était à la chasse avec ses frères, ces deux jeunes princes, entendant sonner la mort du cerf, avaient dit au cocher de se hâter, et, pour obéir à leurs ordres, le cocher allait traverser un champ de blé; mais le dauphin lui cria de prendre la i-oute ordinaire, en ajoutant : '* Ce blé ne nous appartient pas."

CHAPITKE IX.

])r HIITIKMK COMMANDKMKNT.

Tu ne porteriis ixùnt de faux témoignage contre le ]»rocliain.

Faux ti'UioiLrnJige ne diras, Ni mentiras aucunement.

1. Dieu défend, par le huitième Commandement, le faux témoignage en justice, h) mensonge, et toute parole qui peut faire tort au prochain.

1. Quels sont les i^échés défendus i>ar le huitième commandement? Faites comprendre pouniuoi le mensonge çst si opposé à Dieu et ti odieu,\ Hiix hommes.

I>r III rm.Mi: COMMANhKMKST UK I>IFI'. )î»7

hirll r>l l:i Vt'iih- im'jllC ; Inlll «r «jlli l>lrs>r la \ «'TilJroUi'IlM' ; \oilà Ir lolnIrliHlil <lr la <l«'l'rMs,» «ju'il notlH fait si soiivi'Ml «hms riMiiiiirr «le pailrr cniiiir la vrrit/'. C!e vire est vu cllit tivs opposa* A la Hiwu'io cpir Dim a ^'tahlie rntiv les liomiues. l*oiir(Hi<»i la narole h'iir a-t elle /-l/i «Umnre? N'<'st-<r pas aliii «pi'ils se <'omiiiimi(pieiit nmliU'Ilrmcnl leurs prnsrr>y ("est donc alrnsn- rlii don de la parole «pie «le s'«'n xtn ir pour exprimer le «'ontraire «le et» <pie Ton peiis»-. ( '«• primipc^ «vsl si évid«Mit. «pu- les païens (Mi\-in«*'mes r«)iit fort Meii compris, et «pieUpicsuns «Tenir*' eux l'ont prat i«pi«'' avec <'xact itinlc. Le menson»»-e est si o«rieux, «pi il n'est pa< nH*'m«- p«Mniis «1«» s'en siM'vir par l"<M'ine «l«\jen et «ramusenn'nt . mm p!ii> «pie sous le pr«''l«>xl«' d«' sa pr(>pi-e ni ilit»'- mi d»' eclh' «!«• >on j>roeliain.

L*. Mais «•'est \ni mal hien pins uraml «piaml il unit an prochain, «piand il l«'ml à le «lilliimer, par exemple «piaml «m Ini atlribne nn vi«*e «(n'il n'a })oinl , ou nne fanh' «pi'il n'a pas connnise : c'i'si «-e «pi'on appelle ealomni«*. Te crinu' renferme nm' m(''cham'et('' et nn«' noin-enr «pii im'voIlenl toute une fnne hoiuiête. *' La langue «lu «-alomniateur, selon l'expression de riM*riture, est une épée à deux tranchants «[ui t'ait «les blessures mortelles.'' Ce n'est pas seulenuMit la fortune du pr«)chain (pi'il attaque: c'est son honmnu*. sa réputation «pi'il veut lui ravir injustement. c'est-à-«lire un bien ])lus })récieux (pu^ l'oi'. et dont la perte nous est inliniment })lus sensible.

."). ^Fais ee «(ui nu^t le c«)ml)le à rénormitt'^ de la «'ab^mnie, c'est lors«[u'(dle est portée devant le ju^e et confirmé»* j)ar la religion du serment, qui consiste à déposer en jnstice contre la vérité. Le faux témoin, outre l'injustice atroce qu'il commet envers l'innocent qu'il veut perdre, se rend coupable d'une impiété hoirible envers Dieu, dont il profane le nom redoutable en le faisant ser^ir.•\ à appuyer le mensonge et l'iniquité.

4. Ceux qui ont fait tort au prochain par «le faux i-aj»l>orts doivent réparer l'injustice qu'ils ont commise et toutes les suites qu'elle a entraînées ; il faut qu'ils rétablissent l'honneur qu'ils ont ravi, ce qui ne peut guère se faire que par l'aveu public de leur imposture : mais il est juste qu'ils sacrifient leur propre réputation pour rétablir celle qu'ils ont injustement tlétrie.

2. La calomnie est-elle bien coupable?— 3. Qu'est-ce qui porte d son .^omble r«5normité de la calomnie ? — 4. A quoi est-on obligé quand ou a lait du tort à la réputation du prochain .'

ll)!^ 1)1 m iriKMK roMMANhKMKNT l)K DîFJT.

ô. Ce CommaïKiciiiL'iil (léfeiid aus.si de médire de soïj prochain, c'est-à-dire de faire connaître le mal qu'il a fait. Tant que la faute qu'il a commise reste cachée, il conserve sa ié])utation : j)ul)ruM- cette faute, c'est la lui ravir injustement. Voudrions-nous qu'on fît connaître nos défauts cachés? Non, certaniement : nous devons donc taire ceux de nos frères. Aussi la médisance est-elle mise, dans l'Ecriture sainte, au nombre des crimes (jui exchient du ])onheur éternel. Scni])la])le au feu ])()ité par le vent, la médisance passe de bouche en l)ouche, embrase tout, et noircit du moins ce qu'elle ne i)eut comsumer ; c'est un mal incjuiet qui trouble la société, jette la dissension dans les familles, remplit tout de désordre et de confusion : elle est une source empoisonnée de haines et de vengeances, et par consécpieiit un assemblage de crimes et d'iniquités. Le médisant est (coupable de tous les f)échés dont il a été l'occasion ; il a péché dans tous ceux qui ont lépété cette médisance après lui; il a péché dans ceuxmémes qui l'ont écoutée, car il est défendu non seulement de i)arler mal du ])rochain, mais encore d'écouter le mal qu'on en dit. Si personne n'écoutait la médisance, il n'y aurait point de médisants. La complaisance avec laquelle on écoute les médisants les autorise et les enhardit, et par là on se rend complice de leur j)éché.

G. De toutes les médisances, la plus noire, et la plus funeste quehpiefois <lans ses suites, est celle qui consiste à rapporter en secret à un homme ce qu'un autre a dit ou fait contre lui : ces rap])orts produisent presque toujours dans le cœur de celui à qui on les fait, des haines, des désirs de vengeance, qui se terminent par des inimitiés irréconciliables. I/accusé, qui ne sait pas ce qu'on dit de lui, n'a aucun moyen de se justifier, ou de s'expliquer, ou de faire satisfaction. Le caractère de celui qui fait ces rapports serets est tracé dans l'Ecriture en ces termes : " Il y a six choses que le Seigneur hait, et son cœur déteste la septième ; cette septième chose est le crime de celui qui sème la discorde entre ses frères."

7. Il est cependant permis de découvrir les défauts du prochain lorsqu'ils sont contagieux et qu'ils peuvent nuire aux autres. Mais alors même il ne faut les déclarer qu'aux personnes qui peuvent remédier au mal et en dé-

5. Uu'est-ce que la in<?di?ance? Montrez combien la médisance est reprénensible. Quelles en sont les suites?— 6. Déroutes les médisances, quelles sont les plus funestes?— 7. Quand est-il permis de décoirvrir les défauts du prochain ?

I»t IIIIITIKMK COMMANDKMKNT DK DIKIT. V.f*J

tourner h»Hiiutn»fl; loin <lc hlcssiT ni rolii lu cluirit^, c'eut vu roniplir le devoir le pins nutniM-l <•! le plnn preRHunt : e'est aimer son piiM-hain «pn* «h* rmiprclnT <!<• h* perdre Ini-nième et dr perdre h's antrrs ; c'est l'iiinirr (pie di- pr/»trrer à sa répulnlion s<m >;iliii rhi-m*! i-l rrlni dis personnes iivoe «jui il \ II.

S. (jnoiipie Im inrdisanec xMt nioni^ (-nnunt-lU- en ellenn'^ne «pir la eaininnit». cependant elle e>t xMiveiit plii.H fnneste dans ses suites: le tort (pTelle lait au prochain est pres(pi(> irréparaMe. Mn ellet. (piand on a iin)Mité à ipiel- «pi'un une Tante qu'il n'a point <'onnni>e. l'on p -ut et l'on doit se réi ract(M' : par ce dé>aveu on ;^uérit la plaie «ju'nn lui avait l'aile, et l'on rétablit sa réputation: mais (piand l(» mal (pr(m a dit e^t vrai, on n(" peut passe rétracter; ee serait dire un mensoiii^i', ce (pli n'est j)as permis. Ainsi, (juand ménu' on viendiait à s'en repentir, il n'e>t pres(pie pas })ossil)le de lui rendi'c ee (pi'on lui a fait perdre: il faut m'^anmoins réi)arer le mal, autant (pi'on le j>eut. en disant de lui tout le bien (pie Ton connaît, pour etiaeer ou du moins alî'aihlir li»s mauvaises imj)ressions (pie la médisance a causées.

9. l>ieu nous défend par le huitième Commendemenl non-seulement de parler mal de notre prochain, mais encore d'en avoir mauvaise oj)inion sans de justes raisons. Tl n'est donc pas ])ermis de ju^er son ])rochain sur de faibles indices, sur des apparences i'(piivo(pie^ : croire sans }>reuve (jn'il a fait une faute, c'est une injuste témérité, puis(pie par là on s'exi)ose à condamner un innoeent. Il a droit à notre estime tant (pi'il n'est pas convaincu: la lui retirer sans une raison suHisante, c'est lui faire tort.

10. Leju^uement téméraire est donc contraire à hi justice, il ne l'est pas moins à la charité. Cette vertu, qui nous est si fort reconimamlée dans l'Evangile nous porte à penser avant aiieusement de nos frères, à interpréter favorablement leurs actions, à excuser tout ce qui n'e>t ]>as manifestement mauvais. •• La charité, dit saint Paul, ne pense point le mal ; " elle ne voit le crime que lœ-squ'il est évident, elle ne le croit que lorsqu'il est prouvé. Eu etiet, quand on aime (lueUpi'tin, on est bien plus disposé à le croire innocent (jne cotipable. Voudrions-nous que, sans des raisons sullisantes, ou nous jugeât coupables

s. Montrez que la modisnnce est imrfois pins nuisible que la calomnie. — 9. Le huitième eoinnunulenient ne <i«^tenil-il que les paroles contre le prochain?— lu. Faites oomprendre que le jugement téméraire o<t contraire ù la justice et à la charité.

200 DU lîUITIKMi: (OM MANDEMENT DE DIEU.

d'une mauvaise action on sujets à quehjue défaut? Non, sans doute: ne faisons donc pas aux autres ce que nous ne voudrions j)as qu'on nous fît.

11. Ce serait un jugement ])lns téméraire encore, et beaucou]) plus criminel, d'attribuer de mauvaises intentions à des actions ])ojincs et louables ])ar elles-mêmes, et de supposer des motifs vicieux dansceux dont la conduite extérieure est ré<z;ulière et édi liante. Kien cependant n'est plus ordinaire que de voir la malignité répandre) son ])ois()n sur des actions vertueuses. Ce fonds de malignité, (pli voit le vice à travers les apparences de la vertu, ne peut donc partir que d'une âme noire et corrompue. Les gens de bien jugent des autres d'après eux-mêmes ; comme ils sont droits et sincères, ils se persuadent aisément que les autres le sont aussi ; ils sont édifiés d'un extérieur (pii convient à la vertu, et il ne leur vient 'pas dans l'esprit que ces dehors puissent cacher le vice. Occupés de leurs propres défauts, dont ils doivent rendre compte, il ne font point attention à ceux des autres; et, par cette conduite charitable envers le prochain ils se préparent à eux-mêmes un jugement favorable au tribunal de Dieu, car Jésus-Christ nous a i:)romis de nous juger de la même manière que nous aurons jugé les autres.

Exemple. — L'Evêque Firmus, dit saint Augustin, cachait par charité dans sa maison un homme qu'on cherchait pour le faire mourir. Les officiers de l'empereur demandèrent à cet évêque où était cet homme. " .Je ne puis pas vous réi)ondre, leur dit Firmus, parce que je ne puis ni mentir, ni découvrir celui que vous cherchez." On fit soutiVir au saint évêque de "cruels tourments pour savoir de lui où était cet homme ; on le menaça même de la mort. '' Je sais soudrir et mourir, leiu* dit-il, mais je ne sais point parler quand il s'agit de parler contre la vérité ou contre le prochain." On le présenta à l'empereur, qui ayant admiré la vertu de ce saint évêque, le renvoya, et fit grâce à celui qu'il cachait chez lui. Ce trait nous fait voir qu'il vaut mieux souflrir la mort que de mentir ou de blesser la charité envers le prochain. — Rapporté par '^. Augustin.

— Pendant la Révolution Française de 1793, le curé d'Autun ayant été arrêté, le maire, qui voulait le sauver,

11. Interpréter le bien en mal, jugrer témérairement, est-ce un défaut bien rare? Que doit-on penser de ceux qui voient si facilement les défauta d autrui?

DIT HfTITI^MK COMMANDKMKNT I>K DIKIJ. IH»!

lui conseilla <!<• Ini>si r croircî au pciiplr qu'il «'('«fait .hou mis au scnncnt, Mm qu'eu iY*alito il uNmiI i>as voulu le prêter. '* .lo ne saurais, répondit le «'uré, raelieter nui vie par un nienson^^e. l>iru. (pii ne nie jM-rniet pji»^ de prêteiee serment, ne me permel pas daNantaj^e de lai-seï- eroire <(Ue je l'aie |)rété." L* mairr ii in^i>ta pas, et le enré mourut en nniitvr

Saint Augustin, pour empêeInT la niedi.-amr. nui e-i trop nrdinaiie dans les repas, a\ait lait é<Tire dans fe lieu où il man^eail. deux \«rs latin«^ dont vniei le sens:

Loin li'ii'i iiDMlisiints.

hniit la lanuMic rotipalilc Di'clric I luMiiu'ur «le^ iiltscnts I On lu- |»('r:iM't :i i-v{\v t.iMo (liv i\v:i oiitiM't ini- iniKKTiit.H,

lUunjimr ((Ue quel(iues-nn> de ses amis commençaient i\ ])arler des défauts de leur jaochain, le saint les €Mi reprit aussitôt en leur disant (pie, s'iU ne cessaient, il fallait ou ((u'il fit etliicer ces vers, ou (ju'il se levât de taMe. — C'est ainsi ([ue nous devons user de fermeté pour empê cher la nu^disance autant ([ue nous le pouvons. — J'ir tir battit Auijustin 2)ar PossiDirs.

— La France et l'I'iSpaunr entière ont })leuré la mort de Donoso C'ortès. ambassadeur d'I^spa.une à Paris. <lécédé dans cette capitale le o mai IS'vi. 11 a été. de l'aveu de tous, un grand esprit, un éminent penseur, un i)liilosophe de génie, et en même temps un des types chrétiens les plus achevés qu'on puisse ollrir à radmiration et à l'imitation de tous. Au milieu des splendeurs de la naissance, de la fortune, des dignités humaines, il sut conserver toujours ces vertus héroïques de simplicité, de piété, de foi. de charité, que tant d'âmes, non moins admirables, mais plus craintives, ne peuvent rencontrer qu'en s'isolant du monde, qu'en épousant la solitude. ^I. Louis Veuillot a dit de lui avec une parfaite justesse : " Sa parole prompte, ardente et sincère était en même temps la plusinoirensive que l'on pût entendre, et c'était un charme de voir qu'il eût toujours innocemment tant d'esprit.'' — '* Ce qui m'étonne le plus, disait la sœnr (pii a reçu son dernier soupir, ce que je n'ai encore vu que chez lui, c'est qu'il ne dit jamais de mal de pei*soune.*'

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