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Que nous prescrit le quatrième commandement de l'Eglise

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QrATini^.MK C'OMMAN'DKMKAT hP. l'hilAHK. 215

ToWH Icrt liilMrs (|iii en ><ml .ju^/»H rapiiMcH ]mv leur piin trnr s<Hil (»l>li;:;rs «rohscrvcr ce piY'ccplr.

-. Ce nui :i cni^jmr l'I!u;lisr i\ faire cr ( 'niiiiiiaii(l(;mc*nt, <''('s( riiHlillireiirr J'nn ^rainl iiomlni- de < 'hivl it'iiH pour eel au;;ns|(» Saereinenl, <|Uoi«jue .lésuH-( 'lirint ait <lit uc la manière la |)lus expit'sse que celui (pli iic inanj^cra pa ehîiir et ne l)oira pas son san<< n'aura pas la vie vu lui.

I{. Les ])renners lidMes eonninuilMienl t ri^s HOiivcnt : iU r«\nai<lsnent ri\ueliiirist ie connue h' pain <pn»ti«lien (ie> enfants de Dieu; ils ne eonuiussaient point de douleur plus sensible (pu» celle d'en être privés. I)ans la suite, la charité se refroidissant, on s'est éloigné de la sainte Coiuniunion, et beaucoup de (luéticns en étaient venus au point de ])asser ])lusieurs années sans s'approcher de la sainte Table, ("est pour enipê('her un si <j^iand «lésordre (pie rKi::lise a exii;é de t()Us ses enfants, sous i\v^ peines sévères, (pTils reeus<ent mu inoiiw n FVi'pie< 1m divine lMU'haristi(\

4. Quoi(prclle ne les oblige qu'à une seule communion par an, elle <lésire cependant (pi'ils s'en approchent plus souvent, et surtout ([u'ils le fassent aux Fêtes solennelles. Klle il niénu^ déchiré, dans le concile de Trente, qu'elle souhaite ([u'à cluupic messe tons les fidèles qui y assistent communient réellement, alin de retirer plus de fruit du Sacrifice.

Ainsi, en no connnuniant (pi'à ràipies. on accomplit à la rigueur le Précepte de l'Eglise, mais on ne remplit pas rétendue de son désir. En efTet, il est difficile qu'une communion par an suffise pour entretenir et conserver la vie spirituelle de la grâce.

On ne satisfait pas au précepte par une mauvaise communion, puisque l'Eglise commande un acte saint et non pas un sacrilège horrible.

5. T/Eglise nous ordonne de communier humblement, c'est-à-dire avec les dispositions requises. Ces dispositions consistent principalement à y apporter une conscience pure de tout péché mortel ; c'est pour nous marquer cette intention qu'elle veut qu'on ditiere pendant

2. Pourquoi l'Eglise a-t-clle institué ce commandement ?— 3. Quand les premiors tidèles s'approchaient-ils de la Tnble sainte ? — 4. Entre-t-on bien dans l'esprit de rÈsrlise en ne faisant que la coramu ion pascale ?— 5. Dans quelles dispositions faut-il faire cette communion pour remplir le précepte de l'Eglise ?

L>n; «^r Al kii;mi: (ommandKxMKXt dk i/k(;lise.

<|uelque temps la coiriraunioii pascale, quand on a une cause juste et raisonnable. Il n'y a point de cause plus juste de la différer que le besoin de se purifier; mais il faut bien remarquer que ce délai doit être employé à se préparer, et qu'on doit faire tous ses efforts pour en abré- <;er le temps; car, quoique la quinzaine soit passée, l'obi iij^ation de communier subsiste toujours, jusqu'à ce qu'on y iiit satisfait. • " '

Exemple. — T"n mauvais chrétien alla chez son curé et lui dit : '* Monsieur le curé, venez, je vous prie, à la sacristie pour me confesser : je veux faire mes Pâques. II faut bien obéir à l'Eglise ; il y a dans les Commandements : Ton Créateur tu recevras^ au moins à Pâques, humblement. — C'est bien, dit le curé. Mais remarquez ce mot humblement : cela signifie étant bien disposé. Avezvous les dispositions nécessaires? J'en doute beaucouj), je vous connais. — Vous me connais.sez pour un bon vivant, répondit le paroissien — Vous voulez faire demain vos Pâques pour obéir à l'Eglise : mais n'y a-t-il pas dans les commandements de l'Eglise: J^es Dimanches Messe ouiras? et je ne vous vois pres([ue jamais à la Messe les dimanches et les Fêtes. N'y a-t-il j^as dans les Commandements : Les fêtes tu sanctifieras 9 et vous travaillez ces jours-là. N'y a-t-il pas : Vendredi chair 7ie mangeras ni le samedi mémement ? et, quoique vous vous portiez bien, vous mangez gras eu tout temps. N'y a-t-il pas encore : Quatre- Temps, Vigiles^ jeûneras, et le Carême entièrement? Jetinez-vous eu ce temps-là?" Il répartit : " Je jeûne toujoui'S le vendredi saint, je n'y ai jamais manqué. — Mais je sais encore, continua le curé, que vous vous enivrez deux ou trois fois par semaine, et que vous instruisez si bien vos enfants, qu'ils savent jurer et blasphémer aussi bien que vous. — Monsieur le curé, je vous dirai tout cela à confesse ; venez me confesser, je veux gagner mes Pâques. — Je consens, reprit le curé, d'aller vous confesser ; mais pour vos Pâques, avant de les faire il faudra vous corriger.*' — Lasausse.

(îlNQlilKMK < OMMANIiKMliNT l)K l/^^ilJMK. 1:17

AKTirij.; \

f 1 m^n irnir ( 'niininnnh'nHiil .

Quiiln ^nll|»^*. ViKil<'f*. joiiiirrHt*, vl l« (luri^iiM* cnti»>rt'iiienl.

I. I/I'])^lis(.' nous ('(>iniii:Mi<l(* (le i< MiH r ])<-ii(l:inl tout ]<■ ( arriiK'. los veilles de certaines l'êtes solennelles, et les t lois joui's (le elijKjne saison (pie l'on nonnne les (^natn*- Tenips. Le jeinie consiste à ne prendre <|Uiin -cul repas et à s'abstenir de certains aliment^.

2. Lojeiniedii Caivnie est de la plus haute uiiticniité, et l'institution en vient dos Apôtres nu* mes. 11 a été établi pour imiter celui do Notre-Sei^neur, et jiour noUH ])iéparer î\ cél(''brer dignement la ^lande (T*te de I*â(pi(»H. Ce jeûne a toujours étc'' d'une observance j)lus rigoureuse ((ue les autres: les jmirs de jeûne ordinaire, on ]>renait son rei)as avant l'heure do None, c'e.st-iVdiro i\ trois heures du soir, an lieu (pie dans le ('aivmc on demetn*ait sans maniiiT et sans boire jus(pi*après l'heine do AT'jires, c est -à-dire juscjuTi six heures du soir. Les premieis Chrétiens ajoutaient encore à ce jeûne rii^oureux de bui^^nes ])ri('res, même pendant la nuit : ils vivaient dans le jiltis ^l'and recueillement et faisait d'abondantes aumônes. Mais la l'ervetir ayant dimiinié, on avan(;a le repas jus- ((ue vers midi, et alors on crut j)()uvoir prendre sur le soir un peu de nourriture ])oiir suj)j)orter plus aisément le jeûne jus(|n'au lendemain. L'Kglise tolère cette collation, pourvu qu'elle soit légère et qu'elle ne puisse pas être regardée comme un repas, car il est essentiel j^our le jeûne de ne faire qu'un repas.

o. Le jeûne des Quatre-Temps a été établi pour consacrer par la pénitence les quatre saisons de l'année, pour attirer la bénédiction de Dieu sur les biens de la terre, et pour le prier de donner à son Eglise de bons ministres, car c'est alors que eeux qui se destinent aux augustes fonctions de l'autel reçoivent les ordres sacrés.

Enfui, les Vigiles sont les jours qui précèdent les principales Fêtes. Autrefois les fidèles s'assemblaient dans les églises la veille des grandes Fêtes, et ils y passaient luie partie de la nuit à louer Dieu par le chant des psau-

1. A quoi nous obliso le cinquième commandement de l'Eglise?— 2. pomment les premiers fidèles jeûnaient-ils pendant le Carême? — 3. Pourluoi les jeûiifia des Quatre Temps, des Vigiles «nt-ils été institués 7

nies cl par la lecture des livres saints, comme on fait encore la veille de Noël. On jeûne ces jours-là pour se disposer à bien célébrer ces Fêtes et à en retirer plus de fruit.

4. L'obligation de faire pénitence est imposée à tous les fidèles sans exce])ti()n ; mais la loi du jeûne est moins générale. On peut en être dispensé, par exemple, pour «les raisons d'Age, ou d'inJirmités, ou <le travaux trop pénibles. Alin de ne ])as se faire illusion, et aussi par esprit de soumission îl l'Eglise, les personnes qui ont ^ ingt et un ans accomplis et qui se croient, à raison de leur état de santé ou de leur position, dans le cas d'une dispense du jeûne, doivent s'en expliquer avec le directeur de leur conscience, dont elles suivront fidèlement les avis. Car, violer le précepte du jeûne sans raison suffisante et légitime, c'est pé<:-ber contre Dieu même, qui ordonne d'obéir à l'Eglise.

5. On ne saurait, du reste, trop inviter les Chrétiens de tout âge, et notamment les jeunes gens, à pratiquer quelque mortification selon leurs forces, en se l'efusant, })ar exemple, (juelques ])etites satisfactions, en s' imposant dans les re})as (pielques petites privations, qui ne i)euvent nuire à leur santé. Car il convient que tous s'unissent d'esprit et de cœur à la pénitence de l'Eglise, et suppléent par quelques autres bonnes œuvres aujeiine qu'ils ne peuvent pratiquer.

Exemples. — X"n mauvais chrétien, très-criminel devant Dieu, eut occasion de lire un livre, intitulé Histoire du jeûne. Il fut frappé d'apprendre combien, dans les premiers siècles de l'Eglise, la rigueur du jeûne était grande.

Il se disait à lui-même : " Je me dis chrétien, et je n'ai jamais jeûné. Si j'eusse vécu dans les temps où les canons pénitentiaux étaient suivis à la lettre, à combien d'années déjeune n'aurais-je pas été condamné pour tant d'iniquités dont je me suis rendu coupable? " Les premiers chrétiens ne faisaient point de collation les jours déjeune; tous s'abstenaient de vin, et un grand nombre se contentaient de pain et d'eau ; ce n'était même que le soir qu'ils prenaient cet unique repas. Ce qu'il avait lu ne sortait point de son esprit, et il faisait toujours de nouvelles

4. Quels sont ceux qui sont soumis à la loi du jeûne? 5. Que doivent faire ceux qui ne sont pas soumis au jeûne, pour entrer dans Tesprit de 1 Eglise ?

HixiKMi': <<»m.mani)KMi:nt dk i/wiusix 21ft

n'Iloxioiis. l'iiiliii Dini toucha non <*œur. riw.erré d une vivo douicMir i\r s* s p/'clirn, il h(^ (l/'lt-riiiiiiii îi fiiirr uihî ri«;<)iin'usr pcnitciict', il l'iitm i\ cc^ <li'.HH<'iii daim un do cen ni(ma.sti'»n's où l'on pirtlc \r plus rigoureux Hilc»ii(r<\ et où

Ton Jcniu' coiiliimclIriiM'iit, iipivsavnircoiirlin sur la dun* rt iulcrroiuiHi scn» soininril |M»ur <*hMnltr lou^^tcinjis p<-ii- (l;in( li) liuil lr>^ |nii;il»m'S <1(* lUru. LvsAUHHK.

Louis \ \" I, ;\m'' de \ iuLit ans, dit, M la fin du pirniuT (•juvn\r îiprcssou ji\ rncnicut sur le tiônr: ** Je mm* suis tiir d«' ('»'lui-ci sans peine, niuis j'aurai un peu ]>lus de mérite le e.irênu» prochain. — lOn quoi donc?, sin^? lui diMUMude mi courtisan. — (''est, reprit U' roi, parée que je n'ni eu cette année (jue le mérite de l'ahstimMiee ; J'aurai de plus celui du jeune au carénu' piochain, puisque J'aurai atteint, vinj^t et un ans. — Le Jeûne! sire, il est incompatible ave(^ vos occupations et vos exercices. Apr^s le travail, vous allez à la chasse; et eomment pourriez-vous jtMUier sîins altérer votre santé? — I^a chasse, réi)liqua le pieuv mon:U(iue, est pour moi un délassement ; mais Je changerai de récréation, s'il Un'aut ; car le j)laisir doit céderau devoir." Le carême suivant, le roi chassa, mais il Jeûna en même temps.

AKTICIJ': \1.

Si.vii^'inc ( h)innan(lrmr}}f.

VoiwlnMli cliair ne m!inj,'('r:is. ni le samedi mèmcment.

l. Par ce Commandement, ll^glise interdit l'usage de la viande le vendredi et le samedi de cha([ue semaine, afin d'airaiblir les ])assions en mortituint le corps ; c'est aussi ])our nous faire expier nos fautes, entretenir en nous l'esprit de pénitence que Jésus-Christ a tant recommandé, et qui est comme l'abrégé de sa morale divine. Nous sommes pécheurs, et, à ce titre, obligés à faire pénitence ; nous sonnnes malades, et nous devons travailler à nous guérir; iu)us avons tous des péchés à expier; c'est par des œuvres de mortitication qu'on les expie et qu'on satisfait à la Justice divine; nous avons tous des passions à dompter ; c'est en retranchant tout ce qui peut les flatter qu'on les surmonte. L'Eglise, qui connaît le besoin de ce remède, et Téloignement que nous sentons à le

1. Pourquoi l'Eslise nous interdit-elle lusajre de la viande eu certains jours de l'année?

220 filXIKMK COMMANDEMENT

prendre, vient au secours de noire faiblesse; elle nous en fuit un comniaudement exprès, pour déterminer plus efficacemeMt notre volonté à s'y soumettre.

2. Mais, outre cette vue générale, TEglise, en nous imposant la loi de l'abstinence, a encore des raisons particulières ({ue nous ne devons pas ignorer: le vendredi a toujours été pour elle un jour de pénitence et de mortification, parce (jue c'est en ce jour que Jésus-Christ est mort pour nous racheter, et qu'il est juste que nous prenions part à ses souffrances, si nous voulons avoir part à la grâce de la rédemption. C'est pour cette raison que, dans les premiers siècles de l'Eglise, tous les vendredis étaient des jours déjeune. On jeûnait aussi le samedi pour honorer la sépulture de Notre-Seigneur, et pour se préparer à la sanctification du Dimanche. Dans la suite on a réduit le jeûne du vendredi et du samedi à une simple abstinence, c'est-à-dire à s'abstenir de l'usage de la viande, et l'Eglise en a fait une loi à laquelle tout chrétien doit se soumettre. Les enfants mêmes n'en sont pas exempts dès qu'ils peuvent l'observer.

3. Que personne ne se laisse séduire par les mauvaises raisons des im2)ies qui, faisant luie fausse application des paroles de la sainte Ecriture, nous disent que ce n'est pas la viande qui souille l'âme. Sans doute ce n'est point la distinction des aliments qui en elle-même honore Dieu ; mais ce n'est point une chose indifférente devant Dieu d'obéir ou de désobéir à l'autorité qu'il a lui-même établie ; ce n'est x^oint une chose indifférente devant Dieu d'entretenir ou d'éteindre l'esprit de pénitence qu'il nous à lui-même si fort recommandé. N'imitons pas ceux qui, sans aucune raison ou sur les plus légers prétextes, se permettent l'usage de la viande dans les jours où elle est défendue : plus ce désordre devient commun, plus il faut en gémir, pour ne pas se laisser entraîner au torrent de l'exemple. C'est une preuve sensible de l'affaiblissement de la foi et de l'indifférence pour le salut, dans une multitude de Chrétiens.

Exemples. — Dans une grande ville de France, un enfant appartenant à un père et à une mère étrangers à toute pratique de religion, se disposait à s'approcher pour la première fois de la sainte table ; c'était l'usage dans

2. Pourquoi l'Eglise a-t-elle ordonné cette abstinence le vendredi et le samedi?— o. Qive ror>ondre à ceux (lui, abusant d'un texte de l'Ecriture, disent que ce n'est pas la viande qui souille l'âme? Que prouve l'infraction si commune de ly. loi do l'abstinence ?

SI-XlKMi: < uMM ANhKMKN'I hl, l/K<iI.IBK. 2*21

cc'tU* maison <lr nnui^rr ;;ia.^ lous liîs jouiri, .siii.s auriinc (llstiiictioii. [i'ciirjuit Citant all^î à coiifesBe R*accuH4i (\v. vciii' lautr, et son (lircctriir lui «lonna l;\-(lcHHnH Ion n'^jçloh qu'il avait j\ suivrr j)our l'aNmir. Le Jcumc rufaiil promit (U^ 1rs nu'ttro eu pi'ali<|ur. l/occaniou nr tarda ]»as à Hc pivscuti'r ; le vendredi suivant, la tahlc, comme dv. eoutume, était servit^ en f;ras ; on lui en présente, il refuM<' modestement et sur la demaiule (|Ue lui fait non p^re du motif de son relus, if fui alleL;ue la d/'leuse de ri'];;lise, et manifeste vu nirnie temps le désir de s'en tenir pour son rej»as à un simple moreeau de pain. .Mais ce père impie, irrité de la résistance de son fils, le condamne brulah'ment à se retirer, juscpTau lendemain, dans une chambr*' indiiiuée, sans lui pernu'llre de prendre même le morceau de i)ain dont il se serait contente. • l/ohéissance suivit de près celte l)rus(|ue sentence, sans (ju'on entendît h» moindre murnuin», ni qu'on vît aucune apparenee d'humeur. Néannu)ins la nu^Me, <(U()i((ue aussi impie <pie son mari, se sentit émue de compassion, et voulut en secret l>orter à son fils, dans l'après-midi, (iuel([ue chose à manger, tout en lui reprochantson opposition aux vues de .son père et aux siennes. Quelle fut sa surprise d'entendre ce cher enfant lui répondre avec un calme })arfait : *^ Si mou ])apa m'avrdt commandé (piel([ue chose ([ue j'eusse pu faire, je l'eusse fait aussitôt ; ce n'est i)oint par obstination que j'ai opposé un refus à ses volontés : il m'a ordonné de venir ici et d'y rester jusqu'à demain sans }>rendre aucune nourriture, je puis en cela lui obéir sans blesser ma conscience : trouvez bon, par conséquent, ciue je n'accepte point ce que vous voulez bien nra})i)orter." T^a mère, interdite eu lui entendant exprimer des sentiments si religieux et eu même temps si respectueux, sortit aussitôt pour donner un libre cours à ses larmes, qu'elle ne })0uvait plus retenir, et alla rapporter à son mari cette réponse, qui l'avait vivement frappée. Le père en fut lui-même dans l'admiration, et versant tous deux des larmes d'attendrissement, ils convinrent que leur fils était plus raisonnable et valait mieux qu'eux. Ils allèrent en conséquence le trouver. Le père l'embrassa tendrement, et, se condamnant lui-même pour l'injuste dureté avec laquelle il l'avait traité, lui demanda qui avait pu lui donner ces sages conseils. Apprenant que c'était son confesseur, il courut lui témoigner sa reconnaisance des soins qu'il avait piodigués à son fds, le i)ria d'entendre sa confession, et il se convertit ainsi (pie son épouse. Heu-

222 SIXIÈMK CUMMANDKMKNT J)K LKCiLISE.

reux cjifaiit, d'avoir pu faire ouvrir les yeux à ses parents, et les ramener ainsi de leurs égarements ! " — Margukt, Essai sur les lois de Pabstinence.

Au commencement du Carême de , dit un pieux

ecclésiastique, une femme vint tout éplorée demander à me parler. Elle est introduite : d'abord elle reste immobile et ne profère aucune parole. Je l'invite à S'a.sseoir. elle paraît ne pas m'entendre : j'insiste elle ne me répond que par ses larmes. '' Qu'avez-vous donc ? lui dis-je; y a-t-il quelque malade chez vous?*' Elle hésite: enfin elle laisse échapper ces mots entrecoupés de sanglots: " Monsieur, vous avez au nombre de vos pénitentes une jeune personne de quatorze ans nommée Adèle X. : c'est ma fille. Que je suis malheureuse ! depuis six à sept mois son père et moi nous sommes ses bourreaux..." Ici cette femme s'arrête et ne peut achever. Elle s'assied paraissant oppressée par la douleur et le repentir. S'étant un peu remise, elle continue ainsi : '' Depuis ce temps il ne s'est passé presque aucun vendredi et samedi que nous n'ayons laissé cette pauvre enfant couverte de meurtrissures parce qu'elle ne voulait pas manger de la viande ces jours-là. Souvent même son père l'a attachée au pied de notre lit, lui donnant de l'ouvrage, et ne laissant à côté d'elle pour toute nourriture que du ])ain et de la viande ; c'est ce qu'il a fait ce matin même, et nous sommes sortis de la maison. Je viens d y rentrer, je l'ai trouvée triste et abattue ; j'ai eu un peu pitié d'elle; je ne sais ce que je lui ai dit: elle m'a dit c^u' elle souffrait, qu'elle était malade, et aussitôt elle s'est mise à genoux en me disant : '* Je sais qu'on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes; jamais je ne pourrai me résoudre à faire ce que vous exigez de moi ; cependant je crains de faire mal en vous résistant si longtemps, ma chère mère : je vous demande donc pardon ; je ne puis rien vous promettre, ni rien faire de plus, sinon que je demande à Dieu qu'il vous fasse connaître le péché que vous commettez en mangeant ainsi de la viande vous-même, et que vous en fassiez pénitence. Ma mère, je vous prie, allez vous confesser, et vous verrez..." Elle allait continuer; mais je me suis jetée à son cou, et, la serrant dans mes bras, je lui ai promis de suivre ses conseils. Je viens donc vous demander à quelle heure je vous trouverai dans l'église. Mon enfant est encore attachée ; je voulais la délier ; mais elle m'a dit que c'était à son père, (lui l'avait attachée, de la délier s'il le voulait/*

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Ainsi inc piU'lM cet te Iriiinir. .) :iilinir:ii h* courai^c de. ri'iifant, et je r('gar<lai lo cliaiiKciiHMit d(^ .sa raèn* comme lu nu'ompt'iisc i\\\r Dieu lu'cordait à hu pcrKévéraiic» vraiment h^M'ohjur. J'ai appris depuis (pi'il s'était paHs/; une scono A peu près scinhIaliU' U' soir lorstjuc Ir p<>re initia. Il \ int aussi se conlrssrr à r('\<«in|)Ir t\v sa frnnnc. IVmi (le temps apivs. )»• demandai :\ leur fille pounpioi elle ne m'avait jamais parlé dry^ mauvais traitementH <Hr()n lui a\ait l'ait essuyer. Mlle me répondit (ju'elle ne \(>nl:iil (lire aucun mal de ses parents, ('ette réponse auniueiila mon admiration, et je reconnus \ isihlement l'oUN raue «le la j^râce dans cette âme innocente et fidèle. — ilrpUcution du (\itr<'hit<mr de Dijon.

— Un voyajj:eur arrive à une taMe (riiôte, c'était un vendredi ; il demande du maigre. (^uel(|UOS convives l'icanent. In d\u\, ])lus liar<li. lui adresse la j)ar()le. '* Monsieur fait maiiire? dit-il d'un air mocpieur. — Oui. monsieur répond le voyageur sur le même ton ; et monsieur l'ait ,i»ras? — Oui, monsieur, dit l'autre un ])eu attrappé de voir ((u'on se mo([uait de lui. — Tant jus pour Monsieur î Monsieur ])iMise-t-il donc «pi'un homme d'honneur doive préférer un hif'teck à sa conscience? ^loi, j'aime mieux ma conscience qu'un hif'teck." Les rieurs se mirent de son côté; et, mieux ([ue cehi, un convive se tournant vers lui, le félicita de sa fermeté à remplir son devoir : '' Je ne veux pas. monsieur, ajouta-t-il, que vous soyez le seid ici : je profiterai encore de votre aimable loyon, car moi aussi je suis catholique. Garçon, apportez-moi du maigre." — Mgr. de Ségur.

(^HAPITRE XIII.

Dr PÉCHÉ.

1. Le Péché, cjui (*si une désobéissance à la loi de Dieu, est de tous les maux le plus grand, puisqu'il offense Dieu, qui est souverainement bon. C'est encore une ingratitude monstrueuse ; car nous offensons un Dieu qui nous a créés, qui nous conserve et nous comble de biens tous les jours. Le pécheur est un enfant chéri qui outrage un bon père : quelle noirceur ! Pour comprendre encore mieux l'énormité du péché, considérons ce qu'il en a coûté à Jésus-Christ pour l'expier ; cette pensée est bien

1. Qu'est-ce que le pèche? Faites ressortir la malice du péché?

1^24 DTT PÉCHK.

capable de nous en faire concevoir une vive horreur. Voyons aussi les châtiments terribles dont Dieu punit le ])éché : tous les maux répandus sur la terre, les misères de la vie, les maladies, la mort, sont les suites funestes d'un seul péché, du péclié de notre premier père.

2. Il y a deux sortes de péchés, le péché originel et le péché actuel. Le péché originel est celui que nous apportons^ en naissant. Tous les hommes, excepté la trèssainte Vicr<j:e, ont été souillés de ce péché. Le péché actuel est celui que nous commettons i)ar notre i)ropre volonté, ayant Tusage de la raison. On commet le péché actuel en quatre manières : par pensées et désirs, par paroles, par actions et par omissions. La loi de Dieu ne défend pas seulement l'action mauvaise, elle en défend aussi la pensée et le désir ; elle n'arrête pas seulement la main et la langue, elle règle encore l'esprit et le cœur; c'est dans le cœur que commence la désobéissance ; le cœur est la source du péché, les paroles et les actions n'en sont que les effets extérieurs.

3. Il y a deux sortes de péchés actuels, le péché mortel et le péché véniel. Un péché est mortel quand la matière est considérable, et qu'on le commet avec un parfait consentement. Le péché véniel est celui dont la matière est légère, ou, si la matière est grave, qui n'est pas commis avec un plein consentement.

4. Le péché mortel est le plus grand de tous les maux. Il nous fait perdre la grâce sanctifiante et le droit à l'héritage céleste : il donne la mort à l'âme en la séparant de Dieu, qui est sa vie, comme l'âme est la vie du corps ; il nous rend dignes de la damnation éternelle. Quand on a eu le malheur de commettre un péché mortel, on devient l'esclave du démon, l'ennemi de Dieu, l'objet de sa haine et de ses vengeances éternelles. Peut-il y avoir un mal comparable à celui-là ? Quelle horreur ne devons-nous pas avoir de ce péché ! avec quel soin ne devons-nous pas l'éviter ! Non, il n'y a rien que l'on ne doive pas être disposé à souffrir plutôt que de commettre un seul péché mortel. Il faut fuir le péché comme on fuirait un serpent. Or, si l'on rencontrait un sorpent, et que l'on eût lieu de

2. Combien y a-t-il de sortes de péchés ? En combien de manières peuton pécher?— 3. Combien y a-t-il de sortes de péchés actuels? Quelle différence y a-t-il entre le péché mortel et le péché véniel? — 4. Le péché estil un grand mal? quelles en sont les suites? quels sentiments doit-il nous inspirer ?

rraindrr iVvw ôl ir «Irvorr, awr 4IHI «iiipri'MM'infht n« s'en rl()ip:iioniit-(Hi pas ! i^ii trayour ne fcrait-flle pan prcMidrc aussitôt la fiiito, et ne craiiidrait-oîi i>iih que cette îiiitt' nt' lui pas assez proinptr? l'ii Imcii ! fiiiK<^)iiH, «lu moins, pour sauNt'i* notre ânn-, cr «pu* nous ferions pour la eonservat.ion «Ir notre corps. Si par inalhrur on se rendait <'oupal)l<' d'un prché mortel, il faudrait tout de suite s'en repentii. prononcer souxcnt . et du fond du etïMir, des actes de coni rilion et d'am<Mii' <1( Dieu, et se pi-éparer :\ ne confesser le plus tôt ])ossil>le.

5. l'!\itons uïêuM' axcc le plu> Lir;ind soiu les pdcM» \éuiels. c'est-à-dire ceux (pli notent piis la ^râce .saiurtitiante, mais <pii rallaiblissent : (pii ne nous rendent pas dinnes de la damnation éternelle, mais (pii nous n*ndent dignes des peines temporelles. Les jx'cliés (pie l'on regarde comme les plus petits sont de très grands nniux, parce (pi'ils olîensenl Dieu. D'ailleurs, les péchés véniels, (pinnd on les néglige, conduisent insensiblement au péché mortel. '* Celui qui néi::li.i::e les ])etites fautes, dit le Saint- Ksprit, tomlxM'a peu à ])eu (Unis les urandes, et enfin il se perdra infailliblement.*' Ne commettons donc jamais un seul })éché de pro})os délibéré et avec réflexion ; mais phitôt évitons, selon le précej)te de l 'Apôtre, jusqu'à Tapparence du mal.

Exemples. — Sages réponses de personnes à qui 071 proposait de pécher. ''En ])échant,je désobéirai à Dieu pour obéir au démon. (Juelle injustice ! quelle inuratitude ! quelle folie !" — '' Comment pourrais-je commettre un si ii;rand crime, et pécher contre mon Dieu !'' (Joseph à la femme de Putiphar.) — '' Il m'est bien plus avantageux de mourir que de pécher en la présence du Seigneur.'' [Susanne.) — '' Nous devons obéir à la loi de Dieu plutôt qu'au roi." {Les Machabêes.) — En me proposant d'ofl'enser Dieu, et de perdre mon àme par le péché, que me donnerezvous si je me révolte contre lui et si je perds mon àme ?" — '' J'ai en Dieu un maître si grand, si bon, si libéral, qui ne m'a jamais fait que du bien, de qui j'attends une vie, une gloire, une félicité éternelles ; et vous voulez que je lui désobéisse, que je l'offense, que je l'abandonne, que je l'outrage, que je me déclare son ennemi, que je consente à encourir son indignation, sa colère, ses vengeances !" — '' Avant que de pécher, cherchez un lieu où Dieu ne soit

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