CHAPITRE X
DU NEUVIÈME CôMM AM>KMENT.
'Ju np convoit ra? point 1m femme do ton prochain.
L <rii\ ro <le cljjiir ne (lôf^ironis, Qi'en mariage !»eulcment.
1. Dieu, après avoir délViidu, }>ar le sixième Commandement, toutes les actions extérieures de l'impureté, en défend, par le neuvième, tous les désirs et toutes les ])ensées. Ne croyons pas qu'il suffise, pour accomplir la Iaà de Dieu sous ce rai)])ort, de s'abstenir des actions criminelles. Non, cela ne sufïit pas : le désir seul est un crime. Dieu, qui sonde les cœurs et les reins, ne se contente pas d'une pureté extérieure, il veut que notre cœur soit pur; il ne permet pas de désirer ce qu'il défend de faire. La pensée même du mal nous rend coupables à ses yeux quand elle est délibérée et consentie, c'est-à-dire quand on s'y arrête avec réflexion et c^u'on prend plaisir à s'en occuper. " Les mauvaises pensées, dit l'Ecriture, séparent de Dieu." Elles donnent donc la mort à notre âme, si l'on n'a pas soin d'en détourner son esprit, et de les rejeter aussitôt qu'on s'en aperçoit.
2. Ainsi la loi de Dieu va jusqu'à la racine du mal: elle l'étoufïe dans son })rincipe. L'expérience prouve qu'on n'en vient i)as tout d'un coup à des actions criminelles ; ce n'est que par degrés qu'on s'y abandonne. Le mal commence par une pensée que l'on écoute, à laquelle on s'arrête volontairement ; de la pensée naît le désir, et du désir on passe aux effets extérieurs. ^' C'est du cœur, dit Jésus-Cbrist, que sortent les mauvaises pensées, les fornications, les homicides.*' Ce divin Maître met les mauvaises pensées à la tête de tous les crimes, parce qu'elles en sont le principe et la source.
3. Le vrai moyen de prévenir le désir du mal, c'est donc d'en rejeter la pensée ; et celui d'empêcher la mauvaise action, c'est d'en étoufier le désir. Nous ne pouvons pas, à la vérité, nous garantir de toutes les mauvaises pensées ;
1. Que défend le neuvième commandement.— 2. Pourquoi les mauvais <lésirs sont-ils condamnés?— 3. peiii-<>n <i* L':n;nitir de toutes les rnav- \ui?es pensées ?
DIT NKI'VifeMK i'oMM WIH'.MKVT I»!'. Dfr.r .'O-'J
mais in>u> |m»ii\uii:. us |i:ih roiiHontir : il ru* «l/*p<*rMl pa>s di^ nous (h' lu* pas m avoir; mais il (l«'|M*n<l de nous ch* nci
Iïas y «lonurr occasion, i\r n'y pas prendre plaisir, cl il*? es comi>a(trc (piand elles se présentent. Il ne faut point
espérer <la?i~^ «ili* v i»- iinr p-iiv <|ni ^«lil evriniMr île.
combats.
•I. L;i \tilu lu' consiste pas à nélie point atta<pU', nuiis elle «onsiste à résister avec coiu'a^e à tous les assauts <juc nous livrent les passions, et sï ne janniis donner occai^ion ;\ la tentation. Si. malgré notre vigilance, elle s<' présente î\ notre esjnit. détournons aussitôt notre attention, élevons notre ('(ciir m l>i<'U. ;ippli(|ii<>ii>-nous à (jueNpuoccupation Iionnélc.
5. C'est un hijuhI remède roiit ir le NK'c impur (pie de s'appli([iier sérieuscnieiii :"i (phlcinc lr;i\ail utile, cl de ne jamais rester oisil*. (^ue le démon iiou> trouve toujours occupés, et ses traits .seront impuis.sants. Soyons fidèles, et \\c craitiuons rien : si le démon notis imjjortttne et cherche à nous eUrayer. ne l'écoutons ])as, et nous l'aurons vaincu. Atta<*hons-nous à Dieu : il ne jx'rnu'ttra jamais (|ue nous soyons tentés au-delà <le nos forces; alors la tentation <|uc nous aurons combattue, loin de nous luiire, deviemlra le suji^t de notre triomphe, et notre fidélité méritera une récinupense éternelle.
1v\i:mim.es. — Saint .Ican. anachorète de Seété, avait coutume de dire que comme un homme qui voit venir à lui une bête féroci» ou venimeuse nn)nte sur un arbre l)our l'éviter, de même celui (pii s(^ voit assailli de mauvaises })ensées doit s'élever à Dieu par une fervente prière alin de se meltre à l'abri du danuerr'
— Lorsque queUiu'un })rend un charbon ardent dans ses mains et le rejette tout de suite, il ne se brûle pas et n'éprouve aucune douleur: mais s'il le garde pendant seulement une seconde, il ne peut plus le rejeter sans <*onserver une urave blessure. 11 en est de même des mauvaises pensées dans notre oœur ; il faut les rejeter aussitôt, comme on rejette les charbons ardents. — S. Cifc-
— Bnîut Bornardin de Sienne avait une si grande horreur pour tout ce qui pouvait blesser la chasteté, que,
4. La vertu oonsiste-t-elle à r\\H\y point tenté ?— 5 Quels moyens faut-il prendre pour triompher des tentations ?
'204 DTT DIXJKMK ( OMM \X1)1;MKN'I' 1)K 1>IEÎ*.
l<;r.-(|u'il anivail à (jUcKjirun <le ses compagnons de tenir un propos nn pou libre, il en rougissait pour lui. 8a seule présence les retenait dans les bornes de la plus grande honnêteté. Lorsqu'ils le voyaient venir à eux, ils disaient : " Voici Bernardin. i)renons garde à ce que nous dirons.''
(11 ArrriM-: \i.
DT' DIXIK.Mi: COMMANDIl.MKNT.
Tu 110 convoitcrîis ii()ii)t l:i ii)!ii.«on do ton i>r(>(li;iiij. . .ni rioii (|ui?oit à lui
Bion.*! (rautrui no oonvoiteras.
Pour les nvfiir iii.instomont.
1. Dieu, après avoir déicndu. ])ar le se])tième Commandement, de prendre ou de retenir le bien d'autrui, défend, par le dixième, de le désirer à son préjudice. Remarquons la difïérence essentielle qu'il y a entre la Loi de Dieu et les lois humaines. Celles-ci ne règlent que les actions extérieures. i>arce que les hommes ne voient que ce (jui paraît au dehors ; mais la Loi de Dieu déicndjusqu'au désir et aux pensées les ])lus secrètes, parce (jue Dieu voit le fond du cœur. Sans doute il n'est point défendu de désirer le bien d'autrui quand on se proi)()se de l'acquérir par des voies légitimes et de son consentement ; autrement il ne serait pas permis de rien achetei*. (Juand on achète une maison, une terre, c'est qu'on désire de l'avoir; mais ce désir est légitime lorsqu'on n'emploie, pour s'en rendre maître, que les moyens justes et autorisés par les lois.
2. Ce qui est défendu par ce Commandement, c'est le désir d'acquérir injustement ce qui aj)partient au prochain, c'est l'attachement déréglé pour les richesses, c'est l'empressement d'en acquérir, c'est la cupidité, que saint Paul appelle la racine et la source de toute sorte de maux, et que Dieu maudit en ces termes dans le prophète Isaïe : " Malheur à vous qui joignez maison à maison, qui ajoutez terres à terres, jusqu'à ce que la place vous manque, comme si vous étiez les .seuls qui habitiez sur la terre ! *'
1. Montrez la différence qu'il y a entre la loi divine et les lois humaines. Kst-il toujours défendu de désirer le bien de son prochain ?— 2. Qu'est-c* qui nous est défendu par le dixième Commandement ?
M IH\II:MK <nMMA\l)I':Mi:NT DK DIKIT, 2<>ri
.'{. Kiril ll'r>.t |»lns C>pjM)-r ;i Irspnl ilr 1* FsVîinj^lh' 'pif*
r(»ll<» a\ i<lilr (le rirlioftscs (jui \ rut toujours :ir(ju^Tir, (jui fait t|U«' r<ni n'est jainnis coiitcut <lc cc^ «ju'on a ot quil'on craint l<»uJourM dr iiiaiH|Ui'r, <|Uo l'on anjash^o, (lUc* Ton accuniiilf connue si l'on nr devait pas mourir. Vu honnne \\\v{^ à cotte j)assi<ai n'est oci-upi'' <me du soin tU* la satisl'aue. Il y pense h' j<Mir, il \ rédécliit la nuit, il sacrifie son repos, sa santé, sa \ le niènie. A Wti'w de vouloir se procurei- un piélendn lM»nlienr. «jue l'imagination l'ait consister dans ropulciicc, il se rend malheureux, et il <'onsume ses années dans un tourimiil perpétuel, (^ue d'injustices cette j)assion ne lait-elle pas commettre! (pie de fraudes! (pu» de vi(>lence î On c<uiipte pour rien sii conscience et son s:ilut, poiir\ ii (pie l'on ;^r(>ssisse son trésor : en un mot, on ne connaît ])lus d'autre Dieu que l'argent, ("est pour cela (pie saint l*aul appelle cette ])assion une idolâtrie, et (pu* Xotre-Seigneur nous dit dans ri^Nanuile (pi'on ne \)v\i{ servir deux maîtres, (pi'on ne ])eut aimer en même temps Dieu et l'argent.
4. Ce n'est jkis (pi 'il iu)us défende de ])osséder des richesses, ])uis(pie c'est la Providence (pli les donne : mais il détend (le s'y attacher; il détend d'y mettre son atl'ection, de faire consister son bonheur à les j>oss(''(ler : ce ne sont ))as les richesses qu'il condamne, c'est le désir immodéré de les acipiérir. Des biens passagers, des biens périssables, ((ui corit(Mit mille ])eines à ac((iiérir, que l'on ne conserve ([ii avec des iiupiiétiides intînies, ([ui nous seront certainement enlevés un jour, et dont on n'emportera rien avec soi : des biens qui nous causeront d'autant plus de douleur, (piand malgré nous il faudra les(piitter, que nous y aurons été jdus attachés : de tels biens sont-ils propres à nous rendre heureux ? l\ien n'est donc plus sage que eette leçon que nous donne le saint roi David : " Si vous avez des richesses, n'y attachez point votre cœur ; " et si Dieu ne vous a point fait naître dans l'opulence, ne cherchez point à devenir riches. C'est encore le conseil que Jésus-Christ nous donne : '' Xc cherchez point à amasser des trésors sur la terre, où la rouille et les vers consument tout, nous dit-il ; mais travaillez à amasser des trésors dans le cieb où il n'y a ni rouille ni vers qui les consument ; . . car, où est votre ta-ésor, là aussi est votre cœur."
3 l/aviilité des richesses est -elle bien opposite à l'Evangile ? Quelles Eoiil les s-aites Ut Tardent désir de s'enrichir ?— 4. L'Evangile délend-il de VC2^écleI de^ rich«n«&? Comment taut-il les posséder?
ExE>ri*J.E.- T()]>ie, (|ui était devenu aveugle, ayant entendu crier un chevreau qu'Anne, sa femni(% avait eu pour salaire de son travail, lui dit : *" l*ren(*z garde (|U*il n'ait été dérobé. Rendez-le à ceux à (jui il a))i)artient II ne nous est pas ])erniis de i(>uclier à (piel(|ue cli(js<-qui ait été dérobé.'' Se voyant j)roche de sa lin, il donna cet avis à son fils ; ''Lorsque quel([u'un aura travaillé pour vous, ))ayez-lui aussitôt ce <|ui est dû pour son travail. Que la récompense du mercenaire ne demeure jamais chez vous." — TOB., IV.
ciiArrriîK xn.
COMMANDEMENTS ])E LÉfJETSE.
1. L'Eglise a le ])ouvoir de faire des commandements, et nous sommes obligés de lui obéir, parce que. conduite par l'Esprit saint, elle nous i)arle de sa part. Dieu ne regarde comme ses enfonts que ceux qui la respectent comme leur mère. Ce pouvoir réside dans les premiers ])asteurs établis pour nous gouverner, c'est-à-dire dans le Pape et les Evoques; c'est d'eux que Notre-Seigneur a dit: "Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise ; " et ailleurs : '' Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, regardez-le comme un païen et un publicain.''
2. L'Eglise a toujours fait usage de ce pouvoir, qu'elle a reçu de Jésus-Christ. Dès la naissance du Christianisme, les Apôtres ont fait différentes ordonnances, et nous lisons dans le livre des Actes que saint Paul, allant de ville ^n ville, en prescrivait l'observation dans les Eglises, et que les premiers fidèles les recevaient avec beaucoup de joie.
Nous devons donc les respecter nous-mêmes. Ce serait désobéir à Dieu que de ne pas se soumettre à ceux qui
nous gouvernent en son nom.
.3. Il y a six Commandements de l'Eglise, que tous les fidèles catholiques sont obligés d'observer avec exactitude : on les expliquera dans les articles suivants.
Exemples. — L^n des parents d'un homme qu'on accusait de prévention contre les décisions du Saint-Siège, lui dit im jour : " Donnez-moi un bon conseil : quel joarti dois-je prendre? faut-il penser comme le Pape? dois-je penser
1. L'Eglise a-t-elle le pouvoir de faire des commandements, et sommesnous obligés de lui obéir?— 2. L'Eglise a-t-elle toujours usé de ce pou- Toir?
IH' riCK.MII' Il ro.MMANDK.Ml N I hl I KOIJHK. 2^)7
coinnir nous!" Il lui i-t'iMiiidil : hui/. vuum r()rt4'iiH'itt au t roMc <lr Inrlu'c, ri nr \ nus «'Il srjuiiT/ jainaiM." - La.sa l'HHK.
Du II iM' iKMi^ «laiiniria j»as, dinait un inauvaiH chr/»ticn, si nous ohsi'rvons st»H ( 'oniinamlrnH'iits. (juand in^tiu* nous uu'Urions tUi côto crux dt^ TJOgliHO. l'no poi-souîur lui l'opoudit : "Jo n'ai vu aucun de ceux nui in/'pri.sent 1rs (N)nnnandriu('M(s dr l'Egllso, ol)scrv(M- lidMfincnt les Coniniîindcnu'nts île I )iru."
Ml, par là nirnic (|Ut' l'on (Ic'^oIm'Ii à TM^lise, n*enfrointou pas drjà iiii ( 'ommaiHlrmrjii dr I )iru ? -LahAUSSE.
AKTicLi: im;i:mikk.
Ihi /Hcmicr ( oninianflnnriif dr /'Ki/ltHr. Los tV'tci' tu san<tirn'i;i> «lui te sont de commandcmtnt.
1. Le prcinicr ( '(nmnaïKlfiuciit de ll^j^lise nous oblige à sanctilicr les \v[v^ ((u'olK' a institui''('s, en nous abstenant des uni\ res sei-viles et en nous a]>pli(|uant à des œuvres de piété H do religion.
2. Quel({UOs-unes de ees l'êtes oui eie établies pour célébrer les mystères de Notre-Seigneur, son Incarnation, .sa Naissance tcnn)orelle, sa ('irconcibion, sa ^Manifestation aux CkMitils, sa Trésentation au Temple, su Késurrection, et sou Ascension dans le ciel, la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres et le mystère de la divine Kucbaristie. Ces mystères étant la source de toutes les grâces que Dieu nous accorde, et du salut ([ue nous attendons, leur souvenir doit exciter en nous des sentiments de reconnaissance, d'adoration, dé conliance, et nous animer à en recueillir les Iruits par accroissement de foi. d'espérance et de cliarité.
o. Les autres fêtes sont destinées à honorer, dans la
très-sainte Vierge et les Saints, les grâces dont Dieu les a comblés, et la gloire dont il les a couronnés. On y rapporte leurs princi}niles vertus, et nous nous encourageons à les imiter par la vue du bonheur ineffable qui en est la récompense. En même temps, pénétrés du sentiment de notre faiblesse, dont une expérience continuelle
1. Que nous ordonne le premier commandement de l'Eglise? — 2. Comment divise-t;on les fêtes que l'E^rlise a instituées ? Quels sentiments doivent nous inspirer les fèros établies pour honorer les mystères de Xotre- Seijrneur?— o. Pourquoi l'Eglise a-t-elle établi des tètes en l'honneur des